Projections fantastiques

nouveau-dossier-0894.JPG

Fantastique séjour Pyrénéen, mais pas de tout repos. Le motif premier de ce voyage était la projection de Retour aux sources et de Ogres Niais à Anères, dans les Hautes-Pyrénées. Certains on fait la blague du 22 à Anières dans leurs commentaires. Cette blague, elle a été depuis longtemps à Anères qui organise une manifestation le 22 de chaque mois. Et comme ce week-end avait un petit côté fantastique et surnaturel, la recette du cochon tirelire (pas de billetterie pour la projo) était de 222 euros.

Je suis arrivé assez tard. Aucune peine à trouver le bar du village. C’est un bar associatif ouvert (trois murs), chaleureusement bricodécoré. Une joyeuse bande baba de décroissants musiciens altermondialistes y a inventé un microcosme joyeux de partage, d’échange, de convivialité, très animé à l’heure où les villages vieillissent et se vident de leur vie collective. Tu veux aller pisser, c’est au fond du jardin, dans les toilettes sèches en bois. En y allant, tu passes devant un groupe qui improvise sur clarinette et guitare. Si tu veux voir tes mails, le vieil ordinateur du bureau (ouvert, lui aussi) te tend son clavier. Si t’as besoin de passer un coup de fil, utilise le fixe car peu de monde ici a un portable. Tu es fatigué de quelques bières, oublie ta voiture et reste dormir au dortoir à l’étage. Il n’est pas impossible que, du coup, tu y restes quelques nuits. Il n’y a pas si longtemps, je regardais ces communautés néo-rurales avec une bienveillance détachée. Mais aujourd’hui, dans la crise profonde (pas seulement économique) que traverse notre société, ces microsociétés font naître un intérêt. On sent bien qu’il traine en ces lieux quelque chose de vrai et d’essentiel derrière la façade folklorique. Plus besoin d’être percé, tatoué, porter jupes longues et sandales à lacets. Des gens d’horizons très différents viennent se greffer à la marge, lui donnant une normalité qui questionne réellement nos modèles.

Du monde à la projection et un débat très intéressant et ouvert. Je croise des gens de Contis, des lecteurs du blog, une comédienne de Bordeaux, un cousin de Ciboure, le réalisateur d’une série dans laquelle j’ai tourné en 2007 pour TF1, un copain de François Monnié (le Petit Méchant d’Ores Niais). Malheureusement, je dois à regret quitter assez vite la place car je suis du monde des pressés, celui dans lequel, le lendemain matin, j’ai une séance de travail sur scénario à Oloron, puis un tournage de quelques plans (de salades) pour mon prochain documentaire. Le déplacement est rentabilisé, calé, planifié. Peu de place pour le Nanard qui aimerait prendre le temps de la pleine existence.

Avant de me rendre à Anères, j’avais programmé la visite d’un petit château en vallée d’Ossau. Une ruine acquise par un ami passionné de vieilles pierres et qui se trouve être l’auteur du scénario pour lequel je joue le consultant. C’est ma casquette de sourcier baguetteur qui était sollicitée pour l’occasion.

J’avais fait une première recherche sur le plan quelques jours avant. J’avais trouvé l’ancienne citerne du château (ça avait épaté le propriétaire), des veines d’eau souterraines, diverses cavités et, à un endroit du mur intérieur, j’avais reçu que sorte de décharge électrique quand j’avais posé ma main à cet endroit du plan. J’avais inscrit un gros point d’interrogation rouge.

Sur place, l’ami propriétaire des lieux avait demandé à une copine médium amateur de participer à cette visite singulière. Pour ma part, j’avais proposé à André de venir promener ses baguettes. Il y avait certaines corrélations entre ma recherche à distance et celle menée sur le terrain. Mais à part la citerne qui pouvait être considérée comme un élément objectif, je ne me satisfaisais pas des autres points. Pour moi, la réalité n’apparaît que si l’on creuse. Tout le reste n’est que conjecture. Néanmoins, je voulais m’amuser à voir ce que pourrait dire la médium sur mon point d’interrogation repéré sur plan. Je regarde un endroit éloigné de celui-ci  mais sur le même mur et demande à la médium si elle veut bien se promener le long et me dire ce qu’elle ressent. Elle n’a pas vu le plan. Par mon regard, j’ai pris soin de donner un faux indice afin de ne pas créer d’influence positive. La médium commence à marcher lentement le long du mur. Sur le point que j’avais regardé pour induire une fausse piste, elle sent quelque-chose. Elle le signale mais ne s’attarde pas. Elle continue à marcher, jusqu’à ce qu’elle parvienne à l’endroit correspondant à celui que j’avais marqué d’un point d’interrogation. Elle s’immobilise et commence à dire qu’elle ressent une énergie très puissante, très électrique. Elle est fébrile et au bord des larmes. Elle évoque la présence d’objets enfouis, cachés, peut-être religieux. Je suis assez impressionné que sa réaction se situe à l’endroit précis où, sur le plan, j’avais ressenti une sorte de décharge électrique. Mais le rationnel reprend vite le dessus. Il s’agit d’une simple coïncidence. Du hasard. Ou bien, elle a capté, par télépathie (je suis convaincu que ça existe) la réaction que j’attendais d’elle à cet endroit (électricité). Ou bien encore, plus haut sur le mur, à la verticale de ce point, il y a un gros impact de boulet de canon qui date d’une bataille qui a provoqué la destruction du château. De quoi désaltérer notre soif de mystère.

