Couche de finition

Mardi 26 mai 2010

J’ai passé ma journée de dimanche à récupérer de mes émotions cannoises. Un hôtel corse près d’Ajaccio, surplombant la mer. J’ai dormi la nuit, le matin, l’après-midi. Loin du tapis rouge. Le soir, nous avions un dîner en ville avec les acteurs du téléfilm d’Antoine Santana. Nouvelle équipe, nouveau rôle. De l’amitié teintée d’admiration circule. C’était bien, Cannes ? Ben, c’est compliqué…

Je croyais avoir réussi à créer le sas nécessaire à l’entrée dans ce nouveau film, avec cette nouvelle équipe. Mais la nuit qui précédait mon matinal premier jour de tournage, fût grise. Toujours Cannes qui me réveille, questions sans réponse.

La journée d’hier a été consacrée, tout entière au tournage de trois jolies séquences avec François Berléand. Rencontre artistique et humaine pleine de plaisir et d’humour. Je joue un nationaliste dont le sigle de l’organisation n’est pas sans me rappeler celui d’un autre film. C’est un petit rôle que m’a donné Antoine Santana mais, « qui se remarque », comme j’aimais qualifier ce type d’intervention, au commencement du Blog. Antoine, il m’avait fait tourner en ostréiculteur arcachonnais dans Un Moment de Bonheur puis en cocher dans La Ravisseuse. Il fait partie de ceux, comme Rachid, qui aiment bien jouer la carte de la fidélité. Et moi aussi, du coup, puisque je ne rechigne pas à venir faire coucou dans un méli-mélo organisationnel complexe qui fait s’arracher les cheveux aux productions.

Un vrai plaisir d’endosser ce personnage à la Corse, avec qui le sens de ce qui se dit doit être interprété puisqu’il n’est jamais livré directement. Les silences parlent autant que les paroles rares et choisies. Je reviendrai le 5 juin pour tourner la suite et fin de mon rôle.

…/…

En tout cas, à ceux qui se demandent pourquoi je tiens un blog depuis six ans, je réponds que, dans de les circonstances cannoises que j’ai vécues, vos commentaires, vos soutiens, votre existence, vous les lecteurs, m’ont été de sacrées béquilles. Un lien actif avec le monde des humains et de la raison. Merci à vous tous, même aux muets ! (je n’ai pas dit mulets…)

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18 commentaires pour Couche de finition

  1. serge barande dit :

    Pour Villenave, no problem! Moi qui n’aime pas cela, je suis même prêt au sacrifice de faire griller des pop-corn! Méliès est libre le samedi 14/06. Tchoure les bobines et rapplique, je me charge des charcutes et du Pomerol. Pour tout le reste, je pige bien! (Et pour un gars qui s’apprête à jouer un rôle de nationaliste tu en parles bien). J’ai – on a – l’avantage de te connaître nous autres et à suivre l’Evolution. On est de ceux qui ne chercheront pas : « mais comment s’appelait-il cet acteur… moustachu parfois? Mais si… dans Indigènes, rappelle-toi pépé… Oui, Cache-cache aussi – qui ne dit mot qu’on ressent ». Ça va casser trois pattes à un cannois. Monteront moins bien les marches après!  

  2. Pascale dit :

    Merdouille j’ai zappé mon grand commentaire… Je recommence. Je disais donc qu’au moins on se souviendra de tes initiales BB !!! Et pour l’amalgame entre rôle et personne, je raconte souvent l’anecdote de mon Clint qu’on a longtemps confondu avec le facho inspecteur Harry. A cela il répond : « c’est que je suis un putain d’acteur ». Alors pour Hors la loi, je crois comprendre que le film est vu du point de vue des frères et de la mère et que donc, toi le salaud tu es en retrait bien qu’essentiel à l’histoire. Sans toi elle n’aurait pas lieu d’être. Et puis grâce à Rachid tu sais t’asseoir dans un fauteuil, ne l’oublie pas ! Alors l’une des choses importantes est que Rachid te soit fidèle, que tu sois allé à Cannes, avec un super beau costard, un beau brushing, une belle fille à côté, et surtout surtout, un putain de beau rôle dans un film qu’on attend avec impatience.

  3. Bonjour Bernard ! Ne te pose pas trop de questions sur toi mais sur ceux qui t’ont écarté de ces montées de marche…T’aurait pas du écouter, mais faire chier, dire » je viens et je vous emmerde » ! Le râleurs ont toujours tout ce qu’ils veulent pendant que les gentils sont pris pour des c… Et ce n’est pas une question de rôle porteur ou pas. Tu n’es pas trapéziste, que diable !! Bonne suite et Besos, Jack Rackham.  

  4. GG dit :

    Ça fait du bien de lire ça. De lire ces mots pour nous, gens de l’ombre. Lorsque tu ne montes pas les marches, c’est nous qui ne grimpons pas au rouge de cet escalier. Lorsque tu n’est pas à la conférence de presse c’est nous qui sommes lésés. Lorsqu’on t’oublie dans un article, c’est nous qui sommes vexés… Je pense que ce blog est utile à l’homme, à l’acteur, au sourcier (même si !). Ce serait intéressant de faire une analyse de ce phénomène… Mais après tout qu’importe, le résultat est là. C’est aussi peut-être parce que tu réponds à chacun d’entre nous. Que tu prends le temps de le faire…De fait, on a une certaine importance.

