Vu la Chambre Bleue

Vu la Chambre Bleue

Il ne faut pas aller chercher du grand discours dans la Chambre Bleue de Mathieu Amalric. Juste du cinéma se fabriquant sur un polar un brin désuet de Simenon. Amalric choisit ici de s’amuser à faire du cinéma. Et il est doué. Il joue. Il excelle des deux côtés de la caméra et il nous sert, avec une intelligence et une justesse rares, toute une série de petits personnages.

Mise en scène magistrale. Les flash-backs liés aux souvenirs passés à la moulinette de la déposition policière sont traités avec une stylisation qui crée une étrangeté où le réel est déformé par le discours. À contrario, le présent est traité en flirtant avec un hyper-naturaliste qui témoigne du sens aigu de l’observation du réalisateur.

Je ne révèlerai rien de la fin, évidemment, mais dans ce dénouement psychologique un peu daté (Simenon), Amalric ne prend pas le spectateur pour un imbécile à qui il faudrait tout expliquer mais livre les clés à un ami complice. Du beau travail ! Et un immense plaisir partagé.

Mention spéciale à Laurent Poitrenaux qui endosse avec finesse et justesse les habits du juge d’instruction. Dès qu’on me montre des acteurs qui jouent, je perds en objectivité.

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