Mon Everest

Mon Everest

Après avoir travaillé un peu sur le scénario du prochain tournage, fait diverses affaires administratives, ménagères et de mise à jour, je me suis attaqué à la version roman des aventures du célèbre Alexandre Garlo. Car oui, s’il s’agit bien d’un projet de long-métrage de fiction, j’assure mes arrières en attendant des retours sur mon premier synopsis développé. Et comme vous aurez compris que je ne sais pas attendre (comme diraient nos amis Belges). Mais contrairement à Catapulte que j’envisageais d’abord comme un roman avec l’arrière-pensée d’en faire un film, j’ai commencé cette fois par l’idée du film. Ce qui veut dire que le travail est exactement inverse. Je pars d’une structure épurée que je développe. Et j’y prends un vrai plaisir. Toujours cette attitude opportuniste qui consiste ici à penser que si le projet de film n’aboutit pas, j’en ferai un roman. La différence, c’est que j’avance en premier l’écriture cinématographique qui, selon les retours, les amorces de financement, aura priorité sur l’écriture romanesque.

Intellectuellement, le travail n’est pas du tout le même. Dépucelé avec Catapulte qui a vu le jour à travers une écriture rapide, visuelle et intuitive, le travail pour les aventures du célèbre Alexandre Garlo est beaucoup plus long, minutieux, littéraire oserais-je dire si je n’étais déjà conscient de mes limites. Avec Catapulte, j’avançais pour connaître la suite, avec une forme d’urgence. Ici, je sais où je vais et j’essaie d’y aller le plus précisément possible.

Ça fait un peu journal d’un comédien qui s’occupe comme il peut, tout ça. Je sais. Il y a quelque chose de ridicule à vouloir étaler sa petite cuisine, soi-disant créatrice. Mais j’ai suffisamment de fierté pour que tout cela ne soit pas vain. C’est ma peut-être imbécile certitude que j’aboutirai et ma détermination bourrine qui m’autorisent à m’épancher sur mes ébauches. Un peu comme un employé du pôle emploi qui commencerait son journal de voyage ainsi : « Dans ma vie, j’ai dû marcher un ou deux kilomètres par jour. J’habite au-dessus de l’agence dans laquelle je travaille. Aujourd’hui commence mon ascension de l’Everest dont je relaterai chaque jour le périple dans ce carnet ».

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5 commentaires pour Mon Everest

  1. serge barande dit :

    Tout cela est un exercice extrêmement passionnant à effectuer. Le peu que j’ai écrit s’accompagnait toujours juste en amont, ou en parallèle, d’images, d’odeurs, de paysages, de mes personnages en action, et de sons. Ce n’était pas le texte qui induisait cela mais c’était tout cela qui participait à faire avancer le texte et l’histoire. Peut-être que "ton pilotage inverse" par rapport à Catapulte, revient aussi à cela… Même dans l’épure.

  2. Bernard Blancan dit :

    C’est dans l’épure qu’on fait les meilleurs confits.

  3. serge barande dit :

    JOLI !!! "Tures…" ! C’est la post-saison des mures. Et d’ainsi les cueillir, dur-dur !

  4. Lydie dit :

    J’avais loupé cet article montagnard, alors j’y reviens… c’est très intéressant cette dissection de ton travail ! Mais.. 1 km ou 2 par jour ? un employé de Pôlemploi ? Tu es toujours dans l’exagération !! 😉

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