Pour notre expérience de salades, le lendemain, je suis allé filmer les plans de trois lots sur lesquels j’avais demandé à un magnétiseur d’agir pour favoriser la pousse de l’un d’eux. Parce qu’il faut vous rappeler que ce documentaire est un brin ésotérique, lui aussi. L’idée est d’interroger la capacité que nous aurions à influencer le vivant par la pensée. Je ne suis pas le seul fou à passer ce type d’hypothèse par le prisme expérimental. Et j’avoue que j’espère bien parvenir à accréditer cette hypothèse en m’appuyant sur une série d’expériences menées sur deux ans avec ce même magnétiseur, moi-même et toute une série de volontaires inexpérimentés.

Quand je suis arrivé au champ, mon cousin agriculteur en vallée d’Aspe était un peu peiné. Les salades avaient subi à la fois une vague de fortes chaleurs et des orages de grêle. Les joies de l’agriculture. Néanmoins, au premier coup d’œil, on pouvait voir très nettement qu’un lot avait poussé mieux que les autres. J’ai demandé à mon neveux, âgé d’une dizaine d’années, d’arpenter les rangs de salade et de dire à la caméra quel lot comptait les plus belles salades. Il n’a eu aucune hésitation pour désigner le lot qui avait le mieux poussé : le lot numéro 1. Tout-à-l’heure, j’ai appelé le magnétiseur pour lui demander sur quel lot il avait travaillé. C’était bien le lot numéro 1. Bon début pour une première expérience. Il y en aura d’autres. Plein d’autres, si l’on veut, non pas prouver quoi que ce soit, mais rendre légitime le questionnement.

Hier soir, sur la route du retour sur Paris, j’ai fait des haltes sur des aires d’autoroute. À la dernière halte, je suis descendu avec une petite bouteille d’eau vide pour la remplir d’eau du robinet, histoire de ne pas engraisser inutilement le commerce de l’eau et avec une pensée pour nos décroissants. Eh bien, je n’ai pas trouvé un seul point d’eau froide. Tous les robinets des lavabos balancent de l’eau chaude. Uniquement pour le confort des automobilistes ou pour éviter qu’ils remplissent leurs bouteilles ? C’est un petit peu comme ces bancs de métro qui ont été pensés par des designers pour que les clochards ne puissent plus s’y coucher. La pensée de certains a une influence sur d’autres.

On vit dans un monde qui donne parfois envie d’un autre…

Ogres Niais à Fifigrot !

ffigrot-copie-1.jpg

Préparatifs pour le voyage aux Pyrénées. De jeudi à dimanche, ça va être du sport ! Arrivée, jeudi. Vendredi matin, séance de travail sur un scénario. Après-midi, visite d’un château avec baguettes pour détection de souterrains et compagnie en vallée d’Ossau. Départ pour projection de Retour aux sources et Ogres niais à Anères, dans le 65. Le samedi, j’irai filmer les salades en vallée d’Aspe. Le soir, apéro chez les Martin. Les Martin, c’est les parents d’Éric Martin de No Pasaran (de Martin et Caussé). Ils habitent dans le même lotissement que ma mère. On s’est aperçu de la coïncidence quand ils m’ont fait passer le casting pour un de leurs précédents films.

Nous nous retrouverons le 20 septembre pour les projections d’ogres niais et de No Pasaran au festival Grolandais de Toulouse.

