Lip, la fin

Mercredi 30 juin 2010

J’ai été privé d’Internet pendant deux jours. Je suis encore quelques heures à Besançon pour les derniers plans de mon personnage dans les Lip. Il me semble que nous n’avons pas été ridicules dans nos blouses.

Hier, nouvelle rencontre avec Charles (Piaget) sous l’égide de l’Est Républicain. Toujours malin et sympathique, le vrai Piaget, avec une vue d’ensemble sur la société.

Je ne vais pas m’éterniser. Valise à faire, chambre à rendre, texte à revoir. Je développerai demain de la maison.

ça va cogner !

Samedi 26 juin 2010

Comme dit le ministre, il y avait du monde mais la réforme est ambitieuse. Ce qui raconte très clairement ce qu’ambitionnent nos gouvernants.

Et puis on vire les trublions de France Inter. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je me demande si tout ça n’est pas dû au temps. Ces choses-là ne peuvent pas se faire dans la grisaille. Ça se voit trop. Quand il fait chaud, tout passe car l’esprit est ailleurs. On va se retrouver à l’automne avec une retraite pourrie et Bruno Mégret animateur du fou du roi. À moins que Philippe Val remplace lui-même Didier Porte et Stéphane Guillon ! Quand j’étais ado, j’avais monté un spectacle à partir de textes de Font et Val. Hyper anar, anti flic et curaillons. Décidément, la vie fait parfois prendre de drôles de tournants. Y a t il plus à droite qu’un gauchiste converti ? C’est comme les ex-fumeurs, ces bêtes-là !

Ce matin, je me suis surpris à apprendre mon texte pour lundi. Je vais remettre la blouse bleue des Lip pour trois derniers jours. Le 5 juillet, je postsynchronise Carmen. Le 8, je serai en Algérie pour une projection de Hors la Loi. Et après, après, je peaufine le dossier gagnant pour le CNC (avant le 19 juillet). Le reste de l’été, ce sont des vacances ! Si, si…

Quand on parle du loup…

Mercredi 23 juin 2010

Je viens d’avoir une bonne nouvelle officieuse concernant mon documentaire : le projet passerait en plénière au CNC. Ultime commission, début septembre. D’ici là, moi qui commençais à me lasser des vacances, je ne vais pas chômer. Ça coïncide avec mon envie de réécriture. Youpi !

Tiens, tout à l’heure, j’ai croisé une lectrice. Elle a promis un commentaire un de ces jours.

Pfff, y en a ras le bol du soleil !

Mardi 22 juin 2010

Je n’ai rien à raconter de particulier. Professionnellement, c’est semaine de vacances. Pas le temps de me lancer dans de nouvelles folies.

Maintenant, je pourrais toujours me plaindre de n’avoir pas été sélectionné dans l’équipe des bleus. Mais j’ai toujours très mal joué au foot. Je vois déjà les mauvais esprits me rétorquer que, justement, j’avais mes chances.

Je pourrais parler du beau temps. Pour une fois. Vous raconter mes lectures, mes rangements, la vie de famille, mes cafés en terrasse, la réparation du tuyau d’arrosage. Rien. Ren a di, comme dirait Guy. Allez, il est vrai que, dans la journée, travaille l’idée de tourner mon docu à l’aide de figurines (comme j’ai déjà commencé à le faire) et au téléphone portable. Ce n’est pas un renoncement mais un parti pris possible.

Gris bleu

Dimanche 20 juin 2010

À Paris, il fait 25° et on cherche l’ombre. Heu… en rêve.

Guy m’a appris par presse interposée que des montres Lip avaient disparu sur le tournage puis avaient retrouvé leur place avec la venue des gendarmes. Deux déductions : Lip a encore de la valeur et les voleurs ont peur des flics.

Que raconter ? À peine de retour, je reprends contact avec famille, amis, les copains sourciers. Le boulot, j’y pense mais je mets un peu en veilleuse. Abandonné toute velléité pour la sortie de Hors la Loi. Je ferai ce qu’on voudra bien que je fasse, à la place qu’on me donnera. J’ai passé l’âge de jouer des coudes. Pour ce qui est de mon documentaire, je pense aux moyens de le réaliser tout seul comme un grand. Je suis trop persuadé après les retours de la SCAM qu’aucune commission, dans la frilosité ambiante, ne voudra se mouiller pour un tel projet.

