Compte-rendu cannois

Dimanche 27 mai 2007 (article complété)
Arrivée cannoise brumeuse après une courte nuit. Levé à 5h00 ! Ma chambre n’est pas prête. Il me faudra donc arpenter les rues cannoises désormais familières et trouver le temps d’un petit café en terrasse hors Croisette.

On ne s’est pas moqué de moi ! Je ne sais pas comment se sont débrouillé les producteurs de Résistance aux tremblements mais ma chambre du Grand Hôtel, avec vue sur la mer (photo prise de la chambre), au troisième étage est très class. Un si grand lit pour moi seul. Quel gâchis !

Très peu de temps sur la terrasse du Noga. Assez pour partager quelques mots avec mes invitants, et quelques personnalités de France Télévision. J’enchaîne aussitôt avec la projection de « Tel père, telle fille » dans le cadre de la Quinzaine.

Comme je le pressentais, la projection se passe très bien et je puis affirmer que ma plus belle prestation d’acteur m’est offerte par Sylvie Ballyot, la réalisatrice de ce court-métrage. Vite, le DVD, que je le montre à mon agent ! Un vrai rôle complexe, en finesse, proche de ce que je suis. Le jour on me fera travailler dans cette palette dans un long métrage, je vais me régaler ! Patience…

Dans l’après-midi, j’enchaîne avec les deux équipes des pots pour les Régions qui ont aidé les courts-métrages puis à Unifrance. C’est ainsi que j’arrive en retard au stand Région PACA, présentant à l’assemblée une bouteille de Pineau offerte par une autre région, pour un autre court-métrage. Rires. A cette occasion, je croise Elisabeth, une de nos commentatrice de Vezoul croisée lors de la tournée Indigènes. J’aime la douceur de cette journée dans l’univers de la Quinzaine et le petit monde du court-métrage.

Le soir, repas avec l’équipe de Tel père telle fille. La soirée se prolonge tard dans la nuit dans les fêtes de la Quinzaine et du film de Catherine Breillat, en grande complicité avec Benoît et Salomé. Ces fêtes ne sont jamais passionnantes, néanmoins. Beaucoup de bruit, des gens par grappes, un comédien qui gifle un producteur, une petite star esseulée que l’on croise de fête en fête, la tête en périscope. Le temps passe. La fatigue rougit les yeux et alourdit le pas. La nuit sera courte.

C’est à 10h00 que j’ai rendez-vous, le samedi matin, pour organiser le départ de la projection de 11h00 du programme des courts-métrages en compétition. Je vois pour la première fois en projection le film d’Olivier Hems. Très beau court-métrage avec la magnifique Esther Gorintin (98 ans !). De ma prestation, on ne retiendra qu’un chorégraphie de flamenco (même pas honte). 11 courts, c’est long ! D’autant qu’ils sont d’une noirceur incroyable. Les réalisateur confondent souvent profondeur et gravité. J’en ressort déprimé.

Je le suis encore davantage quand j’apprends que Rachid et Jamel sont là depuis deux jours et que personne ne m’a fait signe. J’appelle Rachid : deux fois, il répond même pas ! Ingrats ! Je quitte l’équipe de Résistance et me mets en quête d’une terrasse tranquille pour me faire un niçoise (salade) et ruminer seul le choc de Cannes qui nous avait vus nous envoler en groupe l’an dernier, mitraillés par les photographes. Les autres sont à côté et je ne les croiserai même pas. Tu parles d’une Croisette! J’irai même jusqu’au Martinez où l’on m’a dit les avoir vus déjeuner une heure avant. Pfff. Quel monde, le cinéma !

18h00, organisation de la montée des marches avec le film de Kusturika. Et c’est reparti pour le tapis rouge et le nœud pap (finalement). L’an dernier, j’étais au bras d’un ancien combattant. Cette année, je soutien Esther Gorintin qui, à 98 ans connaît un bonheur plus que mérité. Émouvante montée. Ça me vaut une photo dans Nice-Matin dans laquelle je ne suis pas nommé. Déjà oublié ! Un anonyme. Un infirmier. Un parent. Heureusement que j’ai plus vingt ans…

J’ai assisté à une standing ovation pour le film de Kusturika. Pour ma part, je n’ai pas aimé. Il y a tous les ingrédients de ce qu’on aime chez lui mais le scénario est très nonchalant, la poésie des fanfares tziganes et des mariées qui courent dans les prés s’épuise un peu beaucoup. Pas mal de gens étaient d’accord avec moi mais nous étions tous debout à applaudir comme des idiots parce que c’était Kusturika. Comme quoi, les standings ovations…

La soirée se poursuit dans une villa, sur les hauteurs de Cannes. Moment très paisible et agréable. On bavarde, rencontre, s’échange des adresses et des téléphones, promesses de se revoir, dossiers à envoyer. Cannes 2008 se prépare…

Ce matin, dans le hall de l’hôtel, des Italiens laissent de gros paquets plein d’achats impulsifs : ils ne rentrent pas dans la Ferrari. Madame rappellera dans la semaine pour dire à quelle adresse il faudra les envoyer.

