Trajet en bus

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Hier, je me suis rendu chez ma productrice en bus. Nous avions une réunion de production pour le chiffrage de mon prochain court. La ligne 96 me conduit directement de chez moi à un arrêt qui est à deux pas des bureaux.

 

Une dame monte à Hôtel de Ville, une bonne cinquantaine, manteau rouge et foulard de soie, de la classe, cheveux courts, bourgeoise de gauche, travaillant dans les arts, les lettres ou la culture. Elle est un peu affolée car elle a un train à prendre à Montparnasse et le métro est interrompu à cause d’un colis suspect. Non, Madame, je ne peux pas vous dire si vous serez à l’heure, lui répond la conductrice sur un ton désagréable. Mais, Madame, insiste la passagère inquiète, vous pouvez me dire quel temps vous évaluez pour rejoindre Montparnasse. D’habitude, il faut compter combien ? Non, Madame, je ne peux pas vous répondre. On ne peut pas le savoir. Mais, vous avez quand même une idée approximative, une fourchette. N’insistez pas, je vous dis que je ne peux pas vous le dire. Si je vous dis une heure et qu’on n’est pas arrivé, vous allez me le reprocher ! Mais pas du tout ! Je vous demande juste si vous… Bon, il passe par où, votre bus ? Non Madame, je n’ai pas le droit de… (la conductrice a failli dire qu’elle n’avait pas le droit de donner des indications sur le trajet emprunté par le bus, mais elle s’est ravisée). Vous n’avez qu’à regarder le plan ! Non, mais vraiment, vous êtes pénible à la fin ! Je n’ai pas le droit de parler en conduisant. Tiens, pour la peine, je vais rouler lentement !

 

La passagère défaite par cette sortie et l’amoncellement de bêtise concentrée sur une même personne, se dirige vers la sortie pour descendre au prochain arrêt. Dans le bus, les passagers s’en mêlent : Prenez un taxi et arrêtez d’embêter tout le monde, lance une dame. Vous n’avez pas à ennuyer un chauffeur, vous mettez en péril la sécurité du bus, lance un papi collabo. C’est ça la France. Je le sens mal, 2012, moi…

La passagère est descendue et la conductrice a continué son parcours, en écoutant les messages radio du QG, histoire de se tenir informée de qui de ses collègues se fera engueuler par le chef. Moi, j’ai lâchement fermé ma gueule. Mais à quoi bon user sa salive.

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10 commentaires pour Trajet en bus

  1. La condescendance des affiches RATP a déjà le pouvoir de m’énerver. Si ça se met à déteindre sur les chauffeurs de bus … et si les usagers donnent aussi raison à la RATP de les prendre pour des cons … Où va t-on ? en tous cas pas à Montparnasse apparemment, c’est bloqué! 😉

  2. Le Guy dit :

    Lui, le St Martinez, il aurait bougé lui, il lui aurait écrasé une tomate sur la poire à la chauffeuse de bus.. en même temps y avait pas de tomates dans le coin alors !

  3. tilly dit :

    le même jour ou presque, un autre bus (96), une histoire parallèle… la femme plutôt jeune, reste debout près du chauffeur, tout à fait consentant, et lui tient la conversation de Châtelet à Montparnasse ! nous avons eu droit parce que la dame avait la voix perchée à une conférence détaillée sur le nourrissage, le dressage et la psychologie dun chiot (absent) dont je n’ai pas retenu la marque

  4. serge barande dit :

    Y’en a qui n’empruntaient JAMAIS les départementales, qui haïssaient les départementales… Eh bé les bus, parfois, c’est pas mieux!

  5. Sarro Philippe dit :

    Je croyais qu’il y avait le métro à Paris.

  6. Bernard Blancan dit :

    Vive la marche à pied !

  7. Bernard Blancan dit :

    Ouais, moi aussi, en temps normal. Mais là, je couvais une grosse crève…

  8. Bernard Blancan dit :

    Des fois ça gène, et d’autres, pas…

  9. Bernard Blancan dit :

    Depuis que je suis sur terre, je me demande pourquoi les hommes ne volent pas comme les oiseaux. C’est tellement plus rigolo, de voler…

  10. Bernard Blancan dit :

    Alors, oui, il y en a même plusieurs. Regarde bien, sur les trottoirs, tu verras écrit « métropolitain » au-dessus d’escaliers qui descendent sous terre. C’est le métro !

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