Action !

Ça y est ! Sans attendre la réponse pour mon court-métrage, j’ai commencé à bosser sur mon docu sur les figurants. Celui-ci, il se tournera à Paris pour l’essentiel. Je vais commencer par rencontrer des castings figu. J’en suis à me poser les questions de moyens de tournage. Et dès que je commence à me poser des questions, ça devient n’importe quoi, comme toujours. Là, par exemple, je pars de l’idée de tout tourner à l’I Phone 4. Le but : ne pas impressionner avec une caméra et saisir au mieux les instants authentiques. Qui se méfie d’un mec qui film au téléphone ? Qui va se mettre à faire attention à ce qu’il dit, à comment il le dit ? Mon but n’est évidemment pas de piéger, trahir, dénoncer. Juste saisir la vie dans sa plus grande simplicité. Oui, je sais, c’est juste une idée. Il faut bien commencer quelque part !

 

Comme ce n’est pas une simple idée en l’air, j’ai acheté tout à l’heure un zoom additionnel 8X qui s’adapte au téléphone. Ce qui permet de faire certains plans de loin, et de limiter la profondeur de champ. Je pensais que c’était un gadget, mais en fait le rendu est assez bluffant, donnant même un petit grain cinéma. Et comme j’ai besoin de plans en situation de tournage qui ressemblent à du cinéma…

 

Pour la prise de son, même esprit de bidouille. C’est l’enregistreur qui m’a servi à faire la voix-off qui viendra en complément d’un micro additionnel externe fixé connecté au téléphone. À certains moments, ça ne ressemblera plus à un téléphone, je sais. Mais que l’on se rassure, j’ai toujours la caméra avec laquelle j’ai tourné Retour aux sources.

 

Voici la bande annonce d’un film réalisé entièrement à l’IPhone.

 


Et voici la bande annonce d’un gros film dont certains plans ont été tournés aussi à l’IPhone. On en voit certains plans dans la B.A. 

Sociologie d’un oral

  Défendre un projet devant une commission n’est pas un exercice facile. Vous vous trouvez devant un groupe de 5 ou six personnes. Un jury, quoi.

 

Un groupe est un système autonome qui interagit. Il y a forcément des jeux relationnels internes dont vous êtes un objet extérieur, permettant à ces jeux de s’exprimer.

 

Quand un consensus naît facilement au sein de ce groupe, devant les qualités ou faiblesses d’un projet, il est assez facile d’argumenter. S’il s’agit de qualités, il suffit de répondre timidement aux questions.

 

Un consensus pour des faiblesses est le signe qu’elles existent réellement, mais vous avez vos chances, dès lors que vous apportez des éclaircissements, des éléments nouveaux ou des solutions, d’emporter les faveurs de votre auditoire. C’est un petit peu ce qui s’était passé pour Retour aux sources.

 

Là où ça se corse, c’est quand vous faites face à un jury aux avis divergents et aux approches individuelles différentes. La réponse que vous ferez à l’un le rassurera mais, dans le même temps, elle vous desservira aux yeux d’un autre, plus radical que le premier. À ce jeu de curseurs qui alternent selon vos réponses, il vous sera difficile d’être gagnant car, au lieu de favoriser le consensus, vous avantagez l’expression des jeux relationnels internes au groupe. Vous deviendrez le catalyseur des différences au lieu de faire naître le consensus rêvé dont vous seriez, en premier lieu, le bénéficiaire.

 

Si en plus, vous ajoutez celui qui ne comprend pas ce que vous dites et reste coincé sur une posture qui montre qu’il n’a pas compris un point (que les autres ont compris) si vous ne parvenez pas vous-même à saisir les raisons rationnelles de son incompréhension, vous n’avez plus qu’à prier pour que le jeu relationnel interne au groupe finisse par vous être favorable, lors de la délibération.

 

Voilà le constat que j’ai fait au sortir de mon oral devant permettre à Ogres Niais de sortir de ma tête pour s’animer sur les écrans. Ça tient à peu de chose, l’existence ou la non-existence d’un film.

 

Je ne veux pas, par cet article, rejeter la responsabilité unique de la réalisation ou non d’un projet. Le mien porte ses faiblesses dont le dépassement ne sera visible qu’après réalisation. J’ai la conviction que je peux le faire, que c’est faisable, mais serai-je parvenu à la partager ? Réponse dans quelques jours ou semaines !

