Nocivité du wifi, suite…

Désolé de revenir sur le sujet d’hier, mais Gaspard Cresp m’a apporté des éléments nouveaux sur cette expérience, venant de l’université de Poitiers. Il se trouve que cette photo qui illustre la recherche n’est en rien représentative des véritables résultats. Les vrais résultats, par exemple, c’est ce tableau. En bleu, le nombre de graines qui ont germé en zone neutre et en rouge, le nombre de celles qui ont germé sous wifi.

tableau.png

Il y a certes une différence entre les deux zones, mais elle n’a rien à voir avec la seule image qui est communiquée partout, relayée d’abord par leur prof qui est un militant anti ondes. Résultat, je fais germer mes graines pour rien. Enfin, au moins, on verra quelle différence il y a entre mes graines wifi et mes graines comptoir.

À propos de la méthode.

Mais restons dans le cadre d’expérimentation scientifique. Comment comparer deux lots de graines germées ? Les filles ont fait le choix de compter le nombre de pousses. L’idée que sous-tend ce choix de mesure laisse entendre que les graines poussent ou ne poussent pas. Or, le fait que les graines germent ou pas comme facteur de comparaison nécessiterait qu’elles soient réparties rigoureusement de la même façon, soumises aux strictes conditions d’hydratation, de température, de lumière et qu’elles aient la même provenance, le même âge, etc… Ben, si l’on veut comparer, comparons sur des bases solides, surtout quand il s’agit d’organismes vivants ! Une autre façon de comparer consisterait à utiliser moins de graines et à mesurer ensuite chaque pousse. Il est alors facile de faire une moyenne par lot. Là, déjà, on travaille sur l’idée de telles graines soumises à telle condition poussent mieux que soumises à telle autre condition. Une autre consisterait à comparer des poids. On pèse les graines, puis, en fin d’expérience, on pèse les pousses. On compare ainsi la croissance. C’est le choix que j’ai fait pour ma part. On pourrait aussi comparer la taille ou le volume de façon visuelle. C’est moins précis. Sauf quand on balance une photo comme celle qui est utilisée pour communiquer sur l’expérience danoise.

Pour ce qui concerne mes propres expériences, je travaille avec des graines de soja, dans un germoir automatique qui brumise les graines toutes les 4 heures, le tout placé sur un plateau tournant automatique lui aussi, l’ensemble dans une petite serre plexiglas chauffée avec un chauffage soufflant céramique branché sur prise thermostat, ce qui permet d’avoir une température constante entre 19°6 et 20°1. Et malgré ces conditions destinées à éliminer les biais environnementaux, il y a encore des différences entre deux lots de graines. Avant de lancer une expérience valable, je suis obligé de travailler à créer les conditions qui génèrent la différence la plus faible possible entre deux lots. Et, rien que ça, ça demande des mois et des mois de travail et des kilos de salades de graines germées (qui sont par ailleurs délicieuses).

Bref, quand on veut faire de la science, il faut se donner le temps et les moyens et avoir une rigueur pathologique. Et les résultats sont beaucoup moins impressionnants que ceux annoncés par la photo de l’expérience danoise.

À propos de la communication.

Toutes les images sensationnelles, incroyables sont quasiment toutes fausses ou truquées. Elles sont destinées à attirer l’attention et à produire une adhésion idéologique. Le principe de la publicité. Il suffit de regarde le teaser (bande annonce) de la manif anti-Hollande pour voir comment se construit la propagande. On ne fait plus appel à la pensée mais à l’émotion. Quand ces techniques sont employées par la science, ça fait un peu mal.

L’article de l’université de Poitiers est visible ici : http://blogs.univ-poitiers.fr/n-yeganefar/2013/06/02/wifi-et-cresson-ne-maltraitons-pas-la-science/

Et, pour le fun, je posterai les photos de mes germinations wifi dans quelques jours.

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12 commentaires pour Nocivité du wifi, suite…

  1. Sarro Philippe dit :

    A quand les lois de Blancan comme il y a les lois de Mendel faites à partir de petits pois ?

  2. Sarro Philippe dit :

    Est ce que les graines germent aussi au LHC auprès du géant ATLAS, ou à coté des electroaimants supraconducteurs ?

  3. hetre dit :

    Les élus nous trompent. Les médias nous trompent. Les labos nous trompent. Les enseignants nous trompent.… Avec toutes ces trompes on purrait monter un cirque gigantesque. Pas la peine d’en faire une salade quand même.

  4. LN dit :

    Et elles disent quoi, tes graines aujourd’hui?

  5. Bernard Blancan dit :

    Ben, moi, c’est pareil. J’ai un petit pois germé dans la tête…

  6. Bernard Blancan dit :

    Tu peux m’envoyer des électroaimants supraconducteurs ? Je te dirai !

  7. Bernard Blancan dit :

    C’est-à-dire qu’ils ne mentent pas forcément. Juste ils exagèrent, des fois qu’on ne comprendrait pas.

  8. Bernard Blancan dit :

    Réponse faite… 

  9. serge barande dit :

    QUOI!!!??? L’on m’aurait menti!!!??? Toutes les photos de toi, ne seraient pas???! Moi, j’ai environ 37° de germination interne, pour mes sptz, 42° quand je fulmine grave… et là le sang monte au cerveau… Et il faut des soins ! A te lire, j’entends le Guy… Après ses râleries « baguettes », il va t’en refiler des « germinatoires »! Et de premières !……   Avé tes germes, tu files du mauvais coton!!!

  10. Bernard Blancan dit :

    Mais non, pas des germes. Des pousses germées ! Pfff

  11. serge barande dit :

    Oh putainggg, c’est lâge, à force je me confonds en confondances. Le viellot, d’aucuns diraient…

  12. Bernard Blancan dit :

    Eh oui, Papi…

Les commentaires sont fermés.