Le papier de Serge Barande sur Catapulte

LE VRAI BALOU de Serge !

LE VRAI BALOU de Serge !

Mais commençons par le début…

Tu as le livre dans les mains : « CATAPULTE ».

Tu lis le titre…. Plusieurs fois…, plusieurs fois…

L’instant du premier instinct, tu fais quoi… ? Tu essaies de comprendre, en quelque sorte, l’incongruité d’un tel titre… « Catapulte » !…

Putain ! … « Catapulte » . Dans ta tête… : « Mais où est-il allé chercher ce titre de merde… !? ».

Est-il donc question de se ‘projeter’ en une lecture, en l’absolu abstrait ? Ou bien, plus concrètement, cette « Catapulte »…, objet certain d’un passé incertain… va-t-il nous asseoir ?

Voire nous ‘projeter’ en la réalité de l’Évènement ?…

Et que serait-il, d’ailleurs, cet Évènement ?…

D’emblée, il est impossible en cette seule lecture de ce titre – à considérer en premier abord comme très imparfait – de trier l’abstrait du concret.

Meurtrirait-il ainsi le lecteur ou le laisserait-il indifférent ?… Serait-ce une manipulation littéraire de l’Auteur ?…

Et, de fait… Le double questionnement point : simple hasard ou belle volonté ?…

Cet ensemble de questionnements, à la simple lecture du titre – se positionnant en le benêt le plus parfait ou le plus imparfait non instruit quelque peu de la Chose (du coup, à peu près le même homme) – demeurait très utilement (romancièrement parlant) le Sel absolu qui force l’Envie de Lire.

Le Sel absolu qui fait que de doigts engourdis en yeux embués, en la guerre de tout cela, ouvertement, peu à peu, un livre s’ouvre à nos yeux.

Mordre les mots de l’auteur, page après page. Mais jamais trop vite pour en retenir les arômes verbaux, la senteur des écrits et les tableaux.

Et c’est ainsi, Bernard, que tu m’as offert l’opportunité de rencontrer Léda. Sa joliesse, ses incertitudes, ses doutes, ses hésitations en tout, et au final… goûter à son charme mystérieux. Et non insidieusement d’ailleurs – comme « Djamel » (façon de ne pas balancer…) – d’aimer à s’épancher en sa joliesse.

Puis Ludo, tout en même temps. Tout aussi incertain en ce que sa vie allait/pourrait lui offrir, ou pas. Puis les autres aussi…

Certains autres en tout cas – et le lecteur que je suis a pu ressentir en ce que l’auteur ait pu pénétrer plusieurs personnages à la fois. Deux en particulier, l’un « en voiture à sa maman » et l’autre sur sa moto à lui…

Plongé en la Lande de François Mauriac, mais d’une autre manière et avec davantage de contemporanéité, le lecteur lent que je suis s’est permis d’humer la pinède, son printemps, ses bruyères flamboyantes, ses grands pins tordus par les tempêtes, ses tapis de Molinie, ses brumes du matin…

Prendre le temps de flâner en la Lande d’autrefois. D’en goûter les lumières et les brumes d’autrefois…

Puis, en le sein même du village, d’en apercevoir les tordus, les bizarres, ces quelques gens-là… Ces trognes qui font que tout un chacun, sans les avoir directement connus, savent qui sont-ils, quels travers leur accorde-t-on, et ce qu’ils boivent en leur quotidienneté…

Ce qui fait, qu’au-delà des ambiances et des paysages, l’auteur apporte quelque odeur d’aisselles vers le lecteur. Des signes olfactifs entre des lignes parfois trompeuses…

Des écrits, techniquement et volontairement inscrits, pour égarer et de suite plonger le lecteur en ses certitudes, afin de mieux encore le cueillir au vol. Techniques d’écriture maîtrisées en le domaine du suspens..

