écriture

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Cet après-midi, on a fait le générique d’Ogres Niais. C’est bouclé complètement, avec un drôle de sentiment. J’ai refermé la boîte remplie d’une petite histoire imaginée par des enfants, avec des acteurs qui font les imbéciles, un vrai plaisir à bidouiller de la musique, chambouler des images, chercher jusqu’au dernier moment le moyen de surprendre, la meilleure façon de dire ce que j’ai à dire en restant ludique. Désormais, on m’enlève mon jouet et c’est au public de se l’approprier comme bon lui semble. C’est ça, le bonhomme qui se fabrique un jouet qu’il adore et qui le met à disposition de tous sur la place publique. J’espère que des méchants ne le casseront pas !

 

En allant au mixage, l’autre jour, pendant le long trajet de métro qui me fait traverser Paris, j’avais amené un bouquin. En lisant, le temps (encore lui), passe à toute vitesse. Il vaut mieux lever un œil vers le nom des stations, sinon on a tôt fait de se retrouver dix stations plus loin que la destination souhaitée.

 

Ayant quitté les pages du livre pour justement me prêter à ces petites vérifications de trajet, je me suis mis à penser que l’écriture était une sacrée façon de raconter les histoires. Des petits dessins formant des lettres permettent à une personne de transmettre une foule d’informations à une autre, à des milliers, des millions d’autres personnes. Ainsi, dans le cerveau de la multitude des lecteurs naît une réalité avec des personnes, des paysages, des odeurs, des actions, des émotions. En fait, l’écriture, cette connerie, ça a été une révolution fondatrice de l’humanité. La possibilité de créer tout un monde à travers de petits gribouillis, de nouvelles réalités perceptives.

 

Avant l’écriture, il y avait eu la parole. Il a fallu informer les autres (il y a un ours derrière toi !), exprimer des sentiments (tu peux pas galoper à droite, connard !). Et puis un hurluberlu s’est mit à inventer des histoires que les autres écoutaient comme si c’était la réalité, pour avoir peur, s’émouvoir, au-delà du réel.

 

S’émerveiller des choses les plus évidentes n’est pas une qualité indispensable à l’accession à la présidence de l’UMP (qui a bizarrement oublié de compter les voix d’outre-mer, hé hé hé, je rigole des oublis de ce genre, tellement révélateurs). Vive le cinéma, tiens ! Et la littérature.

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6 commentaires pour écriture

  1. hetre dit :

    bravo pour ton évasion lyrique. C’est tellement beau qu’on n’ose plus se poser de question de peur de délirer aussi fort que toi. Quand à l’UMP elle délire aussi de l’Union des Mauvais Perdants elle passe à l’Usage des Magouilles Plurielles pour devenir Utilisons les Méchants Patacs.Mais ne nous rtéjouissons pas trop vite car leur école leur apprend à rebondir pour aller encore pluis haut.  Tu as sans doute perdu ton jouet mais je ne me fais pas de souci, il doit y en avoir un autre dans un tiroir secret.

  2. Sarro Philippe dit :

    Platon a condamné l’écriture dans Phèdre et préférais l’oral, alors qu’il la pratiquait lui même. Il soignait le mal par le mal, l’écriture est en effet un pharmakon, c’est à dire remède et poison en même temps.

  3. Bernard Blancan dit :

    Oui ben, sans écriture, la pensée de platon, en 2012, tu ne l’aurais pas exprimée…

  4. Bernard Blancan dit :

    D’ailleurs, ça me fait penser qu’il faut que j’ouvre le tiroir

  5. serge barande dit :

    Bien désolé, mais en ce moment, tes écrits m’amènent à penser à des conneries (sauf ton respect, Ton Honneur), correspondance du ludique. D’abord, Champ’auxLions, le gratte-pierres, l’inventeur du fax lourd. Puis Guttenberg qui a permis aux curetons de faire chier les futurs lecteurs (qui ne savaient pas lire à l’époque, d’ailleurs!). Après, si tu fais un grand saut dans le temps, en évitant précieusement les Grands, tu t’empaffes directo aux romans à l’eau de rose… Barabara machin… Mais comme tu le mets en relief : après… il y a eu la parole (oh! Putain….). Et Marceau dans tout ça, il a fait quoi Marceau??? Eh bé il a fait fi des deux!!! Et quid de la musique? Des « paroles » rondes posées sur des lignes droites, le tout non écrit, en silence au départ, et qui font tant de « bruit », et des livre(t)s d’ailleurs. Heureusement ton générique est fini… et ta générosité est entière puisque tu « livres » le Bébé avec toute l’eau du bain qu’il faut. T’as plus qu’à recommencer à « faire quelque chose », du coup………. Hé-hé!!!

  6. Bernard Blancan dit :

    Faire quelques-chose… Ben, je vais y penser, tiens !

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