On remet le bateau à l’eau !

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Hier, je suis allé filmer une directrice de casting pour mon documentaire sur les figurants. Nous avions rendez-vous dans un bar du XIIIème. Arrivé à l’avance, je constatais qu’il y avait des travaux et que nous étions dans une rue passagère. Pas bon pour le son.

 

J’avais choisi d’essayer un tournage à l’Iphone (avec un petit pied adpté). Pour le son, j’avais mon micro Zoom, celui que j’avais acheté pour la voix-off de Retour aux sources. Nous nous sommes installés à l’extérieur, en bord de rue, elle, à contre-jour, avec le bruit conjugué de la circulation et des travaux. Soit, les pires conditions possibles. Je voulais voir ce que j’arriverai à sortir d’une situation extrême. Eh bien, je suis rentré avec des images et un son plus qu’honorables. Rien ne dit qu’elles figureront dans le film. Je sais juste que c’est possible. J’ai au moins la matière intéressante pour nourrir mon dossier.

 

Si mars a été pour moi une période d’attente, avril sera beaucoup plus actif et chargé de bonnes nouvelles longtemps attendues. Dès lundi, je pars en Belgique pour commencer le tournage de Landes.

 

Une bonne nouvelle, tiens : Lip sera enfin diffusé en mai ! On m’y verra sous la blouse du célèbre Piaget.

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Préparation du tournage qui démarre la semaine prochaine. Je démarre par les plus grosses scènes de texte. Concrètement, je mets en relation le plan de travail et le scénario, marquant chaque séquence qui me concerne, passant le texte au stabylo, notant les dates et horaires sur le scénario, cornant les pages. Ainsi, j’ai une vision d’ensemble et je peux planifier mes séances de travail.

 

Samedi, je fais un nouvel essai pour un gros film. J’avais déjà passé des essais en décembre. Ce qui signifie que je suis toujours en course et qu’il va encore falloir assurer.

 

Cet après-midi, je vais à la rencontre d’une casting pour les besoins de mon projet de documentaire sur les figurants.

 

Pour ce qui est du rôle dans la série policière, il ne s’agissait juste que d’une première démarche de mon agent qui ne sera pas forcément suivie d’effets (d’essais).

 

Ce jour est à marquer. Je n’ai pas parlé de politique.

Casting

La bande son de mon futur court-métrage est complétée. Les enfants ont assuré. Le Petit Méchant (dans le film) est resté le Petit Méchant. J’ai essayé de lui faire dire des choses gentilles pour ouvrir la fin vers des perspectives plus joyeuses, mais il s’est mis à pleurer. Trop gentil pour lui. Ça ne l’intéresse pas, si ce n’est pas méchant. Un vrai artiste.

 

Un mail en rentrant hier soir à Paris. Un rôle très intéressant. Une série policière. Ça se tourne bientôt. Les dates tombent entre deux tournages. Tout est parfait. C’est tellement parfait que, malgré l’heure tardive de mon retour à Paris, j’envoie un texto à mon agent pour qu’elle m’assure que ce mail ne m’a pas été envoyé par erreur. Non, non, ce n’est pas une erreur. Il faut juste que je lise. Alors je lis. C’est vraiment parfait. Mais…

 

Je ne crois pas deux secondes que la chaîne me donne le rôle. Non pas que je ne sois pas capable de le jouer. Mais je vois bien que dans la définition qui en est donnée, la description marketing qui en est faite, mec séduisant à l’autorité naturelle qui va rassurer le spectateur et lui donner envie de faire partie de l’équipe, je vois bien l’effort qu’il faudrait consentir. Les annonceurs publicitaires accepteraient-ils ma gueule pour incarner un tel personnage ? J’en doute honnêtement. Mon agent imagine sans doute que c’est jouable, la personne qui fait le casting aussi. Il doit s’agir de remplacer un mec plus bancable qui s’est défilé au dernier moment. Chacun veut tenter le coup.

 

Les personnages que j’ai incarnés jusqu’à présent ne me glissent pas naturellement sur les rails de celui-ci. Souvent joué les violents, les borderline, les fermés, les syndicalistes, les bizarres, les suspects, les lunaires, les méchants. Vous faites de la télé, vous, non ? Vous jouez souvent les méchants, non ? C’est ce qu’on me dit souvent quand on me reconnaît vaguement. Cette image du spectateur lambda n’a pas de raison d’être différente dans la tête des décideurs du grand marketing télévisuel dont la qualité première est de n’avoir aucune imagination.

