Landes à Contis

Temps d’automne à Contis. Idéal pour le cinéma. Hier soir avait lieu l’avant-première mondiale de Landes de François-Xavier Vives. Quand tu joues dans le film d’un copain, tu as peur de découvrir le film en public. Et si c’était raté ? Le scénario était ténu, sur un fil.
Eh bien, François avait bien chaussé ses chaussons d’équilibriste. Un sans faute pour une belle, très belle réussite. Mise-en-scène affirmée, image remarquable, parfaite direction d’acteur, finesse du propos. En plus, fier de mon personnage de syndicaliste qui aurait pu être à l’AG de la SRF.
Mais je laisse à Serge Barande qui a fait le voyage de poser sa prose sur le sujet !
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37 commentaires pour Landes à Contis

  1. Joël dit :

    Bon, Serge on attend !

  2. serge barande dit :

    T’aurais pas dû, Bernard, me laisser ‘les coudées libres’, car là…, j’ai vachement envie d’en causer. Comme un bon plat quoi ! Bon je me lance. Tu gueuleras pas, hein !? Hum… Hum-hum (raclements de claviers)… Effectivement ! Temps d’automne à Contis… Quoique lorsque j’ai « enfin » atteint Contis sur le coup des 20h00… (3h00 de cacugne, Salon Vinexpo à Bx oblige… du bouchon, du bouchon, du bouchon. Normal !), j’ai maté l’Océan. Eh bien une immense éclaircie se profilait à l’horizon. Comme si le climat accueillait d’un bon œil la « Majorité » du Festival. Pour ses dix-huit ans, ça méritait un signe ! Et surprise, la salle était bondée, mais bondée de chez bondée ! Nombre de spectateurs se sont d’ailleurs retrouvés la fesse au sol, ou sur des tabourets (it’s me), ou dans des fauteuils plastique de terrasse… [on dit sur un tabouret, cause ‘malofion’, mais dans un fauteuil… Salauds de verbalistes !] La comm. de sécu n’était pas invitée… ! Quelques allocutions d’usage ont précédé l’ouverture officielle du 18ème Festival International de Contis, dont une, un peu moins d’usage (au sens classique), signée Bernard, où l’on s’est bien poilés ! En résumé, à Contis, le Court qui gagne le Prix du Jury gagne aussi une dotation, histoire que le réalisateur puisse se lancer sur un projet de Long. C’est le deal ! Et c’est ce qui arriva pour François-Xavier Vives (FXV), qui gagna en 2005 ce prix pour « Noli me Tangere ». Et cette année-là… Bernard était président du jury… (vous la voyez la ‘corruption’). Donc ! Idée d’ « enveloppe », mais petite dixit bb avec humour! Et donc… petit rôle, mais qui se voit ! Entracte en la cérémonie d’ouverture. FXV c’est un gars du pays, un gars de la Haute-Lande, et il l’aime sa Lande ! Et quand il y a quelques années, son pépé lui a conté l’histoire de Liéna Duprat… y en fallait pas plus pour l’agacer de la plume et de l’idée ! (Heureusement pénibles ces pépés landais) Huit ans de prépa et hier…, en avant-première interstellaire, on s’est laissé porter par son premier « gros bébé », joufflu à souhait quant à son contenu. Je ne vais pas vous faire le pitchounet, vous pouvez tous savoir sans moi de quoi qu’ça cause el’ bouzin ! (http://www.cinemovies.fr/film/landes_e532872). Mais plutôt vous parler de mon ressenti (calmez-vous quand même ! My name is not Pascale, it’s not my job que de writter sur les pictures du seventh ART). Mais déjà vous dire mes premiers mots à Bernard (légers) en sortant : « Putain c’est prenant ! ». Ben oui, c’est prenant ! Et l’on ne s’attend pas à une telle histoire qui nous replonge dans la société landaise des années 1920 où les écarts sociétaux sont « Germinaliens » et qu’a photographiée Félix Arnaudin, ethno-photographe made in Laboueyre (40), à l’aide de son 6×6 boîtier bois et plaques de verre…, et de son vélo. (Pour le fun : http://www.meslandes.fr/felix-arnaudin/)  La première demi-heure est faite de lenteur… Comme si c’était à nous de découvrir qui était qui, d’apprécier, de nous rendre compte par nous-mêmes – de faire l’effort que le cinoche hollywoodien ne nous demande plus, installant d’emblée son petit bazar pour les feignasses qu’ils veulent que nous devenions ! Et quand l’atmosphère devient trop pesante, la caméra de FXV nous amène en forêt… au bord de l’océan… respirer un coup, se reposer. Comme Liena… Puis, peu à peu, les personnages se révèlent, nous prenant parfois en défaut (ceux que l’on croyait plutôt aimables ne le sont pas, et inversement). On voit changer la face des évènements, comme on voit aussi changer celle des protagonistes : Marie Gillain, Miou-Miou, Jalil Lespert sont assez brillants, en retenue tout d’abord, puis prfois en fougue et dévoilant leurs émotions. On devine d’abord (notre taf de spectateur pas trop couillon), puis on assiste ensuite aux luttes intestines d’un clan familial, d’abord, puis à celles d’un groupement de gros propriétaires face à l’Héritière de 8000 ha de propriété foncière (Liena) et … de propriété humaine (les métayers, les gemmeur – le servage restait de mise), en qui ils n’accordent que lubies et errances de gestion. La façon de tenir la caméra est particulière (direction d’acteurs, c’est à bb d’en causer). Les plans fixes sur les paysages et leurs bruits ou bruissements alternent avec d’autres, bien au contraire figés sur les visages et les regards des protagonistes, leurs chuchotements conspirateurs, leurs mots doux, parfois, bien plus rare – comme à l’époque, où l’on ne disait pas « les choses ». Et tout d’un coup, on fonce violemment, on virevolte, accompagnant Liena Duprat dans une vieille Rolls sur des pistes chaotiques, craignant pour elle face au dévalé de gemmeurs grévistes en colère, cassant tout sur leur passage. Puis le calme revient… La caméra nous amène pour nous apaiser à la verticale, vers le ciel limpide sur fond duquel se dandinent nonchalamment sous la brise d’ouest les houppiers des vieux pins. Ou au bord de l’océan, plongés au milieu des oyats – et les pensées d’ailleurs, par le lasser d’ici – qui se balancent sous le vent côtier.

