Glandouille du lundi


Mardi 16 septembre 2008
Hier, c’était repos. Je me suis donc promené en pays cathare. Après Montségur, j’ai enchaîné avec Roquefixade (la photo).

Ajourd’hui, deux séquences au volant du gros 4X4 avec Murray Head, Cyril Lecomte et Gasoil, mon gros chien !

Une pensée pour Choron


Dimanche 14 septembre 2008
On travaillait, nous, hier ! C’est pourquoi le blog…

Je connais pourtant les Pyrénées puisque j’en suis originaire mais je n’y ai jamais vécu. Mais dès qu’on regarde la montagne avec la perspective d’un cadre, c’est plaisir sans cesse renouvelé. La lumière, les nuages qui font un jeu de voile en mouvement, le soleil qui éclaire la partie qu’il souhaite, jamais la même, la pluie qui vient faire un rideau de tulle… Tu es au même endroit mais il se transforme tant et si vite que jamais les yeux ne s’y ennuient. En l’espace d’une heure, le réalisateur peut choisir d’exploiter telle atmosphère triste ou telle autre douce et apaisée, sans changer la caméra de position.

Et c’est ce que nous avons fait hier. Alors, pour l’instant, dans No Pasaran, l’image est super belle et les acteurs s’amusent (au sens qu’ils ont plaisir à jouer, ce qui est leur beau métier). Le film, ça sera après le montage. On en reparlera.

A propos de film, un des deux réalisateurs, Éric Martin, nous a projeté en avant première le film qu’il a réalisé avec Pierre Carles sur le Professeur Choron. Un très joli portrait qui pourrait s’appeler la vengeance de Choron. Ils ont suivi l’homme une bonne année avant sa mort et une fois mort, n’ont cessé de piéger la bande de Charly Hebdo (en particulier Philippe Val) pour leur demander pourquoi Choron n’a pas continué l’aventure, pourquoi ils n’ont fait qu’un pauvre papier à sa mort, les renvoyant à une grande ingratitude quand nous les voyons tous en train de parader à Cannes aux côtés de Bernard Henry Lévi et de journalistes de Libé pour leur film qui va bientôt sortir.

Tels les mouches du coche, Pierre Carles et Éric Martin, harcèlent littéralement Val et ça nous fait plaisir. Pourtant, le portrait de Choron, en son début, est peu flatteur. On y voit un vieux Monsieur mégalo, un peu dépassé, drapé d’un habit de provocation élimé. On en vient à penser que les gentils de Charly ont bien fait de se débarrasser de cet encombrant co-fondateur, caractériel dilapidateur de budgets, provocateur lourd et gras, qui n’avait vraisemblablement qu’un rôle de trublion médiatique dont la réputation était très éloignée du génie créateur des artistes de l’ombre du canard.

Et puis on apprend que « bal tragique à Colombey, un mort », c’est lui. Et puis on entre dans la vie du monsieur, on le suit, on le voit, on l’entend, on assiste à ses prises de positions qui ne laissent rien à la bonne conscience molle. On est témoin de pensées libres et aigües qui dérangent mais sont d’une grande justesse. Justice est rendue à une forme de génie. Génie simple, sortant de la tête d’un fils de cheminot et de garde barrière. Et on devine là aussi la place du jeu social dans l’éviction de l’encombrant professeur. Et le papi devient touchant, son regard cynique ne l’est pas. Et on l’aime et on le regrette.

Voilà un film qui n’a pas de distributeur, qui, comme tous les films de Pierre Carles, n’a pas droit à la diffusion télé (mais cartonne par d’autres biais, festivals, salles de cinéma « alternatives »…). Mais c’en est encore un qui raconte les perversions du pouvoir, ses trahisons. Et c’est d’autant plus fort et gonflé que ça joue dans une sphère médiatique qui se veut révolutionnaire et anti-conformiste, sur fond d’amitié trahie.

Bien joué, les gars ! On prend plaisir à voir le film et le lendemain, il continue son travail, laissant apparaître ses strates les plus minces.

