Contre le prêt à penser

Vendredi 30 octobre 2009

Ça y est, je suis de retour.

Alors, pour répondre à Guy qui me soupçonne de faire mon Georges Marchais, je me fends d’un article plus politique. Mais il me semblait avoir été clair.

D’une part, comme je le précise dans le précédent, je ne peux porter un jugement impartial sur la Tunisie, d’abord parce que j’y suis invité, d’une certaine manière et d’autres part parce que je ne loge pas chez l’habitant.

Alors, j’évite d’être de ceux qui, à peine sortis d’un repas chez des amis, s’empressent de dire que c’était chiant, que la bouffe était dégueulasse, qu’elle a grossi et que lui est toujours aussi con.

Par ailleurs, ce que j’ai pu voir, c’est des gens qui ont voté pour le seul candidat possible aujourd’hui. Ça ne veut pas dire que c’est un ange, un juste, un parfait. Chaque pays à son histoire. On sait que les islamistes ont été violemment réprimés par le régime. Visiblement, le choix du pays est de s’engouffrer dans un développement économique à l’occidentale. Une importante classe moyenne est en train de se développer. Ça construit partout. Le tourisme est devenu une industrie florissante (aux effets dévastateurs, certes, mais je parle des choix).


La première chose que m’a surpris en tournant dans la partie coloniale de Tunis, c’est de voir à quel point rien n’avait changé et comment tout était réinvestit en imitation des français. La bourgeoisie locale a les mêmes habitudes, la même apparence que la nôtre. Je suis allé à Carrefour, je vous l’avais raconté. Je me croyais à Bordeaux.

On a donc l’impression qu’on accepte tout pourvu que chacun en profite. Il est vrai aussi que les différences entre très riches et très pauvres est très visible. Mais selon que tu achète quelque chose dans un centre de vacances ou en banlieue, les prix varient de 10 fois. On le sait.

Mais, ayant connu l’Espagne franquiste, par exemple, on est étonné de ne pas entendre de sirène de police, de ne pas sentir de présence militaire. Les seuls flics que l’on voit sont aux intersections, sifflet en bouche. On ne sent pas le poids d’un pouvoir agressif, menaçant que j’ai pu sentir très fortement dans d’autres pays d’Afrique. Je vous assure que quand on arrive à Paris, en contraste, on se demande de quelle démocratie il s’agit. À Orly, j’ai même vu un contrôle policier dans les couloirs qui vont de l’avion aux guichets. Bonjour l’accueil !

Alors oui, la presse est totalement asservie au pouvoir. L’image du Président, telle qu’on la voit partout, la main sur le cœur, le visage figé dans un sourire supérieur et bienveillant est forcément ridicule pour notre culture. Mais regardez bien le journal télévisé et comptez le nombre de fois que vous voyez apparaître la trombine de Sarko, à la mode de chez nous. Vous seriez peut-être surpris.


En tout cas, de ce que j’en ai vu, la Tunisie ne ressemble pas à a caricature que l’on aurait tendance à en faire avec nos réflexes de prêt à penser. Regardez la France en prenant le regard d’un étranger et vous verrez.

En fait, ce que j’ai retrouvé de plus déplaisant, c’est les relents de domination française. J’ai fait 500 kilomètres sans qu’on me demande un papier. T’as oublié ton permis ? T’inquiète, les blancs ne se font jamais contrôler. Je vais dire à un Tunisien en France, t’inquiète, les Arabes ne se font jamais contrôler !

Après, je ne suis pas journaliste, je n’ai pas rencontré d’opposants. C’est sans doute parce qu’ils sont tous emprisonnés. Si quelqu’un a des infos, n’hésitez pas !

La boîte n’est pas loin d’être pleine

Jeudi 29 octobre 2009
Quelle longue journée ! Une séquence qui, sur le papier, aurait dû se faire en deux trois heures, a pris une bonne partie de la journée. C’était pour moi la dernière grosse séquence de jeu. Je venais essayer de convaincre Saïd (Melja) de collaborer. Il refusait avec le sourire, sans que mon personnage puisse avoir de prise sur lui. Mon texte présentait quelques accroches que j’ai saisies avec facilité. Mais il y a tout ce qu’il faut. Pas de doute.

