Sourcier à la télé

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Pot de début de tournage pour Ogres Niais, hier soir. Une bonne partie de l’équipe était là. Pas Samir Guesmi qui, malheureusement, a dû renoncer pour cause de promotion du film de Noémie Lvovsky. Nous avons donc pris la décision que je jouerai son rôle. Ce ne sera pas la première fois que je serai des deux côtés de la caméra. Même pas peur. Excité, même.

 

Levé à six heures, ce matin, pour aller me faire filmer dans un petit reportage qui sera diffusé mercredi 5 septembre, vers 10 heures dans Télématin, sur France 2. Pour cela, j’avais vissé ma casquette de sourcier. Objectif : promouvoir Secrets de sourcier. Pour égayer le propos, ils ont tourné une séquence dans laquelle je faisais une initiation à la recherche d’eau avec baguette de coudrier. Tout s’est très bien déroulé, avec l’animateur Philippe Collignon qui ne cherchait pas à faire dans le sensationnel. Juste montrer ce curieux phénomène.

 

Encore un essayage costume pour le prochain film de Frédéric Proust, et une petite réunion demain pour une participation en tant que comédien à l’atelier de scénario d’une école de cinéma (La Fémis, quoi), puis ce sera le départ pour les Pyrénées.

 

Enfin, ne m’occuper que de Mon Film !

Temps suspendu.

 

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De retour du court-métrage de Christine Paillard, voilà que je plonge dans la préparation du mien. Un des acteurs ne peut plus le faire. On en est à la phase où l’on essaie d’envisager de repousser le début du tournage. Bref, les heures qui viennent vont être suspendues…

Coup du cafard

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  Après m’être échiné à fendre du bois dans un biais très étrange, Le Village m’a fait, hier, écraser un cafard avec le poing. Le jeu d’acteur poussé dans ses limites. Dès le début du cinéma, on a appris à tuer un personnage sans tuer l’acteur. Avec les animaux, on a beaucoup plus de mal.

 

  Mais je ne vais pas jouer ma Brigitte Bardot. C’est en fait le dégoût suscité par le contact avec cet animal répugnant et quasi invincible qui m’a été le plus problématique. J’ai du mal à comprendre la peur des souris. Mais les cafards sont ces animaux qui ont traversé les millénaires, résistant à tous les cataclysmes, à l’expansion destructrice de l’humain comme ultime prédateur, se faufilant par tous les interstices, faisant de la saleté sa nourriture, éveillent en nous le dégoût suprême, la peur qu’engendre la multitude indestructible et noctambule, tapie dans l’ombre, prête à vous envahir dès que vous fermez l’œil.

 

  Je ne suis pas un assassin. Je n’ai pas tué le cafard. Premier coup de poing, il n’a pas bougé du mur. Au second, il se trouve projeté sur ma paillasse. Je bondis littéralement. C’est à la troisième prise qu’il tombe à terre, inerte. Une fois transporté d’urgence dans le local accessoire, la bête s’avère toujours vivante, achevée à l’insecticide.

 

  C’est vrai qu’un acteur a davantage plaisir à dire les dialogues, jouer avec les autres personnages, investir les situations. Dès qu’on ajoute à ce travail (qui n’est pas si simple, déjà) des contraintes hautement techniques et saugrenues, l’affaire se complique.

 

  Je retourne lundi pour mon dernier jour sur le Village. À peine démaquillé, je sauterai dans ma bagnole pour rejoindre La-Roche-sur-Yon. J’y tourne mardi et mercredi dans un court-métrage. Ce qui veut dire que mon dimanche, outre une réunion avec le premier assistant d’Ogres Niais, va être consacré à l’apprentissage de mes tartines de textes divers et variés.

Retour heureux de Gindou

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Retour aux sources à Gindou, ce fût une super projection, en plein air, bourrée de monde. Des retours chaleureux, des rencontres professionnelles qui aideront le film, une initiation aux baguettes, une tchatche très riche pour un public encore nombreux le lendemain…

 

La joyeuse équipe avait eu l’idée de commander aussi des bouquins « Secrets de sourcier ». Résultat : première livraison épuisée le jour même et les nouvelles commandes qui arriveront après mon départ. Je n’ai pas boudé mon plaisir, on s’en doute. Afin que je ne risque pas de m’ennuyer, j’étais aussi jury du concours de scénario Gindou 2012. Des scénarios déjà très aboutis et forcément les règles démocratiques du verdict qui ne comble pas toujours les désirs de chacun. J’ai appris à relativiser l’attribution de prix…

 

Et puis des tas de gens, trimballant leur sourire, leur tchache, leur verre de bière, sans chichi. Retour donc sur les rotules d’un festival que l’on m’avait conseillé et que je conseille désormais à quiconque aime le cinéma et le papotage (la programmation est belle). En plus, la cuisine est top. Bref, merci encore à ceux de là-bas qui me lisent d’avoir permi à Retour aux sources de rencontrer à nouveau un public de qualité, très mélangé dans ses origines et son âge.

