Pourquoi j’ai démissionné de la SRF

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Le 1 er juillet, une convention collective sera élargie aux métiers du cinéma. La SRF s’en félicitait depuis longtemps.

Et puis un collectif de réalisateurs connus a vu le jour, s’opposant à l’application de la convention telle que définie par une longue négociation (7 ans).

Et puis le collectif a pris d’assaut l’AG de la SRF et en a pris le pouvoir. Ce jour-là, j’avais exhorté l’assemblée de panacher ses votes entre partisans et opposés de la convention. Peine perdue. Mais j’avais été élu sur la ligne favorable, dans la catégorie court-métrage.

À l’issue du premier CA, j’ai compris que la voix des partisans à la convention n’aurait pas de place au conseil (on me l’a fait clairement comprendre). J’ai donc écrit une lettre aux membres du CA, dans laquelle je faisais part de mon intention de démissionner.

La principale raison est que je ne pense pas que ce soit la place des réalisateurs de s’opposer à une convention collective. C’est celle des producteurs. Certains d’entre eux ont signé cette convention, l’API, gros producteurs. D’autres on préféré s’abstenir de participer aux négociations. Les petits producteurs du SPI (producteurs indépendants). Leur stratégie : laisser faire puisqu’ils pensaient qu’une convention ne serait jamais validée par un gouvernement. Manque de pot, elle est signée et va être appliquée (on l’espère). D’où le branle-bas de combat de ces dernières semaines qui a vu se dresser les uns contre les autres, avec parfois des mots très durs.

Bref, je ne voulais en aucun cas entretenir à mon encontre une quelconque confusion. Favorable à l’extension de la convention collective, je me sentais mal de siéger au CA dans ce contexte, sur une ligne que je ne comprends pas.

Normalement, j’aurais dû envoyer ma démission au président élu lors du CA de cette semaine. Mais je n’ai pas eu besoin de le faire puisque ma lettre de la semaine précédente a été considérée directement comme une démission formelle (ce qui n’était pas le cas, puisque je respecte les règles démocratiques, moi). Je renonce à me battre davantage sur de pauvres questions de procédure. J’attends juste le 1er juillet. Longue vie à la nouvelle SRF !

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9 commentaires pour Pourquoi j’ai démissionné de la SRF

  1. serge barande dit :

    T’as donc démissionné! Enfin…… l’intention préfigure l’acte, en l’occurrence, dira-t-on. Si le régisseur de plateau agit ainsi – selon les formes que tu décrits – il va être obligé de se reconvertir rapido. En planteur de laitues!? En tout cas l’historique est intéressant. J’ai connu dans le milieu associatif le genre de démarche un poil « putchiste » où ceux qui crient le plus fort – dussent-ils de surcroît être connus et reconnus – parfois, finissent par tout râfler, postes décisionnaires compris. Lundi soir, quisas… tu pourras nous dire si effectivement ce sont ceux qui crient le plus fort qui s’arrogent bel et bien le droit de décider. Ou si, comme dans le Chêne et le Roseau, la Convention collective a eu beau plier, elle ne s’est pas rompue. Putain de Jeannot, dormait pas l’asticot! C’est pas tout mais j’ai mon casting à préparer, moi, pour le marché de demain matin. De grands rôles originaux se profilent, en couleurs et senteurs! Une indication ?… Ok! Le Sancerre est au frigo! It’s smeling the fish, may be…

  2. marielle issartel dit :

    Vous dites que l’API est faite de gros producteurs, mais ce sont plutôt des gros distributeurs exploitants, qui produisent très peu (on parle de 5 à 10% des films). J’imagine que tous ces films d’auteurs qui prétendent être distribués dans leurs salles les embêtent. D’ailleurs vous oubliez de dire que les producteurs indépendants du SPI ont proposé une convention collective également, ce n’est pas qu’ils n’en veulent pas. Je suis technicienne, mais très révoltée par les distributeurs exploitants de L’API qui tiennent le verrou bien fermé, empêchant la rentabilité des films d’auteur en les faisant valser au bout d’une semaine.     

  3. Bernard Blancan dit :

    Merci pour ce commentaire. Oui, je simplifie beaucoup et je faisais part l’autre jour d’une table ronde à Contis qui rassemblait producteurs, réalisateurs, distributeurs, exploitants… Et c’est vrai que les problèmes que nous connaissons doivent être étudiés sur l’ensemble de la chaîne (pas uniquement sur cette histoire de convention collective). Une véritable étude, quoi.

  4. Bernard Blancan dit :

    Putain, toi, c’est la bouffe et les zoziots (que tu manges aussi). Je te sens capable d’en croquer en vol.

  5. serge barande dit :

    HOOO! Ben toi, de suite, m’accuser de souplesses aériennes. Comment tu y vas! Je n’ai pas nécessité d’aller gober l’Oiseau en vol. L’Oiseau vient en ma proximité terrestre, culinairement terrestre. Ne pas se fouler ce qui est déjà luxé est mon principe de sagesse. HOOO! Je ne dis pas que, quelquefois, la gent ailée finit par tomber dans l’assiette. Mais c’est de l’élevage, je le précise bien, pas du Sauvage. Sauf à de rares exceptions… Du style, les groc’s espingouins, sur les cols basques où je recense les migrateurs, qui ne font pas l’effort d’aller ramasser les palombes qu’ils ont flinguées et qui sont tombées loin d’eux… Les nases, les mauvais braconniers! Ben moi, j’y vais! Je fouille et je trouve! Et je concurrence ainsi l’ami renard qui les bouloterer de toute façon à ma place. Et je les prépare pour les potos (estouffade, oignon, huile d’olive), mais avant je regarde l’âge de la bête, le contenu du jabot. L’automne dernier, je suis tombé ainsi sur une femelle qui avait 14 glands – 14!!! – dans son jabot. Et t’as les gonzes qui te disent que le maïs est de première importance dans les haltes migratoires de l’espèce… Mort de rire!!! Mais sinon, je mange juste de la volaille habituelle, attrapée à terre, au marché, produite par des gens biens, des gars du terroir, aimant ce qu’ils font, avec une belle éthique, dans la tradition quoi! Et ça fait grand plaisir d’en croiser. C’est rassurant que des gens soient encore actifs, malgré ce que l’on connaît comme difficultés, à nous proposer de si bonnes choses. Et ce soir, pas d’oiseaux… : tartare de saumon, huîtres chaudes, anguilles à la persillade et ses patates accompagnées d’une faisselle de fromage blanc à la ciboulette. Puis, tome de brebis et, pour la route, glace au tiramissou (ça, c’est déjà prêt, du coup je ne sais pas très bien l’écrire…) Slurp à tous!

  6. Bernard Blancan dit :

    Les saumons, tu leurs sautes dessus, aussi ?

  7. serge barande dit :

    Exactement… J’ai joué le rôle d’un ours au bord d’un torrent d’Amérique du Nord. T’as dû me voir opérer…!

  8. Bernard Blancan dit :

    C’était donc toi, qui plongeait la bouche ouverte, les crocs en avant…

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