Je suis heureux de regagner mon domicile, même s’il est en chantier. Mes deux prochains voyages à Tunis seront quasiment des allers-retours. Et puis en décembre, on termine en Thaïlande. Il y a pire comme tournage. En regardant vite fait les mails sur mon téléphone, j’ai vu que j’avais un casting. Ça sent l’Espagne, cette histoire. Mais comme l’Internet de l’hôtel est en panne, j’en saurai davantage plus tard. Pour l’heure, je suis lessivé. Pas moyen de répondre aux commentaires.

Mais je m’y mets dès mon retour (demain!)

J’y suis arrivé !

Mardi 27 octobre 2009
Hier j’ai dû débaucher à onze heures du mat. La scène s’est résumée à une traversée de rue. Je suis resté sur le plateau pour assister à une répétition de la suivante, déjeuner et encaisser mes défraiments.

Comme nous bénéficions (tout comme vous, semble-t-il) d’un ciel bleu et de températures estivales, ce matin, j’ai loué une bagnole et suis parti à Hammamet puis à Sousse. Je voulais faire le touriste, un peu. Au-delà de Carthage et Sidi Bousaïd.

Je ne vous ferai pas pour autant le guide touristique. Hammamet, c’était tranquille, joli, paisible. Peu de touristes dans la médina qui occupe l’enceinte d’une forteresse du XIVème siècle. Beau point du vue pour faire des cartes postales. Sousse, c’était un peu le contraire. Une grosse ville dont la plage est barrée par un interminable alignement de faux hôtels de luxe, forteresses à touristes Internet qui ne sortent que pour entrer dans le bus qui les emmène en excursions ou pour prendre la navette hôtel/aéroport. Demeurent quelques belles vieilles pierres.

Mais l’expérience du jour aura été de conduire en Tunisie. Les camionnettes ne circulent que si elles ont un chargement qui dépasse de 10 fois la capacité du véhicule. Sur l’autoroute, on croise des vélos, des mobylettes, des gens qui traversent à pied, des camions dont le chauffeur s’était arrêté pour satisfaire de la façon la plus démonstrative possible un besoin personnel, qui reprennent la route en se souciant peu du flot de voiture qui déboule à 120. J’ai d’ailleurs laissé deux belles traces de gomme dans une situation similaire.

Mais en dehors de ça, la conduite est assez agréable, plus proche de celle du scooter que de la voiture. Aux croisements, pas besoin de feu. Le trafic s’organise naturellement, dans un viril respect. Tu t’avances, tu passes. Mais si tu vois que la rue de droite est bloquée depuis trop longtemps, tu laisses passer. Quand trois files ne suffisent pas, tu en inventes une quatrième puis une cinquième. En cas de gros bouchons, tu prends les bas-côtés. Il faut bien que ça finisse par rouler. Et de fait, les bouchons ne sont jamais très longs. À noter que les 4X4 bling bling noirs sont aussi cons et agressifs dans tous les pays.

Demain, j’écris. Mon dossier de docu avance bien et je développe parallèlement une écriture plus romancée, moins cinématographique. Ce qui me permet de cerner avec précision ce que je veux raconter dans cette histoire de sourcier.

J’allais oublier un point. Dans plusieurs commentaires, on évoque la situation politique en Tunisie, me reprochant entre les lignes de ne pas prendre position. Hé bien, c’est pas mon pays, j’y bosse, je n’ai pas rencontré de gens qui se plaignent, pas de militaires ou de policiers qui faisaient peur. Je n’irai pas jusqu’à dire que la campagne a fait preuve de la plus grande objectivité et du plus grand respect du pluralisme. Quoi qu’il en soit, je ne me permettrai pas de porter un jugement depuis mon hôtel 5 étoiles.

Mais on est qui, nous, les Français, pour donner des leçons de démocratie ? Il n’y a pas si longtemps, en 2002, on devait bien faire rire à l’étranger en votant tous pour Chichi. Et notre récent épisode du fils à papa a dû en faire rire plus d’un, dans les républiques bananières. Franchement, qu’en est-il aujourd’hui de la politique sur une planète mondialisée par le fric et le cynisme des pétés de thune, où les pauvres préfèrent filer leur pognon à l’État en prenant des tickets de Millionaire plutôt que de rêver un monde meilleur et plus juste. Même les rêves ont la couleur de l’argent.

