L’affiche

L'affiche

Hier soir, en regardant par le balcon, je pouvais me réjouir qu’une affiche du NPA, bien rouge, ait fleuri sur la façade d’en face, sur un bout de mur entre deux portes de garage. Dans la vie, il y a ceux qui marmonnent que les politiques sont tous pourris, qu’on vit dans l’insécurité, qui dodelinent de la tête devant Pujadas, qui râlent parce qu’ils paient trop d’impôts mais ne font rien qui puisse exprimer une quelconque volonté de modifier quoi que ce soit. On touche à rien, compris !

Je suis d’une génération de colleurs d’affiches. De celles qui crient aux yeux de tous qu’on peut changer le monde, rêver de se prendre collectivement en main, qui dénoncent les injustices. Tous les droits sociaux, ceux qui profitent à tous, qu’on rabiote régulièrement, ils sont nés grâce aux colères des colleurs d’affiches bien rouges. Je sais. L’URSS, les chars, les dictatures rouges… Ça, c’est une autre histoire, celle qui vient souvent après. Quand on remet de l’ordre et qu’on envoie au cachot les colleurs d’affiches qui vous ont mis au pouvoir.

Aujourd’hui, les affiches collées par des gens convaincus (dès qu’ils sont payés, c’est plus la même histoire) ont été remplacées par des tags, petits cris autocentrés dont le message se résume à la signature de son auteur. Ce n’est plus un cri collectif mais une multitude de petits cris solitaires vains. Les manifs qui ont du succès sont celles de la petite bourgeoisie  bleu marine effrayée que des homos puissent se marier. Triste colère des « Surtout tu touches à rien ! ».

Bref, à moi, ce petit coquelicot m’a fait plaisir. Jusqu’à ce que j’assiste à son arrachage, ce matin-même. L’homme courageux ? Le petit patron en vieux 4X4 du petit garage clandestin fraîchement installé dans la rue. Je ne suis pas certain qu’il sache ce qu’est le NPA. C’est intuitif. Il sent que le rouge, c’est jamais bon pour les patrons (sauf s’il est liquide, rajoutera Barande).

Tiens, pour la peine, je la recolle avec Photoshop !

L'affiche
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17 commentaires pour L’affiche

  1. Lydie dit :

    " une multitude de petits cris solitaires vains", c’est triste mais joli comme une poésie !

  2. Lydie dit :

    Gentil coqu’licot mesdames, gentil coqu’licot nouveau…

  3. laurent dit :

    J’ai collé des affiches rouges très jeune, c’est de famille… Maintenant j’ai du mal car j’ai du mal à comprendre comment avec des affiches ont peu influencer politiquement les gens… Par contre le gars au 4×4 qui la déchire, le lendemain il en a trois 😉

  4. laurent dit :

    On peux me coller 200 affiches de droite, du FN de ce que l’on veux, ça n’égratignera pas mes convictions. En fait j’ai du mal à croire que certaines personnes vivent sans convictions…

  5. Bernard Blancan dit :

    😉

  6. Bernard Blancan dit :

    Les affiches permettent juste de dire que les gens qui pensent de telle manière sont actifs et que ceux qui pensent pareil ne sont pas seuls…

  7. laurent dit :

    C’est vrai, ca donne de la visibilité aux actifs d’un parti.

  8. Joël dit :

    Punaise ! On peut plus te mettre des photos…

  9. Bernard Blancan dit :

    Je l’ai ouverte quand même 😉

  10. Lydie dit :

    Oui c’est agaçant, ça, avec ce blog ya que toi qui peux mettre des photos !! 😉

  11. Bernard Blancan dit :

    C’est ça le truc. En "modernisant", ils ont enlevé plein de fonctions…

  12. Lydie dit :

    peuhpeuhpeup… tu dis ça… en fait, comme ça on peut plus exagérer tiens ! 😉

  13. Bernard Blancan dit :

    Il te faudra contacter l’administration d’over-blog 😉

  14. Lydie dit :

    Ah, voilà du concret ! J’m’en vais leur tirer les zoreilles moi !! Enfin, s’ils ont des oreilles 🙂

  15. serge barande dit :

    Le rouge, le pinard, le picrate, le jaja, la fillette de Côte, le fronti, le vin de soif, c’est pour les colleux d’affiches, les types qui suent, qu’ont pas le cul enfoncé dans du cuir à longueur de journée. Ceux d’autrefois. Ceux des tranchées. Les gonzes qui font avancer. LES ROUGES ! Et à de rares occases, y se tapent du Vin Vieux. Z’ont pas trop l’habitude et, souvent, préfère le leur de vin. Au moins, leurs papilles et leur glotte le connaissent. Ton arracheur, là, il est lâche. Il a peur. La putain de peur d’un lendemain qui pourrait faire évoluer sa vie. Merci Photoshop ! Affiche d’avenir sur un mur qui se lézarde… Tout un symbole !

  16. Bernard Blancan dit :

    L’avenir, il nous le dira, tè…

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