C’est dans la boîte ! Enfin, presque…

Mardi 31 mai 2011

Ce matin, je suis allé montrer les images à ma productrice. On en a ramené tant que j’ai déjà matière à commencer un premier montage qui permettra d’évaluer plus précisément ce qu’il reste à engranger pour finir le film. Toutes les personnes filmées, Vivette, Denyse, Paul, André, Marc, Nicolas, se sont montrées généreuses et formeront une galerie de beaux personnages. Les Pyrénées ont eu le bon goût de nous offrir une belle palette de couleurs de temps allant du bleu limpide à une légère pluie en forêt.

Les baguettes ont fait ce qu’elles pouvaient pour suivre.

C’est magique de voir un projet écrit et réécrit depuis tout ce temps, prendre forme de belle manière. Il faut dire que j’étais flanqué d’un chef op (Olivier) qui a su tirer le meilleur de ma caméra et d’un ingé son (Jean-Jacques) pour qui le battement des ailes des mouches n’a plus de secrets.

Néanmoins, dans ce climat Bisounours, il est indéniable qu’en abordant un sujet intime, ça remue en profondeur, pas toujours dans le sens de la sérénité. La violence du passé transpire et ne demande qu’à surgir. Pourtant, j’ai fait le choix de lui fermer la porte, lui préférant une fable plus légère mais non moins profonde.

Tel que c’est parti, l’hiver verra le film complètement terminé. Départ pour les festivals et, qui sait, pour un achat télé.

Ouf…

Lundi 30 mai 2011

Je rentre épuisé des Pyrénées mais le disque dur plein de belles images et d’une matière plus riche que ce que laissait deviner le scénario.

J’en dirai beaucoup plus demain. Là, j’ai les factures à rassembler et des images à regarder encore.

Super tournage

Vendredi 27 mai 2011 N’ayant pas de connexion wi-fi, ni le loisir d’aller traîner dans les cyber lieux, je ferai un compte-rendu de l’aventure le 31. Pour l’heure, tout se passe au-delà de mes espérances.

Départ au gîte !

Lundi 23 mais 2011

Il me reste la soirée pour tout vérifier, mettre en sac. Demain, départ vers le 64 ! Une semaine de tournage avec des baguettes, des pendules, des montagnes et peut-être même de la pluie, vendredi. Ça va changer de la prison d’aujourd’hui. Un sacré contraste.

Au vu des nombreuses absences de réactions à mon article d’hier, ça me rassure. Je ne suis pas toujours dans le sens du vent.

Le soleil se couche sur le bonzaï feuillu.

J’affûte les micros, je nettoie les lentilles

Dimanche 22 mai 2011

Vu les nombreux retours sur Magellan, soit vous avez occupé votre soirée ailleurs que devant votre télé, comme moi (mais j’ai enregistré), soit…


J’ai passé mon dimanche à peaufiner la préparation du tournage de Retour aux Sources puisqu’on décolle mardi. Et demain, c’est en prison que je tourne. Sans être passé par la case Sofitel.

Pour ce qui concerne l’Affaire Célèbre du moment, je commence à en avoir ras la casquette des « on savait bien qu’il était comme ça ». Ben oui, on savait aussi pour Sarko, pour Chirac, pour Mitterrand, pour Giscard, pour Pompidou, pour Berlusconi, pour Hollande (pourquoi pas !), pour Clinton, pour…. Et on y va d’un côté avec les blagues les plus salaces et de l’autre, les féministes manifestent. Ben ouais, il y a des queutards et plus ils sont riches et célèbres, plus ils y vont. Et puis il y a les pétasses attirées par le fric et la célébrité. Pas beaucoup plus joli. Sinon, il y en a plein qui sont des maris, des femmes, des gens qui ont une sexualité plus banale (pas forcément plus ennuyeuse) et même d’autres qui n’en ont pas, sans compter ceux qui en ont une pas à la bonne place. La question est celle de savoir qui est coupable d’un crime. Il n’y a que les tribunaux pour en juger.

