À la tondeuse !

Ancienne Tondeuse à cheveux manuel

À la libération, voilà qu’il leur a pris de tondre les collabos horizontales. Importance du poil. Il a été sali, on le rase ! Et le pauvres femmes contraintes à se cacher ou porter le foulard le temps de la repousse. C’est moins pire que les têtes coupées, vous me direz.

Ce matin, j’ai aussi fait jouer la tondeuse. Mais sur ma barbe. Coupée. Rasée. Fini la barbe. Jusqu’au prochain tournage qui me demandera de la laisser pousser. C’est mon rituel à moi pour célébrer une fin de tournage d’Un Village Français. Je me fais une autre tête. Celle sans barbe.

Pendant le tournage, je suis sous emprise d’Anselme. Très difficile de me concentrer sur autre chose. Même dans les jours off, Anselme est là, pas loin. Et cette demi-saison, Anselme, il n’était pas facile. Si jusqu’alors je pouvais sans peine m’identifier au personnage (ce résistant hors cadre, un peu anar, bourru, à qui on ne la fait pas), dans la période qu’on vient de tourner, ce fût une autre paire de manches. Sa radicalité toute personnelle, virant à l’excès, n’a pas toujours été simple à endosser. J’avais peut-être fait la naïve tentative de me servir d’Anselme pour héroïser mon propre positionnement au monde. De tous les personnages que j’ai pu incarner, il était sans doute celui dont je me sentais le plus proche. C’est bon de se rappeler qu’acteur est un boulot et que les personnages sont des êtres de fictions nés de la tête des auteurs. On aurait tôt fait d’emmêler les réalités.

Me voici donc imberbe avec face à moi la montagne de travail de mes propres projets, une France changée à la kalachnikov, une Europe bousculée par Syrisa et bientôt par Podemos. Une page se tourne. Jusqu’à la saison 7.

Et comme j’aime bien la cohérence dans les articles, voici un petit reportage du tvmag du Figaro sur la séquence… de la tonte : À voir ICI

Solution du jeu !

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Alors, vous avez tous perdu. Il s’agissait de Nade Dieu dans le rôle de Marie Germain.

On tournait la scène où je reviens de Suisse. J’avais fait évader Hortense, aux commandes de l’avion américain volé sur la base à côté de Villeneuve. Voyant les premières collines de Villeneuve apparaître dans son champ de vision, Anselme se prépare à l’atterrissage. Mais un bouton rouge clignotant l’intrigue depuis un moment. Il appuie dessus et flashhhhh, voilà que l’avion se met à voler à une vitesse hyprasonique. Oui, en fait, on comprend que pas mal des personnages sont des aliens venus d’une autre planète et que l’avion est en fait un vaisseau spatial. Bref, je vous passe les détails mais la vitesse de l’avion est telle qu’il se produit un déphasage spatio-temporel qui fait qu’Anselme se retrouve à Villeneuve la veille de l’arrestation de Marie. Va-t-il parvenir à modifier le cours de sa triste destinée ? Mais on me fait signe que j’en ai déjà trop raconté. Vous n’aurez qu’à regarder.

Pour vous consoler de n’avoir pas gagné le merveilleux roman Catapulte, vous pouvez toujours l’acheter ICI.

J’ai reçu aujourd’hui deux autres retours de lecteurs. Un de Guy Labadens de Bordeaux :

Il n’y a donc pas que François Mauriac pour développer une histoire fut-elle d’une empoisonneuse supposée ou d’une rédactrice de mémoire en mal de silence campagnard, dans cette attirante lande girondine, souvent austère et fondamentalement suspicieuse, pour nous mettre sur les méandres d’une enquête et les cheminements de l’âme féminine. Bref, il n’y a pas loin d’Argelouse à Villandraut et ses environs.

« Catapulte », fait partie de ces textes qui se transmettent quasi confidentiellement. Ce court roman cache plus qu’il ne montre. C’est un roman de climat, d’observations de l’humain, de longues lignes droites qui traversent des univers lourdement chargés de passés et d’histoires.