 

Je n’ai pas encore appelé pour en savoir davantage. Je sais bien que la première personne à convaincre, c’est moi. Le rôle, je peux le jouer. Le problème n’est pas là. Il est plutôt dans la peur d’un investissement énorme pour rendre la chose possible, rendre contagieuse la conviction avec, au départ, un handicap extraordinaire. Acteur, c’est tout son être qu’on met en jeu. Le poids d’un échec est proportionnel à l’énergie que vous avez mise pour espérer un succès. C’est là que se situe ma peur : que mon investissement soit illusoire.

 

C’est un peu comme si quelqu’un qui n’avait jamais été ministre, était juste président du Conseil Général de Corrèze, pas vraiment beau gosse ni charismatique, pratiquant l’humour et l’autodérision, devait soudain faire campagne pour être président de la République en remplacement du mec qui avait été naturellement pressenti (soudain indisponible).

 

Après tout, c’est encore dans l’ordre du possible. Il me suffit d’y croire et compter sur les autres pour y croire le moment venu. François, tu n’es plus seul !

De l’anticipation au point de vue

À Bordeaux comme ailleurs, on croit que c’est l’été. Deux jours dans le sud-ouest en partie pour une nouvelle prise de son pour mon court-métrage Ogres niais. Je dois compléter notre premier enregistrement des enfants de maternelle.

J’ai toujours aimé entremêler fiction et réalité. Mais je me retrouve, ici, face à un problème assez inattendu. Le scénario imaginé il y a trois mois par les enfants rappelle pas mal le drame de Toulouse. Ça finissait en fusillade aussi. Je vais être obligé de réfléchir à ce que cette histoire raconte, puisqu’elle passe désormais par le filtre de ce traumatisme collectif. Ce qui me plaisait initialement, c’était son universalité. J’avais choisi pour cette raison un casting métissé black blanc beur. Me voilà contraint à une certaine délicatesse et à un complément de réflexion. Ça me changera un peu. Même pas peur.

 

Printemps

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Le ciel s’éclaircit dans mon petit domaine professionnel. Un printemps dont je ne peux rien divulguer encore.

En revanche, quel sentiment de solitude face au nombre de conneries que je peux entendre et lire autour de l’affaire de Toulouse ! La droite pue plus que jamais. On en a l’habitude quand on pense à gauche. Le pire, c’est de voir des copains, que l’on croyait sachant penser avec un peu plus de hauteur et de distance, qui suivent le troupeau des réactions au premier degré, voire degré 0. Comme si les neurones se figeaient devant l’horreur. Plus de pensée. Seulement des images et des points de vue caricaturaux. Des amalgames, des raccourcis, de la polémiquette à deux sous. Pouvait-on éviter d’abattre le tueur ? Bien sûr. Aurait-on pu l’arrêter avant ? Peut-être bien. Mais c’est trop tard. Il a tué des innocents et il est mort à son tour.

Mort, il est sorti de sa vie de merde en croyant qu’il avait eu raison. Mort, tout le monde est content puisque le monstre est abattu. Mais le vrai monstre, c’est celui qui fait naître des actes odieux tels que ceux qu’a pu commettre ce gamin (23 ans). Le monstre, c’est nous tous et nos façons de classer les choses, les gens, les idées et toutes ces conneries qui renforcent encore davantage la haine et le sentiment d’abandon d’une frange de notre jeunesse. Je ne dis pas cela par je ne sais quelle culpabilité judéo-chrétienne coiffée d’angélisme naïf. Non. Il y a de vrais problèmes et il faut s’y coltiner. Mais pas uniquement à la Sarko, en fliquant tout et tout le monde. En envisageant aussi (et surtout) la question de façon globale et constructive. Avec l’envie profonde et généreuse de les résoudre. Aujourd’hui, en ce printemps 2012, je sais que mes propos de bon sens peuvent choquer. Et ça m’attriste profondément. Mais je les assume.