Quand le verdict sera tombé, avec tous les éléments, on pourra se féliciter de sa peine, s’il est coupable. Mais là, les médias s’en donnent à cœur joie pour en faire un malade du sexe. Les jugements de journalistes ne sont pas meilleurs que ceux du café du commerce. Il pourrait être le plus pourri qu’il reste un homme, avec une famille, des amis. J’ai beau n’avoir aucune sympathie pour les mâles dominants, pour les gens de pouvoir et d’argent (ceux qui lisent le blog depuis 2004 ne peuvent pas me soupçonner du contraire), il y a un moment où l’humain transperce le cliché et les idées reçues. Il me semble que les journalistes feraient bien de faire preuve d’un peu de dignité et de retenue. Je ne suis pas certain qu’ils soient les meilleurs modèles pour se permettre un tel déballage !


Voici ce que déclare Catherine Deneuve à propos du scandale Lars Von Trier (après avoir condamné ses propos sur Hitler) : « Ce qui me choque surtout, c’est l’utilisation absolument extravagante qui est faite, maintenant, de tous les propos tenus », a-t-elle dit.  « Voyez, moi, j’ai tendance à parler très vite: donc je fais très, très attention. Parce que s’il y a, dans une phrase, quelque chose qui  m’échappe et qui plaira à deux ou trois journalistes ou amateurs avec appareils photo ou caméras, je sais que ça pourra être repris, sorti de son contexte, balancé sur internet, au journal télévisé en boucle et en boucle, je trouve ça terriblement choquant ».

Ben oui, Catherine, on est bien d’accord.


À propos de Cannes, j’ai vu la photo de Dujardin avec sa palme. J’ai aussitôt jeté un œil sur la bibliothèque de mon bureau pour m’assurer que la mienne y était encore. Je l’avais oubliée. Alors j’en profite pour vous la rappeler avec une fierté un peu mesquine. J’ai envie de lui dire, à Dujardin : « fais gaffe, tu vas faire des jaloux et il faudra très vite apprendre qu’il ne faut jamais dire à personne que tu en as une. Ça fait mauvais genre chez ceux qui en rêvent. »


Ce n’est pas parce que je m’emporte un peu sur les journalistes, que je suis déprimé. Je suis même au regret de vous apprendre que je vais extrêmement bien. Et il y a de quoi. La colère n’est pas l’apanage des malheureux…

Et maintenant, un livre !

Jeudi 19 mai 2011

C’est en sortant d’une visite à ma productrice (avec un DVD de petits morceaux de montage de Retour aux sources) qu’un coup de fil surprenant est arrivé.

Je m’étais installé à la terrasse d’un café pour feuilleter un bouquin que je venais d’acheter sur les conseils d’un ami. Il fait beau. Un serveur Strausskhannien ne s’emmerde pas. Il sort un appareil photo et zoome sur les jambes ouvertes d’une jeune cliente. Sans doute laissent-elles, sous son angle de vue, entrevoir les dessous de sa jupe. Pour y voir mieux, il a mis le flash. Les hommes sont quand même bien lourds, parfois, et si peu respectueux. Si l’autre est inculpé gravement, peut-être quelque chose commencera-t-il à changer dans les mentalités latines.

J’étais donc absorbé par une méditation sur la condition féminine, tout en feuilletant le bouquin lorsque, tout en sonnant, mon portable me présente un numéro parisien. Je pense d’abord à un client sourcier. Presque gagné. En fait, c’est une éditrice. J’aimerais vous rencontrer pour savoir si vous accepteriez d’écrire un bouquin qui parle des sourciers. Je me rends directement dans les bureaux de la dame en question et nous devisons une vingtaine de minutes. C’est bien parti pour une édition au printemps prochain dans un réseau de large distribution. L’ouvrage tiendra davantage du guide que de la littérature mais cette idée de transmettre me convient bien.

Je commence à avoir une sacrée collection de casquettes…

Sourcier

Mardi 17 mai 2011

Je tournais, ce matin. Mais pour mon film. J’étais le sourcier chez deux clients.

Chez le premier, j’ai trouvé deux veines d’eau dont une productive. Chez le second, c’était très intéressant parce qu’il avait lui-même fait une recherche avec des baguettes. J’ai trouvé les mêmes choses que lui. C’était déjà un bon point. Pour parachever le tout, j’avais amené une photo prise de Google Earth, sur laquelle j’avais marqué la veine que je ressentais à distance avec la profondeur. Il se trouve qu’elle corroborait nos recherches. Ça tient un peu de l’incroyable, je l’avoue.