Et donc, de fait, tout au long du roman, goûter à la malignité des écrits – et diverses ‘références’ qui ne m’ont pas échappées.

Quant à l’épilogue… lorsque l’auteur raconte qui est finalement le…heuuuuuuu.

Mes fesses ! On ne raconte pas ! (j’ai faillis faire boulette).

La construction est habile. Et je ne préciserai pas pourquoi, sinon de manière sibylline, disant seulement que quelques éléments du début de ce roman participent à sa fin.

Puis aussi… où l’auteur, après diverses digressions qui sont siennes – partie prenantes de ses expériences personnelles, et qui participent pleinement à ses conclusions et épilogues – émet un exercice de style dit incongru, en termes de post-scriptum… Épiloguant…

Toujours est-il que cet opuscule peut être aussi interprété en le sens qu’il est une tentative d’amour ésotérique, où germes de blé se mélangent intimement en la germination des amours impossibles. Celles d’une campagne où les grands arbres d’antan n’ont plus la douce influence d’abriter les amants de maintenant. Où quelque accident ‘naturaliste’ est rejoint… (l’art de ne pas finir une phrase).

Où ces dernières, si futiles semblent-elles être au départ, se révèlent essentielles pour Certain plus que pour Certaine…

Mais en la nuit venue, après tous ces évènements-là, Ludo… Léda… Brochat… les houppiers des grands pins continuent inexorablement à secouer leurs vieux fûts sous les vents mauvais.

Leurs racines tremblent. Celles de Léda et Ludo… aussi…

Mais leur tête paraît bien faite… maintenant.

Un pendule… ici. Une carte IGN , là… Sur la grande table de bois, où il voit ce que l’on ne voit pas

Trois germes de blé… là. Une enveloppe sur un rebord de fenêtre, ici..

Une direction… ici. Quelque amour… là…Toujours incertains pour ceux qui ne croient pas, qui ne pensent pas, qui ne croient en rien…

Que conclure au final ? Au fil de cette très lente et chouette lecture… ?

… Que l’auteur a très joliment aimé ses personnages, et de surcroît les a encensés ?  Bien sûr ! Ceci est certain !

Et le lent lecteur que je suis, les a aussi beaucoup aimés…

L’intérêt fondamental qu’a Catapulte, c’est qu’il est un très doux exercice au travers duquel se mêlent extrême douceur et violence des amours incertains.

D’une certaine façon, ton exercice d’écriture me rappelle plein d’autres choses qui sont tiennes. C’est joli, continue ainsi.

Sergio

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19 commentaires pour Le papier de Serge Barande sur Catapulte

  1. serge barande dit :

    Sauf ton respect, Bernard, cette bête immonde et à demi-galeuse n’est pas le terrifiant fauve nommé Balou, Mon Balou ! Oh la vache !!! Quelle affrosité canine !!!
    Balou en a d’ailleurs été très affecté. Il demande réparation, avec force aboiement et grognement, menaçant même d’aller saccager la belle cantoche du Village avant qu’elle ne ferme, provoquant ainsi terreur et famine en le Peuple des acteurs, figurants et techniciens – et surtout des Producteurs, me précise-t-il !

    Ne pouvant glisser photo directo en ton blog, je vais t’envoyer un cliché (sur sa demande) pour parution prochaine, et rectification de son honneur canin.

    Et je ne vous dis pas tous les jurons qu’il m’a sortis à la vue de l’immondice canin présenté en sa place et personne (y’en a des que je ne connaissais même pas…).
    On vient de tenter de disserter ensemble sur le thème de l’Imposture. Mais l »était pas d’humeur. M’a envoyé paître à ma requête, m’imposant distribution de croquettes.
    Il a mangé. Ça va mieux.
    Mais tu me l’as mis dans un état… A neuf ans maintenant, le Balou n’a plus son humour d’antan, il devient susceptible…
    Tes conneries iconographiques me procurent un boulot psychologique de dingue !

