Le train de 10h07


Samedi 24 mai 2008
Je m’étais finalement résolu à passer la dernière nuit dans un hôtel cannois. La moindre chambrette proche de la gare est à 120, 170 €. Comme je suis ratcho, je me suis trouvé un petit deux étoiles pour la modique somme de 100€.

Bon, pour le prix, j’ai eu un lit et un bloc sanitaire. Les carrés de polystyrène du faux plafond sont mal coupés, mal collés et jointent mal. Les cloisons sont revêtues de ces grandes plaques de plactoc encastrables, imitation marbre rose. Quand vous retirez le chargeur du portable de la prise, c’est la cloison entière qui branle. Le budget de rénovation n’a pas autorisé la pose de la fameuse baguette quart de rond qui vient cacher l’irrégularité des raccords au plafond.

Et tout est du même acabit, avec en plus une impression de pas net du tout. Celle-ci est accentuée par l’odeur de chiotte qui flotte, épaisse, dans la chambre. L’explication de cette odeur m’a été donnée quand je suis allé pisser : lorsque j’ai tiré la chasse, un geyser d’eau trouble a jailli de la bonde du bac à douche. Comme une source jaune. Mes baguettes ne m’avaient rien dit ! Cette observation m’a tout de même permis de remédier au problème. Faire couler de l’eau dans la douche et le lavabo pour reboucher tout hermétiquement. Et surtout, ouvrir grandes les fenêtres. Pardon, la fenêtre.

Lors de mon départ, la dame de la réception m’a retenu une bonne dizaine de minutes, le temps qu’elle joigne la femme de ménage qui doit vérifier si je n’ai pas volé le lavabo ou la serviette gris jaune, ex-blanche. Oui, Graziella, la télécommande est bien dans la chambre ? C’est bon, Monsieur, vous pouvez y aller !

Si vous êtes intéressés, vous demandez la chambre 229 de l’hôtel Atlantis, rue du 24 août. Mais je ne suis pas là pour faire un guide touristique !

Pour ce qui est du professionnel, j’aurais dû me contenter de la projection de Léger Tremblement de Paysage. Bon, hier, j’avais aussi la justification de la remise d’un prix UniFrance.

En sortant de cette cérémonie bon enfant, je suis passé à la Quinzaine pour avoir une invit pour le film des Larrieu. Par la même occasion, j’ai reçu un carton pour la fête de clôture de la Quinzaine qui a lieu le soir même.

En attendant 22h (heure du début de la fête), je suis le troupeau fête UniFrance dans une fiesta pour un film que personne n’a vu, sur le toit du 314. Cooool, la piscine rococo en faux rochers ! Super bienne, la zique ! David me raconte comment il adore la teuf. Il les fait toutes à Cannes mais aussi celles de Paris pour la semaine de la mode. Ce soir, il nous conseille Abel Ferrara. Pas son film. La soirée !

Je lâche le troupeau pour regagner un autre toit, celui de la Quinzaine. On y mange, il y a plus de monde, c’est plus grand. La musique est moins bonne. J’y croise pas mal de gens que je connais. Souvent avec plaisir (je dis ça pour laisser paranoïer ceux que j’ai croisés).

Vers minuit et demie, je commence à en avoir raz le bol de tous ces bobos du cinoche qui n’ont pas vu Indigènes. Sans doute le vin. En rentrant vers mon luxueux hôtel, je fais un tour par le village international où je devais rejoindre le premier troupeau à la fête de la semaine de la critique. Et là, je me fais rembarrer par un vigile. Pas de carton ? Pas d’accréditation ? Merde, mais c’est vrai que je n’ai même pas d’accréditation, moi ! Qu’est-ce que je fous là ? (encore le vin). Je ne m’énerve pas et, curieusement, au lieu de renoncer, j’attends que passe quelqu’un que je connaisse. Au bout d’un bon quart d’heure, un monsieur de France Télévision me donne gentiment un carton que je brandis fièrement au vigile.

Je m’engouffre sous le chapiteau. C’est bondé. La musique est trop forte. Le premier mouton du troupeau que j’aperçois est bourré comme un coin. Je fais quelques pas, les oreilles bouchées mais n’ai pas le courage de dépasser la douzaine. Demi-tour, droite !

En repassant devant le vigile je lui lâche un « c’est nul, cette fête ! ». Allez, je vais aller lire un peu en aérant ma chambre, moi !

Dans ces conditions, je me suis couché tôt. Et par voie de conséquence, levé tôt. La perspective d’une nouvelle errance cannoise en attendant la projection de midi et le train de seize heures ne me dit rien qui vaille.

Hop, je vais à la gare et je prends le direct de dix heures zéro sept !

