J’ai pas marché

broc306

 

Aujourd’hui peut changer deux ou trois trucs. On le saura demain et après-demain et les jours, les semaines, les mois et les années qui viennent. À suivre…

Charlie (tout ce qui va avec, le talent et le courage en moins), je l’étais avant le massacre et je continuerai de l’être à ma façon. Au même moment que je faisais mon billet sur Houellebecq et les amalgames, le sujet était abordé chez Charlie Hebdo. Et les fous sont entrés. Au même moment. Matinée du 7 janvier 2015. Et aussitôt après, je recevais des commentaires sur Facebook (dont il ne reste pas trace car je les ai enlevés et enlevé aussi leurs auteur de la liste de mes amis), je me faisais traiter de bisounours gauche caviar. On reconnaît le vocabulaire FN et droite dure, UMP tendance Sarkoppé. Et comme j’étais déjà Charlie sans y mettre le logo, c’est Charlie qu’ils traitaient de bisounours gauche caviar.

Aujourd’hui, je n’étais pas parmi les 4 millions qui marchaient. Tout connement parce qu’on fêtait en famille les 70 ans d’une tante, dans les Pyrénées. Si ça se trouve, mes commentateurs y étaient, eux, en brandissant « je suis Charlie ».

Si cette marche est porteuse d’un immense espoir qui est aussi le mien, je ne suis pas dupe. Dupe de quoi ? On en reparlera. Laissons vibrer encore l’utopie de la tolérance et du vivre ensemble pour laquelle je me bats au fil des articles.

Pensée encore aux victimes. Toutes. Dessinateurs, flics, employés, juifs, musulmans.

Cet article a été publié dans blancan. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

17 commentaires pour J’ai pas marché

  1. hetre dit :

    Finalement tu as bien fait d ne pas marcher avec ces croquenots, c’est un coup à choper des ampoules. Il faut reconnaitre que la marche de Paris était surréaliste. Du jamais vu ni même jamais pensé. J’ai eu chaud au cœur en découvrant les images à la télé. De toute façon ta marche à toi dès le lendemain du massacre était spontanée et ressemble à ce que tu défends. Mais ce que je ressent dans celle d’aujourd’hui est une prise de conscience internationale qui devrait déboucher sur des actions plus cohérentes face aux intégristes. J’y crois.

    • Blog Blancan dit :

      Les croquenots, je les ai acheté en solde. Pour le reste, oui, actions faces aux intégristes et pédagogie sur état laïque, éducation…

  2. Iris Lagrange dit :

    Je ne pouvais aller marcher qu’après avoir déposé ces mots sur mon mur. Je me devais, en plus de les dire de vive voix, les inscrire quelque part : ‘Je fais le choix, ce dimanche 11 janvier 2015, en mon âme et conscience, ni au nom, ni à l’invitation d’un quelconque parti politique ou confession religieuse, pas même au nom de la république ni de la laïcité, de me rendre à un rassemblement que je vis UNIquement Terrien et Fraternel.’
    Alors, j’y suis allée. Pas de marche dans ma petite ville. Simplement se rassembler, entendre la chorale nous chanter ‘Liberté’, puis une femme sortie de la foule, nous lire les noms des victimes. Allumer, pour ceux qui le souhaitaient, une bougie, écrire aussi quelques mots sur une immense banderole. Le maire, ses élus, l’opposition et autres représentants politiques se tenaient parmi l’assistance et ne sont pas intervenus. Voilà, la dignité était au rendez-vous et j’ai beaucoup apprécié.
    Pour autant, je te rejoins, Bernard, nous ne sommes pas dupes. Surtout, moins malléables que jamais. Nos politiques, de toutes nations et toutes sensibilités confondues feraient bien de le comprendre très vite, … et d’y penser chaque jour.
    Ne pas, pour autant, tout attendre d’eux. Chacun d’entre nous est acteur de l’Histoire. Ce nouveau monde, dans sa plénitude, bon nombre d’entre nous le verrons juste germer, … mais sans nous, aujourd’hui vivants, il ne naîtra pas.

  3. Sarro Philippe dit :

    Réponse à Lydie (article de Bernard du 10 janv)
    C’était une réflexion anthropologique de la religion et elle n’est même pas de moi puisque c’est celle du philosophe et historiens des sciences Michel Serres, inspirée de la thèse de René Girard (La violence et le sacré) et de la tri-fonctionnalité de l’historien structuraliste des mythes Georges Dumézil. Il l’a dite lors de son émission sur France info le dimanche 4 janv (je souligne). On peut la réécouter ici (ça dure 5 mn)

    http://www.franceinfo.fr/emission/le-sens-de-l-info/2014-2015/le-cirque-04-01-2015-11-50

  4. Sarro Philippe dit :

    Ah! j’oubliais, Lydie tu parle de biologie, pour Michel Serres Dumézil est le Liné des sciences humaines et René Girard son Darwin. C’est à dire l’équivalent dans les sciences humaines de ce que sont Liné et Darwin pour les sciences naturelles.
    En fait la loi des 3 états fait plutôt référence à Auguste Comte, le fondateur du positivisme et le précurseur de la sociologie.