 

Revenons plutôt au journal du comédien-réalisateur (ce que ce blog est sensé être). Hé bé, je commence la préparation de mon court-métrage. Je me rends compte que le scénario (que le CNC avait jugé trop pauvre) raconte exactement le regard que je porte sur la France d’aujourd’hui. De façon assez incroyable, même (un des personnages est un bandit terroriste). Pas si naïfs que ça, les enfants de maternelle qui ont improvisé devant mon micro ! Je chérie cette simplicité-là et la façon qu’a le « hasard » de raconter le futur. Nous saurons très bientôt les éléments de financement. Mais il va se faire, c’est sûr, quelles que soient certaines réponses attendues.

 

Côté acteur, j’ai la forte intuition (étayée par quelques indices concrets), qu’une bonne nouvelle n’est plus très loin d’arriver. De toute façon, je commence le tournage de Landes début avril (dans quelques jours, quoi), avec mes moustaches syndicalistes. Un vrai rôle de composition ?

 

Désolé, je la ramène…

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Quand on avait fait le tour de France avec Indigènes, j’avais senti un truc intéressant. Les jeunes Français, issus de l’histoire d’une France coloniale élargie à l’Afrique, prenaient conscience d’une chose simple : on est Français. Nos grands-parents ont combattu sous le drapeau français. J’avais vu là un déclic possible, un pas vers une perspective de résolution des problèmes communautaires de notre Pays. J’en ai déjà parlé ici.

 

Le monde politique n’a sans doute pas compris, n’a rien vu. Au contraire, le pouvoir a continué à stigmatiser, exclure.

 

Ben ouais, le mec ignoble qui a dézingué des enfants, c’était un Français. Si l’on ne comprend pas qu’il faut donner les chances, les espoirs à tous les Français, il y aura encore des malades mentaux qui, n’ayant trouvé aucune voie de socialisation, tomberont dans la coupe de ce qu’il reste comme fous organisés, ceux qui leur offrent les pires des perspectives pour leur donner l’impression d’exister.

 

Il ne faut pas parler d’intégration pour des hommes nés ici. Ou alors, il faut en parler au sens large, pour mes fils aussi, des gamins qui ont l’âge du tueur, pour tous ceux qui essayent de trouver une place dans ce monde. Il faut imposer l’ordre et la sécurité pour tous, des règles, en même temps que des perspectives autres que l’argent facile du vol et du trafic, du pognon virtuel des jeux en ligne et à gratter, qu’une précarité de merde.

 

La tâche est colossale. Avec le niveau de bêtise ambiante, la façon qu’a la télé de simplifier les choses en les faisant reposer sur les sentiments les plus archaïques comme la peur, la domination et l’envie, sur des représentations enfantines des gentils et des méchants, sur les préjugés, dans le formatage permanent des esprits, destiné à en faire de nous de simples consommateurs, on n’est pas près d’avancer.

 

La bête immonde du raciste, le dictat des caïds, les méfaits de la pensée publicitaire, sont des maux qui pourraient s’atténuer avec l’éducation, le dialogue et l’encadrement social, une véritable volonté d’agir pour l’égalité des chances.

 

Pas question d’excuser ou de comprendre l’acte odieux de ce personnage. Il a tué de sang froid à plusieurs reprise. J’essaie juste de voir un peu au-delà de l’ignominie d’un geste. À tort ou à raison.

 

Mathilde, ma compagne, me faisait part d’un instant volé sur le chemin de la maison. Une petite bande de minots de la cité voisine papotait sur la place. Une voiture s’arrête avec au volant un gaulois respectable. Il descend sa vitre et demande aux enfants s’ils connaissent la rue Untel. Ils lui expliquent où elle est et comment y parvenir. L’homme les remercie et s’en va. Les gamins heureux exultent. T’as vu, il me regardait qu’à moi, le mec !

Qu’est-ce que je suis con, parfois…

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Chapeau la police ! Le fou est encerclé. Le terroriste de 24 ans. Je ne ferai pas de commentaire si ce n’est parler de soulagement et de compassion pour toutes les victimes. Pas question d’entrer dans le moindre discours géopolitique, sociologique ou psychologique. Cet événement me coupe le sifflet.

 

En prime, je viens de fournir la preuve irréfutable de ma propre connerie. À vouloir ramener sa fraise à tout bout de champ, faire le malin, émettre des idées « originales », on finit par dire des conneries plus grosses que soi. Pauvre acteur de l’ego-web qui dit tout et n’importe quoi, pourvu qu’il dise. Quand il fallait lire militaire, j’avais lu d’origine Arabe et Antillais. Comme Bayrou. Encore une preuve que la vision du réel est une somme de subjectivités. Kaléidoscope étroit. La triste réalité est souvent beaucoup plus bête. C’est dit.