    • Blog Blancan dit :

      Réparation est faite. Cette erreur nous aura permis de voir enfin la vraie tête de Balou 😉

      • serge barande dit :

        Il jappe et saute de joie ! Faut que je le calme sinon à son âge, il va me péter une durit, tout chose qu’il est de paraître sur la toile. C’est un grand émotif.
        Merci Amigo !

      • Blog Blancan dit :

        J’espère qu’il ne va pas lui prendre l’idée de tirer sur l’écran…

  2. LN dit :

    On dirait bien qu’il a entendu  » Attaque, Kiki! » .. 😀 …..Une vraie peluche, mais on sent qu’il a son petit caractère, à travers son regard vif…. bisabalou… Et encore bravo pour ta plume, Serge….

    • Blog Blancan dit :

      Je trouve qu’il est trop cool, ce Balou… On va plus pouvoir se moquer de lui. 😦

      • serge barande dit :

        Ben si ! Surtout si !!!
        Ça le recadre mon môme de la SPA. Y va nous chopper le melon sinon, le fier cul.
        Et j’ai vraiment pas envie d’aller parader au prochain salon du chien sous prétexte que Môôôsieur Balou se la pète tout d’un coup !

  3. Blog Blancan dit :

    Je précise pour la communauté que, le premier chien que j’avais mis en couverture, je ne le trouvais pas vilain. Juste vieux, mal foutu mais sans doute très gentil. Et puis il ressemblait un peu au Balou de nos délires verbaux… Bon, j’avoue que le vrai, il a l’air vraiment sympa.

    • anita dit :

      Lasai ! On ne va pas devenir regardant sur le physique , non ?
      Ben tu vois, tout ça me fait penser à un truc. La photo c’est celle de Balou de tous les jours, pas celle de Balou du blog. C’est comme si une photo de toi aujourd’hui sans barbe servait à présenter Anselme ..
      Alors bien sûr ça nous embrouille. (c’est où les zémotikon sur ce truc ? Je choisis celui qui fait un clin d’oeil).

      • Blog Blancan dit :

        alors pour faire un clin d’oeil, prenez un ; puis un – et enfin un ) ça fait 😉

        avec : + – + ( , ça fait 😦

        c’était le cours zémoticon 😉

    • serge barande dit :

      Hé… la pauvre bestiole mal coiffée… Bien sûr que j’ai donné dans l’exagération verbale ! Et que ce doit être un sacré bon bougre de chien aimant (je mets au masculin, mais…???).
      Mais c’était ma façon de jouer là-dessus, de continuer à rigoler du fait qu’on se moque de mon héros ronchon, mon mordeur de bas de pantalon.
      Y a quelques images de bestioles sur divers sites web (chiens et chats surtout), dont t’imagines même pas qu’ils existent.
      Mais ils existent. Ils vivent, ont un gros cœur et un affect énorme. Mais tous bouffent leurs 10 kg de croquettes par mois… Et c’est la pauvre Mamie qui raque avec ses maigres deniers.
      Aaahhhh ! Les sales Bêtes ! Qu’on aime… Tè ! Et quelles que soient leurs trognes parfois ingrates…
      Anita le dit bien… On avait dit « pas le physique ».

  4. barande lucie dit :

    mais euhhh laisser petit balou tranquille.
    il est gentil, un peu con et à une haleine de chacal mais on l’aime bien.
    c’est le kiki adoré de papi sergio.

  5. barande lucie dit :

    le papi ne veut pas lui brosser les dents, tu imagines l’image Bernard ?
    voir mon père chaque jour laver les dents de balou, lui apprendre à cracher dans le lavabo le dentifrice et ensuite se rincer la gueule 🙂 un vrai sketch à imagimer.

  6. barande lucie dit :

    le sketch aurait comme titre : Un maitre, un chien une vrai histoire d’amour mais l’haleine les opposes.

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