La saga du printemps

Vendredi 13 avril 2007
Comme en témoigne l’article d’hier je fais preuve, dans l’exercice de mon métier, de ce qu’on appelle la conscience professionnelle (commentaire de Claire). Mais ce n’est pas exceptionnel. Sans doute suis-je aidé par mes expériences de jeune adulte qui m’ont vu entrer tôt dans le monde (normal) du travail.

Il en est de même pour les plombiers. Hier, ils devaient (ils sont deux quand ils viennent travailler et un quand ils viennent vous faire patienter avec un gros carnet de devis), venir entre 9 et 10h00. A 9h45, coup de fil. On a un petit soucis, on ne sera pas là avant 11h00. Pas de soucis, je vais aller faire un tour !

11h05, les voilà qui arrivent. Consciencieux. Professionnels. Le premier arrive. Je le reconnais puisqu’il vient pour au moins la cinquième fois pour cette fuite qui n’est toujours pas réparée. Il est suivi du second qui n’est pas le chef. On l’appellera le second. Ou le complice.

Le premier souffle en arrivant sur le palier, signifiant qu’il a déjà beaucoup travaillé et que les trois étages à pied, c’est épuisant. On peut bien accepter de vivre dans un troisième sans ascenseur, c’est une choix personnel. Mais de là à imposer ce calvaire aux gens qui viennent vous rendre visite et, qui plus est, viennent résoudre vos problèmes de plomberie avec derrière eux des années de savoir faire et de longues années de formation souvent sanctionnées par un diplôme… Comment ne pas être admiratif de ces héros qui bravent de telles difficultés pour la seule conscience professionnelle. Il va falloir que je demande à la copropriété de voter un petit ascenseur spécialement réservé aux plombiers et livreurs divers !

Bref. Le premier et son complice entrent, surpris par mon sourire. Le second n’avait encore jamais vu que j’avais cassé toute la partie basse de la baignoire. À l’aide de mon petit marteau et de mes bras maigres j’avais tenu à démolir la partie qui faisait obstacle à l’accès à la tuyauterie. En mauvais citoyen, j’avais camouflé les gravas dans des gros sac Franprix que j’avais écoulé dans la poubelle puisque la mairie refuse de compter les gravas parmi les encombrants. Hé bien, le complice, donc, ne prête aucune attention à mon ouvrage. Pire, il dit que décidément, ces vieilles installations ne sont pas accessibles.

Il est vrai que nous sommes bien peu respectueux de ce corps de métier avec nos baignoires dont on cache soigneusement la plomberie. Comme si on avait honte de voir des tuyaux ! La vie serait tellement plus simple si on mettait tout ça en valeur. Tuyaux visibles, jolies installations d’évacuation.

Alors, très consciencieux, le premier et son complice ont préparé plusieurs documents manuscrits à mon intention spéciale (ils bossent pas mal en amont, aussi. Comme les profs). L’un est une décharge de responsabilité en cas de nouveau problème découlant de la « réparation ». Sur ces vieux machins, vous réparez d’un côté, ça pète de l’autre ! Le deuxième document est un devis pour l’enlèvement de la baignoire, réparation de la fuite (écrou à revisser après avoir éventuellement changé le joint) et repose. Soit 495 euros (qui viennent s’ajouter aux 200 déjà versés pour la première réparation.

Le troisième document est la même chose mais avec une nouvelle baignoire. Pour à peine 100 euros de plus (588,48), il changent la baignoire et la vidange. Le seul problème, ils ne peuvent pas venir avant lundi. Et comme un problème ne vient jamais seul, je ne suis pas là lundi.

Je pense que je vais réparer moi-même. Si je ne l’ai pas fait, c’est que je ne voulais pas solliciter de trop mon genoux. A moins que j’attende encore (déjà 10 jours, pourquoi pas 20 ?) ! Au moins, j’aurai une baignoire neuve. Réflexion.
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12 commentaires pour La saga du printemps

  1. Pierre dit :

    Qui c’est…? C’est l’plombier !!!  Je crois que là, il y a de quoi être traumatisé à vie par ces braves artisans ! On connaissait les banquiers et les assureurs…il y a aussi les garagistes et les…plombiers. Ah les charmes du quotidien…

  2. Ah ah ah ! Désolé de tes ennuis Bernard mais j’ai lu avec délectation ton récit ! :)D’un coup je me sens moins seul. Bon allez ! Les paris sont ouverts. Ma baignoire est « en réparation de fuite » depuis juillet. Hé non ! Je contrôle sur mon Outlook, depuis le 20 juin 2006 !!!Pas de nouvelles depuis le mail de menaces envoyé par notre proprio il y a trois semaines.Je sens qu’on aura quitté l’appart’ avant que la baignoire ne retrouve sa robe d’antan … Bon courage ! Ici c’est le dernier jour de boulot avant, ENFIN, les vacances !! :)Très très dur de me concentrer ;)Chev