 

Finalement, il n’y a pas que les acteurs qui attendent…

De commissions en salons

L’oral pour la région s’est bien passé. Pour autant, je sais que c’est loin d’être gagné. Disons qu’on a une chance sur deux de l’avoir. Ce qui veut dire que le film a une chance sur deux de se faire. Pas d’aide, pas de film. Si c’était le cas, je serai triste évidemment. Et je guetterais le moment où mon idée sera piquée et réalisée par un autre.

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La remise de Légion d’honneur, dans les salons du Ministère de la Culture, avait quelque chose d’un peu suranné, troisième République. Au nom du petit et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés, j’ai l’honneur de… Ça me faisait plaisir d’y être pour le copain Jacques Malaterre. Il avait fait entrer les gitans et leurs guitares dans le salon doré. Ça le raconte bien. Quelqu’un disait, c’est amusant, on dit du bien des gens comme on le fait au moment de leur mort, dans les éloges funèbres. Sauf qu’ils sont vivants. La reconnaissance de la Nation a encore du sens.

 

La chargée de communication d’Eyrolles me faisait passer, hier, un papier pour Secret de sourcier paru dans… Ici Paris. Ne riez pas, ça tire à près de 500.000 exemplaires !

 

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Écritures

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Je ne révèle rien en disant que la période est professionnellement un peu molle. Je vais tourner dans Landes en avril-mai, certes, et j’ai hâte car ça va être un beau film. J’attends aussi toujours la réponse ferme pour un film dans lequel je pourrais avoir un de mes plus beaux personnages. Il y aura aussi celui de Philippe Fernandez. Seulement, même en ajoutant mon court-métrage, je suis loin du compte des heures. Et comme ce ne sont pas forcément des films fortunés, je dois penser à ce qui va faire bouillir la marmite. C’est bien joli d’avoir de jolis rôles, il faut aussi penser concret.

 

Dans de tels moments, anxiogènes, il faut bien le dire, dans lesquels on sait que des boulots peuvent tomber ou ne pas tomber, je me place assez systématiquement dans la perspective où ils ne tombent pas. Et pour faire taire l’angoisse, rien de tel qu’une séance où l’on se pose, où l’on met tout à plat, où l’on envisage le pire et les solutions qui en découlent. Je prends un petit carnet, un crayon, et je note. C’est ce que j’ai fait hier.

 

L’avantage de mettre tout à plat, c’est que la bête sort de la tête, du corps, pour se trouver griffonnée sur du papier. On peut voir toutes les questions, les ordonner, les classer. Elles ne sont plus ce magma confus qui circule et envahit tout. Elles se transforment en mots, par l’alchimie de l’écriture. Et ces mots-là sont plus raisonnables. Ils disent qu’il ne sert à rien de précipiter les choses, d’envisager le pire. Il suffit d’attendre patiemment, encore. Attendre sans attendre. Agir sur ce que l’on peut, en douceur. S’ouvrir aux possibles. Sortir de sa carapace protectrice. Laisser la place au hasard et à la chance.

 

C’est ainsi que j’ai pu entamer l’écriture de ce qui pourrait bien être un roman. Écrire encore, entrer dans une histoire, un univers, imaginer des situations, des personnages. Et voilà l’esprit en marche, l’imagination en éveil. C’est bien plus reposant de travailler que de se demander si l’on va travailler. Entre deux séances, ce n’est plus un mec préoccupé, inquiet, qui trimballe ses peurs. On se trouve plus serein, satisfait, curieux de tout ce qui bouge et pourrait alimenter ce que l’on est en train d’écrire. Une sorte d’euphorie communicative, peut-être illusoire si ce que l’on écrit en vaut pas un clou. Mais au moins, tout ce temps est du temps gagné sur des humeurs moins constructives.

 

Quand tout va bien, qu’on gagne bien sa vie, très occupé, si l’on croise un réputé galérien qui vous dit « ça va, j’écris un roman », on a facilement tendance à penser « le pauvre… ». Ben non. C’est juste quelqu’un qui fait quelque chose plutôt que d’attendre ou se plaindre. De son activité pouvant sembler illusoire, sortira peut-être une livre. Peut-être pas. En tout cas c’est un temps bénéfique généré par un libre-arbitre qui disparaîtra au premier tourbillon de la vie. Ces passages où vous gagnez votre vie sans avoir le temps de la vivre.

 

Bon, mais c’est pas tout. Je dois préparer mon argumentaire pour la commission devant laquelle je vais défendre Ogres Niais, ce court-métrage qui m’aspirera entièrement au moment où je le tournerai, le monterai. Le fruit d’un autre temps d’écriture, plus ancien.

 

Secrets de sourcier, je l’avais écrit pour l’essentiel en Grèce, en vacances. Depuis hier, on en parle aussi ICI.