Petit complément d’article.
Je ne connais rien en numérologie mais, comme tout le monde, j’ai mes petites superstitions. Ce qui ont vu le spectacle savent de quoi je parle (bip). Étant né le 9/9, j’aime bien être marqué par les multiples de 3. Et de fait, le hasard me permet de me rassurer régulièrement. Comme je n’ai pas de chiffre ou nombre porte-malheur, quand j’ai faux, c’est pas grave. Je m’arrange à trouver un lien quelconque. Par exemple, un double chiffre me plaît (9/9, BB…).

Concrètement, j’avais le vol 7700 et la place 6F : double double chiffre pour le numéro de vol, rangée 6 (multiple de 3) F (6ème lettre de l’alphabet). Le vol retour : 7703 (double chiffre et 3) place 6A (multiple de 3 et A symétrique de F, jouant le rôle de double (je vous disais qu’on s’en sort toujours avec les chiffres !)). Quant à ma chambre d’hôtel, c’était la 333. Dans ces conditions, je ne pouvais pas m’inquiéter de quoi que ce soit.

De la même façon, j’habite à des numéros de rue qui répondent à ces règles (sauf rares exceptions car ce n’est heureusement pas un critère de choix). Ainsi, j’habite dans le 18ème au 63 (9/9). Juste avant, j’habitais au 36. Ah, le 36 Flandre ! J’ai l’impression que cette adresse porte bonheur. J’y habitais quand j’ai eu la palme, dans l’appart d’en face habite la sœur du scénariste d’Indigènes (César 2007 qui lui-même habite au-dessus du bureau du producteur de mon court-métrage) et ce soir, c’est un autre voisin du 36 qui recevait une palme en tant que co-réalisateur de Persépolis (prix spécial du jury 2007).

Je sais qu’un des apparts du 36 est à vendre. N’hésitez pas à me contacter !

Bon mais tout ça n’est pas sérieux dans ma tête. S’il y a des numérologues, amusez-vous à commenter !

On est en droit de trouver le compte-rendu amer ou désabusé. Il est juste né d’une plume un brin déçue par endroits, heureuse en d’autres et fatiguée surtout.

22 réflexions sur « Compte-rendu cannois »

  1. Instants de nostalgie ou vague à l’âme? Contente que « Tel père tel fille » te donne envie de creuser au meilleur de toi : c’est magnifique de donner du bonheur et de trouver ce qui nous ressemble le mieux, de s’exposer « en vérité », c’est plus fort que de connaître plein, plein (tout plein) de gens ou de monde . Perso, après une séance sur Spiderman III je file voir « Le scaphandre et le papillon » : le ciné quand il pleut, … ça me va! Je rentre pour la clôture. Jolies tournures de phrases!!!

    J'aime

  2. ha Cannes… quand je pense que moi j’étais bien ici, devant la télé… mon pauvre Bernard, j’ai même regardé TF1, se que je ne fait jamais (le journal) pour te voir mais rien ! Par contre lui Jamel était bien sur Canal vendredi avec aucun film en course pour la dernière… alors que toi tu en avait deux, les boules et c’est pas le prochain court ! amitié de Guy

    J'aime

  3. Il ne faut pas avoir les boules ! Je les ai pas. Enfin, un peu quand même. Mais pas tant que ça. Enfin… Tout ça est normal. Et ça fait de la matière pour « Enfin disponible ».Amitié.b

    J'aime

  4. Le code à taper pour entrer ce Com’ est le 6SK. J’habite au 33. Dans le 06. Ici tout est devenu calme, la vague s’est retirée. Heu sinon ils louent pas au 36?

    J'aime

  5. numérologiquement, on est en phase. Ce ne sont que des proprios habitant…Ce matin déjà, certains hôtels enlevaient les pubs géantes. On sentait Cannes se vider (ou se retrouver). Mais… dis-moi, on aurait pu s’y voir !

    J'aime

  6. Oui en effet. J’avais prévenu quelques amis notamment, lors de soirées dans une Villa… Mais j’ai pas osé. Sans doute aurais tu eu d’autres soirées, une autre villa… J’ai manqué laisser mon mail ici, pour rester en contact; puis je t’ai plus lu, ni répondre aux coms…donc j’en ai déduit…. Bref. Je crains. Les Boules!  Enfin en attendant on aura discuté d’Indigènes… Même hier j’ai raté des potes, raté des aurevoirs…et des mercis. Pour les proprios habitants…alors on va attendre le One Shot dans les bacs…

    J'aime

  7. Le blog a bouffé mon commentaire de 30 lignes… RRaahhhh ! Je recommence demain… Là, il est minuit et des brouettes… Fleuve, soleil, vent, coupure de courant, cérémonie pas vue en entier, et en rentrant d’un dîner (journée marathon, je vous dis !) blog de Bernard, vague à l’âme et rage… Ingrats… MAIS, NOUS LES BLOGUEURS, ON T’AIME, NA ! Tant pis pour les pisse-froid… Je développe demain, là, je ne contrôle plus mes paupières… Je t’embrasse très fort… Claire

