Bien vu, les juilletistes !

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Premiers départs en vacances. C’est même pas des blagues. Il y a moins de monde, plus facile de se garer. Les miennes, elles démarrent le 10. Irlande. Juste avant, c’est chargé-chargé.

Nouveau casting la semaine prochaine. Le scénario a l’air super. Huis-clos dans un bar. Juste avant, j’irai présenter Retour aux sources et Ogres Nais à Bagnères de Bigorre. Le jeudi, petit tournage pour mon docu du côté de l’INRA. Le même jour, je répondrai aux questions d’une journaliste d’Inexploré autour du phénomène sourcier. Le lendemain pour rester dans le sujet, je vais faire des signatures pour Secrets de sourcier à Orléans. Heureusement, il paraît qu’en juillet, c’est calme.

Il faudrait que je numérise mes rushes aujourd’hui, mais vu le temps et l’humeur, c’est mal parti. Vrai jour d’été avec gens en sandales et t-shirt. 

Pourquoi j’ai démissionné de la SRF

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Le 1 er juillet, une convention collective sera élargie aux métiers du cinéma. La SRF s’en félicitait depuis longtemps.

Et puis un collectif de réalisateurs connus a vu le jour, s’opposant à l’application de la convention telle que définie par une longue négociation (7 ans).

Et puis le collectif a pris d’assaut l’AG de la SRF et en a pris le pouvoir. Ce jour-là, j’avais exhorté l’assemblée de panacher ses votes entre partisans et opposés de la convention. Peine perdue. Mais j’avais été élu sur la ligne favorable, dans la catégorie court-métrage.

À l’issue du premier CA, j’ai compris que la voix des partisans à la convention n’aurait pas de place au conseil (on me l’a fait clairement comprendre). J’ai donc écrit une lettre aux membres du CA, dans laquelle je faisais part de mon intention de démissionner.

La principale raison est que je ne pense pas que ce soit la place des réalisateurs de s’opposer à une convention collective. C’est celle des producteurs. Certains d’entre eux ont signé cette convention, l’API, gros producteurs. D’autres on préféré s’abstenir de participer aux négociations. Les petits producteurs du SPI (producteurs indépendants). Leur stratégie : laisser faire puisqu’ils pensaient qu’une convention ne serait jamais validée par un gouvernement. Manque de pot, elle est signée et va être appliquée (on l’espère). D’où le branle-bas de combat de ces dernières semaines qui a vu se dresser les uns contre les autres, avec parfois des mots très durs.

Bref, je ne voulais en aucun cas entretenir à mon encontre une quelconque confusion. Favorable à l’extension de la convention collective, je me sentais mal de siéger au CA dans ce contexte, sur une ligne que je ne comprends pas.

Normalement, j’aurais dû envoyer ma démission au président élu lors du CA de cette semaine. Mais je n’ai pas eu besoin de le faire puisque ma lettre de la semaine précédente a été considérée directement comme une démission formelle (ce qui n’était pas le cas, puisque je respecte les règles démocratiques, moi). Je renonce à me battre davantage sur de pauvres questions de procédure. J’attends juste le 1er juillet. Longue vie à la nouvelle SRF !

Retour parisien

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À peine de retour, j’avais la seconde manche du casting. J’avais une tartine de texte à apprendre. Mais, le jour-même pour le jour-même, ça ne le fait pas. Peu importe, j’ai expliqué et j’ai joué. Il semblerait que ça se soit bien passé. Réponse dans quelques jours.

Avant-hier, j’ai été contacté par un réalisateur qui va tourner dans les Pyrénées. Et comme j’étais dans les Pyrénées, on a bu l’apéro chez Chabanne, mon QG Oloronais. Assez incroyable rencontre pour un film dont il est question d’une grotte dans laquelle nous devions tourner Ogres Niais. Plein de coïncidences qui semblaient éclabousser le présent réel de la magie des vallées que raconte le film.

Pour ce qui est du tournage d’une séquence de salades, j’ai appris pour l’occasion qu’il ne fallait pas prêter son matériel. En effet, suite au dernier prêt de ma caméra, elle m’a été rendue avec une fonction qui interdisait d’enregistrer le son. Heureusement, j’avais un magnéto additionnel. Je vais juste m’emmerder à synchroniser mes rushes. Après une âpre plongée dans le mode d’emploi, j’ai résolu le problème qui ne se posera pas demain pour les images que je dois tourner à Paris.

