Tilleul augmenté

Tilleul augmenté

Un homme aux cheveux blancs déambule sur le trottoir qui longe le square de la rue Sorbier. Au niveau de l’école, les larges feuilles des gourmands d’un tilleul, d’un vert vif, attirent son regard. C’est vrai que la régénération printanière des végétaux a quelque chose d’exceptionnel, presque magique, alors qu’elle a pourtant lieu chaque année, au même moment, de la même façon. Mais comment renoncer à s’étonner des effets de l’énergie du vivant ?

L’homme s’arrête et arrache une feuille. Il replie les doigts de sa main gauche pour lui donner la forme approximative d’un puits, y dépose la feuille bien à plat en son sommet et vient soudain y projeter violemment sa main droite bien à plat. Sous le choc de la gifle, la feuille explose et produit, dans le canon des doigts pliés, une détonation de pétard. L’homme est content. C’est son printemps à lui. Ça, c’était hier, en 2014, début mai.

Quand on commence à cogiter sur une histoire d’anticipation, on est obligé d’anticiper, justement. Sur ce que deviendront les hommes. Sur le sens de leur évolution. Hier, dans le Monde, j’ai lu un article dans lequel Google raconte qu’en 2045 on pourra se faire greffer des puces électroniques dans nos cerveaux. Nous aurons ainsi accès en permanence à une montagne de connaissances, grâce à une mémoire infinie. Dans les décennies futures, les consciences pourront même ainsi survivre au-delà de la mort physique des êtres.

Tu me diras : « qu’est-ce que j’en ai à foutre d’être un Google éternel ? » Et tu auras bien raison. Finalement pas trop envie de perdre du temps à anticiper. Un bon polar chez les humains non augmentés d’aujourd’hui, ça doit être moins flippant que de se projeter dans nos avenirs artificiels. Ça pourra toujours nourrir la mémoire de nos futurs robots avec des pensées joyeusement vérolées par les imperfections humaines.

Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

14 commentaires pour Tilleul augmenté

  1. Goggle éternel ,,,

  2. Pascale dit :

    Moi hier j’ai fait pipi dans la nature. C’était ma façon de fêter le printemps !

  3. Bernard Blancan dit :

    Wech, t’es une rebelle, ouat !

  4. Bernard Blancan dit :

    Merci, Maître !

  5. Pascale dit :

    adonf gros !

  6. Sarro Philippe dit :

    Vive la Singularité !

  7. Sarro Philippe dit :

    Tu as raison, laisse l’anticipation posthumaniste à Greg Egan. L’avenir semble radieux.

  8. Bernard Blancan dit :

    Finalement, on a eu de la chance. Avoir connu 68, les années 70, pas de guerre… Bonne génération.

  9. bugeaud dit :

    Où gogol éternel…

  10. Lydie dit :

    oui, pas de guerre sur le sol français… Tu crois que beaucoup de gens de notre génération se rendent compte de cette immense chance ? Pas sûr !

  11. Lydie dit :

    ceux de la génération suivante non plus, pas vraiment… (à mon avis)

  12. Lydie dit :

    Mieux vaut tard que jamais ; ton monsieur blanchi, il n’a pas inventé la poudre à canon… il a inventé le canon !! 😉 Maintenant faut que j’y réfléchisse… alors voyons… quand j’aurai les cheveux blancs… comment pourrai-je célébrer le printemps… ?

  13. serge barande dit :

    Une puce dans le cerveau… Les cons!!! Déjà que j’ai une araignée au plafond, si on me refile en plus une puce, je ferai payer l’entrée du zoo à quiconque voudra lire dans mes pensées!

  14. Bernard Blancan dit :

    Il y en a qui ne risquent pas être emmerdés…

Les commentaires sont fermés.