Ti kreiz

Dimanche 16 mai 2010

tikreiz.jpg

On ne peut pas dire que je sois un grand lecteur. Ni pour autant un illettré. Disons que j’ai toujours un livre (au moins) en cours et je passe de Balzac à un polar de gare sans crier gare, sans logique aucune, si ce n’est, peut-être, de contraster les univers.

Parmi les romans que j’ai lus ces derniers temps, il y a Invisible de Paul Auster. Je suis un peu le mec qui écoute FIP. Pas de chapelle, ouvert à tous styles pourvu que ce soit agréable. Et puis, de temps en temps, dans le cour harmonieux de mélopées convenues, distrayantes, surgit la chose que l’on a envie de retrouver, qui laisse des traces, qui vous parle.

De mes dernières lectures, une seule est restée vivante. Régulièrement, je repense à des situations, à des personnages, à des univers. C’est Ti Kreiz (P.O.L), de Claude Lucas. Claude Lucas ? Hé bien, c’est l’auteur de Suerte, le roman dont Jacques Séchaud a tiré le film que nous tournâmes (qui attend toujours d’être achevé pour trouver festival, distributeur et spectateurs).

Ce n’est pas un livre facile. Il ne va jamais dans le sens du poil, du bien pensant, du dramaturgiquement hyper tenu pour éviter la zapette. L’écriture est rugueuse, vous impose son rythme ouessantin avec une incroyable force. Elle vous violente par endroits et vous fait éclater de rire à d’autres. Ça tient du polar, mais ce n’est pas un polar. C’est indéfinissable, inclassable. Un bouquin comme ça, ça me donne envie d’écrire. Comme quand on voit un film génial, un OVNI. On se demande quel chemin on a pu emprunter pour finalement ne pas avoir tourné le sien.

Mais je n’en dirai pas davantage. Je ne ferai pas le VRP.

Vous pouvez voir ceci (Politis de cette semaine) : http://www.politis.fr/L-imagination-comme-un-alcool-fort,10488.html

Ou commander cela : http://livre.fnac.com/a2786769/Claude-Lucas-Ti-Kreiz

Cet article a été publié dans blancan. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

6 commentaires pour Ti kreiz

  1. Le Guytounet dit :

    On sent en effet l’attente, la volonté de faire zen, de prendre du temps pour la médition ou le loisir… bref ça sent l’avant grand RDV ce qui va peut-être driver les jours pendant 4 ans ! 

  2. serge barande dit :

    Bien-bien! tout cela donne envie: lire ceci, tout en buvant un bon vin, pas trop cristallisé, la fesse posée dans une Mercédès neuve, rutilante et garée en bas des marches du palais. Au fait, t’avais raison, 10 cm de neige en haut de Bedous!

  3. Samuel Marès dit :

    le livre qui m’a marqué dernièrement bien que ça fait plus d’un an que je l’ai lu, c’est « Et la nuit est tombé » d’Hubert Matos, qui après avoir fait la révolution cubaine auprès de Fidel Castro de son frère et du Ché, s’est retrouvé emprisonné par Fidel pour 20 ans, parce que dés le début de la révolution cubaine il commença a dénoncer les dérives de cette révolution orchestrée par Castro. Il ne fit pas un jour de moins ni un jour de plus de prison. 20 ans et Fidel lui ordonna de quitter Cuba à la fin de sa peine. Hubert Matos est un professeur d’université.

  4. Bernard Blancan dit :

    Pas le choix. Si je commence à m’exciter avant, qu’est-ce que ce sera pendant…

  5. Bernard Blancan dit :

    Depassons l’envie. Passons à l’acte ! J’attends la fiche de lecture…

  6. Bernard Blancan dit :

    Bon, apparemment, il y a du matos…

Les commentaires sont fermés.