    J'aime

  8. Claire,Quand tu fais un long commentaire, écris-le d’abord sur word et fais un copier/coller!Pas de vague à l’âme, pas de rage! Pour mes amis d’Indigènes, j’avais qu’à les appeler avant. Mais je pensais Rachid au Maroc…Globalement, c’était un Cannes plutôt agréable, avec des gens sympas, pour des films que j’aime. Mais évidemment, ce qu’on connait de Cannes, qu’on voit à la télé, qu’on sent sur la Croisette, ça n’est que ce qui tourne autour de la compétition des longs-métrages et des stars. C’est un paradis pour les cinéphiles. Pas pour les acteurs non concernés par les paillettes. Sur ce coup, j’étais hors catégorie (comme d’hab). C’est le jeu.Des bises.b

    J'aime

  9. Maintenant que grace à toi, je viens de réviser ma table de multiplication par trois, je peux esquisser trois mots sur Cannes. J’ai moins accroché que l’an passé, probablement par manque d’Indigènes et de Volver, deux longs (Alain), qui m’avaient emballé. J’ai peut-être aussi moins eu l’occase de suivre les principales péripéties. Et comme tu dis, on a accès qu’au menu principal. D’après ton résumé, les compètes d’à côté étaient intéressantes. En attendant, pas vu pas pris ! Allez tourne bien et viva la vida !

    J'aime

  10. Juste un petit direct d’ici là bas. Ce matin il fait à peine 20 degrès! Alors que nous étions à 30 hier aprem et durant ce Festival! Un vent glacé (ça n’arrive jamais!) de folie qui souffle par bourrasques à 90/100! Incroyable! La double impression d’avoir rêvé! C’est un peu comme si Cannes se reveillait au beau milieu de la Drôme, fin septembre…

    J'aime

  11. Pour la Drôme, je confirme : 5 ans de Valence et son mistral…. En Bretagne, tempête (des morts à Ploumanac’h où j’ai bossé l’été il y a 20 ans !) à Paris de la pluie et 14° (pas de baballes jaunes !)… En Guyane, beau soleil, 26°…. Pouet ! Dès septembre, promis, je fais la météo de Limoges ! Bonne journée à tous ! Claire

    J'aime

  12. Je me faisais la même remarque en voyant la pluie couler sur le toit en face de ma loge. Un temps de situation. La pluie lave. Même impression de rentrée des classes.

    J'aime

  13. Je n’avais déjà plus guère d’illusions sur la « Grande Famille du Cinéma » et ce que tu as vécu ne fait que confirmer ce que j’en pense ! Le succès, le pouvoir… tout ça ne fait pas que du bien et certains l’utilisent bien mal et oublient que tout n’est pas toujours acquis ! Allez, j’arrête de faire ma pisse-vinaigre (nan, je ne suis pas aigrie, juste lucide) pour te dire que j’ai été ravie de te croiser à Cannes. Continue ton chemin tel que tu le traces, c’est très bien ainsi.

    J'aime

  14. Merci Elisabeth ! Moi aussi j’ai été ravi de te croiser.Après, sur le monde du cinéma, mon plaisir est dans la pratique. Ce qui vient après est souvent un plaisir aussi (débats après le film, interviews…) pourvu que ce soit dans le simple respect, sans vénération ni mépris. Et là, il y a du boulot. Pour la montée des marches, la personne la plus acclamée par la foule, c’était… PPDA. Au fond, quand on voit un acteur après, on échappe assez difficilement au « vu à la télé », ce charisme artificiel fabriqué par l’écran. Ce n’est pas le monde du cinéma qui est cruel. C’est plus large que ça.Amitiés fugaces mais sincères.b

    J'aime

  15. Bonjour à vous.C’est toujours un régal de vous lire, on en apprend plein de choses sur le monde du cinéma et ce qui gravte autour. Dommage que vous n’ayez pas croisé vos camarades d’Indigènes, je pense que c’est surtout le fait d’un malheureux concours de circonstances. Bon au moins vous étiez bien logé, c’est déjà ça.Maintenant pour le palmarès, on en est satisfait ou pas, perso j’ai pas compris pourquoi Casino Royale n’a pas été sélectionné, en même temps vous me direz en tant que grand fan de la saga je puis difficilement être moins objectif mais bon…Salutations pluvieuses.

    J'aime

  16. salut bernard ca va ? Moi les boules … j ai pas mal d extraits de Vent de Guitares sur le long metrage « Ecoute le temps » qui sort ce jour mais …. uniquement en 16 salles et pas une seule a bordeaux. c est frustrant d avoir sa musique sur un film qu on n a pas vu. A part ca je viens de passer 1/2h sur ton blog … super, j adore la série sur tes relations avec les plombiers hahaha. a+ g

    J'aime

  17. Hey, Garlo !J’ai vu le film et entendu ton vent de guitare. Génial ! Ce film mérite beaucoup plus que 16 copies. Du grand cinéma!La bise et merci d’avoir accueilli mon fils en stage il y a deux ans (je te dois une bouteille à laquelle je pense souvent…)b

    J'aime

Les commentaires sont fermés.