Tsunami

Jeudi 19 juin 2008
Arrivé hier soir à Cavaillon. La fille de la régie qui me transporte d’Avignon à mon hôtel n’a pas vu Indigènes mais tout Mystère. Ah, Castanéda… !

Comme j’ai pris un forfait Internet deux heures, à l’hôtel, je ne me coucherai pas avant de l’avoir épuisé (c’est pourquoi je fais l’article maintenant et que je raconte quelques platitudes de remplissage).

Au Mercure, personne de mes connaissances. Je me retrouve à manger avec deux acteurs anglais qui ne parlent pas un mot de français. Et quand tu as eu Madame Maumont comme prof d’anglais, tu as du mal à suivre une conversation. Beaucoup de mal.

N’étant pas du tout gaffeur, j’ai dit au mec qu’il ressemblait à Stan Laurel. Il a ri (jaune ?), me disant que c’était la première fois qu’on lui disait ça. D’habitude on lui disait qu’il ressemblait plutôt à Robert Mitchum. À bien y regarder, il n’avait pas tout à fait tort. En même temps, le petit côté Laurel… Sinon, j’ai beaucoup ri à des choses que je ne comprenais pas. Juste par politesse.

Dans la série des mots bien sentis, comme j’étais le seul à fumer, mon collègue d’outre-manche m’a raconté qu’il s’est arrêté après le tsunami. Il était là-bas quand c’est arrivé et s’est dit, au retour que s’il avait survécu à ça, il était dommage de vouloir continuer à mourir doucement sous l’effet du tabac. Je lui ai dit, sous forme de french humour que j’attendrai le prochain tsunami pour arrêter. Il a esquissé un sourire mais je me suis rendu compte qu’il était en train de raconter ce qu’il avait vécu. Et j’ai compris que ma blague tombait à l’eau…

Il a raconté être descendu sur la plage pour aider un bateau taxi à se désensabler, la mer qui se retire curieusement et puis au loin, cette vague haute et droite comme un immeuble. Il a couru, couru, a été rattrapé, emporté, remué en tous sens comme du linge dans une machine à laver, l’eau lui rentrant par le nez, les oreilles, un frigo lui passant à côté, suivi d’un sofa et puis tous ceux qui, ayant survécu au monstre son emportés dans le retour. Là, j’ai tout compris. Mais je n’ai pas pu rembobiner pour effacer ma vanne.

Bon, ce matin je fais le bûcheron. En français…

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8 commentaires pour Tsunami

  1. Etienne dit :

     C’est ce qui s’appelle mettre les pieds dans le plat!!! Bon le tout, c’est de se rendre compte de sa maladresse, c’est le début de la pudeur… Je pense que de toute façon, ce genre d’expérience, c’est un peu comme la guerre, on a beau le raconter, c’est avant tout une expérience personnelle qu’on ne peut pas concevoir si on ne la vit pas.  Le cinéma essaye de faire revivre ce genre d’expérience, mais il manque souvent la terreur constante et surtout les odeurs qui nous environnent. Ma conclusion, Bernard, ne t’accable pas pour ça!!! PS: pour les Insoumis, c’est raté, j’ai eu accident, je suis coincé chez moi. J’aurai plus de temps

  2. Sarro Philippe dit :

    Ah ! Mme Maumont, bip bip pour les intimes. Et quand tu as eu en plus Mme Thalamas, je te dis pas, t’es vacciné de l’anglais à vie.J’ai l’impression que tu es dans le creux de la vague, en ce moment.

  3. Bernard Blancan dit :

    Remets-toi bien ! C’est plus important…

  4. Bernard Blancan dit :

    C’est pour ça qu’on était potes, à l’école.Ton humour est encore pire que le mien ! Hé hé hé

  5. Pascale dit :

    C’est parce qu’elle a pas vu Indigènes que tu as décidé de ne pas te coucher avant de l’avoir épuisée ? T’as raison, te laisse pas faire !En bon internaute, tu aurais quand même essayé de surfer sur la vague non ??? Mais c’est vrai que tu fumes trop !

  6. Bernard Blancan dit :

    Bon, je vais arrêter ! Les cigarettes, je veux dire…

  7. maumont dit :

    Bonjour Bernard oui tu as eu ma mère en tant que prof d’anglais et bien moi je t’ai eu comme prof de français et parfois également j’avais du mal à comprendre lol Bonne continuation et au plaisir de te lire.Robert

  8. Bernard Blancan dit :

    Hello Robert ! Oui, j’ai eu ta mère au collège. On l’appelait bip bip et je suis passé en conseil de discipline à cause d’une de ses nombreuses observations que j’avais signée à la place de mes parents. Un sacré personnage. Et pardon pour la mauvaise blague du sort qui t’as mis dans mes mains de prof de français… Mes amitiés à ta mère !

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