Coucou auvergnat

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Escapade Auvergnate avant de repartir pour le Village en limousin. Le dossier Patates à retrouver. L’idée d’un long-métrage de fiction germe chaque jour davantage. À force, je vais finir par m’y mettre. Mais pour l’heure, dans une parenthèse parisienne, bosser le texte de la séquence de jeudi. Le reste attendra un peu.

Retour des hirondelles

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Hier, ce sont les martinets qui ont investi le décor, d’Eymoutiers. Les feuilles des arbres de la place se sont mis à offrir une ombre uniforme quand à notre arrivée elles ne dessinaient encore sur le sol qu’une fine dentelle. Quatre jours chauds et plein soleil, c’est le temps qu’il nous fallait pour tourner une petite partie du film qui durera moins de dix minutes. Plus d’une centaine de figurants et une bonne humeur contagieuse qui allait bien à la situation. Pour tourner des grosses scènes étalées sur plusieurs jours, il faut tabler sur la chance. Imaginons un jour de pluie en plein milieu ou même des nuages…

En terme de jeu, on ne peut pas dire que j’ai eu une grande partition. Mes interventions étaient surtout de l’ordre de l’information scénaristique. Mais bon, dans les interstices on a pu habiter le tout de petits vrais moments de jeu. On aura beaucoup marché, crié, couru. De ces journées qui ne laissent pas de temps pour autre chose et qui vous font vous coucher peu après 22:00, complètement sur les rotules. Aujourd’hui et jusqu’au 1er mai c’est repos. Ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent de l’Alsace et de la Lorraine.

Ma tête dans le Village Français

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Nouvelle journée au Village. Le maquis débarque en ville pour un défilé du 11 novembre. Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine… Je ne peux pas vous raconter grand chose afin de conserver aux futurs téléspectateurs toute la surprise. En tout cas, voilà ma tête d’Anselme. Demain, grasse mat. Je ne me lève qu’à six heures.

Le Village, reprise limousine

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Première journée de reprise du Village Français en limousin. Une journée riche en séquences de jeu et totalement épuisante. Demain, lever 05:30. Ça rigole pas, la résistance. J’avais juste eu le temps de souffler un brin à Bordeaux entre la projection de Nontron et mon arrivée à Limoges.

21:00, J’ai déjà dîné et je ne vais pas tarder à aller lire quelques pages avant de sombrer dans le sommeil. Une vraie poule. Mais pas mouillée.

Le bonheur des ogres niais à Nontron

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Je crois que la projection de cet après-midi, au cinéma Louis Delluc de Nontron, pour des collégiens, a été la meilleure. Les grands gamins réagissaient à chaque micro intention des ogres niais. Quand on voit le film avec une telle fusion film/public, on finirait par croire qu’on a réussi quelque chose…

Ogres Niais à Nontron

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Replongée dans le dossier de Patates, fort de ma rencontre d’hier. Patates n’est plus un western métapsychique mais un conte métapsychique. Une balade documentaire enchantée, dans l’immense terrain vague entre croyance et scepticisme. Des hurluberlus (dont moi) sont persuadés qu’ils pourront influencer la culture d’une partie d’un champ de pommes-de-terre par la seule action de leur pensée. L’imaginaire peut-il modifier le réel ?

Il faut que je me presse car, demain, je déscends à Nontron. Je vais y présenter Ogres Niais vendredi pour le public et des scolaires. J’enchaine avec le tournage du Village Français à Limoges. J’emmène l’ordi pour bloguer un peu.

Patates, la recrue !

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Journée Lyonnaise en compagnie du nouveau personnage de Patates *. Super simple, sympa, jeune, ouvert, plein d’humour, pratiquant les choses bizarres dont il sera question dans Patates, sans jamais tomber dans une croyance aveugle, la bonne distance. Bref, quelqu’un grâce à qui le film prend un tour beaucoup plus fin et profond, avec humour, distance et poésie. Me voilà armé pour écrire la nouvelle version du dossier de production !

 

(*) le projet de documentaire plus ou moins métapsychique sur lequel je travaille.

Le 5 mai, tous à la piscine !

