Hollande, il est bien. Enfin, bien…

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Pour mon projet de long-métrage, je suis amené à me pencher sur les décroissants, les troqueurs, les faiseurs de monnaies locales, AMAP et autre SEL. Face à la crise, on nous dit qu’autre chose est possible. Un monde à inventer. Je cherche des communautés qui auraient mis l’ensemble de ces pratiques en œuvre, des microsociétés non capitalistes. Mais très vite, on tombe sur des groupes avec à leur tête un gourou. Pas de vrai projet collectif. Pas collectif jusqu’au bout. Toujours une personnalité qui chapote et dicte ses lois. L’humain et ses limites. J’imagine mal la France virer écolo ou coco. Ou alors, il faudrait une figure charismatique pour embarquer les foules. Et, les foules fussent-elles embarquées, que ferait la France face à l’Europe, au monde ? Non, franchement, les temps me semblent peu propices aux (vraies) révolutions, aux (vrais) changements. Et, au risque de vous surprendre, je continue à penser que, tout bien pesé, Hollande, c’est de toute façon moins pire que l’UMP.

J’entends d’ici s’élever les voix de ceux qui disent : pas vrai, il fait tout ce que Sarko n’a pas osé faire. Ok, ok. On en reparlera quand la droite sera revenue au pouvoir. La différence sera criante, comme elle l’avait été quand les électeurs de gauche avaient préféré la pêche à Jospin. C’est de ce terreau qu’avait émergé Sarkozy, lui-même faisant les beaux jours d’une Lepen, avec son copain Buisson. Pour ma part, s’il m’arrive de penser bien fort qu’on a été trahis par l’élu, je garde en mémoire tous les choix de la droite, devine ce qu’elle fera dès qu’elle sera au pouvoir. Hollande = la droite, c’est un piège grossier dans lequel je ne veux pas tomber. Parce que, gouverner aujourd’hui dans n’importe quel pays du monde, c’est appliquer les lois du capitalisme. À commencer par la Chine. Si Chavez a réussi à faire reculer la pauvreté, c’est que son pays est riche en ressources pétrolières. C’est ce qui lui a permis de faire du social, du vrai. Partout ailleurs, c’est la loi de la finance qui régit le monde. Alors, tant que la conscience mondiale ne voit pas la nécessité de changer la donne, on est bien obligés de considérer la réalité.

Ma colère, elle va contre le système mondial. Hollande, lui, il fait ce qu’il peut pour tenter d’en atténuer les effets, tout en gérant la machine en cohérence avec le système international. Ok, le bus est pourri, les passagers sont mal assis, mais on va essayer de mener ce petit monde à bon port, en ralentissant sur les dos d’âne, en faisant monter des gens qui n’ont pas eu le temps de se poster à l’arrêt réglementaire. Filez donc le volant à Coppé, vous ne serez pas déçu du voyage ! Quant à ceux qui disent, allez, tous à pied, et on sera libres…

 

J’ai toujours pris la défense des mal aimés. C’est pas maintenant que je vais changer. C’était ma minute réactionnaire.

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6 commentaires pour Hollande, il est bien. Enfin, bien…

  1. sylvie dit :

    Pas d’accord avec ta vision des choses concernant les SEL, AMAP et autres formes sociales pour vivre plus solidaires. Dans ma région ça fonctionne, des initiatives et du concret, des idées, du partage et des actes.

  2. Bernard Blancan dit :

    Tu déformes mes propos. Je trouve très intéressant les SEL et AMAP. Mes réserves portent sur les expériences communautaires et leurs leaders.

  3. mano dit :

    Moi ce que j’avais compris (je sais on commence pas par « moi » mais là je ne savais pas quoi mettre d’autre…) c’est que l’idée des AMAP et des SEL étaient intéressantes mais qu’il y a toujours un individu plus individualiste que les autres qui voudra prendre le pouvoir et détourner ainsi l’idée de départ. Et c’est vrai que l’humanité n’a jamais su fonctionner autrement, enfin à ma connaissance, alors si quelqu’un peut témoigner d’une société ou d’une tribu ou autre regroupement qui a réussi à fonctionner sans leader charismatique mais néanmoins mégalo, qu’il n’hésite pas ça donnera du baume au coeur 🙂

  4. Bernard Blancan dit :

    Éh bien, on vient de me rappeler que dans l’antiquité, en Grèce, les politiques n’étaient pas élus mais tirés au sort, comme des jurés. Certains réfléchissent à un tel système où les gens sont tirés au sort pour tant d’années et payés pour le boulot qu’ils font pour la collectivité. Du coup, les dirigeants sont issus de toutes les catégories sociales et l’amateurisme devient une qualité. À méditer… Je reprécise que, AMAP et SEL sont en effet intéressants et fonctionnent de façon associatives (donc, pas de problème de gourous). Ce problème se pose uniquement dans la direction d’une collectivité…

  5. serge barande dit :

    PROUUIIIT de shit de cul!!! Symdrôme Joël : texte quasi achevé, session niquée!!! Flemme de tout réécrire…. Le fond portait sur une analyse d’un manquement chronique, celui de ne jamais suffisamment considérer les maux liés au changement climatique (que j’étudie depuis six ans sur les piafs migrateurs), et dont on voit déjà les traductions sur les espèces de faune et flore au travers du monde. Ce serait trop long à redévelopper. Bref! Tant que l’économie mondiale fera autant fi de cela, on sera tous baisés. Et nos gosses, encore plus que nous. Et malheuresusement, en tout cas en l’état, le peu de systèmes parallèles existant pèsent si peu (goutte d’orage dans l’océan), que je n’y entevois pas une issue améliorante. Tout reste basé sur la croissance à tout prix, au détriment des hommes comme celui des habitats naturels. Je ne me sens pas très fier de laisser un monde poubelle à ma petite fille, voyez-vous. J’en ai même beaucoup honte! Aux élections de 1974, René DUMONT, premier écolo à se présenter aux présidentielles en parlait déjà. Il était pris pour un con. Eh bien, tel est pris qui croyait prendre! Et c’est nous qui prenons… Et nos descendances en suivant…

  6. Bernard Blancan dit :

    Moi je dis, la prochaine fois, ben, je sais pas pour qui je vote… Heu, je sais quand même pour qui je ne voterai jamais.

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