Le proche y côtoie le lointain, la tradition la modernité, le virtuel informatique le réel du quotidien, l’imaginaire du théâtre l’ordinaire de la vie, la sourcellerie la raison pure. Il y a cette part d’inexpliquée et d’inexplicable qui aurait eu sa place, en son temps aux radiophoniques « Maîtres du mystère » où l’imaginaire de l’audition nous projetait dans le virtuel des images  rêvées.

« Catapulte », comme on raconte d’un coup une histoire à un auditoire, ou comme l’on préfigure un scénario aux scènes courtes porteuses d’attente et de suspense.

« Catapulte », un récit qui se lit, s’entend, se voit, au rythme d’une mise en abîme sur un trajet ferroviaire Paris Province.

 

Et hier soir, j’en avais un d’Iris

Catapulte … parce qu’il s’agit bien de cela. Au fil des pages, ce sentiment d’être tour à tour projetée, bousculée, balancée d’un monde à l’autre. Sans cesse entre doute, intime conviction et réalité. Catapultée mais dans un ‘ralenti’ … Sensation étrange, le Temps s’étend, se distord. Le récit, plutôt vif et court, s’écoule doucement, une tension s’installe rapidement mais demeure indicible, le mystère prend place et vous happe sans que rien ne se passe vraiment. Quelque chose d’hypnotique dans ces lignes … l’auteur aurait-il certains dons … et puis tous ces clins d’œil comme autant de petites farces que l’on attrape comme des bonbons sortis du chapeau d’un magicien … J’ai aimé ce livre pour sa raison et son mystère, … un peu comme on aime la vie.

L’ensemble des avis est à lire ICI.

Bonne cuite

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Hier, c’était donc la scène Anselme bourré. Jamais facile de jouer la scène bourré. Ça se mesure en taux d’alcoolémie. Dans La French, il y en avait une assez imbibée mais en impro. Donc, pas trop difficile. Et puis il y avait celle du pot de départ où, là, on était dans la catégorie bien chargé, mais qui maîtrise. Pour Anselme, si l’on se fiait aux répliques, il aurait été dangereux d’allumer un briquet à côté de sa bouche. Bref, ce fût une séquence bien agréable à jouer. Le mot jouer prenant tout son sens.

Demain sera le dernier jour de tournage pour La Village saison 6. Des bruits commencent à circuler sur la saison 7. Je ne dirai rien, mais les afficionados devraient être très contents de ce qui se profile. Mais chuuuuut. Je ne dirai rien. Anselme en sera-t-il ? Nous le verrons bien.

Village et Catapulte

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Demain, avant-dernier jour pour Anselme dans la saison 6. Retour en campagne. Je vais y aller avec une belle crève en prime.

De très bonnes nouvelles pour Catapulte. L’histoire se passe dans le Sud-Gironde. Eh bien, vous pouvez vous procurer le roman à la librairie de Bazas. Un article devrait sortir dans Le Républicain du 5 février. Très agréable de se sentir soutenu.

J’en profite pour vous livrer le dernier retour de lecteur. Je viens de finir ton livre, désolé, j’ai pris un peu de retard…. mais j’ai adoré. Trés bien mené, super fluide. Jusqu’à « l’accident » surnaturel d’un des personnages, on ne voit pas où tu veux en venir, mais tu le fais avec brio. Bravo et merci pour ce bon moment. 😉

A voté !

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Ça y est ! Je viens de voter pour le premier tour des César. Après le vote, j’ai parcouru une nouvelle fois le petit livret. L’occasion pour moi de m’émerveiller encore et encore sur les performances hors du commun, exceptionnelles, uniques de Momo, mon détaché de presse officiel, Momo, grâce à qui je brille par mon absence.

En jetant un oeil sur la fiche de La French, dans la rubrique interprétation, je vois 10 acteurs. Et devinez… je n’en fais pas partie ! Cyril Lecomte non plus, d’ailleurs. Je n’aurais pas voté pour moi, évidemment (j’imagine qu’il y en a qui votent pour eux). Aurais-je voulu le faire que l’effet Momo m’en aurait empêché. Vive le cinéma !

