Coup du cafard

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  Après m’être échiné à fendre du bois dans un biais très étrange, Le Village m’a fait, hier, écraser un cafard avec le poing. Le jeu d’acteur poussé dans ses limites. Dès le début du cinéma, on a appris à tuer un personnage sans tuer l’acteur. Avec les animaux, on a beaucoup plus de mal.

 

  Mais je ne vais pas jouer ma Brigitte Bardot. C’est en fait le dégoût suscité par le contact avec cet animal répugnant et quasi invincible qui m’a été le plus problématique. J’ai du mal à comprendre la peur des souris. Mais les cafards sont ces animaux qui ont traversé les millénaires, résistant à tous les cataclysmes, à l’expansion destructrice de l’humain comme ultime prédateur, se faufilant par tous les interstices, faisant de la saleté sa nourriture, éveillent en nous le dégoût suprême, la peur qu’engendre la multitude indestructible et noctambule, tapie dans l’ombre, prête à vous envahir dès que vous fermez l’œil.

 

  Je ne suis pas un assassin. Je n’ai pas tué le cafard. Premier coup de poing, il n’a pas bougé du mur. Au second, il se trouve projeté sur ma paillasse. Je bondis littéralement. C’est à la troisième prise qu’il tombe à terre, inerte. Une fois transporté d’urgence dans le local accessoire, la bête s’avère toujours vivante, achevée à l’insecticide.

 

  C’est vrai qu’un acteur a davantage plaisir à dire les dialogues, jouer avec les autres personnages, investir les situations. Dès qu’on ajoute à ce travail (qui n’est pas si simple, déjà) des contraintes hautement techniques et saugrenues, l’affaire se complique.

 

  Je retourne lundi pour mon dernier jour sur le Village. À peine démaquillé, je sauterai dans ma bagnole pour rejoindre La-Roche-sur-Yon. J’y tourne mardi et mercredi dans un court-métrage. Ce qui veut dire que mon dimanche, outre une réunion avec le premier assistant d’Ogres Niais, va être consacré à l’apprentissage de mes tartines de textes divers et variés.

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8 commentaires pour Coup du cafard

  1. J2L dit :

    dommage que tu veuilles pas « jouer ta Brigitte Bardot », j’aurais aimé voir ça ! comme j’aurais bien aimé venir te saluer à La Roche/Yon (70km de chez moi) mais j’ai un filage du « malade imaginaire » pour jouer samedi .  dommage !

  2. Le Guy dit :

    Bien content que ce film d’eau de source au frais d’un festival (Le 14 janvier faisait aussi très beau) ait été apprécié comme il le mérite… Moi je suis rentré de ce matin, La Rochelle m’attendait… sur papier !

  3. J2L dit :

    attention ! après les universités d’été du PS, La Rochelle va enchainer avec le festival de la fiction TV !!! il se passe toujours qque chose à LR … mais toujours pas de projection de « retour aux sources  » !

  4. Lydie dit :

    S’il a été ensuite achevé à l’insecticide, c’est bien que tu l’avais touché ! Complice d’assassinat, bouh, tu baisses dans mon estime !!! (ça ne te fait ni chaud ni froid mais bon…) Mais les insectes, c’est vrai qu’on y est moins sensible, moi la première d’ailleurs. Tiens, hier, ma fille de seize ans m’a appelée au secours pour essayer de sauver un tout petit mignon mulot, la véto n’a pas réussi… va falloir lui annoncer…

  5. Bernard Blancan dit :

    La Roche-sur-Yon, c’est quand même une ville à l’architecture très militaire…

  6. Bernard Blancan dit :

    La Guitoune au travail ! Ça se fête.

  7. Bernard Blancan dit :

    À la Rochelle ? Non…

  8. Bernard Blancan dit :

    Pas facile de sauver des animaux non domestiques… Mais c’est joli, le mulot au véto.

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