Après ce que j’avais dit, je me devais d’y être.

Après ce que j'avais dit, je me devais d'y être.

Putain, j’étais pas fier, à la manif. Beaucoup de monde. Je connaissais beaucoup moins de monde que pour celles des intermittents. Des flics tout le long du parcours, barrant les rues. Tu te dis que si ça dégénère, tu ne vois pas trop comment tu vas t’en sortir. En arrivant aux invalides quelques fumigènes sont balancés par quelques-uns qui ont envie d’en découdre. Au bout de l’esplanade, tous les accès sont bloqués. Comment on sort ? Des jeunes sont montés sur une balustrade pour prendre des photos. Sur le côté, des flics sont parqués en contrebas au milieu d’une trentaine de fourgons. Putain, le keuf, il me fait des doigts ! lance un jeune qui nous prend à témoin. Hé, le flic, ton collègue il me fait des doigts ! Il a appris où la politesse ? Laisse tomber, c’est de la provocation conclut un copain.

Finalement, je trouve une issue au milieu d’un cordon de CRS. Ils me font passer devant Matignon, les portes grandes ouvertes. Heureusement que je suis moins excité que ce que laisseraient penser mes écrits. Ben ouais, une grosse manif contre les centaines de morts de Gaza, ça peut se passer dans le calme. Il suffit de ne pas l’interdire.

Aujourd’hui, à part ça, je faisais quoi ? Mais si, mais si, j’étais encore sur Catapulte. Au-delà des repasses interminables d’écriture dans le détail, j’avais fait deux ou trois ajouts qui enrichissaient les personnages. Et l’un d’eux, depuis plusieurs, jours en appelait discrètement un ultime. Voilà qui est fait. Ça y est, je le tiens mon roman. Tout ce que j’y raconte me correspond à 100%. Ça m’étonne même. Si j’avais été moins immature (une façon de ne pas dire imbécile ou con), j’aurais attendu cette version pour envoyer Catapulte aux éditeurs. Tant pis pour moi. Je vais aller chez celui dont j’avais parlé il y a peu.

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5 commentaires pour Après ce que j’avais dit, je me devais d’y être.

  1. LN dit :

    Il suffit de ne pas interdire…:-)

  2. Bernard Blancan dit :

    😉

  3. serge barande dit :

    Y avait-il des catapultes auprès des barricades ? Je sais… la question peut paraître (ou paraît, même) très conne, mais tu vois… moi, mon samedi s’est passé dans un ponton de Garonne (oh, je sais, mon militantisme bat de l’aile…). Mais la côte de bœuf dans l’aloyau, cuite sur les sarments et les ceps de vigne, au fin fond d’un monde de silence fluvial cadaujacais, bercée d’un Grave 2005… je t’assure… Comment cela m’a rasséréné. J’ai manifesté… culinairement ! Cela n’empêche pas que tout le reste m’importe. Mais quelle belle parenthèse paisible… Le calme des vases de bord de Garonne. Tu sais quoi ? Une part de mon enfance, jusqu’alors partiellement embrouillardée, s’est ainsi de nouveau ré-éclairée ! Bonheur inouï, dont je n’imaginais même pas la teneur lors de mon arrivée en ce lieu. Quel pied !

  4. Bernard Blancan dit :

    Une question que je me pose : t’avais pas oublié l’échalote ?

  5. serge barande dit :

    Ben non, tu penses bien. Elle a même été ciselé sur place avec amour !

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