 

Il fait très beau, non ?

À l’attaque !

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Le petit est passé devant Hollande pour le premier tour. Je ne vous apprends rien. Il va être plus coriace qu’on pouvait le penser ces derniers jours. Il joue au stratège. À chaque rendez-vous, il envoie une information. Il faut faire simple. Le but : taper dans les arguments les plus populistes. Il va extraire ce qui peut plaire à l’électorat du FN en élargissant à certaines mesures communes avec celui du Front de gauche. Son objectif n’est pas d’avoir une vision politique, mais d’être réélu pour continuer son œuvre libérale de démolition. Il va être capable de toutes les propositions du café du commerce, sans cohérence. Son objectif n’est pas de dépasser Hollande au premier tour (c’est fait) ni d’offrir un projet politique (on le connaît), mais de préparer d’ores et déjà le second tour. On n’est plus dans la pensée, la logique. Une élection présidentielle est passionnelle, donc irrationnelle.

 

Si l’on reste dans l’irrationnel, en fouinant sur le net, vous allez tomber sur les prédictions des voyants et autres médiums. En majorité, ils prédisent une courte victoire de Sarko, suivie d’une quasi-révolution l’année suivante.

L’avenir s’écrit au jour le jour. Pour que la gauche l’emporte, il lui faudra contrer une à une les interventions du petit pour en dénoncer l’aspect manipulatoire, ramener le débat à son bilan concret, nourrir un vrai projet politique capable de faire naître la part irrationnelle d’espoir. Vaste chantier si l’on veut gagner.

 

Et à part ça ? Je crois que je vais me lancer dans l’écriture d’un roman à partir de l’idée que j’avais d’un long-métrage de fiction. Demain, je passe l’oral devant la Région Aquitaine pour le court-métrage Ogres Niais. J’aurais aussi l’occasion de raconter ce qu’est une cérémonie de remise de la Légion d’Honneur vécue de l’intérieur, côté invité.

Gégé, Nadette et Nini

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Quand on a admiré un acteur, on est un peu attristé de voir que sa sensibilité, son intelligence, son humanité, se mettent au service d’un gugusse aussi inconsistant, aux vertus absolument inverses à celles supposées appartenir au premier. Cynisme, goût du pouvoir, de l’argent, mépris.

C’est l’argent qui pervertit ? Les angoisses de le perdre, les stratégies pour le garder ? Bo, à près tout, les qualités que j’attribuais à l’acteur n’étaient sans doute que des projections. Les défauts de l’autre, il doit bien les partager. Comme l’autre doit bien avoir certaines des qualités projetées sur le premier.

Nous avons vraisemblablement, tous, ces qualités et ces défauts. C’est juste une question de proportion. Un déséquilibre qui fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Tiens… j’ai dit « balance » ?

 

Pour en revenir aux vraies préoccupations des Français, Secrets de sourcier bénéficie d’un Coup de cœur des vendeurs de la FNAC. Gégé et Nini en ont-ils, du cœur ? J’en sais rien. Du pognon, c’est plus sûr.

A.G. du MPT

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Je suis d’habitude très discret sur mes opinions politiques. Le lecteur à beaucoup de mal à savoir si je suis de droite ou de gauche. Aujourd’hui, pourtant, je suis amené à affirmer, haut et fort que je ne voterai pas pour le président sortant. En effet, j’ai été stupéfait d’apprendre que son fils, Louis, avait lancé une tomate sur un agent de police. Le fait que la police soit visée, est un acte grave pour le fils d’un ancien ministre de l’intérieur, mais je m’insurge tout particulièrement contre le fait que le projectile ait été une tomate (dont tout nous autorise à penser qu’elle n’a pas été pesée auparavant).

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Il est des moments où il faut avoir le courage de ses opinions. C’est est trop. Virons définitivement du palais de l’Élysée, cette famille génératrice de jets de tomates (dans un sens pour le père, dans l’autre pour le fil) !

J’en profite pour rappeler que l’assemblée générale du Mouvement de Peseurs de Tomates (M.P.T.) se tiendra le 6 mai à 20 heures, en plein air, à l’angle de l’avenue Georges V et des Champs Élysée. Nous vous espérons nombreux.

 

Secrets de sourciers vient de bénéficier d’un bel article sur le blog 100% NATUREL. À lire ICI.

