Trouille

Jeudi 12 avril 2007
Les comédiens font souvent le même cauchemar : devoir entrer en scène pour jouer une pièce dont on ne connaît pas le texte. L’angoisse. Hé bien je l’ai vécu hier avec PJ.

J’étais étonné de devoir tourner pour une scène de figu. Bien sûr, mon personnage de petite frappe ne s’était pas fait arrêter l’an dernier et je savais qu’il devait revenir. Mais là, il ne s’agissait toujours pas d’arrestation. Juste des flics en planque, des micros qu’on veut poser pour le coincer mais pas de face à face. On le voit de loin. J’avais dû lire le scénario assez rapidement la première fois. Dans le train Marseille/Paris, je l’ai relu pour bien vérifier qu’une séquence ne m’avait pas échappé, qu’une page n’est pas restée collée à sa voisine. Non, rien, si ce n’est cette séquence en début d’épisode.

Quand à 7h00, Marie est venue me chercher je lui ai demandé la feuille de service (emploi du temps de la journée). Et là, c’est le drame ! Il y a deux séquences inscrites pour mon personnage.

En même temps que l’adrénaline me noue le ventre et monte jusqu’à la tête, j’essaie de comprendre comment j’ai pû ne pas voir une séquence. Mauvaise version du scénario ? Mal lu ? Heu… excuse-moi, tu n’aurais pas le scénario, sur toi ? Non, pourquoi ? Pour rien, pour rien. Tu crois que tu as pris le chemin le plus rapide ? Magenta ? Non mais pardon, c’est toi qui sait.

Arrivé car loge, habillage et maquillage. Je trouve que ça n’en finit pas. Dans ma tête, je suis l’enfant qui n’a pas appris sa leçon à dix minutes de l’interro. Mais comment, j’ai pas vu cette séquence ? Qu’est-ce qu’on va penser de moi ? La honte. Surtout je ne dis rien. Si j’en parle au maquillage, tout le tournage sera au courant !

Après les trop longues minutes je sors du car loge et demande à Anne si elle a un « jour à jour » (l’ensemble des séquences du jour, avec les dialogues). Ça tombe bien, elle allait m’en donner un. Poufffff, la séquence de jeu est énorme. Deux pages et demie. Et mon personnage parle, le bougre ! Mais par quel mystère je ne l’ai pas vue dans le scénario ? Et là, j’ai enfin la réponse : elle n’est pas dans l’épisode que j’ai reçu. Je joue dans le 124 et le 126 et je n’ai reçu que le 124. Ouf. Me voilà au moins libéré de la culpabilité. C’est déjà énorme. On a oublié de me l’envoyer. On n’avait pas vu que j’étais aussi dans le 126. C’est pas grave! On va assurer.

Je préviens immédiatement et très largement que je n’ai jamais reçu l’épisode de la grosse séquence de jeu et que je dois donc apprendre le texte avant de tourner. Pas de souci. Désolés pour cet oubli. On est ennuyé pour moi.

En fait, je n’ai aucun mal à l’apprendre. C’est un bon exercice que pratiquent souvent les comédiens qui tournent sur de longues périodes. Personnellement, j’aime bien lire plusieurs fois le texte deux jours avant et l’apprendre la veille. Et c’est le minimum.

Finalement, tout se passe bien, dans la bonne humeur. La scène est même tenue et on prend plaisir à jouer.

C’est dingue comme l’angoisse déforme le réel. C’est quand même pas compliqué d’apprendre quelques répliques avant de jouer ! Ah, les acteurs et leur texte…

 Allez, ce matin, le plombier. Demain, un casting.

