Orage au désespoir

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Aujourd’hui, une séquence a été interrompue par une pluie d’orage. Mais l’aventure continue. Si je devais me noter, je n’aurais pas été bien au-dessus de la moyenne, aujourd’hui. Ce qui vient corroborer mon sentiment général qui me situe globalement au niveau d’un acteur médiocre.

Je ne dis pas ça par masochisme, ni fausse modestie. Quand j’ai un peu de recul et d’honnêteté, c’est à ce niveau que je me situe. Mais, dans ces moments de grande lucidité, je ne suis pas certain de classer la plupart de mes collègues très au-dessus. Quand un acteur est bon, c’est souvent par accident, parce qu’il a à jouer des scènes dont l’écriture embarque à l’avance le spectateur, quand il est d’une naïveté extrême, quand c’est un très très gros bosseur,  quand l’illusion qu’il a de tourner avec un grand réalisateur ou dans un grand film le plonge dans un état de grâce dont tout lui échappe.

Le jugement du spectateur, lui, est proche de l’état amoureux, laissant peu de place à l’objectivité, au jeu lui-même. Soit il est séduit aveuglément par un stéréotype, par sa notoriété (c’est rassurant, ça le rend familier, on est content de le revoir), ou bien il le confond avantageusement avec le rôle qu’il interprète (généralement le héros ou le second rôle hyper sympathique).

On se demande bien à quoi ça sert d’écrire de telles conneries dans un blog d’acteur. C’est juste une idée qui m’était venue à l’esprit, il y a deux ou trois semaines. J’ai trouvé ce soir l’occasion de l’aborder. Voilà tout.

Sinon, demain, ça tourne encore et j’ai quelques répliques décisives à assurer grave. J’adore.

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9 commentaires pour Orage au désespoir

  1. hetre dit :

    L’orage du soir, celui qui rend les enfants inquiets et les acteurs médiocres, c’est connu est vite oublié dès le lendemain matin aux aurores. Alors rebondis vite, nous on ne doute jamais de toi. 

  2. Bernard Blancan dit :

    ça y est, j’ai rebondi…

  3. LN dit :

    Hé, hé….

  4. Lydie dit :

    eh oh, le spectateur peut être lucide aussi… comme l’acteur !

  5. Lydie dit :

    l’orage me rappelle « Landes »… dans les Landes   les imprévus, c’est dérangeant, ça peut aussi être sympa

  6. Bernard Blancan dit :

    Ok, ok !

  7. Bernard Blancan dit :

    Tout dépend du contexte…

  8. serge barande dit :

    Ton analyse est d’une grande lucidité. Bien sûr qu’on t’aime est qu’on a du plaisir à te voir jouer, interprêter, habiter un rôle. Et même comme dans London River, où tu n’apparais que dans la conclusion. Mais il ne faut pas oublier l’Essentiel, et ta moisson est belle, le grenier est riche de grains à semer (moi aussi je peux métaphorer facile agricole!). En termes de « récoltes », je te rappellerai la comparaison qui t’était faite à Charles Vanel pour Hors-la-Loi ou à Buster Keaton pour Cache-Cache… Et j’en oublie certainement d’autres. Ou aucune, car parfois, il n’y a besoin de rien, peu importe. Ton rôle dans les LIP ou dans le Voyage de la Veuve, furent à mes yeux marquants, et bien au-delà du « simple plaisir » – comme tu le soulignes toi-même – de te retrouver sur l’écran. Nous on est plaisants, con ! Complaisants… pas besoin de l’être. Ou pas l’occasion de l’être. Pour l’instant en tout cas. Mais on veille au grain!!!

  9. Bernard Blancan dit :

    je vais tâcher de ne pas vous obliger à le devenir !

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