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17 commentaires pour Le train de 10h07

  1. elisabeth dit :

    Voilà, mon retard de blog blancanesque est rattrapé ! Plus jamais, je ne resterai aussi longtemps sans te lire ! Bon, pour Cannes, pas même eu le temps de te croiser pour cause de rendez-vous divers et variés + quelques projections auxquelles j’ai pu assister (cette année, c’était pratiquement la « guerre » pour rentrer dans les salles malgré mon pass qui, normalement, me permet d’aller un peu partout). Pour répondre, tardivement, à ta question concernant mon voyage en Inde… et bien, je n’en suis pas revenue complètement (même si je suis rentrée depuis le 26 février) et, du coup, tu vois Cannes me paraît encore un peu plus vain ! En tout cas, j’espère vraiment y retourner, j’ai a-do-ré en Inde pas à Cannes)!

  2. Daniel dit :

    La vache !! Ca ne donne pas envie… Je suis bien content de n’être pas invité à Cannes !

  3. lucas dit :

    merdre, je me suis trompé de film, c’était le « 10 h 07″…!

  4. Guy Gauthier dit :

    T’a bien fait mon BB… le cinéma c’est pas pour ces gens là… déja qu’à Cannes les films qui qui sont primés ne font pas rentrer les gens dans les salles… Les chtis à lui tout seul fait plus que tous les élections de Cannes pendant dix ans alors !

  5. hervé dit :

    Moi c’est trois étoiles sinon rien. J’suis snob !Quoique Annonay me fait mentir…Là au moins t’étais traité comme un VIP :-))En tout cas tu fais bien de lui faire de la pub à la taulière. C’est pas parce que c’est un deux étoiles que ça doit être crado !Tu lui as pas dit au Vigil : « tu sais qui j’suis ! ».Moi, j’irai bien à Cannes (voir les films de la compèt.). Ceux qui y vont n’arrêtent pas de se plaindre ! ça  m’énerve, un peu. En fait, j’m’en fous !

  6. Bernard Blancan dit :

    Excuse-moi mais Cannes n’est pas le meilleur endroit pour voir des films. A part quand t’es jury. Ou alors, il faut aller aux projos du matin, accepter de faire des queues interminables pour dégoter son billet. Un petit parcours du combattant qui peut avoir aussi son charme. Mais je ne connais pas ce côté-là. Je ne suis pas festivalier dans l’âme.

  7. Bernard Blancan dit :

    Bon, je crache pas sur Cannes, non plus. Il y a plein de films qu’on ne voit pas ailleurs. Si t’es cinéphile que tu ne fais que voir des films, c’est le paradis !

  8. Bernard Blancan dit :

    Non mais, il y en a plein qui sont super heureux de tout ça !

  9. Bernard Blancan dit :

    Zen, la Babeth ! Biz 

  10. Pascale dit :

    T’excuses pas. J’y suis allée en 2005 ou 6 plutôt… Ché plus. Bref, j’avais en main le ticket magique pour « Babel »… mais il manquait l’accréditation chic et choc pour entrer. J’ai découvert qu’il faut plusieurs « passes » pour entrer, c’est usant.Je ne me sens pas non plus capable de faire des queues de 5 heures pour voir un film. J’aimerais y aller mais comme je l’ai fait pour Cabourg (où j’étais membre du jury)… ce sont les conditions idéales… donc, c’est impossible ! En tout cas moi TOUS les films de la compèt (certains plus que d’autres) me font rêver et je suis impatiente qu’ils arrivent en salle.Bon c’est pas que je m’ennuie mais faut que je rentre à la maison… y’a la remise de la palme dans pas longtemps !

  11. samuel Marès dit :

    très intéressantes ces pérégrinations cannoises.c’est pas ton truc voilà tout.Décidément Cannes ne te réussit pas. n’insiste pas.ressources toi dans ta Gascogne natale.bon retour à Paris.bises 

  12. Serge Barande dit :

    Eh bien voilà… Je savais que l’autre soir, je m’étais barré trop tôt de la salle Delteil… Car là, tu nous fais une suite à Enfin dispo! J’ai l’impression de pénétrer le même hôtel évoqué dans ton spectacle. Et puis y a tout le reste : accréditation, fête pourrave, musique de gogues, et tu n’as pas omis de nous refiler un épisode baignoire. Donc en ce lunidi matin, je me marre et c’est un bon démarrage pour ma semaine. Mais c’est quoi cette photo ? Guerre du golfe (de Juan-les-Pins), paté de sable de môme guerroyeux?? C’est toi qui a commis cette « ouvre »???

  13. Bernard Blancan dit :

    Je me suis laissé dire que certains noms prestigieux n’avaient pas été à la hauteur…

  14. Bernard Blancan dit :

    Cannes ne me réussit pas ? Et ma palme, alors ? Kestiluifo, l’aut… Non mais!

  15. Bernard Blancan dit :

    Alors, cette photo, c’est une voiture de sable. Tout Cannes !

  16. Pascale dit :

    Clint a pas été à la hauteur ???????????????

  17. Bernard Blancan dit :

    lui, ça va !

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