Expériences fictionnelles

Expériences fictionnelles

Trois scènes dont deux à jouer pour le casting et une dans laquelle le personnage se fait tuer. Le rôle : un ancien flic qui a pété un câble et enlève des enfants. Le contexte : une série policière pour TF1. J’ai dit non. Je ne comprends même pas qu’on me propose un truc pareil aujourd’hui. Même si j’étais sans un rond, je refuserais. Parfois, il me vient des envies de violence.

À vélo, hier, je suis allé déposer mon manuscrit de roman dans quatre maisons d’édition parisiennes. Une vraie expérience documentaire. D’abord, à titre personnel, aller porter une grosse enveloppe contenant un machin qu’on a écrit avec ses petites mains constitue en soi un événement important dans une vie. On va livrer un peu de soi. Et ce peu de soi va être jugé apte ou non à être exposé au grand nombre. Ce n’est pas si banal.

En terme documentaire, c’est l’occasion unique de s’offrir une visite guidée des lieux correspondant aux jaquettes des livres que l’on aime.

Le premier éditeur chez qui je me suis pointé avec mon enveloppe était dans un fond de cour bobo du côté de Bastille. On ne prend plus de manuscrit ! La maison est en difficulté, semble-t-il.

Le second est aussi en fond de cour, mais dans le VIème. Sobre, bon goût, austère mais pas trop. Du sérieux sans chichi. Du riche qui se la raconte pas. Je peux déposer mon scénario ? Heu, pardon, mon manuscrit…

Le troisième, on aurait envie d’y venir au mois d’octobre, y tomber dessus avec les feuilles mortes sous une pluie fine et entrer s’y réchauffer à la lumière jaune de lampes de cuivre.

Le quatrième a été conçu par un architecte ayant choisi de s’inspirer du château de Kafka. Porte minuscule, escalier sombre, raide, tortueux et exigu accédant à deux portes ouvertes, l’une sur un bureau bordélique éclairé au néon, l’autre sur un couloir obscur encombré d’une photocopieuse et de mille choses non identifiables au premier regard.

Allez, remettons le porte-plume dans la trousse ! Je pars tout à l’heure pour aller tourner dans le Village Français.

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2 commentaires pour Expériences fictionnelles

  1. serge barande dit :

    Si encore, le flic en question il les mangeait, ce serait du ressort de l’ogre. Ça rappellerait les contes pour ne pas s’endormir le soir. Mais t’aurais filer avant la fin. Pas drôle. Si tu as livré ton manuscrit par "ordre de préférence", et non par logique cycliste d’une tournée bien construite, c’est con qu’il ne prenne plus rien, le premier… Au moins t’as visité des fonds de cours, des impasses, des Cités comme il se dit dans Paris. Allez, file à la campagne, dans les bois. Ça sent bon le printemps.

  2. Bernard Blancan dit :

    Bon, il se met à pleuvoir. Je rentre !

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