avant départ

Dimanche 30 juillet 2006

Les jours qui ont précédé ont été consacrés à différentes activités d’ordre privé (dont une journée en Bretagne pour signer la vente de l’appart chez le notaire de l’acheteur).

Evidemment, il y a un jour de La Brocante qui tombe avec le film de Philippe Ramos. Mais tout ça va s’arranger !

Reçu le planning des avant-premières d’Indigènes. On ne va pas chômer ! Je donnerai les dates de Nancy et Strasbourg, par exemple…

Il faut que je me presse à régler plein de petites choses avant mon départ de mercredi pour Locarno (festival où Indigènes sera projeté sur la piazza grande…).

Zènitude.

Mercredi 26 juillet 2006

On essaie de se maîtriser, de ne pas laisser parler les émotions mais… tenez, prenez Zidane par exemple!

Pour ma part, ça ne se termine jamais par un coup de boule mais par une voix qui se met à chevroter, des mots qui s’emballent se bousculent et perdent le sens, le sang qui me quitte et me fait pâlir, un fourmillement dans le creux du ventre (je ne parle là que de colère mais ça vaut pour bien d’autres émotions). Et quand je ne maîtrise plus rien (ce qui arrive heureusement de façon rarissime), je gueule et peux même casser un objet sans valeur.

Ça se passe en général avec de quelques rares personnes, dans des situations où je me sens victime d’une injustice ou méprisé. Ce fût par exemple le cas à certains moments sur Cache-cache, avec la production (sans la dernière phase sonore). Récemment avec les services de Multidiscount qui ne m’ont jamais livré un appareil photo et qui ne m’ont toujours pas remboursé depuis plus de trois mois.

La dernière personne en date qui m’a mis dans cet état de fébrilité enfantine est le Monsieur du syndic (il est des professions qui génèrent facilement ce type de situation). Je n’entrerai pas dans le détail mais, en trois mois, il n’a pas été foutu de répondre à deux requêtes simples et normales, me montrant systématiquement qu’il n’avait pas grand-chose à faire de mes démarches.

Après avoir envoyé hier un mail incendiaire, je suis allé ce matin au syndic. Le Monsieur était dans la cour en train de boire un café et fumer une cigarette avec ses collègues. Quand la standardiste lui a annoncé ma présence, il a jeté un regard vers moi, s’est retourné vers ses collègues en faisant un commentaire et n’a pas bougé. Je me suis donc installé dans la salle d’attente, avec ce petit chamboulement au ventre, envahi par ces sentiments d’injustice et de colère alimentés comme d’habitude par son attitude provocatrice.

Pour tuer le temps du poirotage, au lieu de laisser monter stress et colère qui nuisent à la santé, j’ai décidé de me livrer à un petit exercice de maîtrise de soi. Expérimentation du dépassement des situations autodestructrices. Quête de la sagesse. Et je me suis abandonné à une sorte de respiration orientale, par le ventre (vieux souvenirs d’ateliers théâtres de banlieue bordelaise). Expiration poussée à l’extrême et bloquée un instant (dans ces moments de trouble, on a tendance à sur inspirer et à se maintenir, poitrine gonflée, souffle court, tel un jeune coq).

En quelques minutes, le tour était joué. Et lorsque le Monsieur a daigné me rejoindre dans la salle d’attente, je l’ai accueilli avec un large sourire et une poignée de main franche. Ça a dû le surprendre. Il m’a écouté. J’étais calme et précis. Pas de mots en trop. Il m’a demandé de l’attendre. Il est allé à son bureau passer deux coups de fil. A son retour, il m’a dit qu’il avait pris connaissance de mon mail de la veille et des points dont je me plaignais. Il a pris mon numéro de téléphone. Je suis rentré chez moi léger. Une heure après il me rappelait en ayant résolu tous les points sur lesquels je venais me plaindre comme les autres fois.

Bon, à part ça, le déménagement des cartons est fait (une partie dans une cave, le reste dans mon studio provisoire en attendant mon aménagement officiel en septembre/octobre dans un autre quartier). C’était comme une séance de sport. J’ai dû perdre un bon kilo d’eau, de graisse et de soucis…

Pour Louis La Brocante, c’est validé.

Rassuré

Mardi 25 juillet 2006

Demain, on déménage l’appart que l’on habitait avec Marie. Il devrait faire moins de 40°. C’est rassurant.