  3. serge barande dit :

    Madame est servie!

  4. serge barande dit :

    Je l’savais que ça allait niquer le blog, le comm était trop long… Bon eh bé, je file la fin quand même. Quand on aime, on ne compte pas! SUITE COMM PRECEDENT CI-DESSOUS : La caméra, c’est bien souvent l’expression du cœur et des pensées et rêves de Liena. Elle est son regard. On se balance ainsi, tels de vieux pins contemplationnistes d’une situation et de l’évolution d’une femme, quelque part hors de ce temps. Ce présent-là ne lui sied pas. La caméra aurait tout aussi bien pu être (techniquement parlant) perchée au sommet des pins, comme si c’était « leurs yeux » à eux qui regardaient ce gargouillis humain modifier leur lieu de vie, et faire évoluer la leur de vie. J’ai adoré la manière avec laquelle FXV « trimballe » le spectateur et filme les hommes et la lande ! Et Bernard ??? Egal à lui-même ! Il retrouvait à la fois Jalil, Miou-Miou (mais ça faisait plus longtemps, depuis 2003, pour « Ambre a disparu », TV en 2 épisodes), et un rôle LIPien… de syndicaliste ferme et harangueur, un type qui ne connaît pas le fourvoiement… Authentique. Naturel. Sans trop en faire. Juste, quoi ! Tiens donc… Mais ma préférée (sorry bb), c’est La Tsilla Shelton, qui nous fait une très brève apparition, mais alors quel putain d’ultime cadeau… Tati-daniellesque ! Un régal que de la revoir ainsi – bientôt un an qu’elle est partie voir du dessus les houppiers des grands pins qu’on ne voit toujours que d’en dessous (sauf les zozios !!!). Et à ce propos… : « Faites attention à l’odeur du cigare ! ». Allez voir le film et vous saurez quoi ! Et surtout, grouillez-vous d’aller le découvrir LANDES, ce petit bijou de cinoche bien de chez nous, à la dramaturgie et au scénar puissants, car humains et historiques. Une vraie putain d’histoire !!!  