    Sinon j’étais bien hier à la marche, c’était vraiment un moment particulier. Une sorte de rituel de régénération de La République mais aussi (lol!) un vrai cirque avec inversion de valeurs, voir des flics qui se font applaudir ou embrasser c’est vraiment un paradoxe pour qui se réclame de Charlie. J’ai vu une pancarte qui parlais de Brassens et de sa chanson mourir pour des idées, mais elle oubliais de dire « oui! mais de mort lente », pas sûr que Brassens aurai apprécié cette fraternité avec les flics.
    J’u ai vu aussi une bien belle beurette crier « Vive la République », je l’ai interpellé en faisant mon Charlie en lui disant « Moi je voudrais que l’on rende publique la raie ». A quelqu’un qui essayais de savoir combien on était en consultant son portable, j’ai répliqué « 3 millions selon la police 17 selon les terroristes » (c’était pas si loin de la vérité finalement. A quelque francs maçons qui défilaient lentement devant moi avec leur écharpe en bandouilière, j’ai souffleté « c’est toujours les mêmes qui bloquent la route et j’ai rajouté en montrant mon crayon et mon stylo que j’avais apporté, en formant sur ma poitrine une équerre avec, « Eh oui! ils sont là ».
    A un marcheur qui brandissait un gros crayon j’ai crié « Encore un mescrayon » . Une vielle dame qui avait l’air très Charlie, toute habillé de cuir m’a dit sur le ton de la plaisanterie, « j’aime pas que l’on s’interpose entre mon mari et moi, j’ai répondu « chouette une partouze » son mari derrière moi a répliqué « Je suis partout » et j’ai surenchéri « Je suis une partouze ».
    Et j’ai proclamé « Aujourd’hui la République a joui, Wolinski est au 7ième ciel ». Par sûr que ceci aurai plu à Régis Debré.

  5. Sarro Philippe dit :

    Merde pourquoi j’ai écris Debré, c’est Debray qui fallait lire, lapsuce révélateur.

  6. Sarro Philippe dit :

    Bref, une vraie cérémonie religieuse, Paris valait bien une messe et pas une fesse.

  7. serge barande dit :

    Le Père Noël t’as porté des souliers neufs…
    Quel rascal ! Il a pas livré les lacets avec.

  8. darkloy dit :

    Je n’ai pas marché…Marre de me justifier. Malgré tout pour éviter les raccourcis rapides : Je condamne totalement les crimes commis. Ça m’as indigné au plus haut point. Alors pourquoi ne pas avoir marché ? Parce que j’ai un peu l’impression d’un engouement trop rapide et rempli de bonnes intentions à un moment où notre société ce dechire pour des histoires de sous, de classe, de religion…Bref à la moindre occasion débile … Tout ça ne me semble pas naturel et cohérent. Tant mieux si je me trompe et j’imagine beaucoup de gens sincères…bravo à eux ils valent surement moeux que moi. Mais j’ai l’impression d’une parenthèses d’amour de paix et de liberté. Une parenthese qui va ce refermer prochainement.
    Puis ne parlons pas de la récupération politique affligeante et des conséquences grave que cela va impliquer à cause d’un gouvernement liberticide qui a enfin un alibi en or. Complètement contradictoire tout ça. On marche pour la liberté et je pense qu’elle va prendre un pet la liberté avec tout ça.
    Moi je marche tous les jours dans ma tête pour la liberté et la tolérance. Pour marcher dans la rue il me manque un petit quelque chose. Pas d’autres attentats ou d’autre mort…non surtout pas. Juste que je resente un peu plus de fraternité dans notre pays au quotidien pour avoir envie de la faire valoir au monde sur les pavés.

    • Blog Blancan dit :

      Ouais. En même temps, sur cet internet qui pourrit la tête des jeunes avec les théories complotistes et la haine religieuse, je suis prêt à m’asseoir sur deux ou trois libertés.

  9. darkloy dit :

    Je suis entièrement d’accord Bernard, mais j’ai peur que museler les théories complotistes et la haine religieuse serve à moyen et long terme museler d’autres courants de pensées.
    Si on ferme un site web suite à une procédure longuement étudiée, aucun problème. Si on place des caméras dans nos rues pour uniquement avoir des éléments d’enquête exploitables en cas de drame comme la semaine dernière, ok (quoique avec des cagoules).
    Beaucoup ont peur de l’insécurité, moi en campagne si j’éteins la tv je ne la ressent pas. J’imagine qu’en ville c’est autre chose. Moi j’ai juste peur de l’excès de sécurité.
    Pour les moyens d’empêcher ce qui c’est passé la semaine dernière, garder l’argent que va nous couter je pense inutilement les plans vigipirate, et le dépenser pour des prisons de qualité où l’on travaille sur une véritable réinsertion, revoir l’éducation de nos jeunes et leur donner plus de repères (travail ?)…Mais je suis un petit peu complotiste dans ma tête et je pense qu’il vaux mieux diriger un pays en crise dans un climat de peur et de tension qu’un pays où les gens vivent sereinement entre eux.
    Ce n’est que mon ressenti qui n’engage que moi. Je ne veux aucunement paraître trop « border line », j’espère ne pas l’être.

Les commentaires sont fermés.