Tu parlais de PS, Guy ? Hé ben, 2012, c’est dans deux ans et demi. Autant dire demain. On attend toujours un discours, une vision, ne serait-ce qu’une petite idée bien sentie, faute d’être originale. Et tant qu’à faire, quelqu’un pour la porter.

Retard, encore

Dimanche 25 octobre 2009

Aéroport Orly Sud. Retard annoncé : 1:30. On est raccord.

Le séjour parisien fût bref. Je repars pour dire à Morvan : Qu’est-ce que tu fous là ?! Après, il faudra attendre mercredi pour une bonne séquence avec Meldja. Mardi et mercredi, je me demanderai si je vais faire un tour à Tunis, si je retourne à Sidi Bousaïd ou encore Carthage dont je commence à avoir fait le tour.

J’avais acheté une vraie fausse pièce antique à un marchand dont le bric à brac est installé face à l’entrée du site « villas romaines ». Mais si, mais si, elle est vraie ! Mais non, elle est fausse, ça se voit à la tranche. J’ai une vraie pièce romaine. Elle est naturellement beaucoup plus usée et les vraies n’ont pas une tranche épaisse comme un euro, monsieur. Il n’a pas résisté longtemps et à consenti à me la vendre comme souvenir, au prix d’un souvenir.

J’ai regardé les représentations gravées de part et d’autre de la pièce, histoire de voir s’ils avaient moulé le recto et verso d’une seule pièce ou s’ils avaient fait un mix. Je voulais voir aussi si cette pièce était courante. Rien de tel pour de telles enquêtes d’aller chercher sur Google images. Hé bien j’y ai retrouvé les représentations figurant sur ma pièce. Et effectivement, sur deux pièces différentes. Sur l’une, on y voyait Énée transportant la statue du Palladium et sur l’autre, un éléphant pouvant évoquer l’épisode de ce fier Carthaginois, Annibal, qui était allé braver César jusque dans les Alpes, avec des éléphants.

Profitant de ces éléments, je suis allé fouiner plus loin, histoire de trouver quelques éléments supplémentaires de cette histoire antique. Occasion de constater que rien n’a changé au fil des millénaires. Les phéniciens qui font commerce, colonisent, créent des comptoirs. Les grecs qui en font autant. Puis les Romains. Et on se fait la guerre pour défendre des zones d’influence commerciale. Les guerres ont toujours été affaire de pognon. On le savait mais c’est amusant de voir les cartes, les enjeux. On retrouve les actus d’aujourd’hui.

Pour Carthage, l’histoire a mal fini. Les romains, furieux d’avoir essuyé une défaite, on déclanché la fameuse guerre punique. Et Carthage a été encerclée, attaquée, sa population massacrée, ses maisons rasées, ses bateaux rassemblés devant la ville et brûlés, du sel répandu sur le sol afin de le rendre incultivable à jamais. En un incendie de la ville qui durera 17 jours, Carthage et les Carthaginois disparaissent. Les romains déclareront la zone maudit. Les villes se développeront plus loin. L’horreur n’a pas d’âge. Voilà qui explique l’étonnante conservation et la richesse des ruines sorties de terre. Et l’étrange atmosphère qui s’en dégage.

Aujourd’hui, Carthage est un ensemble muré composé d’ambassades, du Palais Présidentiel, des résidences marbrées de la haute.

Au moins, ça fera un article d’ici mon retour, vendredi. À moins que je me prenne de patience et accepte de passer trois heures pour envoyer un papier depuis là-bas. Le plus probable c’est que j’écrive sur place et poste à mon retour.

Moins une

Vendredi 23 octobre 2009

À minuit et demi, une assistante s’approche. Je suis arrivé sur le plateau, avec ma moustache et mon chapeau, tel Zorro pour voir Pigalle de nuit. Je sais, c’est étrange en Tunisie.  Heu, comment dire, on a pris beaucoup de retard sur la première séquence. Il est probable qu’on annule le tienne.