 

Pour le reste, un joli papier sur Retour aux sources sur 100% Naturel. C’est à lire ICI. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il soit sélectionné en festival. Brive n’en a pas voulu. J’aurais beaucoup aimé, pourtant, car c’est un festival de moyen-métrage dont on m’avait dit grand bien. Il reste encore quelques festivals cet été et, pour le documentaire, pas mal en fin d’année. Ça reste ouvert. J’ai appris d’ailleurs qu’un festival asiatique était intéressé. Si on l’y envoie, il faudra sous-titrer le film.

En attendant, il y aura deux projections ardéchoises début juin.

 

J’attends toujours une réponse pour un joli rôle essayé en décembre. Pour ce qui est de l’aide régionale pour Ogres Niais, on en saura davantage dans quelques jours. Comme dit le diction : « pas de nouvelle, bonne nouvelle ». Voilà où j’en suis rendu. Balancer des dictons ! Pacques au balcon, Noël en décembre.

la nausée

La folie meurtrière d’un homme. Les jeux vidéo. Le mec qui filme ses horreurs, une caméra sanglée au torse. Il croit porter un message politique, nourri de racisme et de haine. Une société qui fait naître un fou qui passe à l’acte doit aussi s’interroger.

 

Google actulalités, un autre fait divers : un viol dans le métro parisien. Sur le site d’Europe 1, les commentaires des lecteurs :

 

       quelle est l’origine des violeurs !!? juste par curiosité (ils ont été interpellés dans le XVIIIème arrondissement)

       je propose comme peine de les castrer chimiquement ou chirurgicalement, pas moins… ces faits divers doivent s’arrêter…

 

Voilà le niveau de réflexion de notre belle France. Pas étonnant qu’un jour il y ait un cinglé qui se mette à tuer en se prenant pour un héros. Sa folie se nourrit aussi de ce qui traîne dans les airs, les ondes, les discours. Qui sont les porte-voix de cette haine dans la représentation politique ? 

J’y étais, j’en suis revenu.

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Vote utile ? Vote franc ? Le vote utile, j’avais donné en 2002. Résultat, j’avais dû voter Chirac au second tour. Même si la prudence m’invite à récidiver, je suis allé à la Bastille, écouter Mélenchon. Je ne devais pas être au sommet de la forme, car j’ai été assez déçu par un discours très formel, déconnecté de l’actualité, se référant aux révolutions d’antan, demandant l’insurrection civique, la constituante, la 6ème république. Un discours se voulant historique, celui du 18 mars, où ne parvenaient pas à émerger les mots que nous attendions pour une campagne présidentielle 2012. On valsait mollement entre 1789 et la Commune de Paris, devant le décor grossièrement peint d’une révolution qui éclatera bientôt.

 

Bref, petit citoyen d’aujourd’hui, je ne suis pas parvenu à m’enthousiasmer, à me faire croire que c’était possible. Comme au Guignol, je voulais entendre les mots durs contre Sarko et sa bande. De la révolte, il y avait la couleur, le monde, mais les mots étaient vieillots. Était absente cette vibration subtile syntonisée au présent qui embarque l’individu pour le fondre à la foule. Le souffle des grands changements. J’étais à me demander pourquoi il prenait ce ton gaullien au lieu de parler simple et direct. Je repensais à ces révolutions qui ont trahi leurs peuples, à cet ex- ministre PS peinturluré en rouge. Désolé, camarade mais, même si je porte en moi les braises encore chaudes d’un révolutionnaire prêt à y croire, tu m’as laissé froid sur le bitume.

 

Une nièce de ma compagne est hospitalisée pour une opération lourde. Dans une chambre, on lui demande de frapper les barreaux de son lit avec une cuillère car la sonnette ne marche plus. Dans une autre, la sonnette marche, mais la première infirmière mettra une demi-heure pour arriver. Pour couronner le tout, elle vient de se chopper une infection. Service public. Voilà le véritable état de la France à Sarko, voilà ce qui va encore s’aggraver s’il est réélu. Il est temps d’arrêter de jouer. Il faut le virer d’urgence et avec force ! On en a toutes les raisons. Ce sont ces raisons qu’il faut rappeler et lâcher le livre d’histoire.