Imparfait et je le prouve… chaque jour.

Imparfait et je le prouve… chaque jour.

Ce blog a été conçu dans l’idée de raconter la réalité imparfaite et chaotique du métier de comédien. Ouvrir, au regard de tous, les coulisses (dans les limites de ce que je suis autorisé à en dire). Au-delà de mon boulot d’acteur dont vous voyez bien qu’il n’est qu’une partie de mes activités, j’aime bien qu'y figurent aussi mes errements créatifs. Plutôt que livrer le produit fini, comme par magie, comme au supermarché, il me plait de faire savoir la vraie galère que c’est d’accoucher d’un bidule. Ici, c’est cuisine ouverte. On voit la tambouille mijoter et l'état sanitaire de la cuisine.

Quand j’ai fait de la musique pour mes films ou ceux d’autres, vous avez pu lire que les premiers morceaux que je compose ont quelque-chose à voir avec ce qui disparaît dans la cuvette des WC.

Pour Retour aux sources, vous avez pu suivre les deux ou trois bonnes années qui ont essuyé des refus d’aides financières. Et puis un jour, sur mon bureau, je filme des figurines et je balance à qui veut voir. À partir de là, mon film se dessine et le financement arrive, le film se fait.

Pour mon métier d’acteur, on peut voir les rencontres qui aboutissent ou pas, les films qui se tournent mais ne sortent pas, tout autant que les réussites.

J’aime bien cette idée de réalité brute. Pour certains, elle nuit à la lumière des seules réussites. Pour moi, elle donne une couleur plus juste. Celle de la vraie vie et du travail maladroit, imparfait, avec son lot d’incertitudes et d’erreurs nécessaires.

Vous l’aurez deviné, vieux grigous. Je veux en revenir à Catapulte. Jusqu’à présent, j’avais eu les retours d’amis, de connaissances. Un regard bienveillant le plus souvent ou, celui désespéré de celui qui se trouve face à un mec un peu barré à qui il ne servirait à rien de dire la vérité. Un regard marqué par un relationnel fort qui rend aussi difficile l’expression d’un jugement que son acceptation. Sans compter que j’avais tendance à présenter les choses comme : voici mon livre. C’est comme quand on va voir le film d’un copain. Tout ne nous plait pas. C’est rarement (ou jamais) un chef-d’œuvre. Mais bon, on le connaît, on connaît ses limites et on sait bien que, de toute façon, les chefs-d’œuvre, c’est si rare… Dès que quelqu’un est allé au bout de quelque-chose, de toute façon, il a mon respect (sauf les prétentieux, ceux qui se la pètent ou pour qui tout est trop facile).

J’ai mis Catapulte en ligne sous les conseils d’un éditeur, un mec de métier. Il savait (et moi avec) que ce serait l’occasion d’avoir de vrais retours, ceux qui sont dénués de liens amicaux, relationnels, professionnels… Le juste miroir. 

Des quelques phrases que j’ai reçues, j’ai acquis la certitude qu’il fallait que je retravaille. Et oui… Mais c’est bon signe. Ça veut dire aussi que j’ai enfin acquis l’assurance que ça en valait la peine (quel progrès !). Que Catapulte valait mieux qu’un texte imparfait dont je connaissais déjà les défauts, balancé comme ça, histoire de dire, j'ai écrit un roman (on a tous nos petites vanités. Elles sont toujours ridicules).

Si j'ai obtenu la confirmation de certaines lacunes, j’en connais aussi désormais les qualités. Je sais qu'il mérite que je me remette au boulot, pour la seconde couche, les finitions, l’élagage des scories et boursouflures, le développement des choses cachées par pudeur, l’élimination du didactique. Bref, un vrai travail qui n’est pas si pénible, en fait et qui devrait aboutir à un vrai roman. Je l'ai enfin trouvée cette confiance que je n'avais pas dans cette entreprise. Car non, on ne devient pas romancier parce qu’on écrit un roman. Pour y parvenir, il faut dépasser le stade j’ai écrit un roman pour essayer de l’écrire vraiment.

Mon côté énervé, pressé, limite bourrin, un brin bêtat, m'agace autant que vous. Disons que c'est la méthode empirique qui me permet d'avancer et de dépasser mes nombreuses limites. C'est pas pire que de ne rien oser, après tout. On fait avec ce que l'on est.

Pour remercier les premier lecteurs de la colonne vertébrale (qui demeurera), je vais leur envoyer « du footing aux palmes » avant de leur renvoyer, plus tard, bien plus tard, la version définitive de Catapulte. Merci à eux.

 

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7 commentaires pour Imparfait et je le prouve… chaque jour.

  1. hetre dit :

    D’accord. Tu es parti sur un roman de gare mais comme le rapide Pau-Oloron est en rade pour longtemps, tu veux en faire un Goncourt. Il me semble que ce n’est pas dans la même catégorie.

  2. Bernard Blancan dit :

    Oupela… ! Un Gouncourt ? Mazette. Non, non, juste un roman de gare édité. 😉

  3. LN dit :

    " Du footing aux palmes " ( et bien au-delà …) mériterait d’être édité…Tu as une belle plume, et certains de tes articles sont des petits bijoux.. Hugh ! 😉

  4. hetre dit :

    Exactement ! d’autant que le footing c’est porteur. Je connais un (petit) français d’origine polonaise qui a couru tranquillement jusqu’à l’Elysée grâce au footing et en plus ce sont les autres qui étaient sa plume.

  5. serge barande dit :

    Du Footing aux Palmes – I. 2004-2006 est édité (Jacques Flamand éditions). Ça commence par : Quand débute ce journal,………….. Et ça finit par : ………… le sapin de Noël ? Sorti début 2012. Entre, y a 280 pages sur le ton que l’on connaît, et que l’on retrouve dans cet article où il est question de "la vraie vie" du saltimbanque Blancan. Puis y a aussi des problèmes de plomberie qui croisent le tournage d’Indigènes, des râleries analytiques politiques, des engagements de tout poil, des côtés énervés-pressés. Pas trouvé de côté bêtat – faut peut-être que je le relise… ! Divers et complet !!! Pour Catapulte, j’attendrai la version finale, sur papier-qui-sent-le-livre et reliure-qui-sent-la-colle. Allez Bernard, file travailler ! Ou Prendre l’air… C’est toi qui voit.

  6. Lydie dit :

    je fais le pari que tu vas être édité avant moi ! 🙂

  7. Bernard Blancan dit :

    Moi, je ne me risquerais pas à un tel pari… 😉

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