Je suis en train de pondre un nouveau docu…

Mercredi 29 septembre 2010

Hier, j’ai eu une nouvelle idée de documentaire. Facile à réaliser, pas besoin de prod, avec des stars au générique. Vous le savez, très vite je ne pourrai pas m’empêcher de vous en dire davantage.

Dans l’après-midi, nous nous étions mis en recherche d’une caméra pour un achat collectif avec des copains réalisateurs. Il y a des films qu’il faut tourner avant même de chercher de l’argent. Le circuit de production est trop long. J’en sais quelque chose…

Cet après-midi, je pars pour Provins, la cité médiévale. Je vais commencer à ramasser du bois pour le bûcher.

Je n’ai pas pu m’empêcher de repérer la présence de souterrains avec Google Earth et mon pendule. Autant lier l’agréable à l’agréable.

Vous êtes là ?

Mardi 28 septembre 2010

J’ai arrêté le blog juste avant la sortie de Hors la loi. Ce n’est pas un hasard. Je ne trouvais plus le sens d’écrire des choses possiblement lues dans une obligation d’autocensure. Le décalage entre ce que je pouvais écrire et ce que je vivais ou ressentais était trop grand pour que le minimum de sincérité voulue dans cet exercice, demeure.  C’est pourquoi j’ai préféré le silence et choisi de tout arrêter.

Mais ce que je n’avais pas envisagé, c’est ma mère qui l’a mis en évidence en me disant « tu arrêtes le blog mais… tu veux arrêter d’être acteur ? »

En effet, en coupant ce lien avec la toile, il y avait quelque chose du renoncement, de l’abandon. Le blog fait partie de mon activité de comédien, en fait. Il me situe en décalage, un peu en dehors et, finalement, c’est sans doute ce qui me convient le mieux. En tout cas, en arrêtant cet exercice d’écriture, c’est aussi moi que je privais de quelque chose. Voilà pourquoi je reprends.

Reprise donc avec un petit point sur ce qui m’a pesé ces derniers temps, au risque de ratiociner des évidences déjà abordées…

En 2006, il y avait eu Indigènes, le conte de fée cannois, le petit nuage… Ça, c’était à titre personnel et j’en garderai éternellement le souvenir.

Mais il y avait eu la sortie aussi, ce périple sur les routes de France en héros, nous épuisant d’avant-premières en avant-premières. Ça aussi, c’était pour la gloriole. Mais il n’y avait pas que ça.

Nous avons vécu un moment politiquement inoubliable. Dans les débats, dans les salles métissées, la jeunesse que l’on résume à la banlieue prenait soudain conscience, sous nos yeux, qu’elle était française. Les grands-parents avaient prêté leur vie pour libérer le pays. Eux, les jeunes, ils n’étaient pas là pour rien ni par hasard mais aussi pour cette part d’histoire commune. On sentait un dialogue se nouer qui n’avait nul besoin de loi sur l’identité nationale. L’identité nationale, elle venait de s’éprouver, dans l’émotion du souvenir porté aux yeux par le cinéma. Les anciens étaient dans la salle et venaient le prolonger. Et moi, le gaulois, je me trouvais des tonnes de choses à dire à ces jeunes qui me faisaient peur quand je passais devant une de leur bande à Télégraphe.

Des hommes politiques intelligents, sensibles, auraient pu percevoir cette avancée qui se produisait et qui allait bien au-delà de la revalorisation des retraites des anciens combattants. La jeunesse était là et s’ouvrait à la parole. D’abord avec colère mais très vite avec l’expression d’un sentiment d’appartenance. Tout ça je l’ai senti, je l’ai vécu, moi le petit gaulois bobo et je sentais l’espoir à plein nez, la possibilité d’un dialogue renoué.

Je serais extrêmement naïf d’imaginer qu’un film allait changer le cours des choses. Je pense simplement que j’ai perçu à cette occasion une piste, une étincelle de ce qui pouvait être activé pour tenter de résoudre quelques problèmes. Raconter notre histoire, la faire figurer dans les manuels scolaires, par exemple, c’était déjà un pas. Il en appelait d’autres, dans cette voie.

