Deux petites histoires

Deux petites histoires

Hier, je tournais (m’amusais) à Carcassonne dans le rôle de William. Mon personnage avait deux séquences avec quinze ans d’écart. On m’a teint les cheveux et mon anselmique barbe. Je n’ai pas ramené de photo. Mais l’histoire ne commence pas là. Elle débute au moment où la troisième assistante, Dyna, me ramène à mon gîte de la ville basse. Au 28 ! Salut ! La voiture démarre et là, c’est le drame. Je fouille ma poche pour sortir mon iPhone 6 blanc qui ne plie jamais afin de lire le code de la porte d’entrée que l’on m’a envoyé en texto quand je réalise que mon putain de portable n’y est pas. Analyse de la situation. Je n’ai aucun contact, ne peux pas appeler, l’ai pas le code, ne tourne pas demain, suis seul dans le gîte… bref, je suis dans la merde comme on dit aussi à Carcassonne. C’est là que je réalise que, bizarrement, ce matin, j’ai pris avec moi une sacoche qui ne me sert strictement à rien et dans laquelle j’avais la bible. Non, pas la Bible. La bible. Ce petit carnet qui contient les coordonnées de toute l’équipe. Sans méditer plus avant sur les raisons obscures qui m’on fait prendre la bible ce matin, je me précipite dans la pizzéria qui est devant moi, demande au patron si je peux passer un coup de fil, appelle Dyna, lui explique ma situation et lui demande d’appeler mon téléphone. C’est ce qu’elle fait après avoir raccroché. Elle entend alors mon iphone 6 blanc qui ne plie jamais hurler qu’il n’a rien à foutre sous le siège de cette voiture qu’il ne connaît pas. Le court moment de panique a trouvé sa happy-end en un rien de temps. Merci la bible.

La seconde histoire est très mesquine. Déformation professionnelle, il me plaît d’observer les comportements humains et de m’amuser de leur mesquinerie. Ainsi, aux arrêts de bus, il y a les personnes qui s’assoient en attendant, celles qui se mettent à l’écart pour fumer leur cigarette, celles qui regardent l’affichage des délais d’arrivée des bus de façon compulsive en soupirant et celles qui anticipent l’endroit précis du trottoir qui va coïncider avec celui où le bus va ouvrir ses portes. La personne en question les pieds tout au bord du trottoir, prête à bondir, avec une attitude corporelle qui indique clairement qu’elle se fait fort d’être la première à pénétrer dans le bus et de se précipiter comme un chien sur la meilleure place assise. Celle de ce matin, gare de Lyon, était une dame d’une bonne quarantaine, assez forte, avec un imper orange fluo, des écouteurs aux oreilles reliés à un iPhone 4S au mieux. Je vois bien que, quoi que je fasse, je ne serai jamais le premier à monter dans ce bus. Mais, que vois-je ? Deux bus qui se suivent et se glissent dans notre allée. Le bon, celui qu’on attend, est en seconde position. Zou, je n’attends pas et vais me positionner à la bonne place qui se trouve être une longueur de bus plus loin. La dame en orange n’a pas cette vivacité d’esprit et met un temps avant que ses neurones analysent la nouvelle situation. Pchhhhhhhh, la porte s’ouvre pile devant moi. Je trouve une place vers le fond. Je vois la dame en orange qui va se placer sur une des places latérales réservées habituellement aux personnes à mobilité difficile. J’ai le temps d’observer au cours du trajet qu’elle garde les yeux rivés sur son téléphone complètement dépassé afin de ne pas voir, qui se petit vieux avec une canne qui ne pourra pas s’asseoir, qui cette femme enceinte. Conclusion : je n’aime pas les dames en imper orange fluo un peu fortes, avec des écouteurs aux oreilles reliés à un iPhone au mieux 4S. Je leur préfère les grenouilles vertes. La vie est bien futile.

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12 commentaires pour Deux petites histoires

  1. LN dit :

    Les histoires de telephone portable " oublié", ça me rappelle vaguement quelque chose…:-)) Quant à la dame en imper orange, elle a des émules, comme celle que j’ai vue se garer sur une place de parking réservée aux handicapés, et qui baisse les yeux, tout en galopant vers l’entrée du magasin…Triste monde, mais ton recit est très drôle, bien scanné! ;))

  2. Samuel Marès dit :

    tu démontres encore qu’on est dépendant de ce foutu téléphone. Avant on notait des codes sur des morceaux de papiers qu’on mettait dans la poche, ou un carnet (comme les numéros de téléphone). Maintenant on a tout dans cet iphone et si on le perd c’est la cata…

  3. laurent dit :

    Je ne suis pas forcement d’accord Samuel. On a plus de chances d’avoir notre téléphone dans la poche que le bout de papier qui est resté dans la poche du pantalon en train de sécher sur le fil à linge de la maison… j’adore ta deuxième histoire : la dame en orange ce sert de son téléphone comme refuge, elle plonge ou du moins fait croire qu’elle plonge dans son intimité et que rien ne peut l’atteindre une fois ces yeux posés sur l’écran. D’autres font ca avec un bouquin…

  4. mano dit :

    la dame à l’imper orange ne sait pas que la personne âgée qu’on laisse s’asseoir dans le bus, c’est elle dans peu de temps. Peut-être qu’elle n’a pas l’application dans son Iphone "savoir vivre"… Elle existe au fait cette application? Mais au fait, tous ces gens dans le bus étaient-ils pauvres?… Macron, sors de ce corps!!!!!

  5. Bernard Blancan dit :

    j’ai déjà oublié mon portable, moi ?

  6. Bernard Blancan dit :

    Un livre sauve parfois de situation embarrassantes dans le métro…

  7. Bernard Blancan dit :

    Des pauvres, pas forcément (même si les riches sont peu représentés dans les bus). Mais des vieux, oui. 😉

  8. Vincent dit :

    C’est comment qu’on dit déjà : l’autre est notre miroir, non ? ;)))

  9. Bernard Blancan dit :

    Entièrement d’accord avec toi, Vincent. Toutes ces petites choses que nous observons nous renvoient à notre propre image… 😉

  10. Lydie dit :

    Mais dis donc, ça ne s’appelle pas de la chance, que de retrouver son portable ? 😉

  11. Lydie dit :

    Tu n’aimes pas les dames en imper orange fluo un peu fortes, avec des écouteurs aux oreilles reliés à un iPhone au mieux 4S ?? Je n’aime pas les chiens au poil roux et blanc, un peu nerveux, avec une laisse reliée à un chasseur, au mieux qui ne se tirera pas une balle dans son propre pied (même s’il le mérite) ! 🙂

  12. serge barande dit :

    Belle rainette !

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