Sinon, j’ai appris que ma démission de la SRF avait été entérinée et que j’étais même remplacé alors même que je ne l’avais pas officialisée moi-même. Ce sera l’objet d’un article dédié au sujet.

Table ronde autour du cinéma indépendant

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Table ronde autour du cinéma indépendant à Contis, aujourd’hui de 13:30 à 17:00. Il y avait des distributeurs, exploitants, l’ACID, des producteurs, des anciens de la SRF, des financeurs, des réalisateurs, bref à peu près toute la chaîne du cinéma. La discussion a été passionnante et a permis un panorama assez complet et très instructif de la situation qui laissait entrevoir quelques solutions aux problèmes que nous connaissons tous. Passionnant. Mais, sacrément fatiguant quand tu enchaînes avec près de deux heures de courts-métrages, le tout sur la digestion.

En tout cas, ce fût la confirmation que quand on crée les moyens d’un vrai dialogue, entre toutes les parties concernées, on sort vite du schéma des gentils et des méchants. Des solutions politiques intelligentes parviennent même à émerger.

Landes à Contis

Temps d’automne à Contis. Idéal pour le cinéma. Hier soir avait lieu l’avant-première mondiale de Landes de François-Xavier Vives. Quand tu joues dans le film d’un copain, tu as peur de découvrir le film en public. Et si c’était raté ? Le scénario était ténu, sur un fil.
Eh bien, François avait bien chaussé ses chaussons d’équilibriste. Un sans faute pour une belle, très belle réussite. Mise-en-scène affirmée, image remarquable, parfaite direction d’acteur, finesse du propos. En plus, fier de mon personnage de syndicaliste qui aurait pu être à l’AG de la SRF.
Mais je laisse à Serge Barande qui a fait le voyage de poser sa prose sur le sujet !

Ma journée

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Journée de ministre. Pondu un petit texte pour le long, pris des rendez-vous, billets d’avion pour le documentaire, échangé autour de la SRF, avant une réunion de travail pour une asso pour qui j’ai fait un site internet. Et ce soir… conseil d’administration…

Hier, j’étais au casting dont j’ai parlé la semaine dernière. Selon mon intuition qui commence à connaître le métier, je n’aurai pas le rôle et on va m’en proposer un petit.

Je boucle tout avant mon départ pour Contis après-demain… Le blog continue.

Modernisation de la SRF

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La SRF (Wikipedia) : C’est en 1968 qu’une vingtaine de réalisateurs, parmi lesquels Jacques Rivette, Robert Bresson, Claude Berri, Jacques Rozier etc. créent la Société des Réalisateurs de Films.

Sa mission : « défendre les libertés artistiques, morales, professionnelles et économiques de la création et de participer à l’élaboration et à l’évolution des structures de cinéma ».

La SRF a inventé La Quinzaine des réalisateurs (Cannes) et le festival de moyens-métrages de Brive (qui n’a même pas sélectionné Retour aux sources, les bâtards 😉 !).

La SRF, en conformité avec sa mission sus-définie, était favorable à l’application de la convention collective dont je racontais les choses à ma façon il y a peu de temps. Sa position : appliquer la convention et se battre contre les 60/40 argent public argent privé, imposer aux chaînes de service public un quota plus important de films de la diversité, revoir les systèmes de financement du cinéma pour supporter le surcoût engendré par une nouvelle grille de salaire (envisagée avec une souplesse spécifique au secteur), bref, défendre le droit du travail et concourir à l’évolution des structures de cinéma, à son financement, sa distribution, son système de participation, etc… Une position de gauche, sous un gouvernement de gauche (molle, celle du gouvernement), une approche politique chargée de sens et de l’espoir d’apporter des solutions à une situation de cinéma français qui a vu son évolution conduire à moins de financement et des salaires dégringoler toujours plus.

J’ai raconté aussi comment les réalisateurs bien en place étaient contre, arguant que cette convention collective sonnait la mort du cinéma sous-financé et allait faire le jeu des gros producteurs qui voulaient occuper tous les écrans et se débarrasser de tous ces petits films qui finissaient par leur faire de l’ombre dans leur ambitions hégémoniques. Ainsi, par un tour de passe-passe intellectuel, le droit du travail devenait un obstacle à la création artistique et un outil pour le Grand Capital. Ce discours étant porté par des figures de l’engagement (Pascale Ferran dont on se souvient de la belle défense des intermittents, Laurent Cantet et ses Ressources Humaines, Agnès Jaoui, Pierre Salvadori…) avait de quoi séduire. « Si l’on applique cette convention, les jeunes techniciens ne pourront plus démarrer leur carrière », par exemple.