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Hier, j’ai vu un long-métrage réalisé en 8 jours. Le film est sorti sans distributeur. Le réalisateur l’envoie en DVD aux cinémas et les cinémas l’invitent pour une projection-débat. Comme le film s’inscrit sur une base de faits-divers en relation avec le suicide en entreprise, les syndicats sont parfois organisateurs. Depuis novembre, c’était hier la 143ème projection du film. 3.500 spectateurs. Le réalisateur aime à dire qu’il n’est pas réalisateur mais ouvrier. Un peu plus tard il glisse tout de même qu’il a travaillé dans le management pour une grosse boîte informatique. Il insiste néanmoins sur le fait que l’idée du film est née de sa colère face à la vague de suicides chez France-Télécom. J’ai eu l’idée d’en faire un film, j’ai cherché comment on faisait, cherché une caméra, un chef-op, un ingé-son, des acteurs, ai découvert ce qu’était un script et j’ai mis 30.000 euros dans l’affaire. J’ai vite compris que le réalisateur ne servait à rien, poursuit-il. Ce qui compte, c’est la technique. J’ai du mal à comprendre pourquoi les autres mettent tant de temps et tant d’argent. Quand je vois des films qui vont à Cannes, même des films primés, la plupart du temps, je n’arrive pas à aller au bout tellement c’est chiant. Tenez, prenez Indigènes, par exemple, que par ailleurs je trouve super. Eh bien, le réalisateur n’avait jamais fait de cinéma. Il a trouvé des acteurs connus et un bon chef-op. Heu… pas de chance, Monsieur, vous avez au premier rang un des acteurs d’Indigènes. J’ai évidemment rectifié la réalité sur cette histoire que ce gentil monsieur devait colporter de salle en salle. Rachid n’avait jamais fait de cinéma… N’importe quoi ! Avant de lancer des conneries, il vaut toujours mieux faire deux trois vérifications. En deux clics sur Internet, il aurait vu que Rachid avait juste fait 10 films avant Indigènes dont le très remarqué Bâton Rouge en 85. On trouve plus débutant.

Fasciné par le personnage, je l’interroge tout de même sur sa façon de faire. Comment on fait un film en 8 jours ? Ben, c’est pas compliqué. Je mets en place un plateau et je laisse l’acteur avec le chef-op pour qu’ils tournent la scène. Moi, je les laisse et je me barre sur le décor suivant. Les acteurs sont gênés par le réalisateur, de toute façon. Autant les laisser avec les techniciens. Et comme ça, on enquille les plans. À la fin, je ramasse tout et grâce au monteur, des bouts de film deviennent un film.

Le film, tiens, parlons-en. À chaque plan, dès le début, je sursaute devant tant de naïveté, de maladresse, de vulgarité. L’acteur qui joue le personnage qui va se suicider est excessivement mauvais. Il en fait des caisses, se regarde jouer et il joue réellement comme un pied. Il fait partie de ceux qui pensent qu’il suffit de crier fort, mimer la souffrance, verser une larme pour que la blague soit faite. Elle est ténue la frontière entre l’art et la vulgarité. Il y a une démarche artistique quand on parvient à faire naître une proposition de vérité en puisant au fond de soi, sans concession ni facilité, en laissant la place à une chose qui échappe à tout le monde, qui est universelle. Le non-artiste fait les gestes, les bruits, mais reste dans une interprétation qui ne repose strictement que sur le cliché, sur ce qui vient à l’esprit. Pas dans les tripes. Rester dans le cliché, ça ne veut pas dire qu’on ne montre pas d’émotion. Pleurer sur commande est très facile. Je veux dire pleurer, avec des vraies larmes. Ça impressionne toujours, mais c’est facile.