  5. serge barande dit :

    Purée de sa mère à roulettes en short ! je vais le finir l’article…! m’a zappé le crapaud de systus! LA FIN : (putain, faut se battre!) Vous avez le temps, mais pas trop, trois-quatre jours de grosses draches, et on y est… Ça sort le 31 juillet dans cent salles de France et de Navarre ! J’espère en tout cas vous en avoir bien donné l’Envie. C’était un peu le but de partager ainsi le plaisir ressenti ! Seul, c’est bien moins bien ! AlleLiena !   PS BB : spéciale dédicace pour Betty et Rainer !  Ouesch ! Tiscon c’est trop méga de la balle Baby ! YO !   Re-PS : justement, je re-PS pas, sinon je vais te niquer le blog !   Bises en tout cas, et merci pour cette putain de belle soirée !!!   Ayéééé, c’est fini!

  6. serge barande dit :

    Madame est de nouveau grave servie!!!! (Ci-joints les compléments, normalement inscrits dans la Convention signée par les diverses parties, ainsi que le régit la décision actée en C.A. en date du…… Merdum, je m’égarum)

  7. hetre dit :

    Bloqué dans mon scaphandre après les crues du gave de Pau, je ne suis pas venu à Contis. Et pourtant je m’étais promis d’y aller et au lu des commentaires de SB je regrette un peu de ne pas m’être déplacé  d’autant que sur mon GPS j’avais enfin trouvé l’endroit approximatif où se trouve ce lieu magnifique et son festival international. Très heureux quand même que tout soit fini et bien passé.

  8. serge barande dit :

    Regrets, aurais eu grand plaisir à te croiser/papoter!!! Partie remise! En conditions météo plus paisibles…

  9. hêtre dit :

    Regrets partagés Mais le monde est petit même si l’environnement de BB est grand

  10. Gauthier dit :

    Rien lu depuis le 9 juin… j’ai honte, mais c’est ainsi, j’aurais jamais cru faire comme Pascale, disparaitre des semaines entières. Et pis voilà, enfin ! Sans doute un peu d’amertume des trucs de vieux quoi !

  11. serge barande dit :

    Tu m’étonnes! à presque… oh, faut pas dire les années … c’est sûr qu’il est grand le monde à bb. Vanel me twittait encore sur ce sujet avant-hier soir, le con! En tout cas, on l’embrasse, té! Il est dans ce qu’il aime le plus , le sérail de gens très chouettes et dumétier, pas des trouducs en représentation! Comme il disait (sur scène) hier soir, y a qu’à Contis que les gens se précipitent sur lui, pour lui demander des ‘autographes’, pas à Paris. (Je crois, qu’il exagère un peu….). Mais ne froissons pas sa modestie légendaire. Mal dit! Boooouuuuh! Sa Nature, d’être simple d’abord. Ah..tu vois quand je veux… j’y arrive!

  12. Samuel Marès dit :

    Quelle prose !!!!

  13. Lydie dit :

    Pas la peine de se déplacer… Serge nous rédige des papiers vivants ! 

