En ce doux dimanche automnal…

Dimanche 15 août 2010

Nous allions au cinéma avec ma chérie, dans le 5ème. Je passe au distributeur pour retirer quelques liquidités. J’engage la carte, je fais le code qui est le… heu, non, ne pas vous donner le code. Je reprends. Je tape mon code secret que je ne donne à personne. L’écran me demande alors de faire un choix parmi divers montants. À cet instant, deux jeunes filles viennent se plaquer à moi, l’une à droite, l’autre à gauche, bien serrées. Je suis suffisamment lucide sur ma personne pour ne pas imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, que mon charme les avait attirées, telles des lépidoptères par une ampoule 60w à filaments.

 

Les deux filles mettent, chacune, entre mes yeux et l’écran, leur chemise cartonnées sur laquelle est élastiquée  une pétition pour le soutien aux pauvres. Je crie. Je ne crie pas, je hurle. Et pas question de me laisser distraire, de tourner la tête vers l’une ou l’autre. Non. Je reste rivé vers le distributeur, tel un pingre de base et je crie de plus belle. Celle de droite ne s’en laisse pas conter et, derrière sa chemise cartonnée, elle appuie sur une touche. Je hurle toujours. Une femme, plus loin, dans l’euphorie générale crie « au voleur ! ». Il est vrai que cette phrase simple était mieux formulée que mes braillements sans forme ni sens.

 

Et là, venant de nulle part, surgit un… couple de jeunes mannequins de la BAC. Les filles n’ont pas le temps de trop s’éloigner. Je comprends la situation, retourne à mon écran qui n’est plus caché et termine mon opération. Police, me dit la jolie fliquette du genre que si on voit la même sur une série de TF1 on dit « ils font chier à nous faire croire que les flics sont des canons ! ». Son faux compagnon et vrai collègue n’a rien à lui envier. Ils ont tous les deux l’air d’un couple dynamique, sportif et cultivé (ce qui est rare).

 

Très compréhensifs, ils nous demandent de venir porter plainte pour que leur travail serve à quelque chose. Ok mais là, la séance va commencer. C’est pas grave. Je vais appeler l’officier et vous viendrez après.

 

C’est après, donc, que nous allons déposer. Une autre jeune fliquette, comédienne amateur, enregistre notre déposition. Je vais devoir vous conduire à la glace sans tain pour que vous reconnaissiez les jeunes roumaines (hé oui…). Elles ne nous voient pas mais en profitent pour faire des pitreries.

 

Quand le super couple de la BAC les a amenées au commissariat, deux autres plaignants les ont identifiées pour des affaires similaires dans le même secteur.

 

Bon, elles n’ont pas de papiers, disent avoir treize ans, habiter dans une caravane dont elles ne connaissent pas l’adresse. Bref, elles n’existent pas. Après leur garde-à-vue, elles seront vraisemblablement relâchées.

 

Pour m’emmerder, à cause de l’article de l’autre jour, le destin m’a mis dans la catégorie des cas qui justifient le toin toin. Mais, Monsieur le destin, si vous relisez mon article, je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas de problème ! J’ai juste dit que la façon d’y répondre n’était pas appropriée et résidait essentiellement en une campagne de propagande pour masquer d’autres voyouseries. Le racisme et la xénophobie ont toujours conduit aux pires solutions.  Je le redis : il y a des problèmes mais les solutions ne résident pas en des montrades communautaires.

 

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9 commentaires pour En ce doux dimanche automnal…

  1. GG dit :

    La prochaine fois, achêtes un DVD, avec une carte bancaire à la FNAC, tranquille et regarde le cinéma chez toi, avec ou sans copine !

  2. Bernard Blancan dit :

    T’es bien socialiste, toi, tiens !

  3. GG dit :

    t’as vraiment pu ren à di toi !

  4. J2L dit :

    heureusement, tu n’étais pas armé, sinon par « légitime défense » tu aurais peut-être utilisé ton arme … 

  5. Bernard Blancan dit :

    Ben, si c’est ren, ça…

  6. Bernard Blancan dit :

    C’est ça. C’est tout-à-fait mon genre !

  7. GG dit :

    Arrête J2L, sur Hors la loi, il a même laissé partir son coup tout seul, même qu’il c’était fait engueuler par l’armurier alors !

  8. Pascale dit :

    Merde, je croyais que c’était des voleurs de poules moi !!!

  9. Bernard Blancan dit :

    Ma carte, c’est un peu comme une poule qui pond des billets (quand il y a le solde)

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