Non de Nyon !

doublure.jpgVous l’aurez compris, les conjonctions astrales et autres irruptions solaires m’ont concocté une semaine à peu près pourrie. Il ne me manquait plus que le résultat du festival de Nyon. Hé bé, c’est non. Fin janvier, j’écrivais, ici, une pseudo analyse qui expliquait pourquoi, à partir des commentaires que j’avais glanés, je prédisais que Retour aux sources ne serait pas sélectionné dans les grands festivals de documentaires. Le Réel avait confirmé cette hypothèse. Maintenant, c’est le tour de Nyon.

 

Cela dit, je ne voudrais pas me positionner dans la posture confortable de victime. Mon analyse du bobo intello rationaliste que mon film dérange ne vaut pas grand-chose et n’engage que moi. Si le film n’est pas pris, il y a vraisemblablement d’autres raisons dont je n’ai pas conscience. Quoi qu’il en soit, c’est sans doute un film trop personnel. Laissons faire la suite et attendons qu’un festival le prenne.

 

Pour le CNC et Ogres Niais, même chose. Si le projet a été rejeté, c’est parce que je n’ai pas suffisamment expliqué où je le situais et que je n’affirmais pas, comme il l’aurait fallu, les raisons de mes choix. Les lecteurs ont trouvé l’idée formidable, mais que le scénario n’était pas à la hauteur.

 

Le scénario étant construit sur les improvisations des enfants, j’avais le choix entre utiliser cette matière relativement brute et « légère » ou manipuler les enfants pour que leurs voix empruntent les chemins de ma propre écriture. Ce que je ne voulais pas. Pour de bonnes raisons. Mais je n’ai sans doute pas assez expliqué, justifié ce choix. Ça pouvait, en effet, ressembler à un projet se résumant à une bonne idée menée avec désinvolture par un fainéant.

 

N’empêche que, dans ces accumulations de situations d’échec (casting, CNC, Nyon…), regroupées en une même semaine, on se trouve fragilisé. On a vite fait de penser qu’on est nul, mal aimé, impuissant, de s’imaginer que plus rien ne marchera. Petite gifle à l’ego.

 

Mon état psychique et mental trouve dans le rêve un fabuleux terrain d’expression.

Je me suis réveillé en ayant rêvé que, sur un tournage, je faisais la doublure d’un comédien. Ce qui est drôle, c’est l’histoire de ce comédien. Il avait, au départ du film, un tout petit rôle. Le réalisateur le trouvant formidable avait décidé de faire de son personnage périphérique le personnage principal. Le producteur, lui, n’avait pas suivi. Il avait refusé de payer l’acteur à la hauteur de son nouveau rôle, s’arc boutant sur le contrat initial. L’acteur en colère avait accepté malgré tout l’évolution de son personnage, en obtenant juste d’être doublé dans les scènes qui ne nécessitaient pas de le voir jouer de près. La doublure, c’était moi. J’ai l’avantage d’alterner des rêves symbolistes très clairs et des rêves particulièrement explicites, comme celui-ci.

 

Sinon, j’ai fait ma lecture théâtrale. Je ne dirai pas que ça s’est bien ou mal passé. Ça s’est passé. Pierre Santini qui lisait le rôle-titre était extraordinaire en patriarche dictateur. Je lisais le gendre.

 

À peine rentré, je participais téléphoniquement à l’émission d’une radio toulousaine. J’y parlais évidemment de Secret de sourcier et de Journal d’un comédien. Moment très joyeux.

News du jour

Il fait beau. Je vais partir faire ma lecture théâtrale. En soirée, j’aurai une interview radiophonique pour Secrets de sourcier.

 

Je n’ai pas reçu d’autres nouvelles. Enfin, si, des dates pour Landes. Deux jours en Belgique et le reste dans les Landes. Avec moustache.

Journée moisie

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Casting moisi. Bouche sèche, texte qui s’envole (jusqu’à mon numéro de téléphone). Du grand n’importe quoi. De l’amateurisme. Pourtant, Colonel dans les services secrets, il suffit de regarder Hors la Loi pour voir que je peux le faire. Mais là, allez savoir pourquoi, j’avais la mauvaise trouille. Quelque chose en moi qui refusait l’obstacle.

 

Comme les mauvaises nouvelles n’arrivent jamais seules, le CNC n’a pas voulu de mon projet de court-métrage. On ne passe même pas en plénière. Ça ne veut pas dire que le film ne se fait pas, mais ça présage d’un financement ric-rac. À suivre.

 

Allez, je pars photocopier la pièce que je dois lire jeudi. Oui, je sais, parfois on reçoit le texte papier avant la lecture. Pas là.

 

Sinon, tout va super bien. C’est juste qu’aucun indice ne vient corroborer cette affirmation.

 

Vivre à la campagne, avec un jardin et le RSA, il y a des jours où ça ressemble à un rêve.