Facile, c’est sans doute la frontière entre la vulgarité et l’art. L’art est rarement facile, justement. Ni à faire, ni à recevoir. C’est pour cela qu’il transforme, qu’il parvient à changer le regard, à émouvoir. Car l’art surprend. Et là, dans le film, très souvent, on ne dépasse pas la gesticulation extérieure. Certes, certains comédiens s’en sortent mieux que d’autres. Mais la cohérence d’un film, c’est bien au réalisateur et à sont regard qu’elle incombe. Ce n’est pas une addition de savoir-faire, pas un patchwork, pas un puzzle anarchique. C’est lui qui garantit un regard interprétatif singulier et unifiant sur une somme d’événements qui alimentent une histoire, un propos. Il ne suffit pas de montrer ce que tout le monde sait déjà et a déjà vu. Si l’on reste à ce niveau, à quoi cela sert-il de faire un film ? Autant faire un tract politique ou publicitaire. La vie, la vraie est infiniment plus complexe qu’un discours et plus riche que des idées reçues. L’art, justement, a l’ambition d’ouvrir l’esprit et de donner accès à cette complexité. Aujourd’hui, il est en effet facile de faire un film. Un peu d’argent, suffit. La technique est maintenant à la portée de tous. Une bonne petite caméra ne coûte pas cher. Avec elle, la « belle image » est accessible à tout le monde. C’en est fini de ces VHS baveux, de ces super 8 délavés ou trop contrastés. L’image publicitaire avec ces faibles profondeurs de champ est fabricable par le premier venu. Mais, encore une fois, une image n’est pas automatiquement de la pensée, n’est pas obligatoirement une représentation singulière et originale de la vie. Le joli n’est pas le beau. De même qu’exprimer un sujet tragique ne nécessite pas non plus obligatoirement le pathos, les larmes et les cris, l’imitation de la douleur. Le vrai drame sait rire de lui-même parce qu’il lui reste de la dignité.

Je ne vais pas davantage m’étaler sur le film. Son auteur a de toute façon mon admiration parce qu’il l’a fait. Il a su aller au bout d’une idée et y rallier toute une équipe. Jusqu’au bout. Celui qui parvient à faire contre vents et marées mérite quoi qu’il ait fait une forme de respect. Car évidemment, si tout le monde a la capacité technique de faire un film, seuls les fous y parviennent. Cette folie, cette énergie invincible, cette inconscience, il y en a peu qui l’ont. Ils méritent d’être considérés à ce titre. Je les distingue des nantis pour qui tout est simple. Ceux-là, quand ils sont de surcroit prétentieux et donneurs de leçons, je les méprise.

Mais le public, hier, il était content. Il avait un sujet fort : l’injustice du suicide au travail. Et ça lui faisait du bien de voir qu’un film pouvait parler d’un sujet qui révolte chacun. Au bout d’un moment, le public, il s’en fout de la forme, de la réalisation, de l’art, de tous ces trucs un peu théoriques et chiants. Il aime bien les tracts politiques et/ou publicitaires, le public. C’est normal, on lui sert de cette soupe depuis des décennies. Tout est servi « prêt à penser », dans la publicité, les journaux télévisés. Les gentils, les méchants, les bourreaux, les victimes, les beaux, les laids, les forts et les faibles, le prémâché premier âge. Et le public, quand il voit quelque chose qui dénonce une injustice qui le titille, ça lui suffit souvent. Ça lui permet de se souvenir qu’il est vivant et indigné par deux ou trois choses.

Je ne suis pas en train de dire que le public est nul. Je dis simplement qu’une part enfantine de chacun a besoin d’être flattée. Restons au niveau enfantin, tiens, sur un sujet qui va provoquer l’indignation. Je pense par exemple que les pédophiles sont des monstres. À un premier niveau, on a besoin d’entendre ce discours. Mais on peut aussi s’interroger sur ces images publicitaires dans les quelles les femmes sont des gamines, sur le fait que l’épilation totale est à la mode, sur la façon dont on va sexualiser l’apparence d’enfants (maquillage, vêtements…). Bref, s’interroger sur la pédophilie rampante, pas uniquement sur celle dont on identifie facilement les « méchants » mais sur des dérives plus sournoises qui touchent la société de façon beaucoup plus générale. À partir de là, on peut encore poursuivre la réflexion, approfondir, entrer au cœur de l’âme humaine.

On en fait quoi des sujets forts et de ce qu’ils renvoient en surface. Les printemps Arabes ? Les révolutions vertes ? Génial, les méchants dictateurs sont renversés. Vive la révolution ! Et après, ce sont les religieux qui sont au pouvoir, les islamistes. Bouhouhou, les méchants islamistes ! Ben oui, la vie, c’est pas de la pub, pas des contes de fée. Si l’on veut se faire une opinion, il faut se bouger, sortir des apparences, chercher, remettre en question quelques certitudes faciles.