L’apéro d’hier soir s’est bien passé. Le réalisateur est un copain de longue date. C’est désormais mon agent qui gère l’affaire.

Le casting de cet après-midi s’est très bien passé aussi. Réponse dans 15 jours mais si la décision m’appartenait, je me prendrais.

Là, ça y est, c’est reparti comme en 40 ! (je sais qu’il ne faut jamais penser ça tant que rien n’est signé mais je suis d’un optimisme incroyable en ce moment).

Temps…

Lundi 24 juillet 2006

Quand on est dans le tourbillon, dans les activités qui s’enchaînent, on n’a que le loisirs de se conformer aux emplois du temps. Pas de questions. Juste organiser sa disponibilité aux autres.

Quand surviennent les périodes inactives, les premiers temps génèrent une espèce de panique générale, une angoisse sourde. Votre être qui s’était donné tout entier au désir des autres se trouve abandonné à lui-même. Un lui-même oublié, qui ne s’exprimait qu’à travers l’action, les déplacements, dans l’ajustement et la confrontation à des règles fixées par d’autres. Dès lors, survient l’impérieuse nécessité de se fixer des emplois du temps qui ne dépendent plus que de soi, trouver des occupations.

Une fois passé ce temps d’adaptation anxiogène, vient le temps où l’on se retrouve et où l’on (se) reconstruit. Je crois avoir décrit ce phénomène dans les débuts du journal, en 2004. Au moment où je n’avais plus rien, où j’avais toutes les raisons de m’inquiéter, j’avais repris sereinement, tranquillement, ma vie en main. Ça avait commencé à l’époque par la reprise du sport et la mise en route d’un régime alimentaire destiné à me remettre en forme, dans tous les sens du terme.

Objectivement, j’étais pourtant dans une situation catastrophique. Du coup, aux yeux des autres, ma sérénité passait pour du mal-être. Parce que quand « tout va mal », il faut être mal. Hé bé non ! Il faut être bien pour que tout aille bien !

Hé bien là, toute proportion gardée, c’est un peu la même chose. Je retrouve une relation tranquille avec le temps qui passe. Je fais ce que j’ai à faire en temps et en heure (sans repousser comme on a tendance à le faire quand on a un emploi du temps chargé ou par incapacité quand on est dans la peur de l’inactivité), je m’accorde du temps pour lire, flâner, m’instruire, rencontrer, selon mes envies. Cela donne une grisante sensation de liberté. C’est ce qu’on appelle je crois des vacances. Sauf que pour ma part, je ne décide pas de mes vacances… Les artistes disent qu’ils « se ressourcent » ! Bon mais, tout ça ne va pas durer. Profitons-en !

Tiens, ce matin, je suis donc allé saluer Guy Gauthier qui tournait un bout de la Grande Vadrouille gare de Lyon. On ne se connaissait qu’à travers le blog. Le tournage avait quelque chose de bricolé mais de très sympathique. Comme G.G!

Ce soir, apéro avec un copain qui réalise du Louis La Brocante et veut me proposer un rôle dans le prochain. Demain, casting. Le 2 août, départ pour trois jours à Locarno pour Indigènes. Les Autres reviennent au galop !

L’Etat Liban

Samedi 22 juillet 2006

On a tellement été complices de la shoah qu’on a créé un mot spécial pour qualifier le racisme qui a présidé à cette horreur : antisémitisme. Mais doit-on se taire pour autant quand Israël fait n’importe quoi ? L’armée est en train de bousiller un pays, rien que ça, pour récupérer deux soldats !

Imaginons deux secondes que la Syrie lance un millième des bombes larguées par Israël… Ils se mangent dans la minute une bombe atomique ou bien les américains déboulent illico (ils n’attendent que ça !).

Oui, me direz-vous, il faut bien que quelqu’un combatte le terrorisme (encore un mot hyper chargé) ! En effet mais il faut aussi combattre ce qui nourrit l’idéologie de ce terrorisme. Il puise souvent sa source dans un terreau d’injustices. Hors, avec cette action démesurée, Israël, tout comme les américains ailleurs, fait naître de nouvelles vocations. Et on s’étonne de la résistance opposée aux forces armées !

