Ondes particulières

Ondes particulières

La première fois que j’ai donné un spectacle écrit et joué par moi seul, c’était à Villandraut. Dans un autre millénaire. L’heure qui avait précédé le spectacle avait été le pire des cauchemars. C’est pas possible d’écrire une telle merde. Les pauvres spectateurs qui vont payer pour voir ça…

J’imagine qu’il y a des artistes plus sûrs d’eux, ne doutant pas, qui, dans la même circonstance doivent se dire : « ils vont voir ce qu’ils vont voir ! ». Ben non, je ne joue pas dans cette catégorie.

Me voilà dans la phase 2 du roman. Je l’envoie aujourd’hui aux éditeurs. J’ai pas hésité, j’ai fait parmi les plus gros, ceux dont j’ai lu les auteurs. La première liste était assez longue. Mais quand il s’agit de joindre une lettre de présentation qui argumente aussi le choix de l’éditeur, il faut se pencher sur la ligne éditoriale. Pour certains, ça a été facile. Juste en regardant les titres et le nom des auteurs, tu vois si c’est un éditeur qui se la pète, un qui ne pense qu’à gagner du fric. La liste se raccourcit toute seule. Pour certains, tu cherches la ligne. Comme tu ne la trouves pas, tu envoies. Tu as aussi l’éditeur mythique dont tu as plein de bouquins. Tu ne crois pas une seconde que le tien aura sa place, mais tu l’envoies quand même, histoire de ne pas avoir de remords.

Pendant deux mois, mon manuscrit est dans l’état superposé du photon dans l’expérience des fentes de Young, en physique quantique. À la fois onde et particule. Ce n’est que quand il sera observé qu’il deviendra onde ou particule. Un roman édité ou une grosse bouse dans une corbeille à papier.

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13 commentaires pour Ondes particulières

  1. Pascale dit :

    J’espère que t’as pas oublié http://www.storenumeriklire.com/

  2. Marès Samuel dit :

    cela dit il y a des grosses bouses qui sont éditées eti qui ne finissent pas tout de suite dans une corbeille à papier !

  3. Bernard Blancan dit :

    C’est quoi, ce binz ?

  4. Bernard Blancan dit :

    Oui mais ce sont des bouses baptisées…

  5. serge barande dit :

    Je vais réunir le Peuple Bovin pour leur faire un One-man sur la bouse quantique. La prairie sera verte, grande, parsemée de boutons-d’or… Et ils vont voir ce qu’ils vont voir. Vont rien comprendre, mais bon… Me faudra recruter un physio pour qu’il ne laisse pas entrer les taureaux, sinon c’est la fête à mes fesses. Ton manuscrit, tu l’as balancé sous version papier, broché-tortillé, et tout et tout ? Avec quelques petits tours de pendule au-dessus de la lettre d’accompagnement, des fois que ça coule mieux? Deux mois, tu dis. Qui sait si ça n’ira pas plus vite… Quelquefois… Enfin… Je te dis trois fois BOUSE!

  6. Bernard Blancan dit :

    Je prends la bouse. D’autant que j’ai oublié de penduler…

  7. Pascale dit :

    Ben ils éditent des lifs mais en numérik !!! C’est là que Sandra a tout publié les siens !

  8. serge barande dit :

    Oui… Eh bé, Bouse ton corps d’athlète cinéphile et pendule grave!

  9. Sarro Philippe dit :

    Tiens! si tu cherche un scenar à adapter, je te suggère le petit chef d’oeuvre de l’auteur méconnu Régis Messac et à redécouvrir: Quinzinzinzili. Cela serait une bonne suite à ton Ogres niais. C’est un livre de SF (très humoristique) paru en 1935, il raconte comment un groupe d’enfants tuberculeux et crétins d’un sanatorium au fin fond de la Lozère seuls humains rescapés d’une guerre destructrice de l’humanité (en 1935 la bombe atomique n’avait pas encore été inventée) qui vont réinventé une "civilisation", une religion, une langue fait d’honomatopées à partir de leurs souvenirs de la petite enfance. Le narrateur est le tuteur d’un de ces enfants lui aussi rescapé et réfugié dans une grotte avec eux à la suite d’une excursion au moment de la catastrophe. Il va les observer sans intervenir ni interférer et les étudier de manière désabusé dans leurs façons débiles, crétines de reformation de la "civilisation". Quinzinzinzili est le nom de leur Dieu, c’est la traduction à leurs sauces dans leur langage de Notre Père qui êtes aux cieux, en latin "Pater Noster qui es in coeli". Régis Messac à aussi écrit un pamphlet A bas le latin, pas étonnant qu’il a été écarté de l’institution éducative avant guerre. C’était un instituteur militant pacifiste, syndicaliste, critique littéraire, précurseur en France de la littérature de polar et de la SF (le polar était le sujet de sa thèse très remarqué), il n’a pas pu rentrer à l’Ecole Normale supérieur à cause de la guerre 14, dans laquelle il a été blessé à la tête, trépané. Il fut résistant lors de la 2ième guerre mondiale, organisateur d’un réseau d’évasion pour les jeunes soumis au STO, arrêté et disparu en déportation en 1945 probablement mort à Dora après la marche des déportés. http://www.cafardcosmique.com/Quinzinzinzili-de-Regis-MESSAC

  10. Sarro Philippe dit :

    La biographie de Régis Messac http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gis_Messac

  11. Bernard Blancan dit :

    En effet, ça a l’air super. Mais je suis parti pour adapter mon propre bouquin…

  12. Sarro Philippe dit :

    Peut être pour après, dans le futur. En tout cas ce serait bien qu’un jour un réalisateur s’attaque à cette oeuvre.

  13. Bernard Blancan dit :

    Tu as raison !

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