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9 commentaires pour Trouille

  1. serge barande dit :

    Impec ! Je n’ai effectivement plus mal (chroniquement) au dos, juste de simples courbatures que je m’efforce d’oublier. Remède ? Hier soir, deux heures de marche dans Paris. Me suis même fait doubler par ce pitre d’Edouard Bear (orthogr ?) qui, lui, joggait comme un malade à 9h00 du soir, sérieux pour une fois… Mignone ton histoire de sale gamin qui n’a pas appris son texte. Mais d’habitude, c’est toujours la faute dudit gamin et non des instits. Avec l’âge, tu as parfaitement raison de renverser les rôles (« On n’est pas là pour se faire engueuler, on est là… »), façon vengeur masqué. (Je répèterai pas que quand tu racontes un truc aux  maquileuses, toute la prod est au jus dans le quart d’heure qui suit…). Perso, demain, je file dans la nature pour un recensement de faune. Je vais donc voir plein de bestioles migratrices ou hibernantes que je nai pas revues depuis la fin de l’été dernier. Je m’en vais les caster pour voir si tout va bien, si elles vont pouvoir assurer leur rôle cette année, si par exemple les oiseaux chanteurs savent leur texte, EUX !!! (mais leur scénar est toujours le même « piou-piou » dans les arbres pour schématiser, et z’attirent drôlement les filles you know…). Profitons du printemps qui s’étire après sa sieste. On est sacrément bien couchés dans l’herbe…

  2. Eugénie dit :

    Ouffffff !!!! Je pense que si un jour , on te donne un rôle de plombier , tu n’auras même pas besoin de texte !!!   ;-)Bisous .P .

  3. Désolée de dire que j’ai pris plaisir à lire le récit de tes petits malheurs… Peut -être cette petite angoisse est-elle salvatrice, somme toute… Elle fait redescendre sur terre ! Certains de tes collègues auraient été moins scrupuleux et n’auraient même pas ressenti une vaguelette de stress coupable déferler… Et aurait inventer une excuse bidon : personne n’étant dupe ! Ont-ils perdu l’essentiel ? La Conscience professionnelle ? L’ Amour de son métier ? L’ Amour du travail bien fait ? S’il en était encore besoin, je précise que Monsieur Bernard Blancan est un grand Monsieur… Donc, le résultat ne peut être que parfait ! Et sans aucun artifice ! Bisous et gros câlins sucrés au plombier (faut bien le bichonner un peu, sinon, il va bousiller la tuyauterie du lavabo pour se vengerdu manque de considération…) Enfin, lui donne pas tout, gardes-en un peu pour toi ! Courage, même à Venise on répare les fuites (tuba et masque) Yallah ! Claire

  4. jean.luc dit :

    merci pour cette petite « gorgée de bière », Bernard Delerm…hé, hé, hé , désolé je taquine un peu… je suis un peu dans cette situation depuis qques jours car je viens de prendre un nouveau job et j’ai dû assimiler un tas d’infos en 15 jours sans souffler et comme il s’agit de vendre des produits techniques (jumelles et lunettes d’observation, un grande marque qui commence par BU, que doit connaitre Serge Barande) je flippe de voir bientot mon chef des ventes venir en clientèle avec moi et me faire remarquer que je n’ai pas bien appris mes leçons ! sur ce je retourne préparer mes collections. comédien, c’est pas facile mais représentant c’est terrible ! enfin faut bien faire vivre sa famille, quans on a la chance  d’en avoir une ! A+ J2L

  5. serge barande dit :

    J’ai justement une paire de BU, J2L, des 8×42, lumineuses… et vais m’en servir demain, z’ont un peu hiverné elles aussi… bye

  6. elisabeth dit :

    Ces derniers temps, je n’avais pas même eu une minute pour venir faire un tour chez toi… Je vais prendre le temps de lire les épisodes que j’ai loupés car je ne comprends pas : le plombier n’est pas encore intervenu ou bien c’est une histoire d’amour entre vous ?

  7. Guy Gauthier dit :

    Aujourd’hui c’est le 13, c’était pas hier, alors bien mon pote la séquence PJ ! ça ne me surprend pas toi  d’ailleurs…c’est connu, toi c’est pattes de lapins, (Y a de la fourrure sur ton col) dormir dans un puits (Cache Cache) et jouer avec des baguettes de sourciers…

  8. D&D dit :

    Très belle scène, comme on dit : on s’y croirait. Perso, j’étais tout stressé… heureusement qu’il y a un « happy end ». Comme quoi, il ne faut pas être systématiquement contre les « happy end »…

  9. Bernard Blancan dit :

    Quand je stresse, ça me happy ende ! C’est quand tout va bien que ça finit par coincer.b

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