Dans l’air du temps que je renifle à plein nez, on sent poindre les discours xénophobes, sous couvert de débâcle des bleus. Tout à l’heure, on s’est retrouvés au passage d’une manif des chinois de Belleville. Leur revendication : Sécurité pour tous. On est loin des Lip ! Ils subissent les agressions répétées de Noirs et d’Arabes. Tout ça ne sent pas très bon et demande une vraie réflexion qui ne soit ni la répression imbécile de droite, ni l’idiot angélisme de gauche. Ça ne semble pourtant pas si compliqué de vivre ensemble. Ça demande juste un peu de courage et d’honnêteté.

Bref, l’humeur est en harmonie avec le temps. Gris et froid.

Rencontre inter générationnelle

Vendredi 18 juin 2010

Quel luxe de se retrouver chez soi !

Hier, nous avons eu la visite du Vrai Piaget et de deux de ses acolytes. Quand je lui ai serré la paluche, j’avais l’impression de le connaître depuis des lustres. Je lui ai raconté ma jeunesse communiste. Il m’a rappelé qu’à l’époque, le CIA arrosait tout ce qui était anti-communiste, y compris les syndicats. Finalement, nous n’étions pas que paranos… Séances photos devant les machines, caméra France 3.

Le combat continue !

Mercredi 16 juin 2010

L’aventure Lip continue. A .G, manifs, réunions, frictions avec la police. Et quand je dis qu’elle continue, il y a profondément de ça. Nous tournons dans une boîte d’horlogerie qui a déposé son bilan. Les figurants sont plus qu’impliqués dans cette histoire, soit parce qu’ils l’ont vécue, soit parce qu’elle appartient à leur patrimoine, soit qu’ils ont travaillé dans ce secteur d’activité. En manif, il semble que l’on retrouve les émotions des vrais moments. En tout cas, il règne une indéniable bonne humeur. Malgré la pluie…

Voilà deux semaines que je suis là et, j’avoue éprouver malgré tout une certaine fatigue. Je ne suis pas mécontent de rentrer demain soir à la maison.

Levé trop tôt

Mardi 15 juin 2010

Longue journée hier. Forcément, les scènes se jouent souvent en grand nombre et mon Piaget, dans le dialogue, manque parfois de poésie. L’acteur et ami qui joue le personnage le plus réticent à la grève a poussé une gueulante pour que les comédiens aient une loge. Il a gagné. Et comme, ce matin, j’étais réveillé à six heures alors qu’on ne vient me chercher qu’à neuf, je pense avoir le loisir d’en profiter quelque peu, de la loge.

Je ne sais pas chez vous mais, à Besançon, aujourd’hui, c’est l’automne.

Rerereretour aux sources, un rêve à la corbeille

Dimanche 13 juin 2010

J’ai reçu les notes de lecture des personnes qui ont rejeté mon dossier de documentaire à la SCAM. Il en ressort qu’ils se demandaient si c’était un objet totalement fantaisiste (tout est expliqué dans le dossier) ou une démarche originale et touchante (d’après vous ?) mais aussi, ils trouvent que le parallèle entre recherche du père (erreur, je l’ai trouvé !) et la découverte des eaux souterraines (c’est en le trouvant que j’ai appris à trouver les eaux souterraines) relève du folklore (parisianistes étriqués !).

Me voilà bien aidé pour avancer. Le jour où les réalisateurs-lecteurs feront preuve d’ouverture d’esprit, augmenteront leurs capacités de lecture, sauront faire preuve d’un minimum de fantaisie, auront la faculté de sortir des sentiers pré mâchés de l’intellectuellement identifiable, accorderont à leur cerveau la possibilité du rêve, peut-être, peut-être, mon film parviendra-t-il à être financé.

J’ai sans doute l’air prétentieux en disant cela. C’est en tout cas sincère. Et je ne leur en veux pas. C’est le sujet qui leur fait perdre les pédales. Un coup rationnel, un coup magique, des choses non figées, en évolution (la vie, quoi), tout cela n’est pas rassurant pour prendre position.

Sinon, petit week-end très Doubs en compagnie de ma compagne.

Demain, on retourne à l’usine. Les figurants sont exceptionnellement impliqués dans le film. Vendredi, une Internationale a fusé suivie d’un Ce n’est qu’un début, le combat continue, lancé par un ancien de Lip qui rejoue ce qu’il a vécu.

Même pas le temps d’un article.

Vendredi 11 juin 2010

Nous avons terminé à 03 :00. J’étais de toutes les séquences, debout. La fatigue commence à se faire sentir, d’autant que tout à l’heure, on vient nous chercher à 11 :15. Aujourd’hui, il y a AG. Le court week-end sera le bienvenu. Trop court pour rentrer. Il faudrait prendre un train le samedi pour revenir le dimanche.