J’ai menti

  Voilà que les règlements de la production télévisuelles inventent une nouvelle règle. Après les visites au médecin des assurances, voilà que, maintenant, il faut la carte de la médecine du travail à jour. Cela paraît simple et sain. Sauf que, par expérience, je sais que je sors de ce genre de visite avec ma tension artérielle et son poids. Point.

 

Là où ça se corse (et non plus ce Corse…), c’est qu’il faut déjà prendre rendez-vous. Vous êtes assurés de devoir appeler quatre ou cinq fois avant que vous parveniez à entendre la voix d’un être humain. À chaque appel précédant votre réussite, vous aurez passé plusieurs minutes en communication avec un répondeur distillant sa soupe musicale qui se termine irrémédiablement par « désolé, votre correspondant est en ligne, veuillez rappeler ultérieurement ».

 

Vous me direz que c’est pareil dans bien des administrations. C’est vrai. Mais là, une fois que vous avez eu la personne, vous obtenez un rendez-vous pour, minimum, un mois après. Vous savez alors que votre vie, un mois plus tard, tournera autour de ce rendez-vous pendant lequel vous pisserez au mieux dans un bocal et où l’on vous demandera quel sport vous faites, dans quel film vous tournez, que votre tension est bonne et que votre poids a légèrement augmenté depuis la dernière visite.

 

J’avais donc rendez-vous le 5 juin. Ça tombait très mal. En effet, cette date se situait entre le festival de Contis et mes repérages dans les Pyrénées. Il aurait été tellement plus simple pour la planète que je reste dans le Sud-Ouest. Mais, qu’à cela tienne, on fera un aller/retour supplémentaire puisqu’il faut le faire pour les besoins impérieux des nouvelles règles.

 

Le 5 juin arrivé, entre le bonheur du festival et celui des repérages, les derniers réglages de mon fiston débarquant à Paris, j’ai juste oublié qu’à 10 heures, j’avais un rendez-vous, pris un mois auparavant. C’est con.

 

En débarquant sur le tournage, une dame me demande si j’ai bien fait ma visite. Oh merde, c’est si important ? Heu… oui, oui, je l’ai faite le 5 juin ! Bon, alors, il faudra que tu m’apportes la carte de la médecine du travail. Merde… Heu, oui, bien sûr, je te la scanne ! Qu’est-ce qui m’a pris de mentir. C’était plus simple. Trop stressé par ma journée de tournage (vous savez, l’épisode du bottin téléphonique que j’ai raconté ici), je n’avais aucune envie de déployer une quelconque énergie à expliquer le pourquoi du comment. Lundi, je tourne pas, j’appellerai la médecine du travail et j’essaierai d’obtenir un rendez-vous express, en expliquant la situation. Bref, on en reste là et je vis ma journée de tournage bien stressante, telle que je vous l’ai racontée.

 

Lundi (avant-hier, donc), j’appelle ce foutu centre de médecine du travail. Même répétition d’appels vains et relation étroite avec un répondeur téléphonique. Quand je finis par les avoir, j’obtiens un rendez-vous pour le 18 juillet. À peine raccroché, je réalise que ça tombe dans ma semaine de vacances. Merde ! Je rappelle. Répondeur. Je rappelle. Répondeur. Je rappelle. Je retombe sur la même personne. Je lui demande de repousser le rendez-vous à la semaine suivante. Non Monsieur, ça n’est pas possible. On ne peut prendre les rendez-vous que le mois suivant, dans la même semaine. Il vous faudra rappeler lundi prochain pour prendre un rendez-vous la semaine du 23 juillet.

 

Entre temps, j’avais été prévenu par l’assistante de mon agent que la production avait appelé le centre de médecine du travail pour vérifier que j’avais bien fait ma visite le 5 juin. Merde ! Ça rigole pas, dis donc !

 

Un peu minable, je me fends d’un long mail pour avouer que j’avais menti et pour résumer la situation. La réponse je l’ai eue aujourd’hui : « Je suis décçue, je croyais que t’étais un mec bien, clean… Tu ne seras payé que quand j’aurai reçu la carte de la médecine du travail ».

 

Ben voilà, ma semaine de vacances, c’est pas avec mon salaire que je vais me la payer… Je vais faire ma déclaration aux congés spectacles. Merde, il est où mon code ?

 

Tiens, voici un nouvel article qui parle du festival de Contis et de mon documentaire, Retour aux sources. À lire ICI

 

Confirmation ce matin aussi que je tournerai dans Le Village Français. J’espère qu’on ne me demandera pas une contre-visite de la médecine du travail…

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12 commentaires pour J’ai menti

  1. Samuel Marès dit :

    C’est pas bien de mentir ! mais alors pas du tout. Et puis ça rigole pas aujourd’hui . a ce propos tu crois que Depardieu les passe à chaque fois ces visites médicales ? moi, j’ai un doute…

  2. Samuel Marès dit :

    D’un autre côté, il ne tourne pas beaucoup pour la TV

  3. LN dit :

    Un vrai script de court metrage! …Un tout petit mensonge, et hop! tout s’enchaine..mdr…

  4. serge barande dit :

    Au bal des pénibles, la prod TV ne fait pas banquette! Ils dansent tous en rond pour te filer le tourni… Pas les thunes, juste le tourni!!! Une fois que t’auras eu ton rencard, que t’auras fait ta visite, bé tu seras « APTE » pardi! Tu peux déjà y dire à la prod…

  5. FranzK dit :

    Mdr c’est vrai que tout s’enchaine à cause de ce petit mensonge…. Réactions en chaîne !

  6. Bernard Blancan dit :

    Qui c’est, Depardieu ?

  7. Bernard Blancan dit :

    Si, si, Christophe Colomb, par exemple…

  8. Bernard Blancan dit :

    mdr, oui !

  9. Bernard Blancan dit :

    Va comprendre, Charles…

  10. Bernard Blancan dit :

    Comme quoi, il faut TOUJOURS dire la vérité. Moi, si je mens, je me grille illico !

  11. lydie dit :

    Ben oui faut pas mentir ! Mais on te pardonne… l’annuaire téléphonique policier t’avait stressé !

  12. Bernard Blancan dit :

    Bon, ça va…

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