 

Bon mais, c’est pas tout. Demain, je tourne dans une prison pour Le Village. Autre ambiance. Je vais écraser des cafards. J’aurais bien fait la sieste, moi. Mais j’ai deux ou trois choses à faire.

Départ pour Gindou


Dernière cigarette avant le départ, assis sur un banc, un gobelet de café à la main. Un homme en noir s’approche, massif, gitan sans doute, une cravate mal nouée sur son t-shirt. « dis donc, tu chercherais pas du travail, toi? », me demande-t-il en zieutant furtivement alentour. Non, non. Je rapproche ma valise. Il s’en va. Quel travail allait-il me proposer ? Une chose est sûre : pas de frime vestimentaire pour aller à Gindou. Question 2 : resterai-je dans le public pendant la projection?

Retour aux sources à Gindou

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Météo idéale pour la projection de Retour aux sources à Gindou. Ça sera mardi soir, 21:30, sous un ciel étoilé. Comme il fera encore chaud, les spectateurs n’auront même pas besoin des petites couvertures traditionnelles. Juste les étoiles sur la tête et l’eau sur l’écran.

 

Nous avions fui la canicule en Bretagne. Hier soir tard, en plein Paris, il faisait encore 32°. En montant dans le vingtième, à Ménilmontant, on avait perdu 2°. Eh oui, chez moi, la neige tient plus longtemps qu’en centre ville et il fait plus frais l’été.

Il était question que j’écrive en vacances. Je n’en suis qu’à la page 60, sans la certitude que je tiens un roman digne d’intérêt. On verra bien. Ce n’est en tout cas pas d’ici mi-septembre que je peux compter avancer dans l’entreprise. Je pars à Gindou de mardi à vendredi, je tourne pour le village samedi et lundi et mardi et mercredi dans un court-métrage. Le vendredi, je tournerai pour une émission du matin de France2. Quelques jours après, je descends dans les Pyrénées pour aller repérer, préparer et tourner le mien. Je crains que le blog soir moins actif. Si je n’arrive pas à fournir le quantitatif, j’essaierai au moins de maintenir un semblant de qualitatif.

 

Pour les curieux de mes pratiques bizarres, j’avais commencé une nouvelle expérience pour tester encore l’action de l’esprit sur la germination et la pousse de blé. Hier soir, j’ai eu le plaisir de constater que le blé dit « magnétisé » avait bien plus fière allure et était bien plus vigoureux que le témoin, planté, arrosé, exposé exactement de la même manière. Je n’en aurais jamais fini de mes expériences de gamin (pour plus de détail sur mes obsessions, voir mon film et lire mon livre Secrets de sourcier).

Pas toujours facile, le jeu d’acteur…

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De retour de deux nouvelles journées denses sur le Village Français. Une des clés de la réussite de cette série repose sur le jeu des acteurs. Dès l’écriture, on se rend compte que le texte ne se contente pas d’aligner des situations à l’intérieur d’une structure forte. Chaque séquence est le prétexte à faire naître une vision de la complexité de l’âme humaine à travers les situations types de la grande Histoire. Les destinées individuelles viennent nourrir de leur complexité, celles, plus caricaturales, de l’Histoire passée par le filtre du temps. Il n’y a plus des gentils et des méchants, mais des hommes et des femmes avec leurs limites, leurs faiblesses. Même l’héroïsme se construit sur un socle humain. On est loin des personnages animés par une espèce de souffle divin, un patriotisme idéalisé, une poésie toute intellectuelle. Non là, ça sent la peur, la faim, la sueur. Les rapports sont souvent ambivalents. Ils ne se jouent pas toujours où on les attend.