Cosmodrama : 1ère mondiale à Rotterdam

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Alors, hier, c’était la première mondiale de Cosmodrama de Philippe Fernandez au festival de Rotterdam. Cosmodrama dans le Pathé : salle pleine. Quand on a passé tant de temps à faire les guignols dans le studios tous neufs de La Rochelle, c’est toujours émouvant de voir le résultat devant une salle pleine. On savait que c’était un OVNI. Mais il tient merveilleusement la route. Enfin un film qui va surprendre. Nous aurons l’occasion de reparler de Cosmodrama très vite. En France, cette fois.

Difficile de connaître l’avis des spectateurs car je ne pipe mot de néerlandais. Ce midi, il y avait une autre projection dans un autre cinéma. Salle pleine là aussi. Si les premiers n’avaient pas aimé, ils auraient prévenu les seconds…

Voici deux fois que je vais en Hollande en peu de temps. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir un sourire en lorgnant le résultat de Syriza en Grèce. Les mois qui viennent vont être très instructifs pour la politique économique européenne.

Elle a beaucoup changé…

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BB et Gilles Lafaye

Désolé, chers lecteurs, mais je n’ai pas voulu emmerder votre star Hortense avec un selfie. En revanche, j’ai demandé à Gilles, un des figurants avec qui je fais l’andouille à l’occasion. Il a accepté. Donc, maintenant, vous me ferez plaisir d’attarder un peu votre regard sur la figuration. Dans le village, il a pu arriver qu’un figurant se voie confier un rôle, qu’un rôle secondaire se développe. Normal, les auteurs regardent.

J’avais plaisanté avec l’un d’eux dont je voyais qu’il se plaçait toujours à des endroits où il risquait de se retrouver hors champ. À un moment, Anselme devait partir avec un groupe de maquisards. Je lui ai dit : « tu viens et tu marches à côté de moi ! ». Certains ont compris le truc depuis longtemps. Les scènes de groupe font souvent se réveiller le projet que j’avais de faire un documentaire sur la figuration.

Qu’on le veuille ou non, il y a toujours de grandes différences entre rôles et figurants. Mais il y en a de plus petites, qui passeraient presque inaperçues. Je me suis amusé à remarquer que, pour les scènes extérieures par temps froid, les figurants se protègent avec un plaid en polaire. Ils sont tous avec leur espèce de cape rouge posée sur les épaules. Les comédiens eux, je veux dire ceux qui ont un rôle (car il y a des comédiens parmi les figurants), se contentent d’une écharpe ou ont une doudoune.

Hier, j’avais pris le déguisement figurant en mettant la cape rouge. En arrivant à la cantine, un copain me dit : « toi, tu manges là ! » en me désignant la cantine figuration. De même que les figurants Allemands et résistants se regroupent naturellement par costumes, sans se mélanger. La vie en société dans le cinéma est régie d’une multitude de codes (y compris chez les techniciens) qui répondent le plus souvent à des nécessités pratiques, mais aussi à des phénomènes d’appartenance à des catégories (ou des classes ?). Ce qui fait dire à Gilles, par exemple : « c’est bien la première fois qu’un comédien me demande de faire un selfie. D’habitude, c’est l’inverse. »

Une idée…

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Bon, les fans du Village, j’ai pas réussi à faire de selfie avec Muller, ni avec Marchetti. Vous voulez que j’essaie avec Audrey Fleurot, demain ? Oui, parce qu’on tourne la séquence où je pique un avion américain pour la faire évader en Suisse. Merde, on me dit qu’il ne faut pas que je raconte l’histoire… Désolé.

Encore un petit retour sur Catapulte par une lectrice du Finistère :

Le réveil d’hier fut laborieux car très peu dormi. Bin oui, quand on a mis le nez dedans, difficile de remettre la suite au lendemain. Alors j’ai tout lu d’une traite.

Que dire, sans en dévoiler le contenu…

A certains moments je me suis dit, c’est pas possible, comment il va s’en sortir l’auteur, là ? Mais de pirouettes en catapultes, il est retombé sur ses pattes, et attention, avec brio !!

Bravo Monsieur, c’était excellent !