En direct de Luchon

  Jeudi 10 février 2011

La projection de Lip a eu lieu ce matin. Je découvrais le film en même temps que je jury et les festivaliers de Luchon. Je le dis sans détour : c’est une belle réussite. J’ai tout aimé, même la musique. Et Dieu sait si mes oreilles sont souvent écorchées par les musiques de téléfilms.

La diffusion est prévue pour septembre et je ne manquerai pas de vous le rappeler.

Pour ce qui est du festival lui-même, c’est assez étonnant de voir autant de gens avec leur carnet à autographes. Pour moi, le pompon, c’est quand, à l’aéroport de Toulouse, un Monsieur est venu me faire signer une affiche de Peau d’Homme Cœur de Bête, mon premier et plus beau grand rôle.

Le 25 février, je saurai ce que je vaux

Mardi 8 février 2011

Le 25 février, le film qui va se tourner au Japon passe au CNC, le film tourné en Corse passe sur Arte tandis que celui de Claire de Larochefoucaud passera sur la 2 (j’y suis pas), le film de Fernandez saura s’il passe en plénière et Hors la Loi sera fixé pour son Oscar. Tant de choses pour un pauvre petit jour.

À partir de demain, je pars au festival de Luchon (téléfilms). J’y suis invité pour Lip, un été tous ensemble, film de Dominique Ladoge, en compétition.

J’ai eu des nouvelles pour le film en Italie sur Pasolini. Trop d’incertitudes. Film indépendant, pas de scénario, un réalisateur qui n’a pas tourné depuis près de 10 ans… Bref, j’ai déjà donné dans les projets à l’arrach’. Si en plus je dois aller me faire sodomiser en Italie…

Fenêtre sur cour

Lundi 7 février 2011

Repas de production pour Retour aux Sources. Productrice et monteuse. Je ne sais toujours pas quand je tourne le plus gros du film en Béarn. J’attends toujours ma caméra pour des images parisiennes. Le montage aura lieu à l’automne. Ça c’est sûr. Entre temps, j’avance dans la réflexion, les rencontres, les discussions, le film s’épaissit.

Pour le reste, ce fût le plaisir d’une journée annonciatrice du printemps. J’ai acheté un mandarinier que j’ai accroché au balcon, histoire de conjurer le froid. En fait, le mandarinier va servir à me cacher du regard d’un voisin foldingue lorsque je bois mon café plein sud. Les vis-à-vis sont assez éloignés et ne font pas face. Sauf un bonhomme qui glisse sa tête dans l’entrebâillement d’un petit vasistas fiché sur la pente raide d’un toit d’ardoises. Ce doit être sa cuisine ou sa salle de bain, je ne sais pas. En tout cas, il regarde toujours, dès qu’il peut, ostensiblement. On peut s’immobiliser face à lui et tenir son regard, il n’en a rien à faire. Il mâte. Un mateur.

Certaines périodes, on l’oublie. Il doit toujours regarder, mais on n’y prête aucune attention. Malgré tout, comme le vasistas nous fait face, dans la nuit, il est difficile de ne pas voir cette tête qui se penche pour voir. Certains jours, je me dis que je vais le prendre en photo, d’autres que je vais aller le voir. Quand ça devient lourd, je me dis que je vais mettre une banderole avec écrit « kestumates par ton petit vasistas ? ».

Demain, petit café en compagnie d’un avec qui nous tournerions bien au Japon.

Il parait qu’on peut voter

Samedi 5 février 2011

Le tournage de Commissaire Magellan est terminé. Je suis rentré bien rincé de fatigue et de froid. On a fait du bon boulot, dirait l’autre. Si vous voyez l’épisode, vous devriez penser que je suis coupable de meurtre. Mais…

 

Par ailleurs, il y a des chances pour que vous me voyez dans la peau d’un flic, aux côtés de Marchal et Difenthal. Mais ça reste à confirmer.

Sinon, savez-vous que vous pouvez voter pour Hors la Loi sur le site des Oscar ? En tout cas, dans la bande annonce, mon Colonel Faivre existe !

 

La bande annonce

Pour voter

Poor lonesome cow-boy

Jeudi 3 février 2011

Une séquence intéressante ce matin. On a commencé par la tourner telle qu’elle était écrite, de façon très convenable. Puis la réalisatrice me dit : « Et si tu nous donnais un peu de ta poésie ! » .  C’était parti pour la même séquence investie différemment et qui passait du statut de séquence informative (il y en a toujours) à celui de vraie séquence.


En fin de journée, Bruno, le maître du haras (champion du monde de saut d’obstacle) a offert à l’équipe entière, une reprise. L’occasion pour moi qui avais bavé d’envie devant les cavaliers, pendant tout le tournage, de remonter sur un canasson.

Il m’a confié Câlin, un grand et beau cheval à robe sombre. Mais pour annuler immédiatement la promesse du patronyme de l’animal, un palefrenier ajoute la précision suivante : « Attention, il est entier. Évitez qu’il s’approche de trop près des juments ! ». Mais, pourquoi c’est jamais simple, le cheval ?!!!

Bref, comme on tourne demain, il n’était pas question que je cherche à dépasser ma trouille naturelle. Beaucoup de pas. Pour le trot, j’avais bien observé les cavaliers. Je tentais avec plus au moins de bonheur de reproduire les mouvements de remontée au bon moment, à la bonne cadence, celui qui vous évite de ressembler à un sac de pommes de terres. Mais bon, exhiber ainsi le plus petit de ma personne devant toute l’équipe entamait de trop ma fierté. Une dizaine de minutes après le début de mes espoirs, je rendais la bête à d’autres volontaires. Je m’offrirais un cours particulier, un de ces quatre, sans public. Et si possible, avec moins de poésie.

La tête de l’emploi

Mardi 1er février 2011

Toujours en tournage à Lille. Toujours autant de plaisir malgré un beau rhume que je viens à peine de mater. Dans cet état, pas question d’avoir la tête à pondre un article. Juste assurer pour le tournage.

Comme on bosse au milieu des chevaux, je suis complètement frustré de ne pas pouvoir en profiter. Souvenez-vous en mai dernier. Ces bestioles m’étaient encore étrangères. Si j’étais une star, j’aurais un cheval. C’est sûr. Et j’aurais des moustaches qui rebiquent et porterais du velours. Mais ça me rappelle quelqu’un…

Tiens ça me rappelle une vague pensée qui a traversé mon esprit pendant le tournage. Deux neurones évadés de la morve. Je m’amusais de penser à ces acteurs qui bossent parce qu’ils ont des têtes de prolos. Et comme ils bossent, ils gagnent de l’argent et prennent les accoutrements et les habitus des bourgeois. Ils revêtent des habits de notables, des accessoires d’intellos, veulent ressembler aux personnages d’avocats, de patrons, de médecins. Mais quoi qu’on fasse, on garde sa tête de prolo. Dans l’idéal, il faudrait faire croire qu’on l’est resté.