 

Alors, évidemment, pour un acteur, c’est un bonheur de plonger dans ce type de partition. Et le plaisir de jeu que cela provoque naît aussi de la difficulté de l’entreprise. La dernière séquence de la journée d’hier, était un petit régal de dentelle intellectuelle, de répliques feutrées, à double sens.

 

Celle d’avant, c’était une autre paire de manches. Je dialoguais avec un jeune réfractaire, un brin naïf, au goût de mon personnage. Pendant ce dialogue, je devais fendre du bois à la hache. Alors, déjà, fendre du bois à la hache, ce n’est pas une mince affaire. Nous avions choisi d’utiliser la technique du fermier propriétaire de la ferme dans laquelle nous tournions. Pas du tout celle qu’il m’était arrivé d’utiliser à l’époque où j’avais vécu dans les bois d’Uzeste. Moi, je frappais sur une bûche verticale. Le paysan, lui, faisait reposer la bûche en biais, appuyée sur un gros billot couché. La hache, avec cette technique, doit venir frapper le bois en son milieu, bien au centre de l’arrondi. Un centimètre trop à droite et il n’en sort que du petit-bois, tout juste bon à faire de l’allume feu.

 

Étant donné mon adresse naturelle, ma grande habitude à travailler durement de mes mains, vous imaginez sans peine que j’ai beaucoup fait rire l’équipe. Enfin, au début. Mais au fil des prises, plus personne ne riait. Moi non plus. Mon partenaire faisait comme il pouvait pour faire croire qu’il ne voyait pas mes coups puissants qui, faute d’avoir pour effet de fendre les bûches, lui donnaient une cruelle envie de se fendre la poire. Bref, j’ai bien galéré pour jouer ma scène, en tentant de restituer le texte, entrecoupé de coups de hache décidés à certains endroits du dialogue.

 

Bien sûr, on a fini par mettre la séquence en boîte. Et si le spectateur n’y verra que du feu, le monteur, lui, devra se coltiner un infini de matière imprégnée de toute ma médiocrité. Eh oui, nous les acteurs, on est bons dans les films terminés.  Mais si vous pouviez voir tous les rushes…

 

Sinon, la carte grise s’est réglée sans difficulté aucune par Internet. Plus qu’à poser les plaques et demain, nous partons pour une semaine de vacances en Bretagne. S’il y a une cheminée dans le gîte, j’irai acheter du bois coupé en station service.

La carte grise et les cons

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Hier, j’avais pour mission d’aller faire une carte grise pour un véhicule acheté avec ma compagne. Me voilà parti pour de longues attentes à la Préfecture de Paris, sur l’île de la Cité. Pour un mois d’août, je trouve qu’il y a du monde. Mais bon, je fais la queue pour passer sous le portique, traverse la cour, pénètre dans le bâtiment C et j’attends derrière une longue file. L’employé zélé prend le temps d’éplucher un à un les dossiers que leur tendent les citoyens patients. Très souvent, il manque une pièce. Le citoyen pleurniche. L’employé garde le sourire. Ce qui a pour conséquence d’énerver encore davantage le citoyen patient. Je n’ai qu’une dizaine de personnes devant moi, première étape pour obtenir un numéro qui donne le droit d’attendre. La tension est visible sur tous les visages. Moi, ça va. Mon dossier est complet et j’ai un bouquin avec moi, pour attendre dès que j’en aurai le droit.

 

Mon tour arrive. Faites voir ! Je présente ma liasse de documents bien remplis, bien classés. Ah, le justificatif de domicile, ça va pas. Il n’y a pas les prénoms de monsieur et madame. Je vois bien que ça n’est pas une blague. Il semble satisfait d’avoir trouvé La Faille. Ok, je retourne chez moi. Deux heures de perdues, transport compris.

 

Sur le chemin, j’interroge mon Iphone pour voir si l’on peut prendre rendez-vous pour une carte grise. C’est alors que je tombe sur un lien qui m’indique qu’il y a une antenne de la Préfecture dans la mairie de mon arrondissement. Je repasse chez moi, prends trois justificatifs de domicile différents et me rends dans cette antenne. Il est 14:20.

 

Je prends un petit ticket, attends que l’on m’appelle à l’accueil. On m’appelle assez rapidement. Heu, on ne prend plus de dossiers, à l’heure qu’il est. Vous avez vu le monde qui attend ? Bon, mais je vais vérifier votre dossier. La jeune employée épluche mes documents et me rassure. Tout y est ! Venez tôt, demain. Ça ouvre à 08:30. J’y serai, réponds-je, avec une placidité déterminée qui me surprend.

