Deuxième couche sur la convention collective !

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Serge Riaboukine dans Ogres Niais

 

On croyait en avoir terminé avec cette histoire de convention collective du cinéma, mais tu parles. Ça renâcle à l’écurie. Je rappelle qu’une convention collective des salariés du cinéma va enfin être appliquée au 1er octobre. C’était le seul secteur qui bossait hors convention. Je passe sur les détails de cette affaire que j’ai longuement commentée dans ce blog. Pour faire simple : producteurs indépendants et certains réalisateurs sont contre son application. Les gens que j’ai pu croiser depuis les événements sont souvent désinformés. Mais tu te rends compte ? C’est la mort du cinéma. Il est impossible de faire des films d’auteur à petits budgets si on applique cette convention (si on paye les gens selon une grille établie). Tous ces gens ignoraient qu’il y a une close dérogatoire pour les films à petit budget. Les syndicats ont pour mission de définir les contours et la fourchette de cette close. Donc, non, la convention collective n’est pas synonyme de la mort du cinéma.

Tenez, à partir du mois d’août, je tourne dans un film avec un budget annoncé de 18 millions d’euros et dans un autre qui va peiner à atteindre le million. Les deux se font, malgré la convention. Je serai juste mieux payé sur l’un que sur l’autre. Et les deux films ont une partie du tournage qui se passe en Belgique. Comme Landes, par exemple. Déjà, pour mon premier court-métrage qui n’a pas loin de 20 ans, j’avais bossé avec un labo belge pour le tirage et l’étalonnage. Ce n’est pas la convention qui va faire que les films vont se délocaliser. C’est fait depuis une bonne décennie. Et s’il y a problème, il faut se battre pour le résoudre, mais il est ailleurs que dans la convention.

Bref, les producteurs qui ont la dent dure ont déposé un recours en référé au Conseil d’État pour tenter de faire annuler l’application de la convention. Un groupe de « jeunes réalisateurs » a réussi à être reçu par François Hollande avec le même objectif, criant à la mort annoncée du cinéma. Triste bataille de gens qui se disent de gauche (pour beaucoup) contre le droit du travail au lieu de cibler les vrais problèmes : financement, distribution, délocalisations pour avantages fiscaux… la liste est longue.

Très triste de me sentir minoritaire du côté artistique (heureusement, c’est différent du côté des techniciens). La Grande Guignolade continue avec ses répliques de tragédiens, de révoltés qui se trompent de combat et de côté. Ils sont « jeunes »…

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19 commentaires pour Deuxième couche sur la convention collective !

  1. hetre dit :

    Finalement dans « Lip » et « Landes » tu n’as aucun mérite…ce n’est pas du tout pour toi un rôle de composition.

  2. Lydie dit :

    j’ai l’air peut-être bête (sûrement !) à te poser cette question… mais dis-moi, explique-moi si ça ne t’ennuie pas, pourquoi la Belgique intervient dans tant de films français ??

  3. hetre dit :

    Landes. Pas de clim dans la petite salle du Méliès de Pau ou nous étions une trentaine de spectateurs. Il est vrai que 21h30 incite plus à faire une ballade au bord du gave que d’aller s’enfermer, mais c’est quand même supportable d’y aller après un petit resto bien ombragé. Nous y étions en famille et à l’unanimité, c’est un beau film. Bon scénario, belles prises de vue, beaux jeux d’acteurs. Mais surtout la réalité de cette bougeoisie de campagne avec des privilèges de la noblesse, prete à tout, même de manière mafieuse, pour conserver ses privilèges face à un syndicalisme rural naissant. C’est un beau sujet entre histoire et roman, mais c’est surtout un bon moment à passer. Merci à toi car si tu n’avais pas été à l’affiche on aurait raté ça

  4. Lydie dit :

     Landes : le film vient d’être sélectionné pour le prochain Festival du film de Montréal qui aura lieu du 22 août au 2 septembre prochains… (cf : S.O.)

  5. Pascale dit :

    Ben mince, les Landes sont en Belgique c’coup ci. Et moi j’ai pondu ma rédac !

  6. Bernard Blancan dit :

    C’est pas faux…

  7. Bernard Blancan dit :

    C’est compliqué. Il y a une histoire de défiscalisation que je n’ai pas pris le temps de comprendre…

  8. Bernard Blancan dit :

    Merci Hêtre !

  9. Bernard Blancan dit :

    Je savais. C’est une super nouvelle pour le film.

  10. Bernard Blancan dit :

    Les intérieurs sont tournés en Belgique.

  11. Lydie dit :

    AH BON, que les intérieurs ????!!!???

  12. LN dit :

    Dans un petit quart d’heure, tu passes à la télé, sur la 2…  » Partir »….

  13. serge barande dit :

    Ah… quel beau pays la Roumanie! Pi pas cher pour un sou, c’est bien d’aller tourner là-bas, « conventionnel » en quelque sorte… Mais j’arrête de délocaliser ainsi mon propos. Le collectif de jeunes réalisateurs a dû sûrement intégrer ce contexte, je n’en doute point, dans le débat qu’ils ont pu avoir avec FH. C’est l’Arnaud qui a dû être chafoin. Moi, je vais aller faire développer mes diapos chez le vieux photographe du coin, histoire de garder l’essentiel « à la maison ». Ou alors, « PARTIR »! C’est d’actu, me semble-t-il…

  14. Bernard Blancan dit :

    Hé oui…

  15. Bernard Blancan dit :

    C’est passé.

  16. Bernard Blancan dit :

    T’es encore aux diapos, toi ?

  17. serge barande dit :

    Non! au 6 x 6 boîtier et trépied bois. Comme Arnaudin, je mets mes contemporains en boîte. La diapo, c’est une image… de proximité. Et je ronéotype aussi, à la belle encre violette qui fouette! Et ne me traite pas d’avant-gardiste stp!

  18. Lydie dit :

    aaah, c’est beau le progrès tout de même !!

  19. Bernard Blancan dit :

    Moi, je fait tout au téléphone…

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