LA SACEM, saison 4

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Pour la quatrième fois, je suis allé à la SACEM avec le document signé de nouveau par ma productrice et rempli aux bonnes cases. Cette fois-ci, le dossier est complet de chez complet. Nouvelle plongée dans ce bouquin de David Thoreau qui est aussi l’auteur de « La désobéissance civile ». Autant dire que ce n’était pas un mollasson, le bougre. J’arrive donc dans le hall et suis accueilli par la même dame qui vous parle un peu comme si vous étiez coiffé d’un chapeau de paille, un baluchon sur le dos, chaussé de sabots crottés. On vous demande de patienter sur le canapé du fond. Très vite, une jeune femme arrive à son bureau et m’appelle. Je lui tends le dossier en lui signifiant que c’est la quatrième fois que je viens et qu’a priori le dossier est complet. À sa façon de le saisir, de le manipuler, je sens que ça va mal se passer. Aucune attention particulière qui aurait pu signifier le respect dû à la présentation et l’organisation du dossier. Tout est dans un bon ordre, rangé par film, tromboné ici, scotché là (les CD, sans cela, sont toujours en vadrouille). Bref, du travail méticuleux dont la forme même lui échappe. Elle prend les feuilles, les retourne, les pose en vrac et se précipite illico sur le contrat d’auteur compositeur signé avec la production pour Retour aux sources. Une petite dizaine de feuillets. Et bingo ! Toutes les pages sont paraphées, celles qui doivent être signées le sont, sauf une, perdue au milieu du contrat, qui est paraphée mais non signée. Il s’agit évidemment d’un simple oubli qui ne remet en aucune façon en question le contrat dans son ensemble. Je me permets d’exprimer mon agacement, puisque je suis déjà venu trois fois avec le même document et que ça n’avait pas posé de problème jusqu’alors. Et au lieu de faire preuve d’un minimum de compassion polie, je m’aperçois que je suis tombé sur ce qu’on appelle vulgairement une connasse. Au lieu de dire qu’elle comprend mais qu’elle n’y peut rien, qu’elle est désolée, elle me prend de haut. Et calmez-vous Monsieur par-ci et ajoutant la phrase qui, au lieu d’apaiser, est destinée à énerver davantage. Vous savez, ces pervers narcissiques qui sont hyper forts pour vous faire péter les plombs et s’afficher comme victimes. Très vite (ça va, à mon âge, on ne tombe plus dans ces panneaux) j’abrège l’entrevue et demande à reprendre mon dossier. Le pompier de service s’est approché du bureau, entendant que ça chauffait un peu et a très vite compris que je n’allais pas tout casser, contrairement à ce qu’aurait sans doute souhaité cette employée. Je l’ai quittée en lui disant « Même si c’est ce que vous espérez, je ne vous insulterai pas, Mademoiselle ! ». Et, encore une fois, elle me sort un truc qui énerve. Je regarde le pompier et lui dit « Mais c’est pas possible d’être aussi con ». Il n’a pas osé acquiescer mais, au moyen d’un langage non verbal tout en finesse, il m’indiquait que j’avais au moins son soutien.

Je suis ressorti et j’ai bu un café au PMU d’à côté, en terrasse, pour fumer comme un pompier (car oui, j’ai échoué dans ma tentative d’arrêter). Très vite calmé, je suis retourné à la SACEM et j’ai demandé à voir un ou une autre employé(e), afin de décortiquer définitivement l’ensemble du dossier, d’y débusquer le moindre semblant d’anomalie. Et là, je suis tombé sur une jeune femme très polie (un peu par trouille, au début). En effet, la signature, mais tout est bon pour le reste et l’on pourrait d’ores et déjà m’inscrire grâce à la musique de Lartigue expose qui avait été bien déposée en son temps. Mais comme mon objectif est de déposer Retour au sources et surtout Ogres Niais avant sa diffusion France 2, je reviendrai avec la fameuse signature.

Voilà les égards que cette chère institution (plus aisée à encaisser) réserve à un vieux compositeur qui demande juste à ce qu’on l’inscrive une bonne fois pour toutes.

Rien à voir, mais j’ai reçu une réponse de l’Élysée concernant la contre lettre au Président que je lui avais envoyée au sujet de la convention collective. On m’y assure que François Hollande avait pris connaissance de mon point de vue.

Qu’on ne se méprenne pas. Je n’ai pas pour habitude d’écrire au Président, au procureur ou au commissariat de quartier à chaque fois que quelque-chose me chagrine. Cette démarche s’inscrivait dans une action militante destinée à dénoncer les abus de ceux qui, précisément, profitent de leur notoriété pour remuer ciel et terre, comme si tout leur était dû et que leur condition de « gens connus » leur en donnait l’évidente autorisation. Je n’avais aucune envie réelle d’interpeler le président qui, évidemment, a d’autres chats à fouetter.

Sinon, je suis très heureux de jouer Anselme dans le Village Français (ça me parle).

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22 commentaires pour LA SACEM, saison 4

  1. mano dit :

    Très égoïstement, je l’avoue, j’adore quand tu vas à la SACEM! tu nous ponds toujours des articles très marrants après. Pour la cigarette, ne culpabilise surtout pas c’est de la faute à la connasse perverse narcissique!

