Mièvre

Mièvre

Définition : Qui est d'une grâce affectée et fade, qui manque de vigueur, d'accent.

C'est un angle de lecture possible de Catapulte. Voilà ce que je me disais hier soir après avoir vu un film français présent à Cannes (je ne dirai pas lequel pour éviter toute polémique inutile). Le film que j'ai donc vu, mièvre, il l'est vraiment. Creux. Une fabrique vaine et gratuite d'images voulant faire croire à de la poésie sur arrière fond se voulant social.

Ben voilà, le mièvre, ça fait partie des zones sur lesquelles il me plait de fabriquer. Regardez Lartigue expose, mon premier court. En surface, il est mièvre. Pour séduire une nana attirée par un peintre, le héros veut devenir peintre. C'est nul. Mais ça raconte ce que nous faisons tous. Au passage, j'en profite pour m'amuser à interroger les comportements autour de l'art contemporain. Et je prends plaisir à filmer l'humain en action. L'humain, impalpable et immatériel qui se débat avec les images auxquelles il veut coller pour enfin prendre corps.

Pour Catapulte, il en va de même. Situations simples. Polar express. Pas de méchant. Juste de petites mesquineries, des accommodations. Et derrière tout ça, une interrogation du réel et un démontage de la croyance idiote en même temps que du rationalisme dogmatique. Le tout permettant de croiser de l'humain, des personnages et une société dans laquelle les gens cherchent leur place. 

J'ai appris au théâtre qu'un cliché pleinement investi n'est plus un cliché. On a bouchonné une des extrémités du tuyau. Comme un roman de gare peut valoir mieux qu'une mièvrerie. De la guimauve, oui, mais avec du poivre, s'il vous plait !

Heu… je ne suis pas en train de vous vendre un chef-d'oeuvre, hein ! J'avais juste envie de parler du mièvre, du cliché, de ces choses a priori négatives qui peuvent constituer des terrains de jeu, du ludique.

 

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9 commentaires pour Mièvre

  1. Samuel Marès dit :

    Dans Lartigue, la pièce, c’était aussi mièvre de vouloir peindre des presse agrumes, bleu de surcroit. La rencontre était du à un presse agrume bleu, fallait y penser !

  2. Bernard Blancan dit :

    Hé hé hé, oui, c’est tout-à-fait moi. J’avais oublié le coup du presse agrume bleu 😉

  3. samuel Mares dit :

    le presse agrume bleu je m’en souviens car j’avais filmer le début d’un représentation à Pissos que j’ai encore .

  4. Bernard Blancan dit :

    Tiens, je serai à Pissos le 31 juillet… 😉

  5. serge barande dit :

    Je vois que la prudence est de mise en termes de critique cinéphile… J’oserai le dernier Guédiguian, mais sans du tout porter critique ou connivence, ne l’ayant pas vu moi-même. Bémol pour ma part, je ne trouve pas Lartigue "mièvre", je le trouve Tatiesque, ce qui est à mes yeux une nuance notoire! Le personnage, dans son espèce de volonté d’accomplissement est, lui, certes mièvre. Mais le fond scénaristique et comportemental, ne me semble absolument pas l’être. On reste dans une sorte de pantomime, comme l’autre de grand couillut se plaisait à l’être. Et… L’honneur est largement sauf! Je ne ferai a

  6. serge barande dit :

    J’ai encore appuyé là où il ne fallait pas (le pire, c’est je ne sais pas où cela se situe). Bref je poursuis! Je disais donc que je ne ferai pas de comparaison avec Catapulte (pas lu, attends le papelard qui sent la librairie de Grand’ Papa), mais j’abonde en ton sens quand tu dis qu’un cliché travaillé n’es devient plus un. Effectivement, en écriture comme en d’autres domaines, l’art est de transformer ce que l’on considère "basiquement" comme étant des clichés de vie ou d’instants, en des moments foisonnant. La prise de vue (angle de la caméra, instant, lumière et prise de vue…) peuvent y participer aussi. Il y a toujours une relation étroite entre l’écriture et l’image. De là à ce que tu songes, de Catapulte papier, à Catapulte "sons et lumières", cela tient à mes yeux d’une logique incontournable. Car tu as dû écrire le texte avec les images raccord dans ta tête. Tu devais assurément être "en repérage" visuel lorsque tu écrivais. Illustrer son verbe au travers des images perçues dans le même laps de temps, garantit de beaux portraits, et la véracité des situations offertes au lecteur. Pour conclure, tu ne me vends rien, à peu près comme d’hab. C’est juste un moment très intéressant de réflexion et de partage, comme tu sais le faire au travers de ce blog.

  7. Bernard Blancan dit :

    Au fait, t’as reçu mon chèque ?

  8. serge barande dit :

    Ben ouais! Mais il est en anciens francs!

  9. Bernard Blancan dit :

    Merde, je croyais que le FN était passé et qu’on allait revenir aux sesterces. Alors je m’étais dit qu’au moment où tu le recevrais, les anciens francs, c’était jouable…

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