Cuisine et dépendance

Vendredi 12 septembre 2008
Ne vous inquiétez pas, je ne me suis pas fait abîmer ! Mais que c’était long, cette journée ! Six acteurs dans une cuisine avec toute l’équipe technique, à rejouer éternellement la même scène sous tous les angles, ça fait de l’électricité…

Et encore, ne nous plaignons pas. Pierre est arrivé en même temps que nous mais il est reparti sans avoir tourné. On est juste parvenu au toc toc de son arrivée avec deux heures de dépassement.

C’était le premier plan de…

Jeudi 11 septembre 2008
Un autre anniversaire.

Épuisé par cette journée de tournage d’hier. Une mixte qui se termine à une heure du mat. Trois séquences pour commencer à faire vivre Bouzigue.

Hé bien, pas de soucis de casting ! ça joue à tous les étages. Et comme c’est une comédie, le dialogue percute, le jeu est réactif, avec ruptures. Un plaisir d’acteurs.

J’avais vu les images des premiers jours (sans moi, donc). Ce n’est pas parce que c’est une comédie que l’image va à l’essentiel, vite fait. Nous faisons les andouilles dans une lumière très travaillée !

Aujourd’hui, je me fais casser la gueule par Rossy.

Premier jour


Mercredi 10 septembre 2008
Ils m’ont offert un… JAMBON ! C’est ça, l’équipe No Pasaran !

C’est aujourd’hui mon vrai premier jour de tournage. Je tourne avec un copain, Cyril Lecomte et m’engueule avec Rossy De Palma (enfin, le personnage qu’elle incarne). Ça commence bien !

Tourisme obligatoire

Lundi 8 septembre 2008
Bon, ben le 9/9, il n’y aura pas de séquence 9. Non, parce qu’il fait beau et que du coup, on inverse avec un autre jour car il aurait été vraiment dommage de tourner en intérieur et de gaspiller, de fait, un jour d’été. Il paraît que ça va se gâter…

J’en profite pour faire du tourisme dans une fort belle région : l’Ariège. A midi Foix et son château, cet après-midi, Miglos et sa ruine. Pourquoi pas Montségur demain, tant que j’y suis !

En déjeunant sur la place de la Halle, j’ai même connu l’inspiration qui m’a permis d’écrire les premières séquences de mon docu sous forme filmique.

Bon, et puis demain, il va falloir songer à faire chauffer les baguettes !

Sur le quai

Samedi 6 septembre 2008
Bon, pas le temps d’écrire. Je fais mon sac pour redescendre dans ce sud qui me fait tourner (pas que la tête).

Premier jour de tournage le 9/9 pour la séquence 9. Je suis né le 9/9… c’est un signe (bip) !

Grandir encore ?

Vendredi 5 septembre 2008
Encore quelques jours avant d’atteindre le demi-siècle.

Mon agent ne veut pas que j’aille faire un jour mal payé sur le tournage d’un copain. C’est exactement la position que j’ai tenue ici même. Mais dès qu’il y a de l’affectif, c’est pas facile de dire non !

Dernier préparatifs et solde de correspondance administrative avant d’aller jouer Bouzigue.

Je suis invité encore au festival de Pau pour aller présenter le film de Philippe Fernandez, Léger Tremblement de paysage (pour lequel je suis allé à Cannes cette année dans le cadre de l’ACID).

Un mix de Lucky Luke et de Gaston Lagaffe

Mercredi 3 septembre 2008
Ce matin, nous avions une réunion de travail avec ma productrice. En guise d’introduction : « Tu es très impliqué dans ta recherche sourcière mais moins dans ton film ». Elle a bien raison. Du coup, en une petite heure, on a enfin trouvé l’angle t’attaque pour faire entrer mes recherches et mes questions dans un film : un pastiche de film scientifique !

C’est l’idée du moment. Peut-être que dans trois mois elle se sera épuisée. En attendant, grâce à cette piste de travail, je devrais avancer vers quelque chose de plus subventionnable… en tout cas lisible sans que le lecteur se demande où je veux l’embarquer.

Tout est en ordre. Tout est rangé, plié, posté, dépoussiéré. Je vais pouvoir continuer la musique. Le lecteur qui tombe sur ce blog doit se dire « mais c’est quoi ce connard qui se dit acteur, musicien, sourcier, réalisateur de docu ?! ». Tout ça n’est pas sérieux.


Encore quelques coups de fils, trois cafés, deux repas avec des potes et il faudra repartir. De plus en plus cow-boy.