Chez ma libraire

PHOTOS DE LA BIBLIOTHEQUE, DE LA CINEMATHEQUE FRANCAISE

En fait, les livres, c’est comme les films. Les questions de diffusion, de distribution, de notoriété se posent. Je me suis rendu dans une librairie bobo-à-mort de Jourdain (que j’aime bien par ailleurs) pour voir si je pourrais organiser une séance de signatures de Catapulte. Et pourquoi pas le faire mettre en rayon, avec l’idée d’indiquer aux amis parisiens qu’ils pourront le trouver ici.

  • Oui, Monsieur ?
  • Je viens pour une demande un peu particulière…

Dans les yeux de la libraire, je sens un mélange de méfiance et une sorte de mépris de caste dont elle ne se départira pas. L’impression que j’ai souvent, en entrant chez les libraires, qu’ils pensent en me voyant que je me suis trompé de boutique. Je ne serais pas étonné qu’ils me préviennent qu’ils ne vendent pas de rillettes. Qu’est-ce qu’il me veut, lui, avec sa barbe grise et sa doudoune ?

Je lui raconte que mon premier roman vient d’être édité chez un éditeur participatif.

  • Mais Monsieur, on ne travaille pas avec ces gens-là ! C’est important, un éditeur.
  • Mais, c’est un livre référencé, distribué par Hachette livre…
  • Non, non, je suis désolée, mais on ne prend pas ce genre de livre.
  • C’est-à-dire que, j’aurais aimé offrir une espèce de point relai à mes amis lecteurs parisiens.

En disant cela, j’ai réalisé que je disais un gros mot dans ce temple de la littérature. Une sorte de blasphème.

  • Monsieur, vous n’êtes pas dans un point relai !
  • Oui bien sûr mais…
  • Ben oui, c’est important le vocabulaire !

La claque. Le mépris que je me suis pris dans la gueule, gratuitement.

Elle avait l’air sympa, pourtant, la libraire. Dans un contexte cinéma, en ayant présenté un CV, elle m’aurait peut-être même gratifié d’un sourire de politesse. Mais là, non. Rien. Le mur.

Je fais bien de faire un documentaire autour de l’édition. Ça va nous raconter plein de trucs rigolos et moins rigolos.

Pour vous, chers futurs lecteurs de Catapulte, je sais que vous vous en foutez de savoir qui est l’éditeur. Ce qui vous importe, c’est ce qui est écrit. Pour vous procurer le livre, vous avec toutes les modalités (y compris pour le commander chez votre libraire) ICI. Et vous trouverez les premiers retours de lecteurs ICI.

Rien à voir avec cette histoire. Vous aurez remarqué que je ferme ma petite gueule d’acteur autour des événements tragiques que nous n’avons pas encore digérés. Du moins, l’ouvré-je à minima. C’est que je ne tiens pas à rajouter de la connerie à ce drame.

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21 commentaires pour Chez ma libraire

  1. Iris Lagrange dit :

    Le monde sont fou, mon pauv’ Bernard :/

  2. Claire Desplat dit :

    roooh la méchante (je reste polie) !
    Perso j’attaque ce soir dans mon bain, et je sens que je vais en sortir toute fripée si le livre me plaît comme je le pense !

  3. serge barande dit :

    Libraire rime ici avec arbitraire !
    Être libraire et rejeter ainsi un livre (et son auteur), sans l’avoir ouvert et sans s’intéresser seulement à son contenu, à son style, à l’histoire racontée… c’est comme un grand chef qui refuserait de goûter à un plat, sous prétexte qu’il ne serait pas présenté pas dans « l’assiette » ad hoc – selon lui.
    Une faute professionnelle !!!
    Quant au comportement dédaigneux… je n’en causerais même pas !
    POUAH !!!
    En attendant, je fais un tour avec Léda et croise des chassous à l’arc…

    PS : Y a une super librairie à St-Maur-des-Fossés (à côté du RER St-Maur-Créteil), dont le dirlo faisait à l’époque de sacrées chroniques l’aprème à la téloche. Tu devrais les contacter. Ils lisent et commentent par petite fiche tous les bouquins qu’ils mettent en vente. J’aimais bien y traîner quand je bossais juste à côté…

  4. Blog Blancan dit :

    Yo, poto ! Ben, là, il faudrait quand même que j’en trouve une sur Paname… 😉
    J’ai un rencard demain.

    • serge barande dit :

      Paname… Paname… (Suffit Édith ! Roooohhhh, elle est toute petite mais qu’est-ce qu’elle est pénible avec sa gouaille du Pavé… Tranxène et Nabutal pour la Môme… Merci !).
      Paname ne peut pas toujours être le « Centre du Monde » – quoi qu’en ce moment…
      Paname bénéficie aussi de ses « planètes » satellites, sa Banlieue quoi.

      Les pots de terre ont aussi le droit « d’enfiler » (pas trouvé d’autres verbes du premier groupe qui allaient bien) les pots de fer ! Dans un Acte d’Amour, bien sûr…

      Mais je t’assure que cette librairie mérite grandement.
      Penches-y-toi quand t’en auras l’envie et l’instant.

      Besos, suspendeur de crayon… !

  5. Sarro Philippe dit :

    On peut quand même écouter Boris Cyrulnik, sans employer la langue du 3ème Reich (Victor Klemperer)

    http://www.tv7.com/point-de-vue-de-boris-cyrulnik-neuropsychiatre_3979593465001.php

  6. Sarro Philippe dit :

    Sinon, tu pourrais peut être essayer les bouquinistes sur les quais de la seine.

  7. darkloy dit :

    El la voie électronique est une mauvaise idée ?j’imagine que ça dépends totalement de l’éditeur

  8. Blog Blancan dit :

    Pas de souci pour la voie électronique. Il est en vente en format livre (on le trouve facilement sur Internet, FNAC, Amazon…), mais aussi en format électronique.

  9. darkloy dit :

    Ah ok merci pour l’info Bernard 🙂

  10. Samuel Mares dit :

    tu aurais du arriver avec un article de la French où tu es en photo. Quoique je dis ça mais elle avait certainement pas vu la French (difficile de te reconnaitre tellement ta transformation est réussie). Aussi j’ai bien bien remarqué que tu fermais ta gueule d’acteur pour pas rajouter de conneries aux conneries actuelles. Cela dit par les temps actuelle vaut mieux faire attention à ce qu’on dit , écrit . Des gens hautement qualifié sont là pour juger solennellement certaine pensées qui s’expriment. Ne prends pas le rique de te retrouver à Fleury Méregis…

  11. Blog Blancan dit :

    Je ne crains pas les restrictions du net. Je n’ai jamais affiché une parole haineuse et ne suis pas prêt de le faire… 😉

  12. Lydie dit :

    Mais aussi… C’EST LA FAUTE DE TA DOUDOUNE !!!
    Ahlala, personne ne t’avait prévenu, personne ne t’avait mis au courant ?? Du genre « Alors, première règle quand tu te présenteras chez un libraire : surtout pas de doudoune Bernard, sinon, tu vas te saborder ! »
    Rhôôôô…. !!!

    (la barbe grise, ça peut encore passer)

  13. Lydie dit :

    Si je peux te donner un conseil… ? Ben, vends des rillettes ! 😀

  14. Lydie dit :

    Non, soyons sérieux…
    Ton docu sur le monde de l’édition, je l’attends avec une impatience… !!!
    Un monde impitoyable… à l’égal de celui des comédiens finalement… 😉

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