J’y étais, j’en suis revenu.

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Vote utile ? Vote franc ? Le vote utile, j’avais donné en 2002. Résultat, j’avais dû voter Chirac au second tour. Même si la prudence m’invite à récidiver, je suis allé à la Bastille, écouter Mélenchon. Je ne devais pas être au sommet de la forme, car j’ai été assez déçu par un discours très formel, déconnecté de l’actualité, se référant aux révolutions d’antan, demandant l’insurrection civique, la constituante, la 6ème république. Un discours se voulant historique, celui du 18 mars, où ne parvenaient pas à émerger les mots que nous attendions pour une campagne présidentielle 2012. On valsait mollement entre 1789 et la Commune de Paris, devant le décor grossièrement peint d’une révolution qui éclatera bientôt.

 

Bref, petit citoyen d’aujourd’hui, je ne suis pas parvenu à m’enthousiasmer, à me faire croire que c’était possible. Comme au Guignol, je voulais entendre les mots durs contre Sarko et sa bande. De la révolte, il y avait la couleur, le monde, mais les mots étaient vieillots. Était absente cette vibration subtile syntonisée au présent qui embarque l’individu pour le fondre à la foule. Le souffle des grands changements. J’étais à me demander pourquoi il prenait ce ton gaullien au lieu de parler simple et direct. Je repensais à ces révolutions qui ont trahi leurs peuples, à cet ex- ministre PS peinturluré en rouge. Désolé, camarade mais, même si je porte en moi les braises encore chaudes d’un révolutionnaire prêt à y croire, tu m’as laissé froid sur le bitume.

 

Une nièce de ma compagne est hospitalisée pour une opération lourde. Dans une chambre, on lui demande de frapper les barreaux de son lit avec une cuillère car la sonnette ne marche plus. Dans une autre, la sonnette marche, mais la première infirmière mettra une demi-heure pour arriver. Pour couronner le tout, elle vient de se chopper une infection. Service public. Voilà le véritable état de la France à Sarko, voilà ce qui va encore s’aggraver s’il est réélu. Il est temps d’arrêter de jouer. Il faut le virer d’urgence et avec force ! On en a toutes les raisons. Ce sont ces raisons qu’il faut rappeler et lâcher le livre d’histoire.

14 réflexions sur « J’y étais, j’en suis revenu. »

  1. taper avec une cuillère sur les barreaux du lit, j’avoue que là je me pose la question de savoir à quelle époque on vit . Dans le passè surement , alors que tu vois maintenant tout le monde frimer dans la rue, au restaut, avec sa tablette tactile, tu savez ce truc un peu plus gros qu’un iphone…Le monde à Nicolas et son fils jette de la bouffe sur des policiers..

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  2. Laissons le monter encore un peu d’tout’ façon on ira pas au 22 avril comme le 21 ça m’étonnerait, mais va falloir que mon pote Hollande se mettre un peu en colère et que ça bande s’y mette aussi… L’abstention devrait jouer plus contre le candidat en sortie que contre nous… en effet y a plein de gens de droite pret à ne pas voter pour lui… pour la gauche non plus d’ailleurs !

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  3. Punaise, samedi j’étais à un réunion organisé par les « Anars » sur la Grèce ! Belle ambiance, il faut faire tout peter. Je sens que je vais voter noir . J’ai trouvé une solution pour ta nièce.

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  4. Je n’y étais pas mais j’ai regardé et écouté le discours de Mélenchon sur le net et, moi aussi, j’ai été déçue. J’attendais quelque chose de plus engagé encore, quelque chose de plus révolutionnaire… Entre autre, je bosse dans le social, plus précisemment, je suis assistante familiale (famille d’accueil), et ce que je constate au quotidien avec les enfants et ados, c’est une aggravation des misères sociales et des pathologies des jeunes qui nous sont confiés, de plus en plus tardivement, par les juges, quand il n’y a vraiment plus d’autres solutions. Meme dans le social et dans l’urgence face à des situations de grandes maltraitances, il n’y a plus d’argent…. C’est grave.      

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  5. Oui, dans l’extrait que j’ai entendu, y avait comme une pâle copie d’une Louise Michel, avec des accents à la Malraux. Un truc bizarre, hybride et vieillot. Alors, même si on l’aime bien Nini peau-de-Chien, ça suffit pas à titiller le Génie auquel il s’est en partie adressé. Quant au reste, la nièce de ton amie et le mot de Sylvie, c’est totalement affligeant. Mais ça traduit bien la déliquescence résultant de la politique menée par le petit et ses comparses depuis cinq ans, et plus. Sur le plan associatif en général, le constat est identique. Allez, ZOU! Du balais! 

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  6. Salut Bernard, j’y étais aussi et déçu par le discours comme toi. Mais j’ai eu l’explication. Le monde était tel qu’avant qu’il ne commence, que le boulevard du Faubourg Saint Antoine était encore plein jusqu’à Nation. Le SO a pris peur car il fallait absolument vider la place de la Bastille où les gens commençaient à s’écraser contre les barrières. Panique à bord, ils lui ont demandé de raccourcir son discours de trente minutes afin que le public parte plus rapidement et désengorge la place au bord de l’explosion. Il a donc coupé toutes les attaques contre Sarkozy, Le Pen et consort pour s’en tenir à ce discours très général et sans saveur. Si tu veux écouter de meilleurs meetings, va sur son blog. Et là tu verras que les discours d’Hollande sont à côté d’une tiédeur hallucinante. Bises.

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  7. Ton explication tient la route. Je sais qu’il peut être extrêmement bon. D’où ma déception dominicale…

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