  3. J’oubliais… à ta liste il manque les déménageurs Pierre. Tiens ! Je ne résiste pas à vous faire partager le  récit que j’avais fait suite à mon dernier déménagement. Suite à la prestation honteuse dont j’ai fait les frais je laisse le nom de la société incriminée mais comprendrais que Bernard la masque après coup 😉 Le déménagement concerne celui de mon ancien F2 à Bastille dans le 12ie vers un F3 dans le 19ie arrondissement de Paris le lundi 27 juin 2006. Les déménageurs sont censés se pointer à 8h30. Je suis à 8h30 sur le balcon à guetter. Les déménageurs m’ayant expliqué que, contrairement aux autres mairies, la mairie de Paris ne se chargeait pas de réserver les places pour les déménagements, lorsqu’à 8h50 je vois une place PARFAITE se libérer en bas du balcon je fonce me mettre dessus avec mon portable en main pour guider les déménageurs. Vue l’heure matinale j’ai droit à de nombreux regards assassins alors que j’empêche tout le monde de se garer sur une place qui attire nombre de personne dans ce quartier où il est si difficile de se garer… Avec le portable j’essaie d’avoir des nouvelles et n’en ai guère. Je finis par avoir un appel à 9h40: « monsieur Bandini ? les déménageurs sont devant votre porte. – Il faut qu’ils viennent ici. Je garde depuis une heure une place parfaite pour le monte-charge. -Heu … en fait … le monte-charge est en panne. – … » Je vais donc à l’entrée pour voir trois loustics pas forcément sympathiques au premier abord. La concierge me prend à part en me disant: « vous avez bien choisi votre jour pour déménager ». Hic ! Elle déménage elle aussi ce jour là du rez-de-chaussée au 6ie étage à côté de chez moi. Elle me dit aussi avoir un mauvais feeling concernant mes déménageurs et me conseille d’annuler. De mon côté j’ai un planning assez short à respecter et je ne peux me permettre ce luxe. Je les fais donc monter. Dans l’escalier ils commencent déjà à rouspéter au sujet du patron qui se serait foutu de leurs gueules en leur parlant d’un déménagement « facile » etc. etc.. Et quand ils voient le tas de trucs à déménager … alors là ils ne bougent carrément plus et je me trouve à appeler le patron pour gueuler pour la première fois de la journée. Sous la promesse du renfort d’une quatrième personne à l’arrivée, ils s’y mettent mais après les avoir ravitaillé en eau et coca je me trouve à moi aussi trimballer les cartons effrayé de voir les choses évoluer si lentement. Les mecs sont nerveux, passent leur temps à s’engueuler. A un moment je vais les voir car une voisine me signale qu’apparemment ça dégénère. Enfin brèfle, alors que le déménagement devait initialement se terminer à 16h (ce qui nous permettait alors avec mon amie de boucler le nettoyage de l’appart de Bastille le lundi soir et ainsi profiter pleinement de notre nouvel appart le mardi), à 15h45 j’appelle le patron, bien énervé cette fois en lui expliquant que je ne suis pas du tout satisfait de la prestation vu qu’à 15h45 les déménageurs ne sont même pas arrivés à Laumière où je les attends depuis un bon quart d’heure. Heureusement, un intérimaire qui a été appelé en renfort est là également. C’est lui le seul vrai professionnel de la bande et tout « pièce rapportée » qu’il soit, il remet un peu de sérieux dans l’entreprise et me confie même qu’il est lui-même effaré du manque de professionnalisme de mes guignols qui braillent dans l’immeuble du 6ie au rez-de-chaussé, s’assurant ainsi que tout l’immeuble est bien au courant de notre arrivée sur les lieux. Finalement ils déchargent tout et finissent par me dire qu’ils ne remontent pas les meubles parce que bon … quand même « c’est chiant ». Là le câble qui commençait à flancher lâche pour de bon et je leur rappelle que si je les ai pris c’est en particulier pour le démontage/remontage des meubles. Vu mon état de nerfs, ils montent mon pan d’armoire « le plus compliqué » et comptent en rester là. J’explose et explique clairement qu’il est hors de question que nous dormions à l’hôtel ce soir avec mon amie. Ils se mettent alors à 4 pour me monter le lit avec l’air de me rendre service parce que je suis sympa quand même… Je fais la remarque qu’il reste encore une armoire à monter mais ils décident que je me débrouillerai très bien tout seul… et se barrent !!  EEEEEEK ! Seul reste le « chef » du lot qui vient avec la facture   lol Entre temps j’avais appelé moult fois le patron avec un ton de moins en moins aimable. Celui-ci ne répond tout simplement plus à mes appels !!  EEEEEEK ! J’appelle un ami avocat pour savoir si je peux refuser de payer. Sur ces conseils je fais un chèque de 600 € au lieu des 800 réclamés en précisant que je ne paierai pas un sous de plus tant que la prestation ne sera pas terminée. Lorsque je raccroche, un des employés me demande si c’était avec « le patron » que je parlais je réponds: « Non, mon avocat ! » … Ça jette un froid  … surtout que le patron, lui, ne répond carrément plus depuis une bonne heure, que je l’appelle sur le fixe ou le portable… L’autre qui avait passé la journée à traiter son patron de je cite « connard » devient tout un coup moins rebelle et se décompose à l’idée de rapporter un chèque amputé de 200€ à son patron. Il me laisse comprendre que pour un billet (hors, bien sûr les pourboires) il me la remonte si je promets de payer la somme demandée. je lui tends un billet de 10€ et lui sourit en me disant: « quoi ? juste 10€ ? ».  