Pour rester dans l’actualité française, ce qu’il se passe actuellement est à peu près au premier niveau d’émotion, au plus archaïque. Oui, Hollande est de droite, oui, la rigueur économique est la suite logique d’un système capitaliste libéral suicidaire. Et ça provoque l’indignation. Partant de là, la droite et l’extrême droite se glissent dans les cortèges des manifs anti mariage pour tous (une vraie réforme de société qui dérange les conservateurs) pour mener des actions anti-démocratiques (violence, agression des élus, des homos, appel au sang, limite à la guerre civile) dans le but de détourner la juste indignation du peuple, de déstabiliser la démocratie et mettre en place les rail du train de la droite décomplexée conservatrice, homophobe et xénophobe. Car oui, il est possible à la fois de s’insurger contre un gouvernement qui a trahi son mandat et d’ouvrir les yeux sur des révoltes à petite moustache qui laissent craindre le pire. Dans le contexte actuel, le 5 mai, il y aura la manif Mélenchon et la manif des fachos. Je me demande si je n’irai pas à la piscine, moi. Comme Joël.

Un sale bruit

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Des figurants-cascadeurs, costumés en soldats allemands se font photographier devant le drapeau nazi. Plaisanterie ? Fascination ? Sans doute un mélange des deux. Un des jeunes acteurs du Village me raconte que dans son bahut, des groupes néo-nazis se montrent de plus en plus ouvertement. Discrédit de la classe politique après l’affaire Cahuzac, la presse qui se lâche comme jamais, l’UMP qui aboie, les agressions sur les homosexuels autour de la loi du mariage pour tous, Le grand rabin qui a menti… Il y a quelque chose qui pue dans la période que nous traversons, un nuage de couleur brune obscurcit l’horizon. L’atmosphère ressemble à celle qui avait précédé l’arrivée de l’horreur au pouvoir. Heureusement que le clan Le Pen est aussi mouillé dans les histoires de placements financiers (on s’en doutait).

 

Néanmoins, jetez un œil sur cet article du Figaro (qui n’est pas réputé être un journal de gauche) : http://www.lefigaro.fr/politique/2013/04/11/01002-20130411ARTFIG00418-la-photo-qui-embarrasse-marion-marechal-le-pen-et-le-fn.php

Il ne s’agit pas de se faire peur, mais tourner dans une fiction historique rafraîchit la mémoire. Quand on oublie pas, on peut percevoir les dangers d’une situation et éviter deux trois erreurs du passé. Des crises ne naissent pas souvent les paradis.

Mes faits d’arme

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C’était la grande évasion, aujourd’hui, au Village. Et que ça tire par-ci, que ça court par-là.

Les premières fois, j’ai eu du mal à armer le fusil que j’avais piqué à un soldat allemand. L’armurier commençait à m’en vouloir de merder des bouts de plan. En fait, c’était la chaine de mes menottes qui coinçait la culasse. Malgré ces éléments indépendants de ma volonté, l’armurier n’a pas cessé de me conseiller, me prévenir, me prier de faire attention, de viser à côté. Oui, oui ! C’est ça, dis-moi oui oui, comme d’habitude ! C’est comme ça qu’il me parlait, l’armurier qui fait corps avec ses armes, les aime et les chouchoute, les astique avec une sensualité physique passionnée dont chaque geste témoigne de son amour. Moi, il me stressait, l’armurier. Pourtant, les armes je les connais faute de les aimer. Je fais partie des dinosaures qui ont fait leur service militaire, dans les troupes de marine, Monsieur ! Outre Indigènes, j’ai tiré avec tout ce qui peut envoyer des cartouches, dans les séries policières, les films de toutes les guerres. Mais je dois avouer une erreur, une fois. Un incident. C’était pour Hors la loi. J’avais raconté dans ces colonnes. Dans la grande scène de bataille dans un terrain vague belge, j’avais répété mon geste de tir avant la prise pour qu’il soit le plus vraisemblable possible. J’avais si bien fait, que bang, le coup était parti. Certes, personne n’avait rien risqué car la ligne ennemie était bien à 200 mètres. Aucun risque objectif avec une balle à blanc dans ces conditions. Mais un coup de feu au moment où il ne doit pas y en avoir prend de suite l’allure d’une véritable catastrophe, de la mise en danger de la collectivité par l’inconséquence d’un pauvre acteur. J’avoue que je m’étais senti merdeux. Et mon armurier s’est donné un malin plaisir de me rappeler que c’était lui, l’armurier, ce jour-là. Dans son souvenir, j’avais même tiré sur un accessoiriste. N’importe quoi. Enfin, bon. Toujours est-il qu’on a tourné une séquence très animée et sans doute forte. Les coulisses, c’est juste pour vous. Ne le répétez pas.