Le diplôme

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Hier, les Buttes Chaumont

Cet après-midi, je pars faire une petite interview pour Histoires Courtes sur France2. Ce sera la petite présentation avant Ogres Niais qui sera diffusé donc le 23 mars aux alentours de minuit (il y aura un replay…).

C’est super, ce soleil ! Sauf qu’à Paris, c’est alerte à la grosse pollution de particules. Les yeux qui piquent, les bronchites et crises d’asthme… Remarquez, on peut ne rien faire, laisser le climat se dérégler et continuer à prendre les écolos pour des clowns (c’est vrai que certains nous y aident).

À part ça, j’avance encore sur le roman. J’ai hâte de voir la tête du premier lecteur. Elle me dira beaucoup de l’avenir de mes divagations.

Vous avez déjà écrit à un réalisateur pour lui dire que vous aimeriez tourner avec lui ? Il y en a qui le font. Je ne l’ai jamais fait mais l’ai envisagé une ou deux fois. J’aurais bien aimé bosser avec Poirier de Western, par exemple, le Haneke  du Ruban Blanc, Kaurismäki de tous les films, Wes Anderson de Moonrise Kingdome. Mais bon, si t’es pas « bancable », ça n’a pas de sens. Ça reste du domaine du rêve de gamin.

Je devais penser à ça, pendant le générique de The Grand Budapest Hôtel, me disant que j’avais définitivement bien fait de ne pas écrire. Et là, je me suis mis à repenser à un acte qui n’a rien à voir, si ce n’est qu’il reflète bien ma connerie. Association d’idées. Réalisateur avec qui tourner. Métier d’acteur. Agent. Prix d’interprétation. Notoriété…

Quand je suis revenu de Cannes 2006, j’avais mon diplôme d’interprétation et la palme dorée sur son cristal dans sa boîte de cuir capitonnée. Eh bien, j’ai donné le diplôme à mon agent. Il trône depuis sur un des murs de son agence, légèrement redécoupé pour entrer dans un cadre. Mais qu’est-ce qui m’a pris de faire ce geste ? Quel en est son sens ? Je crois que j’ai rougi en repensant à cet acte pseudo symbolique, cette marque d’allégeance niaise et ridicule. C’est mon agent qui m’a appris à jouer ? Non. À la limite, j’aurais donné le prix à mon premier prof de théâtre… Pfff, même pas. Je vous jure, ça peut être débile, un acteur. Ça vous fait un cinéma… Surtout moi.

Finalement, en y repensant comme sur le fauteuil d’un psychanalyste, je pense que c’est le fait qu’elle l’accroche au mur qui a transformé le sens de mon geste. J’aurais dû lui dire. Ma palme, chez moi, elle est planquée sur une étagère de la chambre de mon fils. Quelques amis l’ont vue et je l’avais exposée au public bordelais lors d’un spectacle Là aussi, il y avait du symbole. Associer mes premiers spectateurs au conte de fée. Mais le diplôme… Sur le mur…

Christine, décroche ce cadre !

Putain, il m’aura fallu 8 ans.

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17 commentaires pour Le diplôme

  1. Pascale dit :

    plôme.   Tu as le cerf volant !

  2. LN dit :

    Tu aurais fait un bon psychanalyste, je te jure!!

  3. Guytoune au bagne dit :

    De Guyane, Si tu veux un avis sur ton bouquin, copie moi les 9 premières pages pour le 22…

  4. mano dit :

    comme quoi, même avec des palmes on risque de se noyer dans un verre d’eau! et puis c’est une question de physique, on tourne en rond quand on nage avec une seule palme! Blague à part, en cinéma comme ailleurs, être bankable ne suffit pas pour être choisi par un réalisateur quand il a du talent et qu’il aime son métier.C’est juste plus confortable pour trouver le financement, mais s’il croit en son projet, il peut se passer des bankables , surtout quand le bankable c’est lui!  Il faut surtout l’inspirer ou le séduire, avoir une gueule, de la personnalité, un univers, de la consistance quoi! Moi, je pense que tu as tout ça, alors à ta place, je me débrouillerais pour que ces réalisateurs là le sachent, mais ce n’est que mon avis.

  5. Bernard Blancan dit :

    J’ai mis le temps à piger le cerf-volant… si, si…

  6. Bernard Blancan dit :

    Tu veux me fourguer encore une casquette, avec ce soleil ?

  7. Bernard Blancan dit :

    Je commence à avoir des indices forts pour le 22…

  8. Bernard Blancan dit :

    Toi, t’es sympa ! Si, si ! 

  9. Pascale dit :

    Oh l’autre critique littéraire i veut donner son avis sur le bouquin !!! Merci j’ai ri.

  10. michelle dit :

    Je connais l’acteur, un mail de l’IMI m’a fait découvrir le sourcier. Livre très intéressant qui fait écho dans plusieurs de ses aspects.  Le diplôme : Pas toujours facile d’accepter la reconnaissance !  

  11. serge barande dit :

    « Générosité et partage » (mots que tu n’as pas employé), sur l’instant, peuvent amener à bon coeur-belle âme à parfois du grand n’importe quoi. Mais sur l’instant, c’est inné et on fonce plein pot, sans trop y réfléchir. Imagine… si le Charlie, il avait fait comme toi, t’aurais pas de canne. Ça pêcherait!   Bon… Faudrait quand même lancer une campagne médiatique pour libérer le Guytounnet de son bagne. Va nous attraper des escars aux figues, façon Pagnol. Là-bas le climat est humide!

  12. GUY DU BAGNE dit :

    Ha heureusement qu’tes là Serge pace que la Pascal c’est un cas devrait plutot pleurer pour ce pauvre cinéaste de point d’âge qui remplissait les salles… de critiques.

  13. Bernard Blancan dit :

    Si tu parles comme ça à Pascale, tu vas rester au bagne, toi !

  14. Bernard Blancan dit :
  15. Bernard Blancan dit :

    Tu parles d’un avis… sur 9 pages !

  16. Pascale dit :

    I m’parle pas à moi. I parle à un mec, sans E ! Et je comprends pas bien tout ce qu’il dit, ni le Barande d’ailleurs.

  17. Bernard Blancan dit :

    Le jour où il saura écrire, je lui ferai lire…

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