Je réponds sur un ton sans appel que c’est à prendre ou à laisser et, sous la promesse que nous rediscutons du chèque après, il s’y met. Mon amie rentre du boulot et nous trouve en plein remontage. Finalement on finit à 21.30 après avoir eu le patron au téléphone (at last !) et 85€ de rabais. J’aurais dû encore m’énerver mais franchement tout ce que je veux c’est que le dernier déménageur se casse et vite avant que je perde tout contrôle … Sur le constat je n’oublie pas de mentionner mon coin de commode pêté, ma poignée de four arrachée, tout comme celle de ma valise toute neuve, et j’en passe. Ils avaient des couvertures. Je les ai vu dans le camion mais apparemment ça devait être compliqué de les utiliser. J’ai pu par la suite constater que je n’ai quasiment pas un meuble sans tonche !! :/ Épuisé je prends un bain et me couche pour sombrer dare dare dans un sommeil de plomb. J’en émerge à 7h du mat’ quand la concierge sonne à la porte pour de multiples remontrances au sujet des nombreuses marques faîtes par mes ouvriers à la sensibilité de rhinocéros dans l’escalier en parquet vitrifié.  Je laisse encore un message assassin sur le répondeur du patron en lui signalant que je laisse ses coordonnées à la concierge qui les transmettra vraissemblablement au syndic de l’immeuble. Je lui signale également que j’ai pu constater d’autres dégâts de ses trolls et retourne me coucher. Finalement en fin d’après-midi je passe à Bastille faire une première partie du ménage. J’apprends alors par ma concierge qu’elle s’est faite traiter la veille de « tous les noms » et en particulier qu’un des déménageurs lui a simplement répondu « Ta gueule salope ! » alors qu’elle leur conseillait de mettre une cale dans la porte battante plutôt que de cogner dedans à chaque fois (ça doit déjà expliquer certaines tonches observées sur les meubles…)  par les déménageurs qui ont laissé trainer leurs bouteilles et restes de sandwichs selon leur bon grè (que, bonne poire, je leur avais payé). Ils n’ont pas non plus remonté l’ascenseur qu’ils avaient démonté pour faciliter le déménagement. Quand la concierge leur à fait remarquer ils lui ont répondu: « le locataire s’en chargera ». C’est ses déménageurs à elle qui l’ont fait ! Enfin bref ! avec tout ça le soir j’étais franchement à prendre avec des pincettes et, mon amie constatant que c’était assez communicatif décide de prendre sur elle: à 2 heures  du matin elle arrête le rangement, s’assoit sur le lit et me demande de venir avec elle pour faire une pause. Je le fais et …. NOUS PASSONS A TRAVERS LE LIT !!! Là j’explose pour de bon et laisse un message assassin au patron lui demandant s’il passe une bonne nuit lui et lui précisant que je prendrai tout le temps qu’il faudra pour lui empoisonner la vie et qu’en particulier je compte bien en référer à la Chambre inter-Professionnelle des Déménageurs. Résultat: Nous avons fait appel à des « professionnels » pour être tranquille et serein et nous voilà qui retournons au bureau tels des zombies. Le matin suivant le déménageur s’est répandu en excuses sur mes répondeurs de fixe et de portable. Enfin, quand je dis le déménageur je parle en fait du père du déménageur  … Pour l’instant j’ai employé la technique du fils et n’ai pas encore répondu ni n’ai rappelé car je suis crevé … juste crevé … mais c’est clair qu’il va avoir de mes nouvelles très bientôt et je compte bien faire en sorte qu’il mette des actes derrière ses excuses. Pas de nouvelles depuis. J’ai vu la concierge de Bastille vendredi et elle m’a dit n’avoir eu aucun appel du déménageur à qui j’ai envoyé ses coordonnées par mail mercredi 29. Avant hier soir cette fois c’est du côté de mon amie que le sommier est tombé et j’ai pu constater, à 3 heures du matin, qu’il manquait une pièce. En attendant j’ai fixé le lit avec du tissu autocollant… La compagnie en question c’est Idéal Transport, on peut difficillement être plus mal nommé. Au final je suis passé comme je le disais par la Chambre Inter-professionnel des Déménageurs et ai obtenu que soit pris en compte dans le dossier de certification NF qu’avait déposé cette société, le réglement de notre différent ce qui fait qu’au final ils ne l’ont pas eu. J’ai aussi une amie qui s’occupe du déménagement d’entreprise qui a largement transmis l’information et je continue de la transmettre de temps en temps. Mon lit n’a jamais été réparé que par un bricolage artisanal de mon cru grâce à l’épaisseur des livres informatiques obsolètes qui permettent de le caler correctement. Je n’ai eu aucun dédommagement sous quelques sortes que ce soit et regrette de n’avoir pas amputé le chèque d’une somme plus importante … Idéal 😛 … Enfin tout ça pour dire que la le plombier je laisse la proprio s’en occuper. Bon allez hop ! Je ne m’énerve pas en remuant tout ça. Ce soir c’est vacances !!! 😉 D’ici là je me remets à mon boulot ….