  14. Lydie dit :

    un autographe Bernard !! (cf : Serge)

  15. serge barande dit :

    Ben Lydie…, prend la ligne directe… le vieux train des landes (Laboueyre – Sabres) qui, à l’époque, sans s’arrêter, déposait gemmeurs et bûcherons qui sautaient en route, béchau sur l’épaule, pour écorcer le pin tombé au sol, « tué » par d’autres… L’Arbre vit, l’Arbre de Vie, réduit à néant par autrui. (Pensée du copain Arbre pour son compère défunt).

  16. serge barande dit :

    Chaque fois qu’un arbre est abattu, c’est un peu de chacun de nous qui perd, quelque part, ses racines. Car, réfléchisez-y bien, tous autant que nous sommes, un jour, d’enfance ou plus avant, avons toujours été attachés à un arbre. Nulle autre symbolique n’est plus preignante en notre mémoire d’enfant. Qui n’a pas admiré, ce sapin, d’un Noël oublié, reprendre vie au coin du jardin ? Qui, plusieurs années après, a pique-niqué dessous, sans vraiment y songer ? Tout ce qui est en verticalité, représentant le Vivant, a quelque chose de particulier, d’indéfinissable. Ou plutôt de définissable, en chacun de nous. Comme on l’entend. Comme on le ressent. Notre Liberté.

  17. Bernard Blancan dit :

    ça vient !

  18. Bernard Blancan dit :

    Ben voilà !

  19. Bernard Blancan dit :

    La preuve qu’il n’a pas dormi pendant tout le film, malgré la fatigue de la route. Merci Serge !

  20. Bernard Blancan dit :

    TU vois que tu peux aller au bout…

  21. Bernard Blancan dit :

    Ouais, ouais, bien passé, tout ça.

  22. Bernard Blancan dit :

    Mais de quoi qu’il parle le Guy qui lit en biais ?

  23. Bernard Blancan dit :

    Pardi que t’y arrive !

  24. Bernard Blancan dit :

    Il faut pas lui lacher la bride…

  25. Bernard Blancan dit :

    C’est reposant pour BB

  26. Bernard Blancan dit :

    Tiens !   BB

  27. Bernard Blancan dit :

    Mouais, la verticalité… mouais…

  28. Joël dit :

    La verticalité, pour passer à l’horizontale. Mouais !

  29. Joël dit :

    Nos préoccupations sont souvent trop horizontales, prenons un peu plus de verticalité. C’est très tradition soufie ! J’imagine bien Serge, en derviche tourneur au pied de son arbre.

  30. "LN dit :

    http://www.youtube.com/watch?v=Doj3Dr8KYyg Un autographe, Serge? ( bravo pour ton resumé…)

  31. Bernard Blancan dit :

    Mouais…

  32. Bernard Blancan dit :

    avec son chien qui vole au bout de la lesse…

  33. Bernard Blancan dit :

    Putain, il me pique des signatures…

  34. serge barande dit :

    BEN NON!!! Pas le chien!!! On avait dit « pas les bêtes »! Pauvre kiki à roulettes, quand même… C’est y pas honteux de pareilles pensées. Je vais vous refiler la Brigitte dans les pattes, z’allez voir le patacaisse tropézien que ça va faire! Puis je dervichetourne assez mal moi… un seul tour (ou deux) et zou! le nez dans la pelouse. L’âge… l’oreille interne… la médecine a jeté les gants! Pour le reste… ta signature est inimitable. Les seuls Courts, Moyens ou Longs que je réalise, c’est derrière mon fourneau. Le format dépend de la gourmandise. Pas d’emmerdes de prod, de relâches syndicales. Je suis l’unique intermittent. Et j’évite de tourner trop, sinon….

  35. Bernard Blancan dit :

    On se fera un bon moyen métrage à base de confit, un de ces 4…

  36. serge barande dit :

    Quand tu veux/tu peux. Mais je te ferai plutôt un plat autre… Mais très bon! Promis!

  37. Bernard Blancan dit :

    On verra ça !

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