Naïf et fier de soi

C’était un week-end de labeur. Il fallait commencer le montage son des enregistrements faits en Gironde. Connaissant mal le logiciel passé par mon camarade ingénieur du son, j’ai bien passé deux heures à me demander si je n’avais pas tout perdu.

 

Et puis j’ai dû faire des photos des baguettes en action pour la finalisation de mon bouquin de sourcier. Je devrais recevoir l’épreuve définitive dans la semaine. Entre temps, je recevais la proposition de l’affiche de Retour aux sources. Retours, commentaires, propositions… Et puis c’est l’éditeur du blog 2004/2006 qui me demande deux textes pour la quatrième de couverture. Et puis une photo. La meilleure que j’ai, c’est un photographe américain qui l’a faite. Mails pour lui demander l’autorisation et une copie au format imprimerie.

 

Enfin, le festival de Pau me demande si je peux répondre à une interview téléphonique pour Sud-Ouest. Tu parles d’un dimanche ! L’impression d’être dans la peau d’un autre, un mec qui va sortir un film et deux bouquins.

 

En fait, pour les bouquins, je n’avais rien demandé. Celui sur les sourciers, c’est un éditeur qui me l’a commandé. Idem pour le blog qui, du coup, était déjà écrit. 2012 s’annonce étrange. Je vais me retrouver à faire des signatures ici et là, à accompagner le film en festivals. L’année des étranges sorties et des déplacements.

 

Cette situation est plutôt avantageuse. Le rêve. Mais s’exposer appelle aussi des retours. Ben oui. Pas toujours faciles à encaisser si l’on n’y est pas préparé. Ça tient de l’épreuve, du combat. S’armer contre les critiques est indispensable. La lumière fait naître l’ombre, dirait Lao Tseu. Celui qui débarque naïf et fier de lui peut s’en prendre plein la poire pour pas un rond. Le pauvre risque de voir l’envie de faire quoi que ce soit reléguée au rang des vieux souvenirs.

 

De quoi je parle ? Eh bien, la journaliste de Sud-Ouest, par exemple, se demandait pourquoi je me lançais dans la réalisation à 53 ans (sous texte : qu’est-ce que t’as besoin de changer de boulot ? Question de la légitimité). Elle enchaînait en s’interrogeant sur l’intérêt de  déballer sur un écran une histoire personnelle, à la première personne, qui implique toute sa famille (sous-texte : narcissisme égoïste, sans intérêt pour le spectateur et dont la famille fait les frais). Costaude, la nana ! En même temps, c’est super de commencer par ça. Au moins, je sais que ce type de questions ne va pas manquer de débarquer, de préférence chez ceux qui n’ont pas vu le film. Voilà déjà une fiche que je peux préparer pour profiter de la question et faire sortir deux ou trois images convaincantes et lumineuses.

 

Ce ne fût pas le cas dans les réponses que j’ai faites à l’aimable personne. J’étais tellement surpris, naïf et fier de moi…

La prochaine fois, je répondrai à la première question que De Oliveira a commencé à 60 ans. Que l’on peut voir « Lartigue expose », réalisé il y a bientôt vingt ans.

À la seconde, que le film a été un moyen de transformation positive pour moi et les protagonistes de l’histoire, que le spectateur y trouvera matière à réflexion pour sa propre histoire, qu’il se raconte un peu de notre société au cours du dernier demi-siècle. Et, au-delà, il ouvre une fenêtre vers ces choses curieuses que sont la sourcellerie, le magnétisme, ce monde invisible qui n’a pas fini de nous questionner.

Bref, en me creusant un peu, je ferai mieux la prochaine fois.

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10 commentaires pour Naïf et fier de soi

  1. serge barande dit :

    Encore heureux qu’à 53 balais, on puisse faire un peu ce qu’on veut, non!? Si ça lui va pas, qu’elle aille donc mater le Chat empôté, elle comprendra peut-être puisque c’est pas un truc perso mais une machine à ramasser des thunes sur le dos des mioches à l’orée de Noël. Du bon gros commerce quoi!

  2. serge barande dit :

    Fais quand même attention, à trop creuser tu vas finir par avoir de la veine…

  3. LN dit :

    A la question « Pourquoi? « ben quand tu es surpris, tu peux repondre » Pourquoi pas »? M’enfin, on n’est pas dans un tribunal, « madame l’interviewveuse »…

  4. Joël dit :

    Bon, on va les aider les journalistes ! 1994 : Lartigue expose

  5. Bernard Blancan dit :

    ‘Faudra que j’y pense, tiens, aux films pour les mioches…

  6. Bernard Blancan dit :

    J’en ai une à 3 mètres

  7. Bernard Blancan dit :

    Tiens, bonjours, LN !

  8. Bernard Blancan dit :

    Joël, il trouve tout. Pourquoi t’es pas journaliste ?

  9. Joël dit :

    Allez journaliste, pour ma reconversion. Chiche ! Au fait « Chiche » tu nous le met quand en ligne.  

  10. Bernard Blancan dit :

    Chiche, je ne l’aime pas. Alors, je ne le montre pas…

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