Ça voudrait dire que je suis resté quatre jours pour rien, c’est ça ? C’est pas grave. J’en ai profité pour bosser et me reposer ! Au moment où nous remontons aux loges, avec mon collègue Morvan, afin de troquer nos chapeaux pour des tenues de ville, le deuxième assistant surgit, talky en main. Ne vous changez pas, il y a contrordre. Vous allez tourner !

Ben voilà, c’est tout ce qu’on attendait. Et on a tourné. Et ça s’est bien passé, au pas de courses de flics en descente.

Paris joli

Voici quelques mots de ma semaine sans haut débit…


Samedi 17 octobre 2009

Jour de repos hier. Beaucoup de glandouille dans mon complexe hôtelier, temps gris et frais avec des averses. J’ai tout de même réussi à trouver un créneau pour aller faire une rapide escapade dans les ruines de Carthage puis à Sidi Bousaïd, village blanc surplombant la mer, où les femmes s’appellent gazelles et les babouches sont climatisées. Les mêmes blagues que l’on sert au touriste que l’on tente de faire entrer dans sa boutique où tout est en toc.


J’étais en compagnie d’une actrice de l’équipe, pour cette balade. Je vous vois venir, avec vos fantasmes. Les acteurs, le cinoche, loin de tout, la grande famille… Je pouvais subir les troubles induits par ces croyances quand j’ai tourné dans mon premier court-métrage, il y a plus de vingt ans. Aujourd’hui, je reste de marbre face à ces lieux communs.


Samedi 17 octobre 2009 (suite)

En début d’après-midi, nous avons eu le privilège de voir dix minutes du montage de Hors la Loi (qui a commencé dès les premiers jours du tournage). Vu sur un écran d’ordinateur, avec un son monté de façon basique, avec un minimum d’ambiances, sans musique. Nous sommes directement entrés dans le film, oubliant que c’était nous qui jouions, avec frissons et larme à l’œil. À cette étape, je n’ai jamais rien vu de pareil. Un vrai gros et beau film est en train de se dessiner. Un de ceux qui restent longtemps en bonne place dans les dévédéthèques.

Indigènes, c’était déjà du cinéma. Les millions de spectateurs ne me diront pas le contraire. Hors la loi aura la force d’une image remarquable, d’une interprétation exemplaire et d’un scénario extrêmement riche. On a du mal à imaginer comment le film pourrait être raté. J’en fais un peu trop ? Ben non. Désolé de ces débordements d’enthousiasme.

Nous avons enchaîné avec le tournage d’une séquence sous pluie artificielle. De quoi nous calmer et nous ramener au concret du turbin qu’il nous reste encore à accomplir.


Lundi 19 octobre 2009

Je vous avais promis de longs textes mais, comme je suis de repos, on ne peut pas dire que j’ai grand chose à raconter. On s’est retrouvés hier soir au dîner avec un de mes collègues. Qu’est-ce que t’as fait, toi, aujourd’hui ? J’ai bossé à mon projet de docu, ai-je menti. Lui, beaucoup plus franc, m’a dit qu’il s’était fait chier comme un rat mort. Un centre de vacances, hors saison, sous la grisaille, ça a quelque chose de Biarritz en novembre. Quand on y passe on se dit que c’est beau. Quand on y reste on se demande quand ça ouvre.

Allez, je vais arrêter la procrastination et essayer d’écrire un peu. À moins que je me refasse Carthage tout seul, histoire de prendre le temps (et de l’occuper). L’autre fois, on avait fait ça au pas de course. Tout le monde n’aime pas les vieilles pierres.

À midi j’ai déjeuné avec le comédien qui joue le curé et la comédienne qui joue la mère maquerelle. Très plaisant de voir l’enthousiasme candide de ceux qui déboulent sur un Bouchareb. Je ne dis pas que je n’en ai plus, ni que je suis blasé. Je sais simplement comment ça se passe et comment ça va se passer. Il me tarde juste la sortie du film. Et là, si t’es excité comme une puce, c’est long, long, long.