Et qu’ont-ils faits, les politiques ? Rien. Ou si peu. Chirac a commencé à mettre la main à la poche pour les retraites des anciens mais il n’a rien vu de ce qui pouvait être un appui pour changer les choses en profondeur, aux bras de ceux qui font la France d’aujourd’hui. Les socialistes ? Je ne sais pas. Personne à la mesure de ce que nous vivions, nous qui étions devant la scène, les oreilles face au public. C’est ce que j’avais ressenti, que je disais quand j’en avais de rares occasions.

Le mouvement amorcé par Indigènes s’est éteint et la vie a suivi son cours. Le Sarkosysme violent et peureux a éteint pour longtemps toute chance de dialogue. Les casquettes à l’envers sont redevenues agressives, arrogantes, humiliées, retrouvant très vite un vocabulaire fait de baston et de pognon. Comme le Président. Comme la France. Comme ceux qu’on a portés au pouvoir.

Et puis il y a eu Hors la loi. Le propos n’était pas politique contrairement à ce qu’ont scandé les nostalgiques des colonies. Peut-être pas assez, même. Mais c’est le temps qui le dira.

 

 

En tout cas, il y a eu Cannes, aussi. Et moi, vous l’avez compris, j’ai été humilié de ne pas monter les marches avec la bande. Non pas parce que je n’allais pas passer à la téloche, non pas pour ma gueule. Ça, c’est une perspective qui échappe à la grande majorité des gens de ces métiers mais, la gloire, je ne cours pas après. Je fais mon taf. Quand elle est là, je ne crache pas dessus. J’en suis même fier. Mais avec la sage certitude que c’est par définition un état éphémère, une illusion collective, un malentendu. Donc, la gloire, rien à battre.

Mais si j’étais humilié c’est parce que j’ai un certain sens des valeurs comme la gratitude, la fidélité, l’amitié. Et tout ça, d’un coup, ça a disparu au profit de valeurs commerciales idiotes, de calculs imbéciles, de la peur des manifestations qui a fait dire aux organisateurs qu’il n’y aurait que 5 membres de l’équipe sur le tapis. Et non seulement c’est moi qui ai été mis de côté mais le tapis a été envahi d’huiles qui n’avaient rien à y faire.

Certes, j’étais blessé dans mon ego d’acteur (j’en suis un, quand même), dans mon inntimité, aussi. Mais je l’étais d’autant plus que j’étais persuadé qu’en termes d’image, un petit gaulois avait sa place dans cette histoire. Parce que j’étais parmi les primés de l’aventure fondatrice et aussi tout simplement pour servir le film et ce qu’il raconte. Mais bon, c’est passé et on ne retournera pas la scène.

Voilà, le monde continue avec son grand cinéma, avec ses politiques que l’on va se payer jusqu’en 2012 et qui font honte à pas mal de français de l’être et permettent à d’autres d’entretenir leur haine.

Tout ça est désormais derrière et un autre jour commence, avec ses espoirs, ses illusions, ses passions. Vive le blog !

Allez voir Hors la loi, tiens ! Je suis fier d’en être et du travail que j’y ai fait.

 

C’est reparti pour 4 ans !

Lundi 27 septembre 2010

Allez, c’est reparti pour quatre ans ! Oui, je reprends le blog.

L’acte un, c’était du footing aux palmes. 2004/2006.

L’acte deux, ce fût des palmes aux marches volées. 2006/2010.

L’acte trois, je repars à 0, en espérant que ça ne sera pas ça…

 

retour.jpg

 

  Photomontage de Joël !

 

Pourquoi faire les choses à moitié ? On ferme !

claps.jpg

Photo-montage de Joël de Miglos

 

Cette fois-ci, c’est pour de bon. Le blog d’un comédien s’arrête.

 

Son objectif d’offrir un témoignage de la réalité de la vie d’un comédien est atteint. On a six ans de récits pour se faire une idée. Tout n’est pas dit mais pour continuer, je choisis de faire sans.

La limpidité n’est pas du monde des acteurs. Mieux vaut avancer dans le mystère et dans la gestion minimaliste et ciblée de la communication. Tenir un blog va à l’encontre de ce principe.

 

Je ne sais ce qu’il adviendra de ma carrière. Je l’ai toujours subie avec l’idée qu’elle peut s’arrêter demain. Je ne pense pas que ce soit le cas dans un avenir proche mais je préfère justement arrêter le blog sans prendre le risque, qu’un jour, amertume, désillusion et rancoeurs viennent insidieusement se glisser entre les lignes d’un virtuel accessible à tous.