Pour Pétain, les résistants étaient des terroristes. Pendant la guerre d’Algérie, les Arabes étaient des terroristes. Pour les Russes, les Tchétchènes sont des terroristes. Le terrorisme s’éteint de lui-même dès lors que des solutions politiques sont trouvées. Quand le climat est apaisé par la satisfaction des peuples concernés, les barouds des quelques excités grisés par l’odeur de la poudre ne trouvent plus de complicité. Ils meurent, finissent en prison ou dans la clandestinité.

Pendant ce temps, le Tour de France, les vacances, la chaleur, la vie quoi!

Vous devez vous demander de quoi je me mèle…  Je vous répondrai que j’ai toujours balancé mes opinions sur ce blog, sans penser une seule seconde détenir La Vérité.

Cela dit, la position de la France compte parmi les plus critiques (lien culturel fort entre le Liban et la France), même si les manifestants sont plus nombreux à Londres.

Camping

Vendredi 21 juillet 2006

« Allo, Bernard ! Ecoute, je sors du film de Zabou… tu es super. Tous les trois, vous êtes super. Et le film est magnifique. Je voulais te féliciter ».

Oui, vous l’avez compris, ce coup de fil était destiné à Bernard Campan. C’est pas grave. C’était une directrice de casting. Je vais la revoir la semaine prochaine pour un casting qui m’est destiné. Mardi. Encore pour un rôle à accordéon…

Suisse italienne

Jeudi 20 juillet 2006

De retour à Paname. Histoires de famille dignes d’un polar. Ça c’est secret mais un jour, je raconterai ce qui est racontable.

Sinon, d’un point de vue professionnel, c’est ce qu’on appelle le calme plat, les grandes vacances… Début août, néanmoins, je vais à Locarno (non ce n’est pas en Bretagne mais en Suisse !) pour une projection d’Indigènes, en compagnie de Rachid.

Incroyable !

Guy, un des fidèles lecteurs du blog, est un fan de Gérard Oury. De longue date, il a écrit un court métrage qui rend hommage à la Grande Vadrouille qu’il doit tourner lundi matin Gare de Lyon. Je dois passer sur le tournage.

Et voilà que le vieux Gérard vient de rendre l’âme! Ilsera enterré ce même lundi matin, au cimetière Montparnasse. Le Destin est blagueur… comme Oury.

Ou bien Guy a eu une sacrée intuition. Il s’est juste trompé de gare.

 

Le sud est chaud!

Mardi 18 juillet 2006

Eh ben, je n’en aurais pas profité beaucoup de ce premier petit bout de vacances… Pour des raisons techniques et par manque de disponibilité de mes enfants décidément bien grands, je rentre sur Paris demain soir… Vacances en août !

Encore 3 mois !

Samedi 15 juillet 2006

Derniers cartons aujourd’hui. Demain, départ pour une dizaine de jours. Déconnection courte avant retour dans des cartons, chez des notaires. Le temps des changements est long.

La vraie nouvelle vie est programmée pour la fin de l’année. Quand je serai dans mes vrais murs, après la sortie d’Indigènes, quand tout sera mesurable, dans des repères stables. On saura l’impact. On verra quels projets vont éclore.

L’été sera long et chaud. Bonnes vacances, chers lecteurs! (le journal continue pendant l’été…)

Mission accomplie !

Vendredi 14 juillet 2006

Levé tôt. Il fallait être sur place à 9h pour avoir une chance d’accéder au plateau. A 8h40, coup de fil de mon attaché de presse préféré : il est malade et ne viendra pas. C’est lui qui a mon badge. Il me donne le numéro de téléphone de la productrice. Je vais devoir me démerder tout seul, comme un grand.

Très bien accueilli par l’équipe France 2. Je vais assister au défilé depuis le plateau, juste au dessus de la tribune présidentielle, les Champs en plein dans l’axe. Situation très privilégiée, il faut bien l’admettre.

Finalement, vu d’ici, c’est regardable, un défilé. Je me suis amusé à voir les coulisses côté télé nationale. Très sympathique et simple tout ça !

Au fur et à mesure que l’heure approchait, le trouillomètre virait à l’orange. Et puis c’est arrivé, à toute vitesse. Ça c’est fait assez simplement, je crois, avec une relative décontraction. Il fallait juste que je tienne parfois le micro des deux mains pour éviter tout signe de tremblement.

Coup de fil à l’attaché de presse préféré : examen réussi. Ouf ! C’était quand même mon premier plateau télé en solo… et en direct ! J’ai ensuite appelé du côté de la famille : eux aussi m’ont donné le diplôme. Alors…