  4. Bon, ben, je dis plus rien et je NE FERAIS PLUS JAMAIS DE CALINS VIRTUELS A UN PLOMBIER ! ESCROCS ! Respires, mets un coussin sous tes genoux, comme les jardiniers, et bon courage ! Dur, hein, la vie d’artiste… A part allez gueuler chez Julien Courbet, toi et  le Chevalier Bayard (quel couple cela ferait à l’écran à Sans aucun doute !) vous êtes b…… ! Agacés, hein, messieurs…. ? Allez, FREE HUGGS pour tous les deux, c’est mon jour de bonté, et j’avais un stock destiné aux plombiers s’ils avaient fait CONSCIENCIEUSEMENT (long le mot !) leur boulot ! pas le cas = PAS DE CALINS ! Naaaa !!! Ouf, ça fait un bien fou… Je vais me faire masser ce matin, une heure de Nirvhana indien aux pierres chaudes… MIam ! Bisous de Claire

  5. Sarro Philippe dit :

    Moi ma saga du printemps, c’est que j’ai égaré mes clés de la cave. J’ai plus accès à mes outils.  Mais hélas j’ai pas de don de sourcier. J’ai été voir aux objets trouvés rue de morillons, nada. Je vais attendre au cas ou, mais sinon je vais être obligé de faire sauter les serrures, voire la porte en bois de ma cave. D’ici qu’un plombier est besoin d’y acceder pour réparer une fuite ce serait le bouquet. Faire appel à un serrurier pour de vielles serrures me fait hésiter. La dernière fois ça m’a couté la peau des fesses pour changer celle de ma porte d’entrée, car quelqu’un l’avait forçé. Et là l’assurance ne marchera pas pour celles de ma cave.Je souhaite que tes mal’heurs de tuyaux s’évanouisent rapidement.Allez, on va se remonter le moral en regardant « un jour d’été » ce soir sur Arte et profiter du beau temps ce week end, à moins que ça tourne à l’orage.

  6. Eugénie dit :

    LOL , j’adooore cet article !! DIs moi , tu sais que je suis à Paris du 24 au 29 ! Si on vient tous chez toi , tu crois pas qu’on pourrait t’aider ?? LOL !! Nonnnn , je déc !!! Mais va savoir ! Si tu paies le Madiran et qu’on se cotise pour les sandwiches , je suis sûre qu’on te la colmate ta fuite !!! LOL !! Allez , courage !! Gros bisous P .

  7. C’est sympa mais ça devrait être réparé avant. Et puis, du 24 au 29, je suis dans le sud, en tournage. Sorry.Merci de la proposition.Bisesb

  8. Philippe, si c’est une vieille porte, tu vas me faire le plaisir de régler le problème toi-même! Non mais. C’est pas très compliqué de changer une serrure.Courage et détermination!b

  9. Je sais pas si tu vas trouver des massages indiens à Limoges. Mais qui sait…Pour Courbet, j’imagine bien la scène aussi. Mais non merci, je me démerderai sans lui.Bisousb

  10. Quelle histoire! Idéal transport, tu dis ? Hé bien, voilà une bonne publicité!Bon, j’espère que le lit est réparé. C’est quand même un élément majeur…Bonnes vacances.b

  11. Salut, plombier !b

  12. Hé ben au final … le lit n’était pas réparé puisqu’il est parti en morceau ce matin …Du coup je re-reprends le récit du déménagement dans mon blog en espérant pouvoir figurer parmi les résultats de recherche sur Google pour « Idéal Transport » ! ;p

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