  5. Joël dit :

    PHOTO DE TOURNAGE On te reconnait bien sur la photo au milieu ! François Berléand est à ta droite.  En tous cas quand on arrive sur la page de « Hors la Loi » de Première.fr qui on voit ? Bibi (BB) qui nous tire dessus.  

  6. LN dit :

    La virtualité depasse parfois la fiction, et même la réalité.. Tu as un sacré recul sur ton métier, et ses paillettes..et c’est aussi pour ça que ce blog est toujours très vivant, et tes amis ,fidèles..

  7. Stéphane dit :

    Salut Bernard. Je te lis tu sais… Sans commenter car j’ai pas forcément de commentaire transcendental à déposer… Je ne fais pas partie de votre grande famille du cinéma ni n’ai votre culture. Je ne suis que simple spectateur lambda. Te lire est un régal et ce que tu écris sonne si vrai. Ouais, pour Cannes, j’en ai les boules pour toi. Les consignes de sécurité qui piétinent le mérite et le talent. Bon… pour le talent faut que j’attende le 22 septembre que ca sorte…. Au fait ,interview visible en ligne : extra. Ne changes rien ! On cuit littéralement ici, à Tarbes. 29°. Et la Corse? héhéhé    

  8. Samuel Marès dit :

    je ne suis pas à ta place , et cela ne doit pas être facile mais il faut oublier cet épisode noir de carrière qui on le ressent à travers ce blog fut tout de même humiliant pour toi. J’espère que tu retrouveras le sommeil.

  9. damss dit :

    Vous êtes beaucoup trop gentil Bernard !!! Bon, ce genre de chose ne m’étonne pas vraiment de Cannes, de toute façon le festival et toutes les grandes « fêtes du cinéma » sont de plus en plus ostensiblement parasitées par d’obscurs idiots, ces petits génies de la « com », qui croient qu’ils sont des artistes et qu’ils défendent la tolérance et la diversité que prônent les films, alors qu’ils ne sont que des privilégiés étriqués qui ne font que parler d’argent sans s’en rendre compte. Bon, la parenthèse fermée (et de toute façon je ne pense pas qu’on puisse avoir un quelconque dialogue avec ces gens), moi je n’arrive pas à comprendre pourquoi vous n’avez pas eu une sérieuse explication avec les autres membres du casting présents, au moins avec le metteur en scène. Je sais qu’il n’est pas directement responsable de ça, mais quand même, c’est à lui en premier lieu de défendre et d’imposer ses acteurs. Pousser une gueulante dans ce cas, c’est pas faire un caprice de star ou jouer l’emmerdeur de service, c’est juste dire que si on accepté de s’investir et de servir une oeuvre, c’est pas pour être mis sur la touche quand on n’a plus besoin de vous. Personne n’a été solidaire sur ce coup et ça quand on fait un métier centré sur l’humain ça la fout mal, à plus forte raison si c’est pour que vous vous sentiez responsable d’un truc où vous n’êtes pour rien. Allez, m’en veuillez pas hein, je dis ça parce que je vous aime bien 😉

  10. Bernard Blancan dit :

    C’est gentil, Damss. Mais c’est moi qui vais encore me faire engueuler. Pour vous répondre, j’ai fait part à chacun des protagonistes de ma tristesse et de mon sentiment d’injustice. Personne, individuellement, ne semble avoir compris ce qui s’est passé. Il est compréhensible que dans cette hystérie cannoise, chacun joue pour sa gueule, essayant de sauver sa propre peau. Et puis il y a eu cette polémique qui a détourné pas mal de choses.

  11. Bernard Blancan dit :

    Pas plus tard que cette nuit. Bonne nuit !

  12. Bernard Blancan dit :

    Plus de 30 à Paris. Je vais demander d’enlever 10° pour demain.   Merci Stéphane !

  13. Bernard Blancan dit :

    Je tiens à préciser que j’ai aussi des amis de chair qui m’ont réconforté (pas trop, quand même…). Bises, LN !

  14. Bernard Blancan dit :

    C’est pas le même film… Hé hé hé

  15. Bernard Blancan dit :

    Vous êtes les acteurs du blog. Bon mais, je tiens à mon rôle principal, quand même…

  16. Bernard Blancan dit :

    Thanks, Rackam ! Bonnard, ton blog.

  17. Bernard Blancan dit :

    D’ac avec toi, pascale. Sauf qu’à un moment, dans le film, on est aussi du point de vue de Faivre. C’est pour ça que ce n’est pas un personnage de pacotille, justement. Il incarne une certaine France Gaulliste et colonialiste.

  18. Bernard Blancan dit :

    On va laisser tomber, pour le Méliès. Elles sont trop lourdes, les bobines…

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