 

Ce matin, donc, je fais le piquet de grue devant la mairie à 08:10. Il y a déjà des citoyens qui attendent. Petits jeux de « je te pique la place, l’air de rien ». Les citoyens sont des loups. Dès que le carillon sonne la demie, une employée ouvre les portes. Et c’est la ruée.

 

Comme je ne me démerde pas très bien dans les jeux de coudes, je suis en bonne quinzaine position. Pas de souci. J’ai mon livre. Mais en fait, la sonnerie stridente qui retentit à chaque fois qu’un numéro s’affiche, interdit toute autre forme de concentration que celle qui consiste à lire les numéros qui s’affichent. Le cerveau fonctionne au minimum de ses facultés. Le citoyen devient une bête molle, la tête tournée vers un petit panneau lumineux, incapable d’une quelconque pensée, même primaire (j’ai envie de faire pipi, par exemple).

 

Vers 09:00, mon numéro est appelé. Je salue le Monsieur du bureau F d’un bonjour et lui présente, un peu fébrile, ma pile de documents. Qu’on en finisse ! Il a une tête ni sympathique, ni antipathique. Une tête à regarder les JO et à avoir un abonnement au Parc des Princes. Sa voix est en accord. Elle est juste traînante.

-Attendez, c’est pas du cinéma, ça. On va regarder si vous avez tout…

Le mot cinéma est totalement incongru dans le contexte. Il semble indiquer que ma gueule lui dit vaguement quelque chose. Rien à foutre. Je ne suis là que pour repartir avec un papier qui m’autorise à rouler. Mais je sens déjà que l’objectif du Monsieur, c’est juste de trouver la pièce qui cloche. Ce qui n’a rien d’héroïque. Trouver un hic sur une dizaine de documents est à la portée du premier con venu. Et lui, visiblement, il est très très con. Je ne l’avais pas soupçonné au premier coup d’œil.

       Ah ! Je ne vois pas la procuration de Madame !

       Mais…

       Eh oui, pas de procuration…

       Mais, il y a la copie de son passeport. Si on fait les démarches par Internet, personne demande une procuration. Vous voyez bien qu’on vit ensemble sur les justificatifs de domicile et je ne vois pas en quoi j’agirais contre Madame en la mentionnant sur la carte grise.

L’employé vacille, mais garde l’avantage.

       Ben là, c’est pas Internet. Il faut une procuration.

       On est chez Kafka là ! Je suis allé à la Préfecture qui m’a remballé pour un justificatif de domicile sans prénom, hier, ici-même, on m’a remballé parce qu’il y avait trop de monde mais on a vérifié mon dossier et maintenant…

       Écoutez, restez calme ! Je ne vous connais pas et…

Qu’est-ce que ça vient foutre « je ne vous connais pas » ? Et puis si l’on veut vraiment énerver quelqu’un, on lui demande de rester calme. Pourtant, rester aussi calme que je le suis resté dans la situation est déjà un exploit digne d’un sportif de haut niveau.

       Bon, ben, ce qu’on va faire, on va simplement la faire à mon nom, la carte grise. Et puis voilà.

L’employé vacille pour la deuxième fois, mais retourne illico à la charge.

       Dans ce cas, il faut que vous re-contactiez le vendeur pour qu’il établisse un nouveau certificat de cession à votre unique nom.

L’argument est volontairement débile, juste destiné à me faire péter définitivement les plombs. D’un balayage assez élégant du bras gauche, je rassemble mes documents en lâchant juste un « je me casse ». On puise vite dans le langage argotique quand on s’énerve. Et je joins le geste à la parole. Mon envie est grande de faire un esclandre, mais une part de ce qu’il reste de mon cerveau me dit que j’en serais la victime. À quoi bon.

 

Me voilà de retour chez moi. Comme ma compagne vient de prendre un train, je fais une fausse procuration manuscrite et je me lance, sur mon vélo, vers l’antenne de la Préfecture du XIème arrondissement. Merde. Elle est fermée définitivement. OK. Je remonte dans mon Ménilmontant et je fais une demande par Internet. Plus qu’à envoyer les documents dans une enveloppe.

 

Allez, zen, le BB. Cet aprèm, je repars à Limoges pour deux jours de plus dans le Village Français. Je n’aurai pas de mal à jouer le résistant.