 

Vous avez été témoins de prériodes calmes, d’autres fastes. La dernière a été chargée et l’avenir est fait de quelques films qu’il me tarde de mettre en boîte, de sorties attendues, de plaisir de me glisser dans la peau de personnages troubles, drôles, … qui se remarquent.

 

Quand je trouverai le temps, je mettrai la seconde partie « des palmes à Hors le Loi » dans l’ordre chronologique.

 

Merci à tous ceux qui ont fait vivre ce blog par leurs commentaires réguliers. Vous avez été de vrais personnages de cette aventure. Désolé de vous licencier sans préavis.

 

Merci aussi aux lecteurs discrets qui venaient, de temps à autre, jeter un œil curieux et amusé sur cette expérience. C’est toujours avec plaisir que je croisais tel ou tel qui m’avouait lire de temps en temps sans laisser de commentaire.

Les proches, vous pourrez toujours cliquer sur « contact » pour prendre des nouvelles. Les réseaux sociaux permettent aussi de rester en lien virtuel. Et je compte bien sur mes activités pour que vous ayez des nouvelles par d’autres biais.

Si je trouve une autre façon plus ou moins originale de communiquer à la toile, je mettrai le lien ici.

 

 

 

Épilogue

Lundi 6 septembre 2010

Voyage éclair en Sud-Ouest. Journées d’été.

J’avais d’abord un déjeuner chez des amis bordelais. On s’est lancés dans le projet d’écriture d’une fiction. Une comédie science-fictionnesque. C’est du sérieux, du lourd, du documenté, de l’engagé. Dans la foulée, je répondais à une interview pour le film de Jean-Claude Cheyssial. Une histoire de décristallisation d’indigène. Comment on s’est fait avoir par les annonces de Chirac et comment les pouvoirs on traîné jusqu’à Juillet de cette année pour appliquer ce qui aurait dû l’être en 1945. En attendant, le héro du film, Mechti, est mort juste après avoir touché son rappel de pension.

Pour le reste, c’était famille en bord de mer.

Je me suis interrogé, ces derniers jours, sur l’opportunité, la nécessité, le désir de continuer ce blog. La réalité, c’est que je m’oblige à écrire régulièrement tout en m’interdisant de tout dire. Et comme le peu que je dis dérange déjà certaines entités du milieu (cinématographique), je me demande à quoi ça sert. Si encore je faisais du Mediapart qui balance tout, ça aurait du sens. Mais là, j’ai le double désavantage de me censurer et de me faire pourrir quand même. Donc… Soit je repense une formule plus libre, soit j’écris un journal non publié en direct mais qui pourrait servir de base à de futures publications.

En tout cas, je crois qu’après six ans, ce blog va connaître sa fin dans sa formule actuelle. Ça s’appellera du footing à hors la loi…

Affaire à suivre.

Rentrée

Jeudi 2 septembre 2010

Jour de rentrée. Pour moi, ça aura été montage de bibliothèque dans le bureau. Ça faisait des lustres que j’entassais tout le barda sur des planches.

Le retour de la France c’est manifesté par une espèce de ras-le-bol de ce pays. Mais je ne vais pas détailler. Vous connaissez comme moi les raisons de cette impression.

Pour revenir à des considérations plus personnelles, j’ai été invité par deux festivals en octobre et novembre. Vous en saurez davantage le moment venu. D’ici là, il y a bien sûr la sortie de Hors la Loi. Je ne suis nullement concerné par les tirelipouetpouets qui vont avec. Mais je vais tout de même me renseigner. On ne sait jamais.

Christine, mon agent, m’a mis sur le coup de projets à venir. Là aussi, on attend les nouvelles.

Coup de fil de Céline, ma productrice. Le dossier que je dois remettre au CNC le 13 septembre ne nécessite à ses yeux que quelques modifications. Quel soulagement. Soulagement sans l’ombre d’un leurre. Je sais que les commissions du CNC sont très sélectives et il est impossible d’envisager l’issue. À moins que j’interroge mon pendule… Une chose est sûre : je tiens désormais le film et on va le faire.