Un foreur était là. Je ne le connaissais pas mais c’est lui qui avait donné mes coordonnées au propriétaire car il avait foré chez une personne pour laquelle j’avais déterminé le point de forage avec profondeur.

Ne nous vantons pas trop. En juin, il y aura forage chez les deux clients. Et ça sera filmé. Il vaut mieux pour moi que mes ressentis soient justes.

Le foreur m’a aussi proposé de faire appel à moi pour « mesurer » des carrières souterraines. Quand je dis mesurer, c’est toujours avec des baguettes.

Malgré tout le plaisir que j’éprouve à faire le sourcier, je ne lâcherai pas mes autres passions : le cinéma à réaliser et à jouer !

Pour les besoins du film, je continue mes expériences avec citrons et mandarines. Ça marche beaucoup mieux avec les bio. Les autres ont tellement de conservateur qu’on ne peut rien en faire.

Je me suis amusé à monter deux séquences déjà tournées. Ça donne envie de voir le film. Enfin, j’espère que cette envie sera partagée !

Je vous prie de bien vouloir m’excuser, les filles, pour mon article sur DSK. Mon point de vue était bien macho, bien français.

Un peu de compassion, tout de même…

Lundi 16 mai 2011

 

On peut bien se demander ce que vient faire un fait-divers dans ce blog. Mais la nouvelle a bien été un choc. Prise presque comme une blague au départ. Et puis, comme on sait bien qu’on allait faire sur lui un vote utile, qu’au fond on ne l’aime pas trop, ce nouvel épisode de NYPD tombait comme un effet miroir sur le contenu d’un futur bulletin qu’on s’apprêtait à glisser dans l’urne pour le patron du FMI. Drôle d’image pour le représentant d’une pensée de gauche.

 

Est venue ensuite l’hypothèse du complot. Ce jeune UMP qui balance l’info avant tout le monde, relayé par un ancien conseiller de campagne de Sarko. Bizarre tout ça. On le sait tellement capable de tout… Revient cette info entendue il y a une ou deux semaine : Sarko se frottant les mains et disant à ses proches « je la sens bien, cette élection ! ». Pour lâcher une telle impression alors qu’il est au plus bas dans l’opinion, ça fait frémir. Je m’étais dit qu’il avait déjà mis en place quelques saloperies, qu’il avait deux trois infos d’une stratégie machiavélique se concluant par la naissance du petit en début de campagne.

 

Au réveil, les choses sont encore différentes. Ça s’est passé aux USA, le pays où l’on vous traîne au tribunal pour harcèlement sexuel parce que vous avez eu un regard déplacé. Il n’a pas eu besoin de complot, ni qu’on lui envoie une bimbo missionnée. J’imagine bien l’entrée par erreur de la femme de chambre au moment où le gros monsieur sort de sa salle de bain. Lui qui s’amuse de la situation, elle qui ne comprend pas trop l’humour frenchy, lui qui, partagé entre ses pulsions primaires, l’envie de jouer avec une situation drôle et cocasse, et puis la blague qui tourne mal, elle qui pense qu’il veut la violer, lui qui aimerait bien qu’elle ne fasse pas tout un plat… bref, et puis c’est de drame, l’explosion en plein vol, les menottes, les caméras, la fin du jeu, la fin de la vie politique. Le tout en quelques minutes.

 

Il demeure un brin de tristesse pour le destin international de cet homme dont le malheur est venu de son amour du fric et des femmes et pour celui de cette femme qui est entrée dans une suite qu’elle croyait vide et qui se retrouve la victime d’un truc qui la dépasse, aux conséquences mondiales qu’elle n’a réalisées que bien après.

 

Encore une actualité politique qui nous ramène à la fiction, à la tragédie, au romanesque.

 

En même temps, à sa place, en prenant la suite 2806, je me serais méfié. 8 et 2 = 10, 10+6=16, 6+1 = 7. Le 7, c’est le masculin, le sang, la mort, le G… Bref, c’était écrit sur la clé.

Je ne m’intéresse pas à la numérologie mais en satisfaisant mes superstitions archaïques, j’ai constaté que, presque à chaque fois, mes numéros de chambres d’hôtel sont des multiples de 3. Ça me rassure. Si je tombe sur un 7, la prochaine fois, je suspends « ne pas déranger » à ma porte.