Mes faits d’arme

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C’était la grande évasion, aujourd’hui, au Village. Et que ça tire par-ci, que ça court par-là.

Les premières fois, j’ai eu du mal à armer le fusil que j’avais piqué à un soldat allemand. L’armurier commençait à m’en vouloir de merder des bouts de plan. En fait, c’était la chaine de mes menottes qui coinçait la culasse. Malgré ces éléments indépendants de ma volonté, l’armurier n’a pas cessé de me conseiller, me prévenir, me prier de faire attention, de viser à côté. Oui, oui ! C’est ça, dis-moi oui oui, comme d’habitude ! C’est comme ça qu’il me parlait, l’armurier qui fait corps avec ses armes, les aime et les chouchoute, les astique avec une sensualité physique passionnée dont chaque geste témoigne de son amour. Moi, il me stressait, l’armurier. Pourtant, les armes je les connais faute de les aimer. Je fais partie des dinosaures qui ont fait leur service militaire, dans les troupes de marine, Monsieur ! Outre Indigènes, j’ai tiré avec tout ce qui peut envoyer des cartouches, dans les séries policières, les films de toutes les guerres. Mais je dois avouer une erreur, une fois. Un incident. C’était pour Hors la loi. J’avais raconté dans ces colonnes. Dans la grande scène de bataille dans un terrain vague belge, j’avais répété mon geste de tir avant la prise pour qu’il soit le plus vraisemblable possible. J’avais si bien fait, que bang, le coup était parti. Certes, personne n’avait rien risqué car la ligne ennemie était bien à 200 mètres. Aucun risque objectif avec une balle à blanc dans ces conditions. Mais un coup de feu au moment où il ne doit pas y en avoir prend de suite l’allure d’une véritable catastrophe, de la mise en danger de la collectivité par l’inconséquence d’un pauvre acteur. J’avoue que je m’étais senti merdeux. Et mon armurier s’est donné un malin plaisir de me rappeler que c’était lui, l’armurier, ce jour-là. Dans son souvenir, j’avais même tiré sur un accessoiriste. N’importe quoi. Enfin, bon. Toujours est-il qu’on a tourné une séquence très animée et sans doute forte. Les coulisses, c’est juste pour vous. Ne le répétez pas.

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2 commentaires pour Mes faits d’arme

  1. serge barande dit :

    Du coup, je ferme ma gueule. Muet comme une carpe tombale le sergio! Même pas lu, même pas vu, même pas su!!!

  2. Bernard Blancan dit :

    Merci…

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