Les arguments des uns et des autres étaient entendables, ouvraient la porte à de nouvelles discussions, de nouveaux aménagements, pourquoi pas. Les problèmes soulevés pas les uns trouveraient leur solution dans le dialogue.

La décision du collectif des réalisateurs a été, plutôt que de créer une nouvelle structure, de prendre d’assaut la SRF. Tout simplement. Et ils l’ont fait, hier, lors de l’AG. La SRF n’a jamais compté autant d’adhérents. La salle était pleine. J’ai moi aussi adhéré à cette occasion pour soutenir la branche pro-convention. Les anciens de la SRF, ceux qui ont fait leur boulot depuis des années ont été moins forts pour remplir la salle. Ils n’étaient pas « venus en bus » avec les procurations. Pendant le débat, très digne, du fond, j’entendais les sarcasmes des deux camps. Ceux des assaillants étaient bien plus nombreux. L’image globale qui naissait de ce débat était celle d’un combat d’une garde jeune, branchée et médiatisée contre des dinosaures has been d’une gauche vieillissante et enterrée depuis longtemps. J’étais dans ce camp d’arrière-garde. Les « gentils » attaquants sur leurs chevaux blancs, défenseurs de la jeunesse créatrice avait quand même bien fait les choses. Micros-réunions dans les escaliers pour peaufiner les stratégies, tout était bien réglé, jusqu’à la liste complète du nombre exact de postes à pourvoir (une dizaine pour le long-métrage et trois pour le court-métrage). Ils avaient amené la liste toute prête.

En fin de débat, j’ai pris la parole pour annoncer que je me présentais dans les pro-convention, comme réalisateur de court-métrage (je n’avais pas prévu ça en venant à cette AG). J’ai dit que j’étais étonné que (dans la complexité du problème du cinéma) ce soit des réalisateurs qui fassent leur priorité de combattre une convention collective. Huées et sarcasmes. J’ai ajouté que le collectif était un peu lourd de présenter une liste complète, faisant appel à l’intelligence des votants pour panacher les deux positions. Je ne souhaitais pas que ce soit une prise de pouvoir des uns contre les autres. Et plutôt que d’attendre les résultats (qui pour moi étaient courus d’avance), je suis allé au cinéma voir le Guiraudie (film pauvre pro-convention quand même). Textos et messages m’annonçaient à la sortie que le collectif avait raflé tous les sièges sauf un en long-métrage et que je faisais partie des élus en court-métrage. Une occasion un peu triste de me mettre enfin à mettre les mains dans le cambouis de la cause collective.

Voilà une page tournée dans l’histoire de la SRF. Espérons que le débat continuera quand même. Il témoigne en tout cas de l’évolution de notre société dans le sens que je vous laisse deviner. Le jugement appartient à chacun.

Allez Poupou !

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Lundi, je passe des essais pour un joli rôle dans biopic à gros casting. Après une année plutôt maigre en activité, voilà que le yoyo a repris son ascension depuis deux ou trois mois. Si tout se passe comme prévu, j’ai du boulot jusqu’au printemps prochain en tant qu’acteur avec du travail de réalisation dans les trous. Passage d’une période sans perspective (un peu angoissante, tout de même), pendant laquelle les possibilités de reconversion les plus radicales sont envisagées en panique, à la gestion d’emploi du temps de ministre. Tout cela, pour une même personne, dans un temps très court, avec la conscience qu’il s’agit d’une ascension soudaine qui connaîtra une pente au même pourcentage. C’est un petit peu pour une pauvre tête, l’effet du passage d’un printemps 2013 à une canicule soudaine, pour un pauvre corps. S’adapter. Passer sans transition d’un état à l’autre, sachant qu’ils sont provisoires (les hausses sont plus provisoires, courtes et soudaines que les descentes). Changer de braquet. Quand t’es instit (je l’ai été), tu roules en Belgique. Quand t’es acteur, tu te tapes les cols des Pyrénées. C’est beau en haut et sombre en vallée d’Aspe. 

Allez, on va profiter du paysage, tiens, des horizons lointains avec leur perspective atmosphérique ! Putain, si je pouvais m’offrir un hélico…