Enfin, bref, dimanche, je remonte…

Un article très court

Pas grand-chose à raconter aujourd’hui. Il fait toujours chaud comme en été. En revanche, en fin de semaine, je pars pour les Pyrénées. Visite à la famille, filmage des salades et, vendredi 9, projection de Retour aux sources et Ogres niais à Anères, dans le 65. 

Deuxième couche sur la convention collective !

 le-cri.jpg

Serge Riaboukine dans Ogres Niais

 

On croyait en avoir terminé avec cette histoire de convention collective du cinéma, mais tu parles. Ça renâcle à l’écurie. Je rappelle qu’une convention collective des salariés du cinéma va enfin être appliquée au 1er octobre. C’était le seul secteur qui bossait hors convention. Je passe sur les détails de cette affaire que j’ai longuement commentée dans ce blog. Pour faire simple : producteurs indépendants et certains réalisateurs sont contre son application. Les gens que j’ai pu croiser depuis les événements sont souvent désinformés. Mais tu te rends compte ? C’est la mort du cinéma. Il est impossible de faire des films d’auteur à petits budgets si on applique cette convention (si on paye les gens selon une grille établie). Tous ces gens ignoraient qu’il y a une close dérogatoire pour les films à petit budget. Les syndicats ont pour mission de définir les contours et la fourchette de cette close. Donc, non, la convention collective n’est pas synonyme de la mort du cinéma.

Tenez, à partir du mois d’août, je tourne dans un film avec un budget annoncé de 18 millions d’euros et dans un autre qui va peiner à atteindre le million. Les deux se font, malgré la convention. Je serai juste mieux payé sur l’un que sur l’autre. Et les deux films ont une partie du tournage qui se passe en Belgique. Comme Landes, par exemple. Déjà, pour mon premier court-métrage qui n’a pas loin de 20 ans, j’avais bossé avec un labo belge pour le tirage et l’étalonnage. Ce n’est pas la convention qui va faire que les films vont se délocaliser. C’est fait depuis une bonne décennie. Et s’il y a problème, il faut se battre pour le résoudre, mais il est ailleurs que dans la convention.

Bref, les producteurs qui ont la dent dure ont déposé un recours en référé au Conseil d’État pour tenter de faire annuler l’application de la convention. Un groupe de « jeunes réalisateurs » a réussi à être reçu par François Hollande avec le même objectif, criant à la mort annoncée du cinéma. Triste bataille de gens qui se disent de gauche (pour beaucoup) contre le droit du travail au lieu de cibler les vrais problèmes : financement, distribution, délocalisations pour avantages fiscaux… la liste est longue.

Très triste de me sentir minoritaire du côté artistique (heureusement, c’est différent du côté des techniciens). La Grande Guignolade continue avec ses répliques de tragédiens, de révoltés qui se trompent de combat et de côté. Ils sont « jeunes »…

L’agenda Ogres Niais et Retour aux sources

circonspect-2.jpg

Hier soir, nous nous sommes offert une soirée chiffres pour Landes. Une soirée chiffres, c’est un point des entrées d’un film au premier jour de sa sortie. Il y a bien sûr réalisateur, producteurs, distributeurs et deux ou trois acteurs. Le distributeur s’est refusé à donner des chiffres, préférant s’exprimer en « plutôt ». C’est plutôt pas mal. Ou plutôt bien. Bref, on verra bien les chiffres concrets en fin de première semaine.

Un premier film au budget rikiki ne peut espérer faire des centaines de milliers d’entrées. Mais ça peut varier de 15.000 (quand il a eu le nombre de copies suffisantes) à 100.000 que l’on peut considérer comme une réussite totale pour un film de cette catégorie. La presse n’est pas méchante mais un peu molle. Les avis spectateurs sont nettement meilleurs. Nous attendrons ici les avis de nos commentateurs habituels et tout particulièrement celui de Pascale qui l’a vu ce matin (il faudra aller voir son blog).

François-Xavier n’avait pas l’air trop inquiet et commençait déjà à parler de ses deux prochains longs-métrages.

 

 

Tiens, pour parler un peu de mes propres réalisations, voici un petit agenda.

 

Le 9 août, Ogres Niais et Retour aux sources à Anères (65)

Le 20 août, Ogres Niais au festival de Gindou (Lot)

Le 31 août Ogres Niais et Retour aux sources à Terrasson (Dordogne)

Le 20 septembre, Ogres Niais au festival international de Grosland à Toulouse.

Les 27 et 28 septembre, Ogres Niais au festival de Puteaux.

En novembre, il y aura le festival de Sarlat pour Ogres Niais

En décembre, mes Lutins du court-métrage pour Retour aux sources