  2. hetre dit :

    Tu n’avais pas besoin de vaporeuse pour fulminer à la SACEM. La cigarette était plus un réflexe qu’un échec. Pense à l’artichaut qui se mange f p f et reprends confiance. de toute façon qu’attends-tu comme rémunération de la SACEM? J’ai eu le privilège de sympathiser avec un ancien chansonnier qui était vnu passer sa retraite dans les Pyrénées. Il avait écrit plusieurs pièces de théatre et il recevait un paiement de la SACEM une à 2 fois par an. On arrosait ça à trois ou quatre mais il n’en avait pas assez pour payer sa tournée. Autrement dit c’était un prétexte pour se retrouver entre amis. Aure sujet de pretexte pour ne pas paniquer c’est la façon de tuer le temp au village. Anselme  m’a bien interéssé ce mardi. Il commence à prendre une sympathique dimention. Vivement la semaine prochaine qu’il sorte son fusil et sa cape de Zorro.

  3. serge barande dit :

    Bon… Le prochain coup que tu dois te rendre à la SACEM, passe avant par les quais de scène pour acheter une collec de vieilles cartes postales à musique, et tu balances tout. Ça les occupera… Remarquable hier soir. J’ai trouvé la scène du cafard, au gnouf, incroyablement originale, décalée et fabuleusement interprétée. Et le tout, juste avant une « finale ». La dernière que j’avais vue remontait à loin. Elle était différente aussi, mais j’y ai pensé : Steve Mac Queen dans Papillon. Malheureusement, je ne pourrai pas voir les prochains épisodes. Je file à Sare samedi pour plus de deux semaines. Les oiseaux migrateurs m’attendent. Et là-bas, ce sera à mon tour de les attendre. On s’attend quoi! J’achèterai la série. En K7 vidéo bien sûr!

  4. Bernard Blancan dit :

    Ouais ben, j’espère que la prochaine sera la dernière…

  5. Bernard Blancan dit :

    Ben, quand Ogres Niais passera sur France 2, je devrais toucher un peu, quand même…

  6. Bernard Blancan dit :

    Pour voir les épisodes, il y a le replay, quand les oiseaux sont couchés.

  7. serge barande dit :

    Oui-oui, je sais!   Mais, il me vient une idée quelque peu saugrenue. Celle qu’en vieillissant, tu vas devenir « séduisant acteur » en quelque réalisateur qui, jusqu’alors, avait omis d’ouvrir son regard sur l’acteur que tu es : « Maléable », et surtout capable de rôles de composition en tout domaine. Il me semble…!   Mais tout cela, je n’ai pas voulu le formuler en Amerloque, ça se verrait trop…! Au risque que l’on nous lise… Bises et bon’ap!

  8. Lydie dit :

    ouf, heureusement qu’il y a Anselme… avec toutes tes péripéties Sacemesques !!  Oui, faut pas tout casser comme tu disais mais tu vois, moi, malgré (ou peut-être à cause de) ma timidité, j’aurais carrément « gueulé », demandé de voir une autre personne (c’était possible, la preuve, t’en as vu une autre ) et je ne me serais pas cassé la santé en fumant à cause d’une… enfin tu vois… y’en a ailleurs aussi… !

  9. Lydie dit :

    mais oh faut pas te chercher des prétextes non plus, genre Sacem, pour re-fumer !! C’est quoi ça ? Allez ! De la persévérance ! ya pas des chewing-gums, l’acupuncture… pour t’aider ? De la volonté que diable, imagine, je sais pas, que tu joues pendant 2 mois le rôle d’un résistant non-fumeur(si si, ça existait)…   Et si tu peux tenir 2 mois…

  10. Lydie dit :

    « j’attendrrrrai, le jour et la nuit, j’attendrrrrrai toujourrrs… les oiseaux migrrrrateurrrrs… leurrr rrrretourrrr… » non, mais, … Serge connaît l’existence des K7 vidéo, c’est pas possible !?

  11. Lydie dit :

    « Vous savez, ces pervers narcissiques qui sont hyper forts pour vous faire péter les plombs et s’afficher comme victimes. » :  EXCELLENTE SYNTHESE de ta part… j’en ai connu et c’est dur…c’est dur… à vivre… … bon, allez, il ne te reste plus que la fameuse signature !!!   

  12. Bernard Blancan dit :

    Tu veux dire que j’étais détestable ?

  13. Bernard Blancan dit :

    Je vois, je vois…

  14. Bernard Blancan dit :

    Ben, Anselme, il fume la pipe. Vous n’avez pas vu, encore.

  15. Bernard Blancan dit :

    Le K7 ? Aujourd’hui, ça serait le DVD, voire le disque dur…

  16. Bernard Blancan dit :

    On en a tous connu un ou une de près…

  17. Lydie dit :

    … parce que Serge a dépassé le stade des K7 ?!? Comme à Sare  il n’a plus de moyens de communication (entre Landes et grottes) j’en profite pour me moquer, pas bien hein !!

  18. Bernard Blancan dit :

    Serge, il loue un praxinoscope pour voir des films. C’est pour ça qu’il ne voit jamais les derniers…

  19. Lydie dit :

    « praxinoscope », j’sais pas pourquoi, ça me fait penser au film « Cinéma paradiso » avec Noiret ; tu l’as vu ? (pas Noiret, le film ? et Noiret aussi tant qu’on y est ) 

  20. Bernard Blancan dit :

    C’est même antérieur. Très antérieur… l’âge de Serge ou Pascale.

  21. D&D dit :

    Oh la la, quelle fatigue… Bravo d’avoir trouvé comment tenir bon !

  22. Bernard Blancan dit :

    La patience et la détermination…

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