Mercredi 21 octobre 2009

Jean le producteur m’avait dit, pas de souci pour tes jours off, tu auras un chauffeur pour te balader le jour de ton choix. Ok, ça sera lundi. Lundi, 10h, le chauffeur n’est pas là. Bon… C’est pas grave. De toute façon il ne fait pas beau. Je traîne tout de même à plusieurs reprises dans le hall et finis par croiser le bonhomme.

Pas de broblème. Aujourd’hui, c’est pas possible mais demain, c’est calé avec la régie. Demain 10 heures ! Mais non, laisse tomber, je prendrai un taxi. Non, non, je viens demain à 10 heures. Pas de problème.

Pas de problème, pas de problème… Le lendemain, dès 9:55, je suis en bas, guettant le chauffeur. 10:20, il n’est toujours pas là. Ok… L’occasion est merveilleuse pour me mettre à travailler sérieusement à mon dossier. Et, en effet, j’ai bossé toute la journée, jusqu’à minuit. Et bien bossé, en plus. J’ai rendez-vous vendredi avec mes productrices et le texte est parti tout à l’heure.


Le chauffeur a quand même eu le culot le me faire apporter un mot par la réception « Monsieur, un chauffeur de votre société est venu vous chercher à 10:00 puis à 13:00 sans vous trouver ni pouvoir vous joindre ».

Ce soir, on vient me chercher à 23 heures pour le tournage de deux débuts de séquence. On tourne jusqu’au milieu de la nuit.

Différé

Vendredi 17 octobre 2009
Le débit de mes connexions Internet locales ne me permet pas l’accès à certains sites (YouTube, Daylimotion). Déposer un article ici ou répondre à un commentaire relève d’un véritable exploit.

Comme je l’avais fait pour Indigènes, je vais écrire mes articles jour après jour et je les posterai à mon retour. Rendez-vous donc le 22 pour de la lecture !

et 7 et 8 !

Jeudi 15 octobre 2009
Nous sommes maintenant dans des décors construits dans d’immenses studios. Une ancienne usine qui devient une rue Algérienne puis un quartier de Pigalle, un bidonville, la place d’une petite ville Sicilienne (mais là, c’est plus notre film). Hier et aujourd’hui, je suis de toutes les scènes. Toujours de la même manière, nous mettons la séquence en place telle qu’elle est écrite puis Rachid décide des changements de texte, de mise en scène en prenant en compte tous les éléments : acteurs, décors, position de caméra. C’est évidemment très agréable de travailler de la sorte.

Mon personnage s’occupe comme il peut en faisant un pliage enfantin à partir d’une feuille de journal. Sur sa gauche, la caméra suit un lent travelling latéral qui le fait entrer dans le champ. Puis le téléphone, posé sur un bras articulé, sonne. Le personnage lève les yeux, tire à lui le téléphone à lui et s’affale au fond de son siège en portant le combiné à l’oreille. Le mouvement a épousé celui du travelling qui s’arrête. Petit dialogue téléphonique. Mon personnage raccroche et, dans un mouvement, se lève, repousse le bras du téléphone et se dirige vers un tableau sur lequel sont épinglées des photos. Le travelling a redémarré, plus vif, dans les sens de ce mouvement, inverse au précédent, pour venir terminer en gros plan sur une photo que j’enlève du tableau pour la poser à un autre endroit. Plan très délicat à gérer en terme de point mais un régal à faire. Acteur et techniciens font corps, sur une musique inaudible, pour un ballet à la précision mécanique. On ne sait plus qui commande le mouvement du machino ou de l’acteur. Du tango. J’adore ce boulot !

Demain, soleil et 25°

  Lundi 12 octobre 2009

De retour de la projection de Quand la guerre sera loin. Un très beau téléfilm qui sera diffusé cet hiver, sur France 2, je crois. Compliments et petits fours.

Demain, je repars pour Tunis. Faivre va encore mettre son chapeau et faire le malin. Par rapport à mon rythme de travail dans le nouvel appart, ça va être des vacances.

Keskèla ma gueule ?



Dimanche 11 octobre 2009 Une vue de mon balcon, de jour, avec un bout de géranium en premier plan.

Demain soir je vais à une projection de « qaund la guerre sera loin » d’Olivier Schatsky. Vous vous souvenez ? J’y jouais une gueule cassée.